Journal de Cendrine

10/12/2019 – 127

Quel séjour dans la capitale ibérique ! Formidable.

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Avant tout, je dois me féliciter car j’ai réussi à prendre le vol de Casablanca pour Madrid sans petite pilule. Le vol étant de courte durée, le ciel bleu et la compagnie Iberia, reconnue comme sécuritaire, j’ai essayé de me passer de ça pour voler. J’ai réussi à surpasser ma peur de prendre l’avion. Je ne sais pas si je réussirai à faire cela une autre fois.  Mais c’est une nette amélioration dans la gestion de ma phobie. 

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Nous sommes donc arrivés sous le soleil et avons été accueillis chaleureusement, à l’aéroport par nos amis. Très heureux de les retrouver. Ce sont nos amis de Munich lorsque nous y habitions. Ils sont aujourd’hui en Espagne pour quelques années de vie d’expatriés. Nos derniers moments en voyage, seront ceux des retrouvailles avec nos amis car nous continuerons à Berlin et Munich où nous avons résidé durant plusieurs années. 

Nous sommes dans le décompte. Dans une semaine, nous prendrons notre vol pour Montréal, pour retrouver les nôtres pour passer les Fêtes en famille. Nous sommes impatients. 

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Mais aujourd’hui, nous profitons pleinement de nos derniers moments à Madrid. C’est une réelle découverte. C’est une superbe ville d’une richesse culturelle et patrimoniale. Nous avons hier passé la journée avec une fabuleuse guide, Cirà, une femme passionnée et passionnante, qui nous a montré les coins incontournables de la capitale. Les essentiels. La veille découverte en amoureux de Madrid, du quartier populaire Lavepies, bien évidement du coin du street-art, du marché aux puces, immense qui s’étale sur plusieurs rues et ruelles, El Rastro où les musiciens de rues créent une ambiance géniale.

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Comme le temps était pluvieux nous avons fini dans l’extraordinaire musée de la Reine Sophie dont les tableaux de grands maitres, tels Picasso, Dali, Miró et d’autres illustres artistes espagnols, nous ont laissé sans voix, admiratifs. Incroyable collection ! 

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Madrid est aussi magique la nuit surtout en cette période, à l’approche des Fêtes de Noël, où les grandes artères sont décorées de guirlandes illuminées et les places d’immense sapins de lumières. Magique. Nous voici enfin dans l’esprit des Fêtes.  Ce qui est bien avec Madrid, c’est qu’on peut découvrir cette ville tranquillement, sans se presser, déambuler dans les petites rues et là, vous tombez sur une petite place, une église ou encore sur un café sympa.

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Nous avons eu un véritable coup de cœur pour cette ville accueillante, dynamique, festive, pleine de charme. Elle grouille et ça j’aime. Les gens vivent même à cette saison, où il fait plus frais, dehors. Les terrasses sont pleines et les restaurants tout autant. Les Madrilènes sont des véritables épicuriens. Madrid mérite amplement le surnom de ville qui ne dort jamais! Pour apprécier réellement Madrid, il faut se laisser emporter par le rythme des Espagnols, vivre à leur rythme même si nos horloges biologiques en prennent un coup. Diner à 14h00 ou souper pas avant 21h00, c’est un autre rythme. Nous repartons avec un goût de revenez-y ! Assurément nous reviendrons car il y a encore plein de trésors à découvrir aux alentours. Nous avons déjà visité Barcelone, Séville et moi une partie de l’Andalousie mais notre petit passage ici nous a donné envie d’en découvrir encore plus sur l’Espagne. Et on mange tellement bien !

Nous nous envolons donc aujourd’hui vers Berlin…

Jour J-7 … Montréal

06/12/2019 – Jour 123

On nous avait dit que Casablanca ne valait pas le détour, qu’il n’y avait pas grand chose à voir et bien, nous ne sommes pas du tout d’accord. Bien au contraire ! Casablanca, l’authentique, nous a séduit. Rien à voir avec les belles villes touristiques comme Marrakech, Essaouria, Fès ou Chefchaouen. Ici, il y a très peu de tourisme. C’est une ville de transit pour la majorité des voyageurs qui prennent leur vol à l’aéroport international de Casablanca. Mais si on prend la peine de découvrir la ville, on l’aime car elle est vraie, authentique. C’est la vie marocaine sans ses apparats touristiques. 

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Ce qui m’amenait surtout ici, c’est un quartier : El Hank. Ce quartier très populaire, qui pourrait en effrayer quelques uns, (même notre hôte marocain nous a dit de faire attention), a été en 2018, le centre d’un projet international de murales dédiées aux femmes et je tenais à voir ça. Nous y sommes allés donc ce matin et aucunement nous ne nous sommes sentis en insécurité. Certes, on nous regardait avec surprise mais sans aucune animosité. Une dame est venue me demander ce que je faisais. Je lui ai expliqué que je trouvais les murales très belles et que je voulais les prendre en photos. Elle était heureuse de ça et nous a souhaité la bienvenue dans son quartier. Je persiste et contresigne : aller au delà des préjugés et de ses peurs. Un superbe projet et de magnifiques murales. Vive l’art de rue !

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Nous avons continué un peu plus loin dans le quartier de la Corniche jusqu’au phare où encore l’année dernière se trouvait une quartier typique qui vient d’être détruit pour faire place à de futurs projets immobiliers luxueux. Tout un quartier a été exproprié … En discutant avec deux Marocains qui vivaient encore là dans une maison qui tient à peine debout, nous avons appris que les gens ont reçu en dehors de la ville un terrain et qu’ils doivent y construire une maison à nouveau… Nous ne savons pas s’ils ont eu également une compensation financière. Espérons-le !

Pour revenir vers un autre coin de la ville à découvrir, il nous faut prendre un « petit taxi ». Ce sont des taxis rouges qui sont autorisés à ne faire que des trajets qu’en ville. La seule chose que je trouve à la longue pénible, au Maroc, est l’éternelle négociation pour le taxi… En tant que touriste, les prix sont doublés voire triplés et à chaque fois, il faut négocier bien que légalement, ils devraient utiliser leur compteur… mais là le prix serait réel. Le « petit taxi » reste le moyen le plus économique pour se déplacer. Et ici, il ne faut pas être étonné de prendre encore cours de route, d’autres passagers qui eux paient au compteur. Voyager, c’est lâcher prise sur ces petits détails sinon, on serait vite « frustré ». 

Pause lunch dans un petit boui boui. Très bon. 

Après-midi dans le quartier « Les Habous », situé dans la partie sud de la ville, juste derrière le Palais Royal, ce quartier a été conçu sur le modèle d’une médina traditionnelle. Respectueux du style et des habitudes musulmanes, il y a bien sûr plusieurs lieux de culte, dont la grande mosquée Mohammed V, différents souks, quelques hammams, la Kissaria de l’artisanat… Construit sur des plans d’inspiration provençale, le quartier des Habous constitue une véritable petite ville, avec ses arcades, ses rues piétonnes aérées et ses places accueillantes. On a beaucoup aimé et encore plus car c’était l’heure de la prière, les rues désertes et les échoppes fermées nous ont permis de voir la ville sans ses artefacts commerciaux. 

Soirée à l’appartement pour faire la lessive et logistique dans la poursuite de notre voyage. Demain Madrid !

04/12/2019 – Jour 121

Il pleut, il mouille mais Chefchaouen garde son charme et les ruelles bleutées sont luisantes sous les gouttes de pluie renforçant l’indigo des murs. La passionnée de photographie en moi est plus qu’heureuse. Je craignais ne pas être en mesure de prendre des photos mais que nenni. 

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Petit déjeuner copieux à l’hôtel où nous sommes au coeur de la médina avant de partir trotter. Nous avons commencé par une randonnée sur les hauteurs de la ville, empruntant un sentier du Rif, les montagnes imposantes entourants la ville pour avoir une vue d’ensemble de Chefchaouen. Même sous la grisaille la ville est belle.

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Nous avons rencontré dans la montagne, Abdul, près de la mosquée surplombant la vallée, très sympathique avec qui mon chéri a conversé.

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Ici, je reste à l’écart quand les hommes se parlent. C’est ainsi. Je les écoute discuter et Abdul explique qu’il travaille dans les plantations de cannabis. Les guides de voyage et les promoteurs du tourisme au Maroc n’en parlent pas trop. Et pourtant, nous apprenons que le tourisme du cannabis attire chaque année dans ce pays des milliers de visiteurs amateurs d’évasion. Il explique, avec humour qu’étant donné le climat, rien ne pousse à part le « kif »! », pas de tomates, pas d’oliviers… Ici la région est considérée comme « la Mecque de la production de haschich ». « C’est notre principale richesse » rigole t’il.  Ici, petits trafiquants et faux guides accostent immanquablement les touristes pour proposer du haschich ou une visite dans des fermes à la rencontre des “kifficulteurs”. Chefchaouen table de plus en plus sur un tourisme plus conventionnel… comme nous 🙂 Mettant davantage en avant le bleu de ses ruelles, son flanc de montagne, sa médina et sa gastronomie que ses herbes médicinales ! Vendre ou consommer de la drogue est interdit par la loi au Maroc, mais la culture du Cannabis fait vivre près de 90.000 ménages. Abdul a bien tenté de nous convaincre d’aller visiter les plantations mais aucun intérêt… désolé Abdul. 

Visite chez le coiffeur pour mon chéri qui a déboursé 3 $CAD pour rafraichir sa coupe … pas d’épilation cette fois-ci (inside pour ceux qui nous suivent depuis longtemps).

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Visite du marché dans la ville nouvelle en dehors de la médina. 

Il pleut actuellement beaucoup trop pour continuer la balade alors je me mets à jour dans mes affaires. 

Demain matin, direction Casablanca. En deux jours, nous avons fait le tour de ce que la Perle bleue du Maroc avait à nous offrir. « Shukraan », comme on dit ici… Demain, l’océan … 

03/12/2019 – Jour 120

Bye bye Fès. L’ancienne capitale du Maroc est vraiment une destination de choix que je suis contente d’avoir visité. La majorité des gens vont à Marrakech, la vibrante et palpitante, qui est à voir aussi, mais Fès a ce côté patrimoine culturel et historique qui lui, donne, à mes yeux, le petit « chouia » de plus. Fès est, sans aucun doute, la ville du royaume qui est la plus chargée d’histoire. Avec Damas, Bagdad, Cordoue et Istanbul, elle fût l’une des principales villes de la civilisation arabomusulmane. 

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Nous avons été accueillis en plus comme des rois. L’hospitalité des Marocains est incontestable. Nous avons fait  aussi une visite guidée qui nous a permis d’en apprendre encore plus et d’éviter de trop se perdre dans la médina qui est un vrai labyrinthe. C’est d’ailleurs, selon les dires, de notre guide, la plus grande du pays  et reconnue au Patrimoine de l’Unesco… Elle fait partie des villes impériales du Maroc et est considérée de nos jours comme sa capitale spirituelle.

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Première journée découverte avec le guide et le lendemain, je me suis laissée « perdre » dans la médina. J’ai demandé plusieurs fois mon chemin mais on se retrouve… On trouve de nombreuses boutiques de souvenirs et de vendeurs, parfois trop insistants, mais l’authenticité de la médina est toujours bien présente à Fès ! C’est un réel lieu de vie pour des dizaines de milliers de personnes et pas juste une vieille ville où déambulent des touristes pour la visiter comme à Marrakech. Il faut accepter, en tant que femme et se baladant seule (chéri se reposant car il a attrapé un bon rhume rapporté du Royaume-Uni), de se faire interpeller par les vendeurs un peu plus intensément mais ce n’est jamais agressif. Je n’ai aucun problème à remettre gentiment un homme à sa place que ce soit ici ou ailleurs. Je suis aussi très à l’aise dans cet univers de marchandage. J’aime ça. Négocier, discuter. Je peux y passer des minutes et cela porte fruit car je paie toujours le prix que je veux, c’est à dire minimum le tiers de ce qu’ils annoncent généralement. Un vrai jeu de négociations. On aime ou on déteste. Claude déteste. Cela le gène et je comprends. Moi, pas du tout, au contraire. J’ai voulu acheter des babouches qu’on me vendait pour 250 dirhams (25 euros) et je les ai négocié à 50, soit cinq fois moins cher. Il faut oser, connaître un peu les prix et les manières de faire. Je suis repartie avec mes belles babouches, contente, sachant qu’en plus à ce prix là, ils ont encore fait un profit !

Nous sommes donc repartis ce matin en autobus pour Chefchaouen, la perle bleue du Maroc. Le trajet de plus de 4 heures nous a permis de voir le paysage et de constater combien le pays est verdoyant même actuellement sous le ciel gris et la pluie. Les montagnes sont recouvertes d’oliveraies et les agriculteurs labourent les champs, comme autrefois avec une charrue attelée à un âne ou un cheval.

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Dur travail, difficiles conditions. Nous avons fait une pause lunch. Découverte d’un concept de restauration… boucherie/restaurant. On achète la viande, présentée sur les crochets, au boucher, ensuite, on part avec la viande crue et découpée dans une assiette et on va la donner au restaurateur qui s’occupe de la cuire. les grillades sont délicieuses mais il ne faut pas être trop regardant sur l’hygiène, aucune réglementation MAPAQ appliquée 🙂 

En arrivant à Chefchaouen, petite négociation de mise avec le taxi, qui nous demandait le double du prix et nous voilà arrivés à l’hôtel dans la médina.

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Premier aperçu de la ville : WOW ! Il pleut et c’est tout de même très beau… À suivre !

30/11/2019 – Jour 117

Déjà nous quittons l’Angleterre. C’est un saut de puce que nous faisions, un petit détour pour fêter l’anniversaire de mon chéri avec un de ses très bons amis. C’est du train en direction de Stansted Airport près de Londres que je vous écris. Un trajet de presque trois heures qui va me permettre de mettre à jour mon journal. Nous venons de quitter nos amis qui nous ont fait découvrir leur coin de pays, cette belle région du Midland et qui m’a donné le goût de revenir au Royaume-Uni découvrir la campagne. Par contre, à une autre période de l’année. Je n’ai pas de problème avec les grandes chaleurs, avec le froid de notre Québec mais je déteste l’humidité. Celle qui vous pénètre et qui ne vous quitte pas, celle qui vous transperce et vous « transie » de froid. Raison pour laquelle nous ne sommes pas allés en Écosse, ni en Irlande à cette saison. Mais nous irons … assurément ! De superbes paysages sont à voir là-bas ! J’en rêve.

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Nous sommes donc en route vers le Maroc pour une semaine.

J’ai vraiment été agréablement surprise par cette campagne si pittoresque et ses petits villages aux maisons de briques rouges, aux fermettes à colombage et toit de chaume.  Birmingham et sa région sont traversées de canaux, une petite Venise et les péniches colorées accentuent le charme de cette contrée.

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Je connaissais Londres. Idéale pour ses musées, pour la vie culturelle, mais au rythme un peu fou. Ici, nous avons vraiment apprécié et pu ressentir le flegme anglais sous son meilleur aspect. Un après-midi passé au pub, à savourer un meat pie et boire de la bière locale, dans la campagne anglaise … un pur bonheur.

La vie s’écoule et les habitués se retrouvent pour échanger, se retrouver, polémiquer, accueillant avec chaleur les étrangers comme nous, ceux qui passent. Nos amis nous ont expliqué la culture du pub et ses traditions. Comme on reçoit peu, les amis, à la maison, excepté le traditionnel repas dominical, le « Sunday dinner »  réservé aux membres de la famille, on se retrouve au pub. Et on choisit celui qui correspond le plus à nos valeurs, opinions, statuts. Le pub est un club. Autrefois, ceux-ci servaient que des boissons. Aujourd’hui, pour garder une fidèle clientèle, on y sert de délicieux plats « home made », des plats « réconfortants », qu’il fait bon déguster après une belle balade dans l’humidité notoire de l’automne et l’hiver anglais. 

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Court séjour mais très très apprécié et remplis de belles découvertes grâce à nos amis. Merci, merci beaucoup.

Il me tarde d’arriver à Fès. Nous arriverons tard. Je suis bien évidement stressée par le vol … Je vais découvrir des villes que je ne connais pas alors encore beaucoup à apprendre. Super ! … À suivre

25/11/2019 – Jour 112

Nous revoici à Athènes pour 48 heures.  Nous avons choisi, via AirBnb, un appartement dans le quartier Omonia. Facile d’accès, central, le quartier est idéalement situé pour visiter Athènes et l’appartement, très bien … mais Omonia, c’est toute une expérience et pas forcément souhaitée. Je m’explique. Aujourd’hui, nous sommes partis tôt pour nous balader et aller découvrir deux nouveaux quartiers Plaka et Anafiotika. Deux coins d’Athènes que nous ne connaissions pas, au pied de l’Acropole et surtout, une ambiance de petit village grec et pas de grande capitale avec 3 000 000 d’habitants. Vraiment charmant. Mon chéri voulant écrire, est rentré avant moi à l’appartement. J’ai donc continué à trotter. J’adore me perdre dans les rues. Regarder, voir, observer, ressentir et tourner à gauche ou à droite en fonction de son instinct et généralement ça marche bien. Je me suis donc amusée à déambuler dans les ruelles de ces quartiers d’Athènes. Avant la tombée du jour, qui arrive assez tôt actuellement, vers 17h00, je voulais être de retour. J’ai donc pris le chemin de l’appartement seule avant la nuit. C’est assez rare mais, pas que je me sois sentie en insécurité, mais pas à l’aise du tout car dans Omonia, le décor : ce sont des prostituées, des junkies,  une ambiance glauque et de misère. Triste de se balader et de croiser des hommes et des femmes se piquer sur le trottoir, avancer quelques mètres de plus, et voir un gars préparer des doses entre deux poubelles ou être témoin du désespoir de ces gens et constater que le plus vieux métier du monde fait encore des victimes, des femmes de tous âges, s’offrant pas forcément au plus offrant. Que faire ?!?

Nous repartons demain… mais la misère ici restera. Tout cela me rend si triste. 

24/11/2019 – Jour 111

Nous venons de quitter Naxos, avec un réel pincement au coeur. Des quatre îles que nous avons faites, ce fut notre coup de coeur. Pas forcément pour sa beauté comparativement à la sublime Santorini mais pour son authenticité et sa simplicité. On s’y sent bien. Sur la plus grande île des Cyclades, la vie s’écoule doucement au rythme des arrivées et départs des ferrys, des champs à cultiver, à labourer, à préparer les terres pour les mettre en jachère et veiller au troupeau de chèvres et chevreaux ; au rythme des saisons, des récoltes, des arrivages des bateaux de pêche, de la météo. Ici, de notre notre petit nid, dans ce mignon studio sur les hauteurs de la ville, on observait, tel un spectacle, la ville vivre lentement. Et nous avons adoré, cela. De plus, ici, aussi, nos hôtes Nekatrios et Popi, furent tout simplement extraordinaires, dignes ambassadeurs de l’hospitalité grecque. Mille mercis à vous pour ce merveilleux séjour chez vous. Et si vous cherchez une bonne adresse, n’hésitez pas à le contacter directement sans passer par Airbnb sur leur site : www.naxosevilion.gr

À cette saison, la ville paraît presque endormie. Seules les cloches des églises nous font parfois sursauter et nous rappellent les priorités. La vie suit son rythme et nous, nous poursuivrons notre route.

C’est donc du ferry en direction d’Athènes que je reprends enfin le clavier. J’avais besoin de cette pause. Nous avions besoin de nous poser, de nous reposer, de ralentir le rythme. La Grèce, selon notre avis, est la destination idéale pour cela. Elle cumule ce qui, pour nous, est important et chacun à ses priorités selon ses destinations. La Grèce pour nous, c’est le calme, la gastronomie, les paysages, les randonnées, l’hospitalité, la chaleur des habitants et la douceur du climat. C’est aussi un pays européen sans contrainte vestimentaire ou religieuse. Nous sommes les premiers à nous adapter sans soucis aux pays dont les coutumes sont diamétralement opposées aux nôtres mais pour se reposer, c’est la Grèce qu’il nous fallait. 

J’ai pu finaliser quelques articles et mon chéri a repris la plume aussi. Nous avons visité, profité, au rythme des locaux. Sûrement mais lentement…

Il nous reste encore deux jours à Athènes avant de nous envoler vers Birmingham où mon chéri retrouvera un ami de longue date, de l’université, à la maîtrise en relations internationales et qui réside aujourd’hui avec sa famille au Royaume-Uni, et où nous fêterons avec eux son anniversaire. Entre vous et moi, c’est le 28 novembre 🙂

Paros fut une belle découverte. Cela est grâce à plusieurs d’entre vous, vos suggestions, il y a quelques temps demandées sur notre page Facebook, ont été écoutées et appréciées. Nous ne connaissions pas cette destination et incontestablement, cette petite île vaut la peine d’être visitée. Aliki, le village où nous étions était un petit coin de bonheur. Nos hôtes d’une grande gentillesse et soucieux de notre quiétude, nous ont permis dès les premiers jours de décompresser. 

Cela peut paraître étonnant pour certains, d’autres se diront : Ils voyagent, c’est la belle vie, et pas trop fatigant. Mais si ! Oui, c’est une expérience extraordinaire, unique, nous le réalisons et l’apprécions mais c’est aussi une constante adaptation, une logistique au quotidien. Nous avons soutenu un rythme assez intense, depuis des mois, peut-être trop. C’est pour cela que ces trois semaines en Grèce nous ont permis de recharger les batteries. Nous en avions besoin. Il ne nous reste plus longtemps sur les routes du monde, dans trois semaines, nous serons à Montréal. Nous retrouverons les nôtres. Ceux qui nous manquent, ceux qui nous réclament, ceux qu’on a envie d’embrasser, de serrer dans nos bras. Nous passerons les fêtes au Québec, dans notre chez nous et nous nous réjouissons de revoir la neige, de mettre nos manteaux et nos bottes d’hiver. Car ce que nous réalisons c’est que nous avons beau voir tous les plus beaux paysages du monde, goûter au plus savoureux plats et faire des rencontres extraordinaires, rien n’est plus merveilleux que de serrer ses enfants dans ses bras et de partager une bonne table avec ses amis. Ma fille et mon fils me manquent énormément. Pourtant ils sont grands, ils font leur vie mais ils ont encore besoin de nous et nous d’eux. C’est ce qui s’appelle la famille.

Mais avant de rentrer, nous avons encore quelques petites destinations sur notre liste. Après Birmingham, nous nous envolerons vers le Maroc pour découvrir Fès, Chefchaouen et Casablanca. Marrakech, Agadir, Essaouira, on connait, y étant allés déjà plusieurs fois.  Ensuite trois jours à Madrid où je retrouve à mon tour une amie. Youpi ! Et pour finir, on rentre, « presque » à la maison puisque nous passons en Allemagne, où nous avons habité une dizaine d’années. Retrouvailles avec les amis à Berlin et Munich. Le 17 décembre, nous serons dans un bel avion et je pense que ma joie de rentrer, l’emportera sur ma phobie de voler. 

Pour en finir, avec la Grèce, Santorini est magnifique, splendide, une carte postale mais si nous pouvons vous donner une conseil, évitez d’y aller en été, en haute saison. La carte postale de rêve risquerait de se transformer en cauchemar. 

Ravie de vous retrouver 🙂

06/11/2019 – Jour 93

Tel-Aviv est incontestablement ma ville préférée en Israël. J’avais déjà beaucoup aimé en 2013 mais je réitère mon choix. La pétillante, dynamique, vibrante capitale sait combiner business et art de vivre. La table y est bonne. La plage magnifique. Son côté bohème séduit et sa vie nocturne rassasie les plus festifs. Tout y est. Le coût de la vie y est vraiment vraiment cher pour nous, en tout cas. Tout coûte plus que chez nous et notre pauvre dollar ne vaut pas grand chose ici. On gère très serré. Nous repartons demain. Direction Athènes pour une nuit et ensuite si la température le permet, on prend le ferry pour les Cyclades. On vas se poser et se reposer… On est un peu à bout de souffle et une petite pause va nous faire le plus grand bien. 

Nous profitons donc pleinement de ces dernières heures en Israël. J’anticipe un peu le passage à l’aéroport demain. Mais je reste confiante. Si tout se passe aussi bien qu’à l’arrivée, rien à dire ! On verra.

Alors vous vous demandez comment fut notre nuit dans l’auberge de jeunesse. Et bien, super bien. Nous avions uniquement un co-chambreur qui était très tranquille mais, au petit matin, nous avions un nouvel ami. Une coquerelle dans la chambre et pas une petite, une énorme ! J’ai fait une meurtrière de moi et je l’ai écrasé. Je sais ce n’est pas bien mais mon instinct primaire a pris le dessus. J’ai commis un crime. Désolée. Je repense au sage bouddhiste qu’on avait rencontré en Mongolie et qui avait attrapé une petite fourmi pour la déposer dans le jardin au lieu de l’écraser. Ce matin, au réveil, je n’avais pas l’âme bouddhiste…

Très sincèrement, on ne sait pas d’où il est sorti mais l’établissement est propre et tout est vraiment très bien. Le petit-déjeuner de ce matin, inclus dans le prix de la « chambre » est digne de nombreux trois étoiles que nous avons fréquenté. Copieux et savoureux. 

Superbe ballade à bicyclette aujourd’hui le long des pages de Tel-Aviv, nous menant jusqu’à Jaffa et sa vieille ville fortifiée, connue pour ses galeries d’artistes, ses magasins d’antiquités et ses vestiges du XVIII ième siècle.

Le Vieux Jaffa est particulièrement apprécié à la nuit tombée lorsque l’air doux de la Méditerranée s’emplit d’embruns. Israéliens et  touristes aiment se balader dans les ruelles, s’arrêter dans un café, un restaurant ou une boîte de nuit. La ville de Jaffa est depuis des milliers d’années la porte d’entrée de la terre d’Israël. On parle souvent de Jaffa comme du plus vieux port du monde. Si son activité commerciale a toujours été intense, c’est aujourd’hui une marina pittoresque pour les pêcheurs locaux et les propriétaires de bateaux de plaisance. Vraiment un plaisir de flâner dans le quartier, qui regorge aussi de street art. J’adore. 

Nous sommes le 6 novembre et mon chéri et moi, n’en revenons pas de nous balader en T-shirt et short à cette date. On sait qu’au Québec, le froid est déjà bien installé. En décembre, nous y goûterons également… À suivre 

04/11/2019 – Jour 91

Haïfa est une ville portuaire qui n’a rien à offrir de très intéressant à part le Mont Carmel où se situe le mausolée Baha’i et ses jardins en terrasses.  18 terrasses monumentales sur les pentes du Mont Carmel autour du Mausolée du Bab.

Les jardins s’étendent de l’Avenue Ben Gourion, au pied de la montagne jusqu’au sommet du Mont Carmel, 9 jardins au dessus du Mausolée, 9 en dessous. C’est très beau à voir. Les visites de ce lieu spirituel ne se font qu’avec des guides. Impossible en tant que non croyant de se balader à travers les sublimes jardins.

La conception des jardins a été confiée à l’architecte canadien Fariborz Sahba. Ces derniers sont conçus comme des jardins suspendus sur les versants du Mont Carmel afin de créer un sentier jusqu’au Mausolée et de mettre en valeur ce lieu, l’un des lieux les plus sacrés pour les Bahá’ís.

Mais en fait ce n’est pas pour ce lieu saint que nous sommes venus. Nous avions une autre mission, celle de retrouver mon ange-gardien Yves. Celui qui m’avait aidé en 2013.

De ce personnage singulier, je n’ai plus que le prénom. Plus de nom, plus d’adresse, plus de photos. Il m’a fallu jouer au détective, « google mapper » une bonne partie de son quartier pour me retrouver. Et ce matin, éclair de génie, j’ai fouillé dans mes vieux vieux courriels de Couchsurfing sur ma boite hotmail que je n’utilise plus jamais et miracle … je suis tombée sur le message de l’hôte qui devait m’accueillir pour retrouver où était le point de rendez-vous et là, je retrouverais Yves.  

Après le petit-dej, nous voila en route vers le marché Talpiot sur les hauteurs de la troisième ville d’Israël, réputée pour sa tolérance. 

Nous arrivons exactement où en 2013, j’étais descendue du bus et avais si longtemps « poireautée ». Je me situe et en quelques minutes, je trouve mes repères. Je me dirige vers sa « boutique » qui ressemble en fait plus à un container aménagé et aperçoit une grand homme de dos. C’est lui, enfin ! L’homme se retourne et le visage que je vois apparaitre n’est pas celui de Yves. Le visage est souriant mais ce n’est pas celui dont j’ai rêvé si longtemps. Je lui demande si c’est sa boutique. Il me répond affirmativement. Je lui explique que je recherche l’ancien locataire our propriétaire de l’endroit. Un grand homme, prénommé, Yves, un costaud, avec une tâche de naissance rouge sur le visage. L’homme grimace. Oui, il se souvient de lui mais me répond que l’homme est question n’est pas BON. Il ne faut pas avoir de contact avec lui. Je ne comprends pas trop. Il me raconte alors que celui-ci a disparu depuis des années du quartier. Il a disparu soudainement en une nuit, pfiouf plus de Yves dans les parages. Il ne le connaissait pas personnellement et me pointe l’homme en face de la rue me disant que lui en saurait peut-être davantage. Nous traversons. L’homme en question nous répond qu’il ne veut rien savoir de ce Yves qui de toute façon n’est plus là depuis des années. Il nous tourne le dos et s’occupe à répondre à ses clients. De lui, nous ne tirerons pas d’autres informations. Nous revenons sur nos pas et le nouvel occupant des lieux, nous indique un homme qui s’occuper de gérer le stationnement à côté, celui-ci se rappellerait peut-être. Nous lui expliquons la situation. Mais il se souvient mais ne sait pas où il se trouve. Cela fait trop longtemps… La tristesse m’envahit. Moi qui rêvait de le revoir. On me dépeint soudain un homme que je n’ai pas connu. Je tombe des nues. Je suis sur le point de rebrousser chemin. Mais je veux encore essayer de savoir. Je rentre dans une épicerie et mon chéri explique la situation à la seule personne qui parle anglais… Celui-ci échange avec une jeune-femme qui nous dirige vers la boutique d’à côté. Un homme nous accueille gentiment, nous souhaitant la bienvenue. Une nouvelles fois, je raconte mon histoire et ma recherche et, à nouveau, l’homme me dit que cet homme est à oublier qu’il est mauvais. Il nous raconte alors que mon ange s’est un soir (ou plusieurs) transformé en démon, battant femme et enfant et jetant la mère de ce dernier à la rue avec tous les mots les plus vulgaires de la terre. Il serait encore à Haïfa vivant de petits larcins. Il aurait tout quitté, les aurait tous reniés. Je suis perdue. Ce n’est pas le Yves que j’ai connu…

Avant de repartir, le gérant du container me donne le numéro du propriétaire, celui-ci pourrait peut-être m’éclairer ou me donner au moins un nom de famille. Je n’ai pas retrouvé Yves. Je n’ai toujours pas de nom, d’adresse et je ne sais plus ce soir si je rêve encore de le retrouver … 

02/11/2019 – Jour 89

Hier visite de Bethléem. C’est à bord d’un bus palestinien que nous nous sommes rendus dans la cité mondialement connue pour être le lieu de naissance du Christ, car dès 14h00, à cause du Shabbat, les transports publics israéliens ne fonctionnent plus. Visite écourtée de la Basilique de la Nativité.

Nous étions étourdis par le nombre incroyable de visiteurs, débarquants par bus complets pour visiter ce site. C’en est fou et vraiment étouffant, aucun plaisir car on ne peut rien apprécier, la foule est trop présente.  Nous nous sommes donc concentrés sur les autres sites que la belle ville offre. Heureusement un peu plus calme. Le centre est relativement petit, on peut facilement en faire le tour en une demi journée. Nous avons fini par une triste balade au pied du mur de la honte. Ce que je n’avais pas eu le temps de faire en 2013. C’est tellement triste de longer cette immense paroi de béton dont le sommet est « décoré » de barbelés à travers les miradors. Toutes les oeuvres de street art de ce monde ne pourront jamais embellir ce mur. Commencé en 2002 et toujours en construction, le mur de séparation suit la “frontière” de Cisjordanie et sera, une fois terminé, une bordure de ciment long de 700 km. Critiqué par de nombreuses associations et diplomaties internationales, Israël continue de justifier sa création en avançant qu’elle permet de prévenir et d’empêcher l’intrusion sur le sol israélien de terroristes palestiniens. Je ne veux pas entrer dans un débat idéologique et politique mais la vue de ce mur a été assez dur et émouvant. Je me suis trouvée si petite face à ce géant de béton et si impuissante, démunie. Le mur est couvert de graffitis dont celui di célèbre Banksy, de poèmes, de témoignages, d’appels à la paix et la liberté.  Nous avons repris le bus. Nous avons repris notre chemin de la liberté… Nous sommes libres de circuler … Incroyable de voir qu’en 2019, des gens, des hommes, des femmes, des enfants vivent cloisonnés. Cela me bouleverse ! 

Aujourd’hui visite du Vieux Jérusalem, de ces quartiers : celui des Juifs, des Chrétiens, des Musulmans, des Arméniens. Tous cohabitent … par obligation plus que par choix.

Au programme aussi : Mur des lamentations, Mont des Oliviers … Le constat est que cette ville est encore sous tension. Rien n’a vraiment changé depuis 2013. Tristement …

Nous sommes samedi et ici c’est Shabbat, c’est le jour où les Juifs s’arrêtent de travailler pour pratiquer leur culte. C’est le jour de repos rituel.  À partir donc du vendredi jusqu’au samedi soir, plus rien ne fonctionne. La ville se recueille, du moins, la partie de confession judaïque.  En tant que touriste, il est important de le savoir et de s’informer des horaires et des autres moyens de se déplacer. Il y a des taxis mais les prix sont plus chers. Heureusement, les transports palestiniens eux fonctionnent. Ouf ! 

Demain, on part vers Haïfa au nord du pays. J’ai une mission. Je dois retrouver Yves, mon ange gardien. Je lui avais fait une promesse que je n’ai pas pu tenir et je veux lui dire de vive voix pourquoi. J’espère le retrouver… après six ans.

Pour comprendre lire mon journal du 28 février 2013 que j’avais rédigé sur Tumblr.

Flash back … Mon ange gardien s’appelle Yves

La vie est incroyable et tellement surprenante. J’ai une bonne étoile. Je dois être une bonne personne …

Je vous raconte ma nouvelle aventure.

J’arrive hier à Haïfa, ville côtière au Nord d’Israël, ma dernière destination avant de repartir le 2 mars pour Erevan en Arménie.

Vous le savez maintenant, je voyage via Couchsurfing. J’ai donc rendez-vous avec mon hôte près de chez lui, non loin d’un pittoresque marché dans les hauteurs de Haïfa près du quartier Carmel. Tout est organisé, il arrivera vers 17:00 : point de rendez-vous : l’arrêt de bus. Ok, tout est beau, j’y suis. Je suis même en avance car j’arrive de Tibériade et ne connaissant pas exactement le temps qu’il me fallait, je suis plus tôt que prévu, presque une heure. Peu importe, rien ne presse, j’ai le temps et je m’assois pour observer la vie de quartier qui se déroule devant moi. 

Après 45 minutes, un grand gaillard, une armoire à glace dont la tâche de naissance sur le visage en effraierait plus d’un, se dresse devant moi et me demande si j’ai besoin d’aide. Il a vu que j’attendais depuis longtemps et s’il peut m’aider alors avec plaisir.

Je lui explique que j’attends une personne et que j’ai rendez-vous avec lui vers 17:00. La notion du temps étant toujours relative pour certains, n’oublions pas 🙂

Tout heureux, il me répond en français. Cela fait tellement longtemps qu’il n’a pas parlé français. Il parle très bien.

Il m’explique qu’il a sa boutique et si jamais j’ai besoin, je peux aller le voir.

Je le remercie, lui disant que mon hôte devrait arriver. Il repart.

17:15, le soleil a disparu derrière les immeubles et il commence à faire plus frais. J’enfile un pull, histoire de me garder au chaud. 

On m’observe. 

Deux minutes après, apparaît de nouveau ce colosse. Il m’invite à sa boutique pour que je me réchauffe. Elle est de l’autre côté de la rue. Je pourrai voir mon hôte, Sarig, arriver. Je le suis. J’ai froid. Un thé à la menthe et des biscuits m’attendent. Que demander de plus. 

La conversation s’enclenche. Il s’appelle Yves, me parle de sa vie, de sa boutique, de son fils de 4 ans.

17:30, pas d’hôte à l’horizon.

Yves me rassure. Ce géant est très gentil. Je n’ai rien à craindre et si mon hôte ne vient pas. Pas de problème, il est là. J’ai confiance. Je sais, ce que j’écris ne fera rien pour rassurer mes proches mais je continue de suivre mon intuition et j’ai confiance. Croire en la bonté des gens plutôt que de les suspecter toujours du pire, est davantage ma philosophie. Ne craignez rien, je ne suis pas naïve non plus.

On discute, rit. Le moment est agréable. Il me dit que même si mon hôte arrive. Il le renvoie. Je reste avec lui. Il est vraiment sympathique.

17:45, aucune trace de mon hôte CS.

J’appelle au numéro que Sarig m’a donné pour le rejoindre en cas de problème. Mauvais numéro !! Pas de Sarig en vue.

Je n’ai même plus envie de partir. Yves sourit. Sa prière est exaucée.

18:00, on ferme boutique. Il habite à 15 secondes de sa boutique dans un appartement. Je suis la bienvenue.

Je le suis. 

Il sera mon hôte. 

Soirée au resto du quartier, dans un boui-boui local. Match de foot avec ses copains du coin… Bonne soirée.

Retour chez lui, il m’installe un matelas par terre et voilà mon lit pour cette nuit.

Mon ange gardien s’appelle Yves et parle français. Il ressemble à un ogre sorti d’un conte de fée, tout pour effrayer mais ne vous fiez jamais aux apparences.

La vie est belle et extraordinairement surprenante.

Croyez aux anges !

31/10/2019 – Jour 87

Israël, jamais je ne pensais revenir ici. C’est même ce que j’avais dit en 2013. J’avais eu à cette époque une très mauvaise expérience en arrivant et en repartant à l’aéroport international de Tel-Aviv :

flash black … en 2013 (journal rédigé en 2013) : Aéroport de Tel-Aviv – sincèrement, je n’ai jamais vu un personnel si peu accueillant, une colonie d’air bête. Sans doute, cela doit faire partie des qualifications requises. Bonne humeur et sourire s’abstenir !

Déjà mon arrivée, il y a quelques jours, ne fut pas des plus agréables. Je me doutais bien qu’avec un tampon du Liban dans mon passeport, je serais interrogée et fouillée. Ce fut le cas, mais j’assumais et jouais le jeu sans problème, avec grande sérénité. Arrivée à 23:00, je ressortis de l’aéroport vers 01:30 sans aucun “Bienvenue en Israël”. Cela aurait au moins adouci les formalités.

Aujourd’hui, je ne pensais pas revivre le même scénario, voire même pire. 

Le trois heures règlementaires pour les vols internationaux, ici, est de l’utopie.

Je fais la file comme tous les passagers pour passer le premier contrôle de sécurité : présentation du passeport et petit interrogatoire … Ok, tout le monde y passe. Rien à dire. 

Mon sac à dos est passé aux rayons X. Je me dis que cette fois ci, je devrais être épargnée. Je quitte Israël . Quelle réjouissance trop hâtive !

De l’autre côté, on m’attend déjà…

Et là, ça commence ! Pourquoi suis-je venue en Israël ? Pourquoi suis-je allée au Liban ? Qui ai-je rencontré ? Des noms ? Des adresses ? Pourquoi je vais en Arménie ? Et bien évidemment pour essayer de trouver la faille, les questions sont posées plusieurs fois sous des formes différentes. 

On me demande de suivre un agent, un haut gradé dans les airs de bœuf ! Je sais, je pourrais être une dangereuse terroriste, une espionne malfaisante.

Mon sac est vidé au complet, passé aux rayons X, une seconde fois, des prélèvements sont faits sur mes affaires. Cela dure une heure.

Mais ne croyez pas le contrôle fini. Je dois suivre maintenant une femme qui a au moins l’amabilité de me dire “bonjour”.

Nous passons dans les coulisses de l’aéroport. Je rentre dans une pièce et l’instant de la fouille débute. Pas la standard, non, la totale, celle qui humilie bien le voyageur, celle qui fait qu’on ne reviendra pas en Israël parce que j’ai le droit, moi, de voyager où je veux sans subir vos haines, vos peurs, votre paranoïa.

Cela dure une éternité.

Une fois rhabillée, on me dit que tout est correct.  Ah merci, j’étais vraiment inquiète que cela ne le soit pas !!!

On m’escorte au guichet d’enregistrement et au “ixième” contrôle de passeport où le King des airs de c.. m’étampe le seau de l’au revoir. 

Je suis libérée. Je cours dans les couloirs pour arriver à temps à la porte d’embarquement … j’ai failli rater mon vol 

Je me réjouis de m’envoler vers d’autres cieux. 

2019 : Nous sommes rentrés en Israël à Eilat, au point le plus sud d’Israël. À pied, après avoir été déposés en taxi par un sympathique chauffeur jordanien, nous nous sommes dirigés vers la frontière jordanienne. Contrôle des passeports, tampons de sortie apposés. Merci et à la prochaine … Inch Allah. Mon chéri est un peu anxieux à la suite de mon expérience en 2013 pour le passage de la frontière en Israël… Je suis aussi un peu tendue mais comme à l’époque, je n’ai rien à me reprocher. On traverse un long corridor extérieur. Premier point d’entrée, contrôle du passeport, deuxième étape, passage au scanner des sacs. Aucune fouille ! Ni pour moi, ni pour mon chéri. Tout se déroule bien. Troisième étape : re contrôle des passeports et interrogatoire. Claude passe en premier.  5 minutes après, c’est à mon tour. Je m’avances vers la dame souriante qui m’interroge. Juste le sourire fait du bien à mon coeur. Questions usuelles : d’où venez-vous ? Connaissez-vous des gens en Israël ? Voyagez-vous par vous même ? Que faites-vous comme profession ? Et celle que j’attendais : « Êtes vous déjà venue ? ». « Oui, en 2013 ». Elle me regarde et me rend mon passeport : « Bienvenue en Israël ! »

Wow, quel contraste avec ce que j’avais vécu, il y a 6 ans maintenant. Le tout fut réglé en 20 minutes et avec de la chaleur humaine. 

Notre séjour débute bien… Merci pour cet accueil !

30/10/2019 – Jour 83

Encore plein de péripéties. Avant tout la suite de notre histoire d’hôtel à Petra. Pour mettre en contexte, la situation. Un, nous voyageons en planifiant au jour le jour, mais cela nous joue parfois des tours ; deux, nous sommes tombés dans le pic de la saison touristique en Jordanie, en pleines vacances scolaires européennes. Nous avons tellement décrochés du calendrier que nous ne savons plus vraiment quels jours et quelles dates nous sommes. Donc dans ce contexte, il était difficile de trouver une chambre d’hôtel à Petra, qui est le site le plus visité de la Jordanie. Imaginez donc en plein pic, deux Québécois, naïfs, arrivés en espérant trouver un petit coin paisible et abordable. Euh, surtout pas à Petra 🙂 Donc, l’agence a sans doute fait de son mieux dans le contexte… Et je dois dire que celle-ci nous a réservé un camp à Wadi Rum, une centaine de kilomètres au sud de Petra, qui était extraordinaire, site grandiose et nourriture exquise, avec une excursion dans le désert inoubliable…  Donc, notre fameux hôtel « Oscar », dont le logo n’est rien d’autre que la grossière reproduction du célèbre Oscar du cinéma… Bienvenue au royaume du kitsch et du plus mauvais goût… Mais bon, on est là pour deux nuits. M’ayant vu prendre des photos, et les nouvelles se propageant très vite, la gentille réceptionniste, lorsque nous quittions pour aller visiter Petra, nous a demandé s’il y avait un problème. Avec calme et diplomatie, j’ai expliqué la situation et montré les photos de notre chambre. Les ayant « tagués » dans mon « post » sur Facebook, ceux-ci ont sans doute vu le nombre d’amis que nous avions. Ils nous ont dit que nous serions changés de chambre. Voulant éviter de compliquer la situation, nous avons accepté et, à notre retour, la chambre proposée était au moins propre, le minimum que nous demandons. Mais, pour 100 $CAD/nuit, on s’attend normalement à plus que de la propreté. Autre pays et saison touristique à son summum, l’inflation fait des ravages… C’était sans doute à nous de nous renseigner au sujet des prix, car nous ne sommes pas riches et un voyage de longue durée comme le nôtre demande une stricte gestion de budget. En Jordanie, tout explose ! Nous sommes donc restés une seconde nuit. Et tout était réglé… pensions-nous … Le matin, donc au check-out, on voit inscrit sur une feuille qui n’existait pas la veille « Sorry, our Visa Terminal doesn’t work. » Nous, dans les hôtels, on paie par carte, comme nous faisons depuis des mois et toujours sans souci. Des fois, on dirait que, quand ça va mal, ça va mal, et par une espèce de loi naturelle, on dirait que les pépins s’accumulent souvent aux mêmes endroits ! Bienvenue chez Oscar ! On explique que nous n’avons pas l’argent liquide pour payer… et pas de guichet à l’horizon !! Devinez quoi ? Le gérant nous a simplement dit : Ok, vous êtes nos invités, c’est à nos frais. » Nous étions estomaqués, mais, devant le niveau plutôt pitoyable de la prestation d’ensemble, nous avons accepté cette générosité. Croyez le ou non, nous sommes repartis de là sans payer ! (Entre vous et nous, cela a vraiment fait du bien à notre porte-monnaie mais, jamais nous ne nous attendions à cela). Incroyable !

Autre sujet, le site de Petra est simplement extraordinaire ! Très (trop) touristique, mais juste exceptionnel. On comprend pourquoi il s’agit d’un site du Patrimoine de l’Unesco. Majestueux, colossal, grandiose…mais le dire ou l’écrire n’est rien. Le vivre est incroyable. Nous sommes si minuscules devant ce travail gigantesque effectué par des hommes de leurs mains, à creuser une ville entière dans la pierre, pendant plusieurs décennies, il y a des milliers d’années. 

Nous avons ensuite pris la route de Wadi Rum, le désert de Jordanie. La route est incroyable. On traverse des contrées arides et des paysages grandioses. 

Wadi Rum est lui aussi, exceptionnel. J’ai l’air d’utiliser de grands qualificatifs impressionnants, mais c’est tout simplement la réalité. Nous ne nous attendions pas à un tel décor aussi beau, aussi grandiose, aussi époustouflant !

Le campement situé au pied des falaises offre un coucher de soleil sublime. Le sable rouge devient ocre. La terre presque couleur feu. Le silence de la nuit et le ciel étoilé sont juste magiques. Pour finir en beauté, nous avons fait une excursion en jeep à travers le désert dont je me souviendrai toute ma vie. Nous avons fait déjà quelques déserts, mais celui-ci est unique par ses paysages, ses montagnes de pierre et son patrimoine. Nous avons pu en apprendre un peu plus sur la vie des Bédouins. Impossible de venir en Jordanie sans venir dans le désert de Wadi Rum !

Nous voilà, ce soir à Aqaba pour notre dernière nuit en Jordanie. Nous avons trouvé un appartement à prix abordable par l’entremise d’Adam, le jeune Irakien qui nous avait guidé de Trabzon (Turquie), et d’un de ses amis d’Aqaba. Sur booking ou Airbnb, les prix étaient exorbitants ! Et, cette fois-ci, nous avons payé sans souci … ouf ! Quelle histoire ! Demain, nous passerons la frontière vers Israël … À suivre !

26/10/2019 – Jour 82

Nous avons pris la route, quittant Amman pour tranquillement nous diriger vers le point le plus au sud vers la frontière avec Israël à Eilat. Nous y serons dans quelques jours. Une belle et surprenante journée. Mon chéri a pris le rythme de la conduite du pays. Il klaxonne à tout bout de champ pour simplement dire, on est là, on passe. Ici, on oublie nos règles du code de la route, ça zigzague n’importe où du moment que cela passe. Alors le seul moyen de s’annoncer c’est de klaxonner. Ça marche comme ça et ça semble bien fonctionné. Je ne suis pas peureuse sur la route et j’aime conduire mais ici parfois, j’ai des petits frissons car à travers cela, il y a les piétons qui traversent également n’importe où. Il faut être alerte à 200 %. Mon chéri est le pro du volant ! Premier arrêt, le Mont Nebo, lieu biblique, à une trentaine de kilomètres d’Amman. Sur le sommet d’une haute colline à plateaux se dressent les vestiges d’une église et à cet endroit se trouverait la tombe de Moïse. Le temps était couvert mais par une journée claire, on peut voir le cours du Jourdain, et les terres israéliennes jusqu’à Jerusalem de l’autre côté de la Mer Morte. Les vestiges de monastère et d’une basilique byzantine abritant de magnifiques mosaïques constituent le Mémorial de Moïse.

Après cette enrichissante visite, c’était l’heure de la baignade : direction la Mer Morte. Pour cela il faut emprunter une route sinueuse qui descend, descend et descend durant des kilomètres. Sur le chemin, au milieu de nulle part, quatre jeunes garçons font du stop. Des enfants. Je dis à mon chéri : On les prend. On s’arrête. Ils nous regardent avec de grands yeux surpris. Je souris et tout le monde sourit. La petite troupe embarque et on continue le chemin. On essaie de converser. On comprend qu’ils vont en ville, qu’ils ont entre 10 et 13 ans. Ils rigolent. J’adore ces moments qui resteront gravés dans nos mémoires, à nous et à eux. Ils se raconteront plus tard ou à leurs copains, famille, la fois où des touristes les ont pris en stop. Et nous de nous souvenir de ces beaux sourires. On fait quelques kilomètres et ils nous disent « stop » alors tout le monde sort. Bye, bye les garçons. Merci pour ce moment.

Nous arrivons donc au bord de la mer. En tant que tel, le coin, n’est pas très beau du moins la ville qui n’en est pas une puisque pas de nom, n’a rien d’attrayant. Il y a une enfilade de grands hôtels dont le prix des chambres est exorbitant. Nous pensions séjourner une nuit ici mais ce n’est pas dans notre budget de globe trotter. Autour de cela des maisons qui poussent à travers des baraques et des campement de tentes (sont-ce des habitants, sont-ce des réfugiés, nous ne savons pas). Nous cherchons donc un endroit pour se garer et aller se baigner. Nous apercevons un panneau : Dead Sea, Tourist Beach. On se dit alors voir … Nous sommes touristes ! On se gare. C’est LA place, tous les autobus et minibus de touristes sont là. On entre et on demande le prix : 20 dinars jordaniens ce qui correspond à 40$CAD. Ils sont fous !! 40$ pour me baigner dans la Mer Morte qui appartient à tous. Jamais de la vie. Nous faisons demi-tour et on reprend la route. Quelques kilomètres plus loin, on se gare et on voit des gens se baigner, des locaux. Ils n’ont assurément pas payé 40$. Le premier constat est que les plages pour touristes sont nettoyées et que le reste des bords de la Mer Morte est une poubelle à ciel ouvert. Mais les gens se baignent et ne voient pas cela. Je me souviens que de l’autre côte en Cisjordanie, en Israël, les rives de la mer étaient propres. Question d’éducation, de mentalité. Cela viendra un jour. Je rêve de cette prise de conscience mondiale comme quoi, il faut protéger notre terre, notre petite planète bleue qui nous accueille le temps d’une vie et que nous devrions transmettre aux générations futures dans un bel état et non pas comme une poubelle. Triste.

Je veux tout de même vivre l’expérience car en 2013, lorsque je suis allée en Cisjordanie, je n’avais pas pu me baigner. Mon chéri passe son tour. Il le fera sur les rives de l’autre côté quand nous y serons.  On « s’installe » donc sous une petite baraque bancale au toit de paille. Un peu plus loin les gens nous observent… Que font donc deux étrangers ici ?

Je me lance à l’eau dont la température est parfaite. Celle du corps, ni trop chaude, ni trop froide. Je me glisse dans l’eau et tout simplement je flotte. On ne ressent plus du tout la pesanteur de son corps. L’eau est limpide et, selon les courant, bleue turquoise, verte ou marine. Magnifique. La boue et le sel se marient et créent un joli fond de mer. J’ai eu une goute d’eau dans les yeux et cela brûle. Il faut donc faire très attention. Pour ce qui est des bactéries, rien à craindre puisque rien ne survit dans cette mer. 

En repartant, un groupe d’hommes installé quelques baraques plus loin, nous fait signe de venir et invite Claude à fumer le narguilé. Il hésite et je lui dis « go », tu n’as jamais essayé. Nous voilà donc assis avec eux. Je reste discrète, par respect. Je ne fume pas et je les observe. Ils sont très accueillants. Il s’agit de deux adultes, deux adolescents et un garçon, le fils d’un des hommes. Claude parle avec eux. Un des jeunes et le garçon parlent assez anglais pour se comprendre. Ça rigole. C’est merveilleux à voir : cette fraternité, le temps d’un moment autour d’un narguilé à discuter de leur vie, de leurs projets. Un des jeunes souhaite devenir dentiste mais les autres se moquent gentiment de lui car il ne semble pas se forcer trop trop à l’école. L’ambiance est vraiment bon enfant et on rit. Je fais des photos et grâce à What’s App qui est beaucoup plus populaire en Europe et Ici qu’en Amérique du Nord, je lui transfère leur portrait. Ils sont vraiment contents.  Quelle belle surprise encore une fois de la vie. Jamais nous aurions vécu un tel moment sur la « Tourist Beach ». On se quitte le coeur rempli de bonheur et de reconnaissance.

On reprend la route vers Madaba qui sera notre destination finale pour la journée. Soudain, on se fait arrêter par un policier en bord de route… Rien à se reprocher, Claude conduit comme un pro, je vous l’ai dit 🙂

On se demande alors pourquoi ? Je pense à un petit pot de vin mais que nenni. Il ne parle pas anglais du tout mais grâce à Google Translate, il nous demande où nous allons. Madaba. Il nous demande d’attendre. Un autre policier se présente qui ne parle pas plus anglais. Il nous regarde et repart. Puis reviennent nos policiers avec un jeune homme qui lui parle anglais. Un touriste du Chili, perdu et abandonné par son groupe avec qui il était aujourd’hui. Il aurait été trop longtemps aux toilettes et le groupe serait reparti sans lui, sans s’apercevoir de son absence. On comprend donc que le policier nous demande si on veut le prendre puisqu’il va aussi à Madaba. Pas de problème, c’est notre journée auto-stop 🙂 Le policier nous sourit et nous remercie. Il serre la main de Claude avec un beau « shukraan » – merci en arabe.

Nous devons prendre la même route alors cette fois-ci, on monte, monte et monte encore. La petite Toyata tient la route. Le jeune homme nous raconte son voyage, sa vie. Il étudie en médecine, fils de diplomate, il voyage avec un passeport diplomatique. Il ne trouve pas les gens partout accueillants. Il faut se méfier. Méfier de quoi ? Je ne sais pas… Je ne dis rien car notre expérience est toute autre. Arrivés à destination, il nous remercie : « Vous m’avez sauvé la vie » euh non, pas à ce point … juste rendu service. Ciao et bonne suite de voyage ! 

On dépose nos affaires dans l’appartement que nous avons loué.  Affamés, nous cherchons un resto et nous tombons que sur des sites à touristes dont les prix sont gonflés. On décide de trouver quelque chose à ramener à l’appart. Il se fait tard. Une soirée relaxe est un bon plan. On trouve un boui-boui qui fait des falafels. On entre et là encore l’accueil est incroyable. On nous fait goûté et c’est vraiment bon. On finit par discuter et les deux propriétaires sont égyptiens. Ils sont ici depuis plusieurs années car les affaires et la situation politique sont plus prospères et stable en Jordanie. On repart avec un festin pour 3 dinars (6$CAD) alors que dans un resto touristique cela nous aurait coûté au minimum 10 fois plus !!! Alors n’est-ce pas une belle et surprenante journée ? 

25/10/2019 – Jour 81

Bon alors, avant tout,  suivi de dossier : j’ai bien reçu mon remboursement royal 🙂

Hier, découverte de la vieille ville d’Amman. Son architecture est vraiment étonnante avec sa kyrielle d’immeubles cubiques beiges ou blancs. On dirait une ville lego. C’est la première fois que je vois ce style urbain. C’est le cachet de la capitale. La ville est un des plus anciennes cités du monde encore habitée. Il y a des temples grecs, des ruines romaines, des églises chrétiennes, des synagogues enfouis dans des sites archéologiques millénaires. Rome semble bien jeune par rapport à ici. Mais tout comme la bella italienne, c’est un musée à ciel ouvert. Visiter Amman, c’est découvrir la citadelle qui domine la ville, aller au théâtre antique, arpenter les souks du centre d’Amman. C’est aussi l’occasion d’aller dans les marchés bien évidemment.

Mais je sais ce que vous voulez savoir, c’est comment ont-ils fait pour finir dans un mariage jordanien ? Je vous explique. Voyages CAA Québec offre un circuit Jordanie-Israël (ou l’inverse, je ne sais pas trop), pour nous conseiller si nous avions besoin d’aide, ils nous ont donné le nom de leur agence partenaire ici. Le directeur de l’agence lui même nous a écrit pour nous dire que si nous avions besoin de quoique ce soit, il serait heureux de nous aider et de nous renseigner et dans la foulée, il nous annonce que c’est le mariage de sa fille ainée. Un taxi sera à notre hôtel à 19h30 pour nous emmener à ce grand évènement. Nous sommes ses invités. WOW ! Comment refuser ? Je dois dire que j’ai vraiment douté pour y aller car 1) nous ne sommes absolument pas habillés pour un mariage et 2) nous n’avons aucun cadeau à offrir. Aucun problème, il est heureux de nous faire vivre cette expérience, et toute une !

Le chauffeur est là, ponctuel ! Nous récupérons en route Wafa, une employée de l’agence qui parle parfaitement le français. Son histoire est touchante. Palestinienne de naissance, elle a grandit en Algérie avant de venir en Jordanie. Touchante … par l’histoire de sa famille : son père, Palestinien, né à Jérusalem, parti étudier en Syrie quelques années, voulait revenir chez lui après ses études. Il lui a été interdit, comme beaucoup d’autres, de rentrer en Israël. Il a dû s’expatrier, bien qu’il soit né, tout comme ses parents, à Jérusalem. Ils ont habité longtemps en Algérie, c’est là que Wafa est née et, après les difficultés dans ce pays, ils sont venus en Jordanie. Ils sont très heureux d’y vivre, mais la blessure est présente : Ne jamais pouvoir retourner chez soi, un chez-soi si proche, juste de l’autre côté de la mer morte…

Notre chauffeur, un vrai fou du volant, comme beaucoup ici, a failli nous faire « emplafonner » du côté où Wafa et moi étions assises par une voiture qui a réussi à freiner in extremis. Et il a ri !!! Bon, à part cela, il était vraiment sympathique et je lui ai demandé de ralentir, car je tenais à la vie et voulais poursuivre mon voyage et voir le mariage…

Wafa, nous a expliqué l’étiquette concernant la soirée. Bien évidement nous ne resterons pas toute la soirée. La fête s’éternise ici. Lors des mariages, les hommes et les femmes sont séparés. Claude partira donc avec Notre Jacques Villeneuve jordanien et moi, avec Wafa. Claude a pu rencontré Salameh, le père de la mariée et notre hôte. Chez les hommes, rien de bien folichon. Les hommes boivent le thé, fument, discutent, félicitent le marié et offrent de l’argent. Il n’y a aucun alcool. Du côté des femmes, c’est la fête, ça danse, ça chante, ça « youyoute ». Bien évidement, vous vivez vous douter que j’étais une bête curieuse. Que faisait cette touriste dans cette soirée ? Les femmes m’observent, mais dès que je leur souris, la glace est brisée. La mariée n’est pas encore là. Les femmes sont belles dans leur robes aux couleurs chaudes et dorées. Il faut que cela brille… mais tout ce qui brille n’est pas d’or. Du côté des femmes donc, c’est décoré. Il y a des arches de fleurs, un trône et des lumières de discothèque. Soudainement, tout le monde s’assoit et les mariées entrent. Ils passent sous les arches. Ensuite, le marié offre, devant toutes, les bijoux en or, beaucoup de bijoux à sa future épouse. Il lui met les colliers, les bracelets, les boucles d’oreilles, pour finir par l’échange des anneaux. L’or est précieux dans les mariages. Ensuite, ils font deux danses ensemble et le marié disparait pour le reste de la soirée chez les hommes. Une fois le chat parti, les souris se remettent à danser. La belle mariée s’assoit sur sont trône et assiste au party… J’ai félicité la belle et sa maman. C’est une gros mariage. Il y a environ mille personnes aux dires du père de la mariée. Une fabuleuse expérience. J’ai même dansé. J’adore danser. Nous sommes repartis, tellement reconnaissants d’avoir vécu cette tranche de vie. Nous sommes parfois si étonnés de ce qui nous arrivent durant ce voyage. Merci la vie !

Aujourd’hui, journée culture et patrimoine. Nous sommes allés à Jerash, voir le site archéologique extraordinaire de la cité romaine extrêmement bien conservé. Nous y avons passé 4 heures ! Fabuleux ! Mon chéri a repris le volant et direction Ajlun, pour visiter son château. Ce dernier est une forteresse musulmane du XIIe siècle située sur une colline appartenant au Jabal Ajloun qui offre une vue magnifique sur les montagnes et vallées des oliveraies. 

Sur le chemin du retour, nous avions un petit creux et nous nous sommes arrêtés dans un « boui-boui » sans savoir ce qu’on mangerait. Nous avons appris que nous étions dans un restaurant yéménite. Le jeune propriétaire, surpris  de voir deux étrangers débarquer, nous a fait gouté quatre variétés de riz. Toutes succulentes, mais j’ai choisi celle que le chef préférait et que j’aimais aussi et mon chéri, une autre tout aussi savoureuse. Le poulet était succulent. Nous avons pu échanger un peu avec Baellid. Il voulait savoir ce que nous faisions et on lui a expliqué notre aventure. Je lui ai montré notre petit vidéo et il nous suit maintenant. Merci Baellid pour ce petit festin. On se dit des fois qu’on aimerait tellement emmener des gens découvrir tout cela, sortir des sentiers battus et déguster des plats succulents dans des « boui-boui » au bord d’une route. Rien d’attrayant mais pourtant … juste extraordinaire !

En rentrant à Amman, nous voulions prendre un petit verre (d’alcool) pour célébrer cette magnifique et enrichissante journée. Trouver de l’alcool, on sait que c’est possible, mais la chose peut s’avérer compliquée… Après 45 minutes à chercher et à demander où se trouve la « SAQ » jordanienne (des commerces privés, ici) la plus près, on a fini par trouver… Alors, je vous écris, de notre chambre d’hôtel, en savourant un petit verre de vodka jordanienne… 

Belle journée ou belle soirée ! Demain, on reprend la route vers de nouveaux horizons… À suivre !

23/10/2019 – Jour 79

Lever tôt pour finir nos sacs, petit déjeuner à l’hôtel et se rendre à l’aéroport d’Ankara qui se trouve à 34 kilomètres de la ville. Logistique parfaite, nous arrivons à 8h30 à l’aéroport pour un décollage à 10h50. Premier passage de sécurité en entrant dans l’aérogare. Enregistrement des bagages. Là, nous avons un petit stress, vite dissipé, car nous entrons en Jordanie avec un billet aller simple et on craignait des difficultés comme à Séoul, mais rien du tout. Tout va picco bello ! Nous allons au contrôle des passeports : réglé en deux minutes. Second contrôle de sécurité pour aller dans la zone des passagers. No problem. Là, nous attendons. Il n’y a pas grand chose à faire. Cette partie de l’aérogare est assez petite et vide. Il y a un duty free et une boutique souvenirs. Moi, qui fait la collection des mains de Fatima, je fouille pour en dénicher et je succombe pour quelques-unes mais je n’ai pas fait de folie car je n’ai surtout pas la place pour en acheter beaucoup. L’embarquement approche. Nous passons un troisième contrôle de sécurité dans la salle de pré-embarquement. Mon chéri passe et moi, bien évidement, je me fais contrôler et fouiller. Maintenant, j’en ris car systématiquement je me fais fouillé. Depuis des années, j’ai le taquet gaggnant du « fouillage ». Que ce soit aux USA, en Allemagne, en Israël, partout j’y ai droit. Mon chéri me dit que c’est parce que sous mes airs de gentille pourraient se cacher une dangereuse 🙂

Je vide mon sac de voyage au complet. J’enlève mes bottines. Ils prélèvent des échantillons partout. Je suis très zen car je n’ai absolument aucune crainte qu’ils trouvent quoique ce soit. Ça dure 15 minutes et c’est fini. « Merci et bon voyage madame. »

Le vol dure à peine deux heures alors j’ai décidé de prendre une petite dose de calmant, juste pour me détendre pas pour perdre conscience 🙂

Une merveilleuse fan m’avait recommandé de la musique de détente à écouter dans l’avion et bien c’est ce que je fais. Cela m’aide beaucoup. Je vous recommande tout simplement pour des moments de détente en avion ou ailleurs, Jean-Michel Blais et Alexandra Streliski.  En écoutant ces beaux morceaux, j’étais détendue, j’admirais les cieux et j’ai même fait des photos. Je progresse. Je suis fière de moi de travailler sur ma phobie.

Un vol avec quelques petites turbulences mais rien d’effrayant. Passage au contrôle des passeports, réglé en 10 minutes. Nous avons reçu notre visa sans souci.  Bienvenue en Jordanie !

Nous avons décidé de louer une voiture pour nous déplacer dans le pays. On va donc récupérer notre carrosse chez Budget. Formalités remplies, mon chéri est au volant de la toyota grise qui nous a été allouée. Nous avons eu un petit surclassement, plus de place. Merci Budget. Avant de partir, je télécharge l’itinéraire pour aller à l’appartement réservé pour trois nuits.

La description de l’appartement était élogieuse et jusqu’à présent tous les appartements réservés sur AirBNB étaient parfaits. Celui-ci une catastrophe ! Annoncé comme « the royal luxury superior Queen », on s’est dit qu’on allait se sentir comme le roi et la reine de Jordanie. (bon le prix était un chouia plus cher que notre budget mais rien de fou). En arrivant on descend dans un sous-sol, fenêtres donnant sur des murs, lit douteux, salle de bain salle. appartement sombre. La royauté vient d’en prendre un coup ! C’est l’assistant du propriétaire qui est là. Je lui dis que je suis absolument déçue de l’endroit et qu’il n’est nullement décrit que l’appart se trouve dans un sous-sol, que les images ne reflètent pas la réalité. Je lui montre une photo présentant une belle terrasse fleurie avec une vue splendide sur la ville. Ce dernier me dit que c’est comme dans les magasins, on met une belle image pour attirer … Euh quoi ? Non pour AirBNB, on met les images qui représente la réalité ! Il téléphone au propriétaire. Je discute avec lui pour exprimer ma déception et que ce qu’il offre sur le site ne correspond pas à ce que je vois. Celui-ci essaie d’argumenter mais nous n’avons pas du tout envie de passer trois jours dans un sous-sol d’Amman, pas à ce prix. Je rajoute avec un peu de culot et à la blague, que nous n’avons pas la même définition du luxe royal et je place également que je vais faire une recommandation réelle sur AirBNB et que je vais publier sur mon blogue cette mésaventure, ce qui ne lui fera sûrement aucune bonne publicité. Il me dit alors qu’en Jordanie, on respecte les gens et qu’on ne veut pas de problème. Il va me rembourser en totalité et nous pouvons quitter. Bon, un peu de pression, ça fait déboucher les tuyaux des fois ! Nous revoilà au point de départ : à se trouver un endroit pour se loger. Pas de réseau. On trouve un petit resto qui a du wifi et en grignotant leur bonne petite pizza, je me mets en quête de trouver un endroit. Pas trop difficile avec Booking.com 

On reprend donc la route et on y arrive. Check-in fait. L’endroit est impeccable !

Ce que je ne vous ai pas dit c’est que mon chéri a une ancienne collègue qui est actuellement à Amman et elle repart demain. Madame Germaine. Vous ne connaissez pas Madame Germaine et bien vous vous devez ! Anne, de son prénom, est une jeune femme pétillante et qui vit aujourd’hui de sa passion : voyages et cuisine. Madame Germaine a ouvert un lieux à Lévis où elle offre des ateliers de cuisine qui allient voyage, découverte et saveurs. Elle parcourt le monde pour peaufiner ses recettes car elle va apprendre les méthodes chez les habitants. Nous avons donc la chance et le plaisir de la voir ce soir dans une de ces familles. Après une petite pause à l’hôtel, nous repartons pour Madaba, à une trentaine de kilomètres d’Amman. Nous avons bien fait de louer une voiture. Nous sommes donc accueillis par Anne qui nous présente la famille. Nous passons un agréable moment. Notre hôte nous emmène déguster les meilleurs Falafels et on visite un magasin d’épices car Anne n’a pas fini ses achats avant de décoller demain matin pour Montréal.

Nous nous quittons avec des odeurs merveilleuses plein les narines et nous rentrons. Grosse journée, belle journée… Et je suis de prêt mon compte en banque pour vérifier mon remboursement royal … À suivre !

22/10/2019 – Jour 78

Nous sommes arrivés à Ankara, hier matin par autobus et tout s’est très bien déroulé. Une nuit sans problème avec une compagnie fiable : Metro. Cette dernière est la plus réputée de toute la Turquie. Elle couvre tout le territoire et offre une service professionnel à coût très abordable puisque cela nous a coûté 30 $CAD/deux pour le trajet de 12 heures Trabzon/Ankara avec un réseau wifi impeccable et des sièges confortables ! WOW. Si vous venez en Turquie, c’est le meilleur moyen pour se déplacer à travers le pays et surtout la meilleure compagnie. 

Nous avons débarqué dans l’immense gare d’autobus et pris une navette gratuite pour le centre ville. Celle-ci est tentaculaire.  5 millions d’habitants peuplent la capitale. Gigantesque ! Certes, Ankara n’a pas le charme, ni la réputation de la fabuleuse Istanbul. On ne fait pas le voyage pour Ankara mais, nous, dans notre itinéraire pour un 48 heures, nous en sommes satisfaits. Capitale du pays depuis 1923, Ankara est l’oeuvre de Mustafa Kemal Atartük, le fondateur et premier président de la République turque. La ville a conservé de beaux vestiges du passé, tout en accélérant sa modernisation. Nous avons pu visiter le Mausolée d’Atatürk, Anitkabir, mort le 10 novembre 1938.

Également la Citadelle d’Ankara, situé sur les plus hauts sommets de la ville, a conservé le charme d’un vieux village ottoman, qui datent de la période byzantine. 

Pour finir la journée, une balade dans le bazar et marché. J’adore les marchés et les bazars.

Cette petite pause à Ankara, nous a permis de goûter le meilleur de la ville car les Turcs eux-même trouvent la capitale très ennuyante. C’est la ville de l’administration, des bureaux du gouvernement, des ambassades. Nous sommes prêts à décoller demain matin pour la Jordanie. 

J’aime beaucoup la Turquie. J’aime leur hospitalité, leur simplicité, leur nonchalance, leur nourriture, leur musique, leur diversité. Il est vraiment intéressant de constater leur vénération pour leur premier président. Son visage est partout et pas seulement à Ankara mais dans toute la Turquie. C’est Atatürk qui a crée la Turquie moderne.

Nous sommes passés par Ankara, pour la visiter un peu mais surtout pour prendre le temps de préparer un peu notre séjour en Jordanie. Nous avons décidé de louer une voiture pour être plus autonomes car tout n’est pas facilement accessible. Je n’ai pas beaucoup lu sur le pays car j’aime me laisser surprendre. J’y suis allée avec le minimum pour le moment : réservation d’un appartement à Amman, la capitale pour trois jours et location de voiture. Une fois sur place, nous verrons les incontournables. Évidemment Petra est une de nos destinations mais il y a aussi le désert et la mer morte. Dans quel sens et quel ordre … à suivre

19/10/2019 – Jour 75

Nous voici en Turquie. C’est mon septième voyage dans ce pays que j’aime énormément. Ma ville est Istanbul, je m’y sens comme chez moi. Mais ici, nous sommes à l’opposé de pays, à l’extrémité d’Istanbul. 

Nous sommes rentrés par la frontière terrestre en autobus et ce fut encore une belle anecdote. 

Non, cette fois-ci, je ne me suis pas battue mais mon chéri a failli finir écrasé dans une intersection à Batoumi. Je vous raconte. Nous avons acheté nos billets de bus à la gare routière de Batoumi. La plus grande compagnie de bus en Turquie se nomme Metro. Nous pensions partir avec cette compagnie mais comme le seul bus partait à 2 heures du matin. On a choisi une autre… Golden, une autre compagnie turque. La jeune fille ne parle pas anglais, le chauffeur de taxi qui nous accompagne (on ne sait pas pourquoi), ne peut guère nous aider mais on comprend qu’il y a une bus qui part à 18h00 et que nous arriverons vers 20h30 (heure de Turquie, soit heure de 21h30 de Batoumi) Super, c’est mieux que deux heure du mat. On reçoit nos billets : deux vulgaires petits morceaux de papier sur lesquels sont inscrits nos noms. Ça fait vraiment amateur. On s’assure que tout sera ok et qu’il n’y aura pas de problème. No, no, Mister, NO PROBLEM ! Ha, ha, ha, la blague… Nous nous présentons donc à 17h15. On nous avait dit 17h30 mais à l’étranger vaut mieux prévoir. 17h30, le bus est censé arrivé. 17h45, toujours pas de bus. Et soudain, la jeune fille de la veille arrive et me tend un téléphone. Une personne me dit, en anglais, au téléphone que le bus ne viendra pas à cette gare mais qu’un taxi va nous emmener là où le bus se trouve et que la jeune fille va le payer. On monte donc dans le taxi, le chauffeur pas très souriant nous emmène, on ne sait où… Il fait soudain demi-tour. Il est 17h50. Le bus doit partir à 18h00. On revient au point de départ la jeune-fille nous donne de l’argent et on comprend que c’est pour le chauffeur du bus. On en sait pas pourquoi mais je me dis que si maintenant on a de l’argent, le bus va assurément nous attendre. On repart et 1 kilomètre de la gare sur une intersection à la circulation folle, le taxi s’arrête et on voit le bus de l’autre côté du boulevard à deux voies. Mais ici, le concept de voie n’existe pas. La circulation est vraiment du grand n’importe quoi. Le chauffeur ouvre vite le coffre, siffle après le bus et pousse mon chéri au milieu de l’intersection pour qu’il aille vite au bus. Je me retrouve avec tous les sacs. Claude ne comprend pas ce qui lui arrive et a été a deux doigts de se faire écraser. Je me suis mise à crier (encore) après le chauffeur. Ai appelé Claude qui est vite revenu et pris le temps de mettre nos sacs. J’ai dit ce que je pensais au chauffeur. On a réussi à traverser le rond point à travers les camions, les bus et les autos. Une scène de fou ! Claude était vraiment fâché… avec raison car c’était vraiment dangereux. Quel abruti de chauffeur de taxi, quel inconscient ! Nous sommes montés dans le bus, donné l’argent au chauffeur et nous sommes assis. L’hôtesse du bus s’est excusée et nous avons pris enfin la route pour Trabzon. 

Vous pensiez que c’était fini … et bien non ! Nato, le prénom de l’hôtesse du bus nous demande à un moment si nous avons des cigarettes à déclarer. Nous répondons que non et que nous ne fumons pas. Je trouve la question étrange mais je me dis autre pays, autre moeurs… Nous arrivons à la frontière. Nous descendons du bus avec nos sacs à dos. Nous passons la frontière géorgienne. Impeccable. Entre les deux frontières, il y a une grand passage avec un duty free. Avant d’arriver à la frontière turque, nous voyons Nato, et celle-ci nous tend chacun un sac. Sans réfléchir nous le prenons. Nous regardons dedans et voyons trois cartouches de cigarettes par sac. Elle nous dit avec un beau sourire : « No problem, just to help me » et on voit que chaque passager du bus se retrouve avec un sac de trois cartouches chacun. Beau traffic de cigarettes ma Nato. Mais mon chéri prend mon sac et lui redonne les deux. Naton est beaucoup moins souriante. La base première de tout passage de douane ou frontière est de ne JAMAIS passer ou prendre des affaires qui ne nous appartiennent pas. Avec raison, il lui a redonné les sacs. Aucune envie de participer à cette petite magouille. Nous passons la frontière turque avec nos affaires et tout se passe très bien. Nous avons repris la route et sommes arrivés avec une heure de retard mais mieux vaut tard que jamais.

Voilà donc pour nos aventures d’hier.

Aujourd’hui nous sommes allés découvrir la nature de la région au bord du lac Uzun (Uzungöl). Je connais pas mal la Turquie, mais je n’avais pas encore fait cette région. Les paysages sont complètement différents de ce que j’avais vu jusqu’à présent. Des montagnes immenses, couvertes de forêts denses et des plantations de thé.

Nous avons pris un minibus et l’ambiance était des plus joyeuses et musicales. J’adore. Un jeune homme dans le bus, Adam, nous a expliqué qu’il est réfugié iraquien. Son rêve : être envoyé au Canada. Il nous a montré plein de photos qu’il a dans son téléphone. Des drapeaux du Canada, des photos de Justin Trudeau, sa famille avec des T-shirts avec la feuille d’érable. Il attend du Haut Commissariat des Nations Unis pour les réfugiés de savoir dans quel pays, il sera envoyé. Il a du quitter l’Iraq, il y a deux ans pour demander asile en Turquie, pour éviter la guerre et la mort. C’est effroyable et terrible d’entendre ça. On se sent si impuissant. Terrible de penser devoir fuir son pays, ses racines pour sauver sa vie et celle de sa famille. Quelle chance, nous avons de vivre dans un pays libre. On a nos problèmes mais en comparaison, on relativise vite… 

Nous lui avons donné nos coordonnées. Nous lui avons souhaité la meilleure des chances. Que pouvons nous faire de plus… Nous espérons juste une jour avoir un message de lui … du Canada. 

Soirée dans Trabzon. La ville est pleine de vie. Il fait encore doux et les gens, les familles sont en terrasses ou dans les parcs, se baladent en amoureux ou entre amis. Les rues sont animées.

Avant de rentrer à l’hôtel qui se trouve en plein centre, petit arrêt gourmandise. Mon chéri est fou des baklavas, moi pas dut tout. On en achète donc et moi, je me laisse tenter par deux ou trois biscuits que je ne connais pas…. À suivre

17/10/2019 – Jour 73

Billets de bus achetés pour Trabzon. Nous partons demain pour la Turquie, pour l’Anatolie. Tranquillement, on se rapproche de l’Europe.

Excellente nuit et grasse matinée pour récupérer un peu. Programme matinal : lessive et logistique pour la suite de notre itinéraire qui change actuellement presque tous les jours. Nous y allons vraiment à la dernière minute. Mais on adore ça comme ça. J’ai réservé notre billet d’avion pour la Jordanie. Youpi ! Je rêve depuis longtemps de visiter ce pays. Bientôt, encore quelques dodos.

Depuis 2013, Batoumi s’est développé à vitesse grand V. C’était déjà une station balnéaire plus huppée pour les riches Russes et Géorgiens mais là, les tours de complexes hôteliers et appartements luxueux ont poussé comme des champignons. Et je dois dire le tout avec une certaine harmonie et un souci esthétique. À travers ces nouvelles tours, dans ce nouveau paysage urbain résiste les immeubles des années soviétiques, des blocs moches et gris.

La ville est toujours aussi jolie. La promenade le long de la mer est vraiment agréable. De notre appartement dont la vue est époustouflante, nous nous sommes rendus au coeur du vieux Batoumi, un petit quatre kilomètres. Nous avons bien trotté aujourd’hui, sans doute un 10 kilomètres en tout.  La particularité de la ville sont ces sculptures avec des coeurs que l’on retrouve dans les parcs et le bord de mer. La ville est faite pour les amoureux. D’ailleurs rien qu’aujourd’hui, nous avons vu au moins six cortèges de mariage, les voitures klaxonnant abondamment. Le cadre de la ville et ses parcs se prêtent parfaitement pour les photos des amoureux et jeunes mariés. La ville se visite en deux jours maximum. Nous avons fait le tour de pas mal toutes les attractions. Il nous reste encore à visiter la Cathédrale. 

Côté un peu moins charmant, Batoumi est surnommé « Las Vegas de la Géorgie ». Il y a effectivement beaucoup mais vraiment beaucoup de casinos… remplis de Turcs car les casinos sont interdits en Turquie, et la frontière turque se trouve seulement à 15 kilomètres. Les turcs viennent de chez eux avec plein de sous passer la soirée, dépensent dans les casinos, et repartent chez eux dans la nuit ou au petit matin. Comme il y a une forte demande des turcs, de plus en plus de casinos sont construits. C’est un cercle vicieux. En dix ans, Batoumi, fleuron assoupi du tourisme géorgien post-soviétique, s’est métamorphosée en capitale du divertissement pour attirer les ressortissants des pays voisins, là où ces jeux sont interdits. 

La tour emblématique de Batoumi, c’est l’Alphabetic Tower, haute de de 130 mètres sur laquelle on peut lire les 33 lettres de l’alphabet géorgien. On la voit de loin, un point de repère mais peut-être plus pour longtemps car les buildings sont de plus en plus hauts. 

Le plat de la région que nous nous sommes fait un honneur de goûter, c’est le Khatchapouri. À base de pâte à pain, en forme de bateau, avec des bords relevés, garni au centre de  fromage et d’un oeuf, avec beaucoup de beurre. Rien de léger ni diététique mais miam, miam que c’est bon, le tout accompagné d’une bonne bière de la région.

On a décider de rentrer à pied pour éliminer le tout. 

Soirée détente à admirer le coucher de soleil… 

16/10/2019 – Jour 72

Quelle nuit ! Nous avons à peine fermé l’oeil. Nous devions partir à 20h00. Le départ fut à 20h30 et nous devions arriver vers 7h00, à Batumi pour en réalité y être à 10h00. Ça ne coûte pas cher mais ça ne vaut pas cher. En fait, c’était le moyen le plus court et le moins onéreux pour vernir au bord de la mer noire avant de continuer vers la Turquie. 

Un cousin de notre Licorne noire, un minibus mercedes, géré par la compagnie « Comfort Armenia » nous emmenait vers la Géorgie. La compagne porte très mal son nom car pour un trajet de nuit, le bus était tout sauf confortable avec un système de d’aération complètement « kapout » puisque les uns suaient de chaleur et les autres gelaient de froid. Nous étions dans ceux qui suffoquions de chaleur et mon chéri déteste ça. Moi, je supporte un peu mieux. 

Notre chauffeur se prenait pour Schumacher dans les virages tortueux des montagnes de Géorgie. Il faut lâcher prise sinon c’est la panique. Et pour finir, je me suis presque battue avec un homme derrière moi ! Je vous le dis : Quelle nuit !

Pourquoi ? J’explique. Les deux hommes devant moi ont baissé le dossier de leur siège pour s’installer plus confortablement pour dormir. Ce que je comprends très bien puisque c’est un long trajet de nuit ! Je fais donc de même, en baissant un peu mon dossier, pour être à l’aise également. Une dame derrière commence à rouspéter et à pousser mon dossier. Un homme, son voisin, m’interpelle : « Señorita, problem, problem ». Un pourquoi, me parle t’il en espagnol et deux, je me retourne et ne vois pas le problème. J’explique en montrant les sièges devant et que je veux dormir aussi en position plus inclinée. Il commence à crier et à pousser le siège. Ils échangent leur place et celui-ci avec ses pieds poussent mon siège. Ni une, ni deux, je me lève et lui enlève les pieds de là. (Je pense que sur le coup, il était surpris, n’étant sans doute pas habitué qu’une femme lui réponde et qu’une touriste ne se laisse pas faire). Il me crie dessus et sans aucune crainte, je lui réponds sur le même ton. Je ne comprends pas ce qu’il dit mais peu m’importe, je lui dis ce que j’ai à lui dire. J’extériorise mes frustrations. La quinzaine de passagers est subjuguée par la scène. Les passagers devant moi, ont vite remonté leur siège. Pourquoi ? Aucune idée car ils ont raison de se mettre à l’aise. Le chauffeur s’arrête. Il me demande de remonter un peu mon siège pour calmer l’énervé. Ce que je concède à faire mais l’homme veut que je remonte au complet mon siège tout droit. Ce que je ne ferai pas. Il se calme et comprend qu’il aura beau hurler cela ne changera rien. Il peste contre moi. Peu me chaut… Je ne considère pas une seconde que j’ai pu empiéter exagérément sur l’espace de ma voisine arrière.  Tout ça pour absolument rien, car un peu plus tard eux-mêmes baisseront leur dossier et moi, également à nouveau pour dormir confortablement … ou essayer car la nuit fut très très courte. Bien évidement mon chéri a levé le ton aussi et l’énervé s’est calmé. Durant tout le voyage, nous avons compris qu’il râlait sur tout car c’était le seul à parler constamment. Il avait peut-être besoin d’une victime mais il est mal tombé. Histoire à mettre aux oubliettes !

Nous sommes donc maintenant bien arrivés à Batoumi, station balnéaire courue sur les rives de la mer Noire. Cette ville géorgienne au climat doux est prisée par les bourgeoisies géorgienne et russe et s’ouvre de plus en plus au tourisme venu d’ailleurs. Le soleil est radieux. On va se reposer aujourd’hui. Enfin presque, pour moi, je viens de rédiger mon article sur Tbilissi pour Nomade Magazine et mis à jour mon journal. On doit aller à la gare d’autobus pour gérer la suite de notre itinéraire vers la Turquie. J’ai tenté online mais je n’ai pu finaliser le tout n’ayant pas de téléphone turque !! 

13/10/2019 – Jour 69

Nous voici depuis deux jours à Erevan et je me réjouis d’y être revenue. Sincèrement, entre vous et moi, la capitale de l’Arménie n’est pas incroyablement belle ni bluffante, mais elle a tout pour plaire à ceux qui, comme nous, aiment flâner et découvrir mille et un petits détails. Elle n’a d’ailleurs pas beaucoup changé depuis 2013. Elle est toujours aussi accueillante. L’atmosphère y est décontractée et très familiale. Elle offre des allées où il fait bon se promener des terrasses pour paresser, des parcs pour se reposer et une gastronomie qui nous ravit. 

Hier, balade et « grimpage » des 572 marches du parc « Cascade » le lieu emblématique de la ville. Flânage dans la ville au gré de vent sans réel itinéraire. Nous avons fini sur les hauteurs de la ville pour apercevoir le mont Ararat, mais celui-ci était à peine perceptible. Il se faisait timide, caché derrière les nuages.  Cet impressionnant et majestueux volcan recouvert de neiges éternelles, se dresse au sein d’un massif de 23 kilomètres de long pour 18 kilomètres de large. Il est en fait constitué de deux sommets et se situe en Turquie, selon la légende, l’arche de Noé s’y serait posée après le  Déluge. On y croit ou pas…

Les frontières entre l’Arménie et la Turquie sont fermées et pourtant si proches. Le passé et l’histoire a creusé un fossé -symboliquement- immense entre ces deux pays. Triste.

Aujourd’hui nous sommes sortis de la ville. En 2013, lorsque j’ai fait mon périple en solo durant cinq mois, j’avais été accueillie ici par un jeune couple très sympathique : elle, Française, Maéva et lui, Arménien, Narek. Ils étaient sur le point de se marier. Au cours des ces années, nous avons toujours gardé contact. Aujourd’hui, ils sont installés en France et ont deux petits garçons. Hier, j’ai donc écrit à Maéva, si elle avait une personne à nous référer comme chauffeur pour aller où nous voulions aujourd’hui. En cinq minutes, super Maéva, m’a référé Méri, une ancienne élève – Maéva enseignait le français au lycée franco-arménien à l’époque.  Méri nous a trouvé un chauffeur et s’est gentiment proposé de l’accompagner pour avoir la chance d’exercer sont français. Nous étions comblés.

Nous sommes donc partis aujourd’hui à Khor Virap, situé dans la région d’Ararat, non loin d’Erevan, pour visiter son monastère qui est le premier lieu saint de l’Arménie chrétienne, situé à l’emplacement de l’ancienne capitale de l’Arménie antique. 

Ensuite, destination Noravank, à une centaine de kilomètres de la capitale. Noravank est aujourd’hui l’une des cinq attractions touristiques majeures du pays.  Depuis 1996, il est inscrit sur la liste indicative arménienne du Patrimoine mondial de lUNESCO.

Retour en ville. Au revoir à Méri et Murad, notre super chauffeur.

Repas chez Dolmama, une table réputée de la capitale pour ses spécialités arméniennes. Succulent !

Demain, on sera encore en excursion … à la découverte des trésors de l’Arménie.

11/10/2010 – Jour 67

Bon, j’ai enfin un peu de temps pour reprendre mon journal. Depuis que nous sommes arrivés, le tempo n’a pas arrêté et c’est très bien comme cela. 

Retour en arrière, le passage des frontières c’est très bien déroulé. Nous sommes arrivés vers 9h00 à Tbilissi, capitale de la Géorgie.

C’était pour moi des retrouvailles et pour mon chéri, une découverte. En 2013, Tbilissi m’avait beaucoup plu et j’étais curieuse de voir comment elle avait évolué. Les gens, je peux le dire dès maintenant, étaient et sont toujours d’une grande hospitalité. Ici, tout le monde vous accueille avec le sourire et en anglais. Tout est facile. 

Nous avons donc pris possession de notre appartement dans le vieux Tbilissi. Une vue magnifique sur la ville. Nous l’avons réservé pour trois nuits mais nous resterons deux nuits seulement dans la capitale puisque le train que nous voulons prendre pour Erevan part le 11 ou le 13, soit les jours impairs. Deux jours pleins pour visiter la ville, c’est suffisant. 

En arrivant, lessives et petite épicerie. Ensuite, mon chéri était fatigué alors je suis partie trotter seule et j’ai découvert deux endroits qui n’existaient pas en 2013 : la Fabrique, un espace d’art de rue où le street-art est roi. Youpi ! Et le quartier « Nouveau Tbilissi » avec ses petites rues charmantes pleines de cafés et terrasses et joliment décoré de lampions pour le soir. Tbilissi, c’est vraiment embelli !

Hier fut une journée mémorable, inoubliable, fantastique et magique ! Certes la visite des vignobles de Kakheti, les palais, les monastères furent très interessant à visiter mais ce qui restera à jamais gravé dans notre mémoire et dans notre coeur c’est la fin de journée passée avec Tengo, Glakho, Merab et ses copains. En route, vers un monastère, j’ai aperçu le long de la route de campagne, des hommes plumant leurs poulets et dépeçant un mouton. En arrivant, notre formidable guide Tamuna, leur a demandé si je pouvais prendre des photos et sans souci, ils ont accepté. Il ne fallait pas avoir le coeur sensible car, la tête décapitée de la bête était encore là, le sang recouvrait le vert de l’herbe et les entrailles déposées dans un vieux carton. Mais peu importe, c’est la vie, c’est la réalité des campagnes, de leur vie. Nous avons échangé un peu et pour finir nous étions chaleureusement invités à participer à leur pique-nique pour célébrer l’amitié et une fête religieuse orthodoxe très locale l’Alaverdoba, une fête qui célèbre le monastère Alaverdi. 

Nous avons continué notre circuit de visite, leur promettant que nous viendrons à la fin de celui-ci. Nous sommes donc partis vers les vignobles de la région. La Géorgie est un pays de vin. Il ya des des vignes dans tout le pays mais la région de Kakheti, à une centaine de kilomètres de la capitale, propose un sol et un climat idéal pour le vin. La technique vinicole diffère de celle des Européens. Ici c’est une technique ancestrale où le raisin, une fois pressé est, des mois durant mis dans des jarres qui sont elles-mêmes, enterrées dans le sol. Après dégustation, nous avons été très agréablement surpris par la qualité et le niveau de vin produit. Rien de comparable avec de grands vins français ou italiens mais un vin très agréable pour le palais tant blanc que rouge. Personnellement, le vin rouge mi-sucré de la région n’est pas pour moi mais tous les goûts sont dans la nature et les Russes et les Chinois semblent adorer. 

Après notre dernière visite du Palais du poète aristocratique du XIXe siècle, Alexander Chavchavadze, nous avons pris la route pour nos amis qui nous espéraient. 

Dans un champ au milieu de nulle part, était dressé une table remplie de plats. On retrouve le mouton, les poulets, des tomates , du pain et bien évidement du vin, fait maison. La fête avait commencé. Nous avons été accueillis avec une telle générosité, chaleur et gentillesse. Bouleversant. Grâce à Tamuna, nous avons pu discuter et comprendre le déroulement de la soirée. Il y a une personne de désignée par le groupe qui tout au long de la soirée se lève et porte un toasts pour souligner, par exemple, l’amitié, les personnes seules, malades, les familles vivant à l’étranger, les parents, les visiteurs du Canada, la terre, les récoltes … toutes les occasions sont bonnes. Le hic c’est qu’à chaque fois, il faut boire le vin versé.  Moi, petite filou, je faisais semblant de boire, une fois sur trois, j’avalais une gorgée. Sinon, j’aurais été vraiment très très saoule. Mon chéri a bien festoyé et bu avec ses nouveaux amis. Nous étions très émus de nous quitter car la soirée fut exceptionnelle. Ce groupe d ‘hommes de tout âge, ces amis de toujours, nous ont partagé leur vie, le temps d’une soirée. Nous avons vraiment ri beaucoup, beaucoup. Nous savons que ce moment était unique et c’est sans doute ce qui en a fait sa richesse et son intensité. Retour vers la capitale. Jamais nous n’oublierons.

Étonnamment, mon chéri s’est réveillé sans mal de tête mais complètement déshydraté. 

Nous avons la journée pour poursuivre la visite de Tbilissi : Vieux Tbilissi, Bains thermaux, mosquée, églises, etc. La ville s’étend sur des collines. On monte, on descend… Comme dit mon chéri : « Parfait pour éliminer les toxines ». La ville est vraiment très agréable à visiter. Elle s’est bien épanouie, la belle capitale. Tbilissi est l’une des plus charmantes villes d’Europe : des maisons brinquebalantes, des vieux balcons de bois, des influences sans doute un peu turques et russes, des petites églises orthodoxes ici et là…

Nous la quittons ce soir pour Erevan… Une autre capitale, une autre retrouvaille pour moi et découverte pour Claude… À suivre !

08/10/2019 – Jour 64

Nous revenons d’une excellente journée d’excursion. Nous avions demandé à la réception de l’hôtel qui est maintenant aux petits soins avec nous, de nous trouver un chauffeur pour aller visiter les alentours. Anar s’est présenté à 10h30 comme prévu. Le jeune homme de la réception lui a indiqué ce que nous désirions voir et nous voilà partis dans sa Lada blanche d’une autre époque. Nous nous dirigeons vers Helenendorf, à 12 kilomètres de Ganja, une ancienne ville allemande aujourd’hui rebaptisée « Göygöl » en raison du lac Göygöl, le célèbre « Lac Bleu », par décision du Parlement d’Azerbaïdjan en 2008.

Ayant vécu 12 ans en Allemagne, cette petite bourgade nous intéressait. Alors un peu d’histoire …Les tous premiers colons allemands sont arrivés en Azerbaïdjan en 1818. Deux cents familles se sont installées dans la ville qui s’appelait alors Elisabethpol et qui porte aujourd’hui le nom de Ganja. Un an plus tard, un peu plus loin, quelques 120 familles fondaient Helenendorf. 

Malheureusement après l’invasion de l’Union soviétique par l’Allemagne en 1941, Moscou publie un décret forçant tous les ressortissants allemands de quitter le Caucase. En moins d’une semaine, les Allemands sont sommés de quitter sans délai le pays. Une vague de départs forcés qui a porté un coup terrible à cette communauté qui était implantée depuis plus d’un siècle en Azerbaïdjan.

Aujourd’hui, le centre-ville compte encore plus de 300 maisons construites dans le plus pur style allemand. Vraiment curieux de voir cela si loin de l’Allemagne !

Les paysages de la région sont très beaux et les vignobles très présents. Anar et mon chéri « discute » avec les mains dans un drôle de charabia, une langue inventée par eux avec des mots de russe, d’anglais, d’allemand. Mon chéri me fait vraiment rire. Je suis ici plus effacée car les hommes parlent entre eux. D’ailleurs le réceptionniste de l’hôtel à présenter Claude au chauffeur : « Mister Trudelle » mais un, ne m’a pas présenté et deux, ne sait même pas mon nom alors que je gère toutes les réservations et les communications de logistique. Alors mon nom, il a du le voir plus d’une fois… Autre pays, autre statut de la femme …

Revenons à notre superbe journée. Quelques 60 kilomètres plus loin se trouve un parc national. Le Parc national de Göygöl. La zone de Göygöl est presque entièrement couverte de forêts et possède une flore riche avec plus de 420 espèces végétales, dont 20 sont endémiques à la région. Il a également une faune riche, avec des mammifères tels que les ours bruns, le cerf rouge du Caucase, le chevreuil, le lynx, etc. On était un peu en manque de nature. Nous avons été gâté surtout avec les belles couleurs de l’automne. Certes rien de comparable à chez nous mais très joli.

Dans le parc se trouve un magnifique lac, le Lac bleu et la maison du Président. Quand celui-ci se trouve dans cette résidence (car il en a de nombreuses à travers le pays, a-ton appris), le parc est fermé. 

Magnifique endroit et on comprend pourquoi, ce lac est reconnu comme le plus beau du pays. 

Anar et Claude continue leur bavardage, discutant cette fois-ci de chasse et de pêche. Étonnant de voir combien, on peut se comprendre sans parler la même langue. 

Notre chauffeur connaissant la région comme sa poche nous emmène dans un petit resto local. On a dégusté des « entrecôte Kebab », une viande de mouton succulente et grillée à la perfection avec un assortiment de salade et des Qutabs. Ici, dans la région de Ganja, le Qutab s’appelle « Kete » et il est beaucoup plus grand que celui qui est cuit à Bakou. Kete comprend des verdures (persil, fines herbes etc.) et du fromage à l’intérieur de la pâte. Miam, miam. 

Après ce festin, retour en ville.

Nous prenons le train cette nuit vers Tbilissi. Autre pays. Géorgie nous voilà et retrouvaille pour moi… À suivre !

07/10/2019 – Jour 63

Notre arrivée à Ganja … quand ça va mal, ça val mal ! Les choses sont allées de mal en pis.

Nous arrivons à destination à la gare de Ganja. Notre plan : aller directement à la gare d’autobus pour acheter notre billet de bus pour se rendre en Géorgie, à Tbilissi, le 8 octobre et ensuite aller à l’hôtel. Il y a également l’option du train mais celui-ci passe à 2h30 du matin… pas trop envie de cette option.

Ayant demandé à Khayyam, notre guide à Bakou, qui vient de la région, le prix de la course, celui-ci nous dit qu’au maximum, cela nous coûterait 10 Manats (soit 8$CAD). Nous sortons le nez de la gare et les chauffeurs de taxi approchent. Mon chéri commence à discuter avec un et je sens déjà le problème poindre à l’horizon. Intuition, intuition, toujours suivre son intuition. Le chauffeur ne parle pas un traitre mot d’anglais mais mon chéri poursuit la conversation et décide de lui expliquer ce que nous voulons avec quelques mots de russe et d’anglais. Pourquoi ? Parce qu’il semblait sympathique. J’adore l’argumentation de mon Ti Chouchou parfois. Pour le prix, je négocie et il fait une première baisse à 15 Manats pour finalement accepter le 10 que je propose. On monte en voiture. Au début, on met les sacs à dos dans le coffre mais je décide de les prendre avec moi sur le siège arrière. J’anticipe. Claude monte devant. Nous partons vers la gare d’autobus… en chemin mon chéri essaie de lui expliquer plus clairement que nous allons à la gare pour acheter les billets de bus pour Tbilissi et ensuite, nous allons à l’hôtel. En entendant, le nom de la capitale géorgienne, celui-ci nous propose soudainement de nous y emmener pour la modique somme de 100 $US. Même pas en rêve ! Il commence à passer des coups de téléphone. On fait un arrêt à un guichet automatique pour retirer de l’argent. On poursuit mais le chauffeur tourne et tourne, ne semblant pas savoir où aller pour les billets. Il finit par comprendre que nous allons ensuite à l’hôtel à Ganja. Nous lui montrons l’adresse et là, encore, il ne semble pas savoir où se trouve l’endroit. Il s’arrête une fois, deux fois, trois fois pour aller parler à des gens. On ne sait pas trop pourquoi. On finit par comprendre qu’on n’ira jamais à la gare d’autobus. Le cirque a duré une heure ! À bout de patience, mon chéri lui dit de nous emmener à l’hôtel. On finit par y arriver. Nous descendons et le 10 Manats négocié, deviendra un 5 Manats. Le chauffeur n’est pas content. Nous, non plus. Bon réflexe d’avoir gardé nos sacs à dos avec nous et pas dans son coffre.  Nous entrons dans l’hôtel qui est nouvellement ouvert. Ils sont en train de finaliser l’installation de l’enseigne. Nous sommes sans doute parmi les premiers clients. Le chauffeur nous suit dans le hall d’entrée et commence à baragouiner avec le jeune homme à la réception. Toute une arrivée ! Nous ne paierons pas pour ce que nous n’avons pas eu. Le chauffeur part en pestant et le jeune s’excuse de son comportement. Notre séjour pouvait commencer enfin … Et bien non ! Pour aller en bus, en Géorgie, cela se fait mais pas de trajet tous les jours, c’est un peu selon la demande… On finit par abandonner l’idée et je réserve le train … On fera donc une courte nuit mais pour alléger la situation, je nous ai réservé une cabine à deux lits pour la somme de 70 $CAD pour deux. Mais voilà que je rentre le 8/10 comme départ … mais une fois payé, je réalise que le train part de Bakou, le 8 en soirée et arrive le 9 au matin à Ganja…. Crotte de bique, zut de zut ! On repart à la gare pour essayer de changer la date. On apprend là que la course du taxi coûte aller/retour plus attente du taxi à la gare : 4 Manats. Le chauffeur était vraiment un escroc. Malheureusement pour le train, pas de possibilité de changer les dates ! Il faudrait acheter un autre billet. On relativise et pas de stress. On restera une nuit de plus ici. Il y a des choses à voir dans Ganja et aux alentours, entre autre un superbe lac et un village allemand, anciennement appelé Helenendorf, aujourd’hui nommé Göygöl… intriguant. 

Nous avons donc pris une nuit de plus. Notre réservation, à l’origine, était du 6 au 8, donc deux nuits. Nous resterons une troisième nuit, du 6 au 9. Pas de problème. Nous sommes les seuls dans l’hôtel !

En arrivant hier, dans notre chambre, il y avait une petite odeur d’égout dans la salle de bain. On s’est dit que c’était simplement parce que les tuyaux n’avaient pas beaucoup servis et qu’après la douche, cela passerait. Ce matin, l’odeur était insupportable … au point que nous avons du changer de chambre !! Quand ça va mal, ça va mal ! Et plus l’hôtel nous explique qu’ils  ne nous chargeront pas une quatrième nuit !!!!! Ils nous l’offrent puisque nous partons dans le milieu de la nuit ! Chez eux la nuitée débute à minuit !!! Jamais vu cela. Je leur explique et démontre que les réservations d’hôtel sur booking.com ne fonctionne pas comme cela et que jamais nous avons vu ça ailleurs. Mais pour eux, ils nous offrent la nuit !! Du 6 au 9, cela fait trois nuits et nous les paierons normalement avec un check out jusqu’à midi bien que nous quittions la chambre en plein milieu de la nuit du 8 au 9… Bizarre de système. Malgré tout une bonne nuit de sommeil et nous profitons d’une autre belle journée ensoleillée pour découvrir la ville. Espérons maintenant que la fin du séjour se finisse sans anicroche… À suivre !

06/10/2019 – Jour 62

Dans le train vers Ganja, la seconde plus grande ville de l’Azerbaïdjan, je repense à ces quatre jours à Bakou. 

Une ville qui m’a vraiment surprise. Pour être honnête, je n’avais aucune idée, aucune image de la ville et je ne m’attendais absolument pas à tant de modernisme, de beauté et de richesse. L’économie du pays repose sur l’industrie pétrolière et depuis 2000, après l’indépendance de la domination russe, le pays a pu enfin réinvestir dans ses infrastructures les bénéfices liés à la vente du pétrole.  

Les plus grandes compagnies telles BP, Aral, Exxon sont partenaires de SOCAR, la société d’état gérant le pétrole en Azerbaïdjan. 

Nous sommes partis en excursion, en dehors de la ville, pour voir ce que la région offre comme attraits. Le Parc national de Gobustan, inscrit au patrimoine de l’UNESCO, avec ses  nombreuses peintures rupestres, ses pleines désertiques et ses volcans de boue est unique. Dommage qu’il faille traverser un dépotoir à ciel ouvert pour admirer ce trésor si ancien. 

Ensuite, nous avions entendu parlé de la montagne de feu, une montagne qui brûle depuis des siècles. Nous sommes donc allés sur la péninsule d’Absheron pour constater du phénomène naturel. Il y avait à l’origine trois montagnes, que nous qualifierons de collines, de feu. Deux sont exploitées et le gouvernement a décidé de laisser la troisième à l’état brut, en faisant un site touristique. C’est vraiment impressionnant à voir et la chaleur qui se dégage est intense. La site est toujours très venteux. Le vent joue avec le feu, faisant tournoyer les flammes pour l’émerveillement de tous.

Voilà une heure que nous roulons, longeant une rivière et les puits de pétrole sont très, très, très nombreux ! On en retrouve même dans le centre de Bakou, où est situé également le plus vieux puit de pétrole au monde. Incroyable !

La gastronomie azerbaïdjanaise est aussi délicieuse. J’aime ses saveurs orientales. Les légumes mijotent avec la viande et donnent des plats savoureux. Les grillades sont un délice et mon chéri a fait une cure de baklavas. Nous sommes certes dans un pays musulman mais ici, l’état est laïque et les moeurs très « européens ou nord-américains ». On boit de l’alcool sans soucis sur les terrasses des cafés ou restaurant sans jugement. 

Visite également de la Tour Mardakan. J’y suis montée seule. Mon chéri ayant le vertige. Le site n’est pas vraiment ouvert au public mais nous avons eu la chance grâce à notre guide Khayyam de pouvoir le visiter. Je comprends pourquoi il n’est pas ouvert à tous car c’est à nos risques et périls. Pour profiter de la vue panoramique sur la péninsule, il faut monter dans des escaliers colimaçons de pierre, pas éclairés et surtout passer par des étages où le sol est effondré. Une planche par ci, par là résiste et fait le chemin. Il faut faire attention mais la vue vaut les petits frissons.

Retour en ville.

Nous avons profité de notre dernière soirée à Bakou en se baladant sur la grande promenade (7 km) le long de la mer Caspienne. Il faisait doux et les lumières de la ville offrent un romantique cadre. Les trois « Tours de feu » illuminées sont la signature de la ville de Bakou, de l’ère moderne tournée vers l’avenir et la prospérité.  Bye, bye Bakou, bonjour Ganja … À suivre.

04/10/2019 – Jour 60

Bakou est une véritable découverte. Une ville dynamique, moderne, propre, jeune, gaie, vibrante, accueillante, éclatée et sans stress. Le pays a su retrouver son identité étant passée, à travers le passé, sous le joug des Arabes, des Perses et des Russes. L’Azerbaïdjan est indépendant depuis 1991. Grâce à l’industrie du pétrole, l’économie est prospère et les infrastructures modernes. Ce pays laïque, où vivent plus d’une vingtaine de nationalités différentes, est ouvert sur le monde, tolérant et respectueux de toutes les religions. Les jeunes amoureux se baladent main dans la main et les jeunes femmes, cheveux au vent. 

Ce qui nous a étonné, c’est la diversité architecturale. On passe du vieux Bakou, avec ses caravansérails, au quartier des affaires, où les tours modernes frôlent le ciel, en passant par des hôtels particuliers très faubourg Saint-Honoré. Le tout s’harmonise et donne un cachet unique. 

Nous avons eu la chance, aujourd’hui, de visiter avec un guide. Comme en Mongolie, Voyages CAA-Québec, offre un circuit en Azerbaïdjan, Géorgie et Arménie. Nous avons pu vivre, grâce à notre partenaire, une journée de ce que les voyageurs vivront en 2020. Notre guide parle très bien français et est une source formidable d’informations sur l’histoire, les coutumes et le patrimoine du pays. 

Programme de la journée : l’Allée des Martyrs, la vieille ville, le Palais Shirvanshah, la Tour vierge et l’extraordinaire musée d’Heydar Aliyev. 

En nous baladant dans le vieux Bakou, nous avons entendu parler québécois. Deux personnes, un homme et une femme conversaient. Ni une, ni deux, je suis allée leur parler. Dominique et Daniel font partie d’un groupe. Ce sont deux agents de voyage du Québec qui font un tour d’horizon pour éventuellement offrir l’Azerbaïdjan comme destination voyage. Courte rencontre mais fort sympathique.

Ensuite, heure du lunch … miam, miam la cuisine est délicieuse et savoureuse. 

Une journée bien remplie comme on aime. On a apprit plein de choses et ouvert un peu plus notre esprit sur le monde. 

01/10/2019 – Jour 57

Nous avons survécu à 28 heures de train et pour être honnête ça n’a pas été très difficile. Certes, il faut être prêts à accepter cette promiscuité, cet inconfort mais en fin de compte c’est une super tranche de vie qui nous fait apprécier encore plus les découvertes et expériences du voyage. Nous nous sommes donc installés sur nos couchettes du haut et fait particulier, dans ce train, il n’y avait pas de rambarde de sécurité pour les chutes éventuelles durant la nuit. Pour mon chéri, tout un défi car dormir avec sa taille sur une tablette d’étagère sans tomber c’est de la prouesse ! Les pieds dépassant déjà en hauteur à la moitié du couloir. Drôle à voir. Le secret pour bien dormir : des bouchons d’oreille et un masque de nuit ! Avec ça, on dort presque comme un bébé ! Les couchettes, pour ceux qui aiment, comme nous, les matelas fermes, sont très bien. Il faut aussi accepter le va-et-viens constant durant le jour des vendeurs de bébelles qui apparaissent dont ne sait où et qui changent durant le parcours. On est spectateur, on est témoin aussi de trafic de marchandises. On voit passer des caisses et des caisses dont ne sait pas trop quoi. Les caisses de vodka transitent aussi de wagon régulièrement comme si il y avait un jeu de chat et souris. Chaque espace du train est utilisé pour placer quelque chose : des pastèques, du stock de marchandises, des sacs emballés à double et triple tour de ruban adhésif. Des billets s’échangent, des commentaires à voix basses aussi.  Il faut sortir de sa zone de confort et de nos critères de nord américain : quand ta voisine du dessous, une vielle dame rote fortement et régulièrement et que personne ne semble moindrement être perturbé par cela, et bien tu fais avec même si à chaque fois, cela t’interpelle. La seule chose qui m’a vraiment choqué et attristé : c’est de voir que les déchets de poubelles et des toilettes finissent soit jetés par la fenêtre le long de la voie ferrée et soit évacués par un trou sur les rails. Alors que de grandes manifestations ont lieu dans nos chers pays occidentaux, ici, on est à des années lumières de la prise de conscience environnementaliste. Sujet à réflexion …

Les passagers au début intrigués, ont certains osé nous parler. Toujours la même question : d’où venons nous ? et avons nous aimé l’Ouzbékistan ? Ils connaissent le Canada, le froid et le hockey mais sont intrigués de nous entendre parler français. Un des douaniers ouzbeks pensait d’ailleurs que nous venions de France car c’est en France que l’on parle français 🙂 À ce sujet, quelle gentillesse de la part des agents de frontière des deux pays, les uns nous remerciant d’avoir visité leur pays et les autres nous souhaitons un excellent séjour dans leur pays. Cela me permet de changer un peu d’opinion concernant l’accueil au Kazakhstan. En 2013, j’y étais venue seule et je n’avais pas eu de belles expériences très chaleureuses avec les locaux et les autorités, bien au contraire. Il fallait à l’époque se méfier de la police corrompue, prête à vous alléger de quelques billets pour n’importe quelle broutille. Serait-ce en voie de disparition ?  En 2013, le tourisme était inexistant et l’étranger était considéré comme suspect. Que venait faire une femme seule dans ce pays et surtout s’elle ne parlait ni kazakh ni russe. 

Aujourd’hui, je suis heureusement surprise par l’hospitalité et les sourires affichés sur les visages. 

Nous sommes donc arrivés, après malgré tout, une bonne nuit, à Aktau (je dois vous dire que je ne sais plus vraiment l’orthographe des villes que nous visitons : entre la graphie du pays, celle en anglais et ensuite en français, je suis un peu perdue). Un taxi nous attendait à la gare et mieux que cela, une femme taxi ! Malheureusement celle-ci ne parlant pas un mot d’anglais et nous pas un mot de kazakh, je n’ai pas pu savoir comment cela était de faire ce travail en tant que femme au Kazakhstan. Ce que j’ai pu constater c’est que beaucoup de femmes, contrairement à l’Ouzbékistan sont au volant. Un bon signe.

Pour faire une surprise à mon chéri et surtout le remercier de me suivre dans mes folies et de m’accompagner dans la réalisation de mon rêve, je lui (nous) ai offert une nuit dans un palace sur le bord de la mer Caspienne. 

Mon chéri, si ce n’était que de lui, s’épargnerait certains inconforts mais il est extra et me suit dans l’aventure. Vivre des « clashs » de situation, comme cela en 48 heures permet de savourer les deux. Alors, nous savourons ce 24 heures dans une belle suite avec une vue magnifique, dans un lit immense et une grande baignoire avec plein de bain moussant ! Chez nous, quand on avait encore un chez nous, je ne voyais pas ma baignoire, objet du quotidien. Actuellement, la vue d’une baignoire me réjouit 🙂 Je savoure mon « trempatouillage » et me délecte de ce moment de détente. 

Nous sommes accueillis comme des rois car dans cet hôtel, très peu de voyageurs occidentaux viennent. Il y a des Russes et des Kazakhs mais très rarement des Européens et encore moins de Nord-Américains. On nous fait visiter l’hôtel. On nous explique que le propriétaire est amoureux de Paris et a basé sa décoration là-dessus. Un petit côté kitch … Je vous écris du lobby renommé « Avenue des Champs Élysées. » La tour Eiffel sert de logo et l’effort est là pour essayer de donner une petite touche française. Comme quoi la France reste, encore, avec cette image de luxe et de raffinement… 

Moi, ce qui m’a étonné et impressionné c’est l’immense bassin extérieur, que je croyais être une piscine, qui est en fait une sorte de pisciculture d’esturgeons, seconde passion du propriétaire, et la salle privative et réceptive au sous-sol, un immense aquarium. On marche sur un sol de verre sous lequel les poissons se baladent. Nous avions réservé la salle pour souper en tête-à-tête et faire une dégustation de caviar dont nous n’avons jamais vu la couleur noire et brillante !

On nous  raconté qu’il y avait eu une mauvaise communication, qu’il faut commander le caviar et que là c’était trop tard. Difficile à comprendre quand tu te trouves dans une salle remplie d’esturgeons … Vraiment déçue mais un si petit problème… L’esturgeon grillé que j’ai mangé, était excellent.  Pour finir la journée magnifique coucher de soleil. Alors, je peux relativiser ma petite déception car quand même … je suis sur la mer Caspienne avec mon Ti Chouchou à admirer le coucher de soleil ! 

29/09/2019 – Jour 55

Matinée logistique : lavage, préparation de la suite du voyage au Kazakstan.

Noukous n’offre pas grand chose  comme attrait touristique mais ce qu’elle offre est de grande qualité. En effet, le musée des Beaux-Arts de Karakalpakstan possède une collection unique de tableaux de l’avant-garde et post-avant-garde soviétique rassemblée par Igor Savitsky. Ce grand amateur d’art, au risque d’être dénoncé comme anticommuniste, durant la période stalinienne, et d’être déporté en Sibérie, réussit à sauver plus de 90 000 oeuvres d’artistes réprimés, oeuvres qu’il entreposa dans les archives du musée de Noukous. Noukous est loin de Moscou et de son pouvoir totalitaire… Les tableaux furent oubliés du monde, tel un trésor enfoui dans les sables du désert. Ils ne réapparurent qu’avec la Perestroïka. Nous y avons découvert des grands artistes de cette période tels Robert Falk, d’Evguenni Lyssenko, de Liubov Popova, de David Chterenberg, d’Alexandre Volkov, de Sokolov lors de ses années passées au goulag etc. Pour les amateurs d’art, c’est un trésor qui justifie à lui seul le déplacement jusqu’à cette ville peu attrayante au fin fond de l’Ouzbékistan. 

Il nous fallait trouver ensuite un guichet automatique pour retirer un peu d’argent pour notre dernier 24 heures en Ouzbékistan et pour payer le chauffeur qui nous a emmené la veille au cimetière des bateaux. Nous pensions régler ça en cinq minutes et ensuite aller manger. Cela nous a pris plus de deux heures pour réussir à trouver un guichet où retirer avec une carte de crédit ! En Ouzbékistan, nous le savons payer avec une carte est rarissime. Nous avons jusqu’à présent toujours trouvé un guichet qui prenait le cartes mais à Noukous, difficile. Après plusieurs visite de guichet qui ne font pas de service avec Visa, Master Card ou Amex, nous avons fini, après 45 minutes, par trouver une banque ouverte en ce dimanche. Nous pensions avoir trouvé la solution, celle-ci acceptant de prendre la carte et de nous donner l’argent en échange. Cela aurait été trop facile ! La banquière étant derrière une vitre, elle a pris notre carte l’a insérée dans le terminal – nous y étions presque – et nous demande d’écrire notre code sur un papier pour qu’elle le rentre elle-même !!! Pourquoi ?? Parce que le fil de son terminal est trop court et ne peut passer dans le tiroir qui nous séparer… Euh, c’est une vraie blague !! Où a t’on jamais vu donner son code et de surcroit l’écrire ? Toutes les banques de ce monde disent le contraire : NE JAMAIS DONNER SON NIP ! Pour parodier Astérix ; « Ils sont fous ces Ouzbeks .»

Un jeune homme derrière nous nous explique en anglais (youpi) qu’il y a un guichet qui prend accepte les cartes Visa. Mon chéri sait où il se trouve. Nous nous dirigeons en direction de la boite au trésor. En chemin, nous apercevons un hôtel plus « luxueux », je dis à Claude que peut-être, il y aurait un guichet dans le hall. C’était le cas dans les autres villes. Nous entrons et malheureusement pas de guichet à l’horizon. Mon chéri demande si le guichet en question est proche et les deux jeunes gens à la réception nous renvoient en sens inverse de notre chemin. Mon chéri était un ti peu « pardu » dans la ville, ha, ha, ha. Cela fait juste une heure déjà qu’on cherche un sacré moyen de retirer de l’argent. 

J’active google maps : 12 minutes à pied effectivement en sens inverse. Demi tour toute et let’s go ! Nous voilà devant la machine à bidous. Claude essaie de retirer des SUMs mais joli message « Out of money ». Nooooon ! Il essaie une seconde fois en essayant de retire des dollars puisqu’il y avait une option $. Il veut des billets de 20 pour payer notre dû au chauffeur. Et que reçoit-il ? Un beau billet tout neuf de 100 $ !! Renooooon ! Comment faire la monnaie ?? Nous retournons donc à la banque pour voir si cela est possible. En faisant bien attention de ne pas froisser le dit billet car ici, ils ne prennent que des billets non froissés, pas abimés ni écornés. Mon chéri s’est fait refuser à l’aéroport de Tachkent un billet neuf car il était un chouia écorné … Ouf et enfin, après plus de deux heures de dédales, de retour à la banque, nous finissons par avoir ce que nous voulons.

Digne de Kafka ! Las de se balader à travers la ville et plus envie d’aller au restaurant. On s’achète un poulet grillé, des concombres, on fait des courses pour le trajet en train demain et on part manger à la chambre. 

Un lever encore très tôt, nous partons à 4 heures pour Aqtau sur le bord de la mer Capsienne au Kazakstan. 28 heures de train en classe Quart ! … À suivre … quand nous aurons du réseau ! 

28/09/2019 – Jour 54

Non seulement nous avons chauffeur (qui ne parle pas anglais) mais en plus, le jeune homme de la réception, parce que lui aussi veut exercer son anglais, nous accompagne.  Un guide local et un chauffeur, nous sommes comme des rois !

Aziz étudie lui aussi l’anglais pour devenir interprète et rêve, comme Abdourassoul, de découvrir le monde…

Avant de quitter la ville, nous passons par la gare pour acheter nos billets de train pour la prochaine destination : Aktaou, au Kazakstan. 28 heures de train en classe Quart ! Une véritable expérience … ouh, la, la !

Nous débutons notre journée d’excursion par un cimetière… Ce sera le thème de la journée !

En faisant la route de Noukous à Mouïnak, on passe par la ville de Khodjeïli, « la ville des hajji (pèlerins).  Il ne s’agit pas simplement d’un cimetière, mais d’une nécropole, la Mizdakhan, et d’un site plein de mystère et de légendes, où les pèlerins se recueillent encore aujourd’hui. En effet, chaque personne venant dans ce site doit faire une colonne de sept pierres. La quantité de pierre correspond au nombre de coupoles du mausolée de Chamoun-nabi, un des saints les plus vénérés de l’Asie Centrale, ayant eu sept filles.  On lui adresse ainsi une demande et le saint exhausserait nos voeux. Nous n’avons rien fait de cela mais admirer le site. Impressionnant.

À quelques mètres, les vestiges d’une forteresse sont encore présents. 

On poursuit le route …

Autrefois la mer d’Aral se trouvait à Mouïnak, là où nous allons à deux et demi de route de Noukous. Autrefois, il y avait une industrie de la pêche prospère à Mouïnak. Et la catastrophe se pointa le nez tranquillement, sournoisement : la mer fut vidée, contournée pour arroser les plants de coton de tout l’Ouzbékistan. Aujourd’hui, la mer est morte mais pas l’industrie du coton. 

La route est mauvaise, vraiment mauvaise au point que plusieurs fois, mon chéri se cogne au plafond à cause de trous dans l’asphalte. Moi, je vole presque dans la voiture … comme une plume. On en rit au lieu d’en avoir peur. On arrive enfin au cimetière des bateaux.  Il en reste une quinzaine. De gros bateaux de pêche rouillés, brûlés par le soleil sont là échoués sur le sable au milieu de nulle part, là ou en 1960, il y avait encore la mer. C’est tragiquement beau !

J’aime ces endroits, ces lieux abandonnés, ces épaves échouées…

Retour vers Noukous. Soirée à l’hôtel. Gros luxe, il y a une baignoire et j’ai pris un bain dans une eau délicieusement chaude et aromatisée. Un vrai petit bonheur ! Programme du soir : rien faire !

27/09/2019 – Jour 53

Bye Bye Khiva !

Nous revoilà vraiment sur le chemin de l’aventure. Dans le train pas un touriste à l’horizon et nous étions une dizaine dans le wagon. Vraiment tranquille. Ça fait du bien, une accalmie de foule. Le train s’arrêtant à deux ou trois gares avant notre destination Noukous, le bal des vendeurs de toutes sortes est un spectacle en soi. Le temps de l’arrêt, variant de 10 à 20 minutes, chacun essaie de vendre ses bébelles : des fruits, des magazines, des jouets en plastique, des bijoux en toc, des vêtements. Wow ! Pour une fois, personne ne nous proposait quoique ce soit. Pas de sollicitation. Nous étions observateurs, spectateurs de ce commerce, des négociations.

Arrivés à Noukous, on monte dans un taxi et pas de surenchère dans les prix. Pour faire 11 kilomètres, il nous en coûtera 10 000 SUMs soit 1 $US. C’est le tarif. À Samarcande, Boukhara et Khiva, un essaim de chauffeurs de taxi, vous tourne autour et certains osent même demander 10 à 15 $US pour la même distance. Évidement, peu informés, beaucoup de touristes tombent dans le panneau comparant le prix avec ce que cela leur coûterait chez eux. Mais ce n’est pas comme cela qu’il faut penser. 

Une fois, nos affaires déposées, nous sommes partis nous balader. La ville en soi n’est pas aussi sublime et attirante que les dernières que nous avons faites mais je ne suis pas là pour ça. Je suis là pour la mer d’Aral, pour le cimetière des bateaux que nous verrons demain. À la réception de l’hôtel, nous avons demandé un chauffeur pour demain. Le tout devrait s’organiser. 

En se baladant au marché, où mon chéri a fait réparer une ganse brisée de son sac à dos, soudain, un jeune homme nous a abordé, tout heureux semblait-il de trouver des touristes avec qui parler en anglais. Très poliment, il nous a expliqué qu’il étudie, à l’université, les langues : l’anglais et l’arabe, mais qu’a Noukous, il y a peu de touristes et qu’il serait heureux de se balader un peu avec nous pour papoter. Avec plaisir nous acceptons. Nous déambulons dans le marché et après 15 minutes, le trouvant sympathique, nous lui proposons d’aller prendre un verre. Nous passerons la soirée ensemble, échangeant sur nos vies et ses rêves. Ceux de partir découvrir l’ailleurs. Comme beaucoup de jeunes ici, il souhaite voyager et travailler en Europe pour une meilleure vie. Il nous parle de lui et de son amour non déclaré pour sa jeune professeure d’anglais, une Américaine de son âge qu’il trouve si belle. Abdoulrassoul voudrait lui avouer ses sentiments mais il est top gêné. Ah l’amour !

Nous nous quittons et nous lui souhaitons le meilleur. Une belle soirée totalement inattendue où nous avons ri et beaucoup échangé. Voilà ce que j’adore en voyage : les rencontres fortuites. 

En rentrant à l’hôtel, la journée du lendemain est organisée. À 9h00, le chauffeur sera là. Impatiente de voir enfin cette mer d’Aral…

26/07/2019 – Jour 52

En arrivant hier, nous avons décidé de sortir de la ville aujourd’hui et de visiter les alentours : les forteresses du désert. Au nombre d’une dizaine dans un rayon d’une centaine de kilomètres de Khiva, nous en avons fait trois, les plus importantes et imposantes. Le chauffeur était au rendez-vous, Atanar, souriant de toutes ces belles dents en or et bredouillant trois mots d’anglais. Parenthèse hygiène buccale : il parait qu’il en coûte encore de nos jours moins chers, ici, de se faire mettre des dents en or que d’utiliser les nouvelles technologies. Beaucoup, tant femmes que hommes ont les dents en or. Bling, bling 🙂 Certains rappeurs devraient venir faire leur « golden smile » et leur plombage ici 🙂

L’excursion dure à peu près six heures. Nous montons dans la Chevrolet blanche et c’est parti mon kiki ! Nous avons remarqué le nombre incroyable de Chevrolet en Ouzbékistan. Nous avons appris aujourd’hui que les voitures sont construites ici et ensuite exportées. Ces dernières ici, toutes marques confondues, sont un, blanche à cause de la chaleur et deux, au gaz naturel soir méthane, soit propane. Et fait intéressant, lors du plein, seul le conducteur doit entrer sur le site de la station faire le plein de gaz. Tous les passagers doivent attendre à l’extérieur, par mesure de sécurité. Il y aurait des accidents parfois … Boum, boum !

Sur le chemin, nous traversons des champs et des champs de coton. C’est le temps de la récolte. C’est la première fois que je vois de visu un champs de coton. Bien évidement, je dois photographier.  Nous apprenons par le fait même que cette culture a eu pour conséquence, une grande catastrophe écologique, l’assèchement de la mer d’Aral. Nous nous y rendrons pour constater du désastre et visiter le cimetière de nombreux bateaux de pêche. Désolant et consternant !

Journée archéologique des forteresses de Toprak-Kala et d’Ayaz KalaLa forteresse de Toprak-Kala était la résidence du roi de l’empire perse Khwarezm au 1er siècle. La ville fortifiée avait une forme rectangulaire entourée de tours carrées. La galerie inférieure servait au logement et au repos des guerriers, et la galerie supérieure au combat.La forteresse d’Ayaz Kala (2ième siècle) profite d’un emplacement unique perché sur sa butte dominant le désert ! Point stratégique pour observer les éventuels dangers. Sortir de la ville, ça fait du bien

Nous avons lunché avec Atanar dans un restaurant local, le long du chemin du retour. Mon chéri et lui communiquait grâce à Google translate. Comprenant le russe mais qu’en cyrillique, Claude traduisait ses phrases du français en russe et voilà… Merci la technologie quand même. 

Depuis, que je suis arrivée en Ouzbékistan, j’ai découvert le Plov, plat national. Base de riz aux légumes avec de la viande soit du boeuf, soit du mouton. C’est succulent, savoureux … J’ai donc mangé un Plov, mon chéri des Shashliks, des grillades, avec salade de tomates et concombres frais, frais, frais.

De retour, à Khiva, nous constatons avec étonnement que notre chambre a été faite, impeccablement, que la toilette est réparée et que nous avons droit à 20% de rabais au restaurant si nous décidions de souper là. Voilà, ce que j’appelle savoir réagir professionnellement et être à l’écoute des clients. Nous souperons effectivement sur la terrasse pour assister au sublime coucher de soleil. C’était planifié avec ou sans rabais. Nous quittons demain matin. Khiva m’aura laisser un goût mi amer – mi sucré. La ville est incontestablement sublime et vaut le détour mais l’atmosphère très (trop) touriste lui fait perdre son charme. Khiva est à vivre au petit matin quand la foule est encore endormie. 

25/09/2019 – Jour 51

Réveil en plein milieu de la nuit pour prendre le train qui nous mène vers Khiva.

Notre train part à 4h14. Selon notre hôtesse, il nous faut partir à 3h00 pour arriver à la gare qui se trouve à 15 kilomètres en dehors de la ville afin de ne pas stresser et d’avoir le temps de passer la sécurité et le contrôle des passeports. C’est le mari de Lola, dont je vous ai déjà parlé, Javlor qui doit nous emmener. Réveil donc à 2h30 pour finaliser notre sac. À 2h50, nous sommes dans l’entrée. À 2h55, personne ! À 2h58, toujours personne, à 3h00, pas de Javlor en vue… Les chambres donnant toutes sur la cour intérieure, j’ai repéré la leur. Il semblent vivre là, ou du moins lorsque l’hôtel est plein. Comme il faut réveiller un homme, je dis à mon homme d’aller frapper. Toc, toc, toc, Javlor ronflait encore dans les bras de Morphée ! En deux secondes, il est debout et à 3h05, nous sommes dans son auto en route vers la gare. 20 minutes plus tard, nous arrivons. Les gardes contrôleurs de passeports dorment dans leur guérite à point fermé. Nous n’allions pas les déranger. Dans la gare, passage de sécurité fait. Je fais sonner le système en passant sous la porte de contrôle. On ne me regarde même pas et me laisse aller sans problème. Il faut croire que je n’ai pas l’air trop dangereuse. Contrôle du billet de train et voilà le tout est réglé. 

Ce dernier entre en gare et il est temps de monter. Wagon 11 et là, tadam, belle surprise, nous sommes dans un wagon lit. C’est un train de nuit venant de loin. Un train de nuit avec des wagons classe Quart, c’est-à-dire, un wagon dortoir. En Russie, nous savions qu’il y a 54 lits dans ce genre de wagon. Cela semble y ressembler.  Presque plein, tout le monde dort ou ronfle et nous découvrons que nos places sont les deux couchettes du haut au dessus de deux dames profondément endormies. Nous suit un petit groupe d’Italiens qui semble en état de choc. Ils sont grands et comme mon chéri, la montée devient loufoque et un fou-rire collectif nous prend car les hommes non vraiment pas le format local. Mon chéri a les pieds qui dépassent et un de nos voisins a toute la difficulté du monde à grimper sur sa couchette. Après plusieurs pirouettes, tout le monde a trouvé son nid. le train redémarre. La lumière s’éteint et nous pouvons poursuivre notre nuit. 

Arrivée prévue à 10h52. Vers 8h00, nous comprenons qu’il nous faut rendre les draps et descendre sur la couchette inférieure pour finir le trajet assis. Les dames dessous ne sont nullement accueillantes. Deux touristes, comme nous, venant de Russie. Nous ne pouvons rien aux règlements. Ça a l’air de fonctionné ainsi. Quelle que soit la nationalité, l’amabilité n’est pas donné à tout le monde. Dommage…

Nous voilà, arrivés à Khiva. Notre hôtel, référé par le grand dormeur Javlor est au coeur de la vieille ville, à près d’un kilomètre de la gare. Google, auquel il ne faut pas toujours se fier, nous indique 2,9 kilomètres et un itinéraire vraiment étrange. Nous y allons à la fois avec notre pif, à la fois avec le GPS, essayant de me repérer grâce aux photos vues sur le web. Nous finissons par arriver, avec difficulté, dans de petites ruelles, non loin de la Citadelle où le Mirza Boshi devrait se trouver. Après avoir demandé à trois personnes qui chacune nous donne une direction différente, nous tombons sur une maison avec un vieux panneau de bois indiquant Mirza Boshi B&B. Nous frappons. Nous entrons. Nous demandons. On nous répond que ce n’est pas là mais à cinq minutes à pied. On commence à en avoir marre de tourner en rond… Par chance, une jeune-fille, nous accompagne au bon endroit. Le Mirza Boshi est aussi, nous le découvrons, un restaurant en plein coeur d’Itchan Kala, la vielle ville. Le propriétaire nous reçoit « bofement », sans bonjour, juste « C’est vous qui êtes référés pas Hélène Oasis ? ». Notre chambre est dans la maison familiale à côté. Il nous conduit à la chambre. Je lui dis que je suis un peu étonnée par son accueil, jusqu’à présent partout où nous sommes passés si chaleureux… Il ne dit mot. Nous prenons possession de la chambre. Deux lits simples, une baignoire pleine de cheveux et une lunette de toilette brisée mais vraiment brisée. La chambre est malgré tout propre. Nous n’avons pas dormi ou presque pas. Il fait très chaud. Nous prenons la décision de rester au moins pour la nuit. Pas du tout envie de passer la journée à chercher un autre hôtel surtout que nous venons de constater que la ville est très très très touristique. Trop ! Ça commence mal ! 

L’Ouzbékistan est, depuis deux ans, en plein essor touristique. Le gouvernement a fait enlever les obligations de visa pour 45 pays et depuis les touristes affluent. Le problème : les infrastructures ne sont pas encore là. La demande est maintenant plus importante que l’offre. Nous n’avions pas ressenti cela à Tachkent, car ce n’est pas une destination touristique. Les groupes y atterrissent pour les villes phares telles Samarcande et Khiva. À Samarcande, nous l’avons déjà ressenti. Des kiosques, des échoppes vendant un peu trop le même inventaire et le « made in china » prend trop de place … Ici, après deux heures de visite de la vieille ville, nous constatons que c’est pire ! Nous sommes à l’inverse de ce que nous pensions. Naïfs, nous avions cru que plus nous nous éloignerions, moins il y aurait de monde mais c’est le contraire. Cela n’enlève cependant rien à la beauté de la ville. C’est un musée à ciel ouvert. Flâner dans les rues d’Itchan Kala… on se croirait dans un décor des mille et une nuits. La ville fortifiée par laquelle on accède par 4 portes reliées aux point cardinaux, est ceinte de murailles de briques beiges de 10 mètres. Je comprends pourquoi elle est, depuis 1990, ajoutée à la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.  Des échoppes, des mosquées, des médersas, de nombreux musées font vivre la vielle ville. Ça fourmille. Ça grouille de touristes, d’accents du monde !

Je tapuscris et je lève les yeux, admirant les minarets et les dômes turquoise et vert de la cité. Il est 17h39, l’ancienne ville se vide tranquillement… Le calme s’installe.

Le propriétaire est venu nous présenter des excuses…

23/09/2019 – Jour 49

Réveillée affamée… alors quand l’appétit va, tout va !

Nous avons papoté avec des clients français qui venaient de faire un « trek » près de la frontière du Tadjikistan et de l’Afghanistan. Un peu trop téméraires, ils se sont fait dire de « vite » s’éloigner et de retourner vers le centre… Il faut être aventureux mais pas imprudents. Malheureusement, il y a des coins du monde où il ne fait pas bon se pointer le nez même avec la meilleure volonté et le sourire aux lèvres… Peu leur chaut (et j’ai ici une pensée toute particulière pour mon ami Robert… qui se reconnaîtra car nous sommes les seuls au Québec, je crois à utiliser encore cette vieille expression).

Il y a à voir et à découvrir à Boukhara. Ce qui est merveilleux dans notre cas et on le savoure, c’est de pouvoir y aller mollo, tranquillo ! Nous ne sommes pas « vraiment » pressés par le temps. Nous avons pris les jours qui suffisent pour visiter à notre rythme, c’est-à-dire, balade, pause, balade, contemplation, balade, admiration, etc… « No stress at all ! » 

D’ailleurs avant de repartir pour la soirée, mon chéri fait la siesta et moi, je rédige. Je suis juste un peu frustrée de ne pas pouvoir illustrer mon journal mais ce sera fait dès que le réseau le pourra. 

Nous avons entendu parlé d’une médersa ou madrassa, Tchor Minor, signifiant en persan : « quatre minarets ». Un peu plus excentrée du coeur historique, elle est encore peu visitée. Et tant mieux pour nous. Les quatre minarets, tous décorés simplement mais différemment m’ont beaucoup touché. J’ai aimé ce lieu. Moins de dorure, plus de simplicité, à taille humaine et surtout excentrée. Un petit moment de bonheur et là, je pensais (journée dédicace) à notre ange, celle qui nous avait tant soutenu pour le visa russe, Annie, et qui aime autant que nous l’Ouzbékistan. Une rencontre brève mais importante. Encore merci Annie !

À l’autre bout de la ville, le marché local. Comme la température a beaucoup baissé avec un petit 25 degrés venteux. Il est fort agréable de marcher. En chemin, totalement imprévue, petite folie … arrêt chez le coiffeur. Je reste coquette, du moins, j’essaie avec ma garde-robe minimaliste, et j’avais envie d’un shampoing et brushing pour laisser mes cheveux au vent. Après un gros 4 dollars, j’étais plus que satisfaite. J’ai même osé une petite touche « punky », cheveux courts rasés au niveau de la nuque. Je sais vous voulez voir … Je vous mets une photo bientôt !

Donc femme ravie, chéri ébloui… on continue vers le marché. Tout aussi exotique que celui de Tachkent et de Samarcande avec les mêmes produits. Nous y avons acheté du miel succulent pour le quart du prix que nous payerions au Québec. Mais il ne sert à rien de comparer… le coût de la vie et les salaires le sont sans doute autant. Incomparable.

Je vais aller réveiller mon chéri car, nous allons visiter un atelier de broderie … À suivre!

22/09/2019 – Jour 48

Je vais mieux beaucoup mieux après une longue nuit de 12 heures. Plus d’instabilités gastriques et surtout une nuit de réhydratation. Aujourd’hui, j’ai un seul mot d’ordre de mon chéri « boire ».  J’ai pris un petit déjeuner léger mais délicieux et nous sommes partis galoper dans Boukhara. Direction donc inverse de la veille, celle d’une imposante citadelle, nommée Ark. « Ark » est un terme persan que l’on peut traduire par « cœur de l’état », la ville dans la ville.

Ceinte de remparts hauts de 16 à 20 m, érigée au 7ième siècle en continuel agrandissement jusqu’au 16ième siècle, et couvrant une superficie de 4 hectares, la citadelle est le plus ancien bâtiment de la ville. La forteresse fut plusieurs fois détruite et reconstruite, au hasard des guerres ou de l’usure du temps, mais fut toujours le centre du pouvoir politique et culturel de la région. De nombreux émirs y ont habités jusqu’en 1920.

Aujourd’hui, se trouve un musée, mais également un endroit particulier, la mosquée Ul’dukhtaron, conservée malgré les destructions. Selon la légende, 40 jeunes filles y furent torturées puis jetées dans un puit par Nasrullah Khan, émir de 1827 à 1860. L’émir, très cruel, était par ailleurs connu sous le surnom de « boucher » par les Ouzbeks, donnant beaucoup de crédit à la légende. Horrible !

Émir Alim Khan – crédit photo Prokoudine

Non loin de là, de l’autre côté de la grande place, un monument tout aussi impressionnant : la mosquée Bolo Khaouz. Elle est d’ailleurs inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Ses piliers ornés de majoliques sont magnifiques. 

La « fraîcheur »  (25 degrés) s’est installée et nous avons mangé en soirée sur une terrasse avec une petite laine ha, ha, ha comme quoi, nous comprenons que la notion de froid se relativise…

21/09/2019 – Jour 47

C’est du train vers Boukhara, que j’écris. Un train où l’air climatisé n’existe pas et où chacun sue à grosse goutte. Dans deux heures, nous serons à Boukhara où il fera encore plus chaud qu’à Samarcande. Boire, boire et encore boire. Cela me rappelle un peu mon voyage en Inde où il faisait tellement chaud à Varanasi (env. 45/48 degrés) que je fondais à vue d’oeil alors que je buvais non stop. Nous traversons une région très aride, presque désertique. Des champs verdoyants apparaissent par surprise sans doute le travail d’un bon système d’irrigation pour l’agriculture. Les champs de blés et coton parsèment le paysage. Les vaches et les ânes cherchent l’ombre. L’été doit être suffocant ici. 

Nous venons donc de quitter Samarcande. C’est un réel trésor pour les amoureux d’histoire mais aussi de mosquées, de mosaïque et de majolique. Nous avons appris ce terme ici. Ce sont des mosaïques en trois dimensions. Un travail minutieux et superbe.

Découverte et visite du Chah-i-Zinda où se retrouvent 11 mausolées, tous aussi sublimes et ornementés les uns que les autres. Moi qui adore le turquoise, j’étais ravie. C’est phénoménal de voir le travail des ouvriers. Ce sont à mes yeux de réels artistes. 

Mon chéri ne se sentant pas très bien, sans doute à cause de la nourriture et de la grande chaleur s’est reposé à l’hôtel. Moi, j’ai continué à trotter. Comme nous étions hier avec la guide, je n’ai pas pu savourer le marché à mon rythme alors, j’y suis retournée et là, j’ai découvert la vraie face du marché, pas celle présentée aux touristes avec ses boutiques de gadgets et de souvenirs. Plutôt, celle des échoppes de tissus presque cachées au fond des ruelles. Les petits boui-bouis où tout le monde se presse pour manger. Les kiosques de jouets « made in china » pour les petits, les boutiques d’articles de cuisine. Pas grand touriste à l’horizon mais voir la vraie vie, reste mon réel plaisir. Voir de mes yeux, le quotidien. Tout simplement ! C’est aussi enrichissant que de voir les musées et les mausolées.

Soirée pizza pour permettre à l’estomac de mon chéri de se remettre. Ensuite, nous devions assister à un spectacle de danse folklorique recommandé par notre guide mais nous ne l’avons jamais trouvé. Même en demandant, trois fois, à des locaux le lieu, chacun nous renvoyant à des endroits différents. Heureusement, nous n’avions rien avancé comme argent. Deux billets étaient censés être réservés à notre nom… J’espère que deux autres personnes ont pu y assister et en sont ressortis satisfaits. De notre côté, comme il ne se passe jamais rien pour rien, nous avons pu voir le spectacle de son et lumières au Régistan, arrivant pile poil, par hasard au début du spectacle. Wow ! J’en avais la chaire de poule. Magnifique et envoutant. La musique nous transporte dans un autre univers, celui de l’Orient, des milles et une nuits ! Nous avons terminé en beauté, en admirant Samarcande de nuit et tout cela gratuitement ! Merci la vie. 

Le réseau internet est vraiment mauvais globalement en Ouzbékistan, alors j’écris mon journal mais je ne sais pas quand je pourrais le publier tout comme le précédent. Inch Allah … 

Je reprends le clavier de l’hôtel où nous sommes. Il est préférable en Ouzbékistan d’être à l’hôtel et non, avec AirBnb ou Couchsurfing, car chaque personne ou établissement qui vous héberge doit vous enregistrer sur une plateforme auprès du gouvernement et vous émettre un reçu. À la sortie du pays, il y a un contrôle à ce sujet. Voilà pourquoi nous sommes surtout en hôtel actuellement. Donc c’est de Hélène Oasis que je vous écris. Un établissement dont la propriétaire, une Française, porte bien son nom. Calme et fraîcheur dans le quartier juif de la ville de Boukhara. La propriétaire, Hélène, est une femme très accueillante, et qui nous a raconté son histoire… et toute une  ! Après plusieurs voyages fait en Ouzbékistan plus sous l’initiative de sa soeur que de son propre intérêt, elle est tombée sous le charme. Sans jamais pensé venir un jour y vivre mais la vie en décida autrement … De retour, en France, cette belle cinquantenaire, fait fasse soudainement à un divorce, une retraite anticipée, un peu obligée et la vente d’une maison. Un tsunami ! Elle s’interroge alors sur son avenir, sur ce qu’elle veut. Elle a quatre grands enfants, tous adultes et eux même sur le chemin de leur vie. Elle décide alors de changer de vie et de partir loin, là où elle est bien : à Boukhara. Elle quitte sa carrière de professeur de musique et part acheter une petite maison dans un quartier calme. Mais encore là, la vie en décide autrement car elle tombe en amour avec une grande maison dans la vieille ville de Boukhara et décide d’en faire alors un hôtel, sa maison à elle, dans laquelle elle recevra ses amis et des touristes. Déterminée et insouciante, dit-elle elle même, elle est passé à travers des jours et des mois de procédures administratives pour régler le tout et remettre en état l’établissement, ancienne résidence privée d’une grande famille juive. Elle a su s’entouré d’une belle équipe, de femmes extraordinaires d’ici à qui elle permet de travailler. Amusant de voir comment elles communiquent entre elle en « langue facile », allégée dans un français où les verbes sont à l’infinitif. Hélène baragouine quelques mots d’ouzbek. Sa précieuse Lola, son adjointe sait gérer et négocier fermement avec les hommes d’ici. Une belle équipe. Cette histoire est un beau cadeau. J’en retire que malgré les épreuves de la vie, il ressort toujours quelque chose de positif. Son chaos, lui a permis de changer de vie et d’être aujourd’hui, heureuse et indépendante. Elle partage sa vie maintenant, depuis 2009, entre la France et l’Ouzbékistan, avec ses enfants et petits-enfants et comme elle dit, sa seconde famille ici. 

Ce soir, c’est moi qui suis un peu mal en point, un mélange de deshydration et de gargouillement d’estomac. Je suis allée me coucher coucher tôt, exténuée et très faible. Je ne bois pas assez. Demain, cela ira mieux …

19/09/2019 – Jour 45

Alors avons-nous bien dormi dans notre petit oasis ? Absolument comme des bébés. Le quartier est calme et bien que l’hôtel familial soit plein, la nuit fut paisible. C’était un peu notre crainte car les chambres donnent toutes sur la cour intérieure. Les maisons sont ici ainsi construites. Les diverses pièces s’ouvrent sur la cour principale gardant ainsi la fraîcheur. Les températures sont encore élevées. Le « froid » commence à se pointer le nez en octobre. J’avoue que je ne pensais pas avoir de si belles températures encore en septembre. Au plus froid, ici, il fait -6 degrés et en été, 40 à 45 degrés. Rare est la neige. 

Et pour bien débuter la journée, rien  de tel qu’un copieux petit déjeuner !

En arrivant au coeur de la ville, de l’ancienne ville, on comprend pourquoi elle a été proclamée en 2001 par l’UNESCO carrefour des Cultures et site du Patrimoine mondial. 

Samarcande est une des plus anciennes villes de l’Asie Centrale et se trouve sur la mythique route de la soie, cette ancienne route commerciale qui reliait la Chine à la Méditerranée. 

Première journée hier à visiter, le site le plus proche mais non le moindre, le Régistan. Cette monumentale place, autrefois haut lieu d’échange du commerce de la célèbre route est maintenant un site touristique. Le lieu est tellement immense que même les nombreux touristes semblent des fourmis sur les photos. Il regroupait trois médersas, anciennes universités théologiques musulmanes et une mosquée du vendredi. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un site historique et touristique. Certains râlent de ce fait, moi, je m’en réjouis, ne serait-ce que pour admirer les sublimes dômes, les mosaïques.

Ce matin, relax et surtout écriture de mon dernier article sur Séoul et comme le réseau est ici mega, mega lent, cela m’a juste pris la matinée pour télécharger mes photos sur WordPress. 

Comme toujours, nous voulions en apprendre sur l’histoire de la ville. Aziz, le fils du propriétaire qui est aux petits soins avec nous, nous a déniché une guide francophone, Rouchana. À 12h54, j’avais enfin fini la mise en ligne de mon article pour Nomade Magazine et à 13h00, nous débutions la visite du coeur historique. 

Petit retour vers le Régistan, où nous avons mieux compris l’utilité du bâtiment et son histoire. Ensuite direction : Gour Emir, mausolée et lieu de sépulture d’Émir Timour, grand conquérant ou redoutable guerrier selon les avis, du 14ième siècle. Lors de ses conquêtes, il n’aurait pas hésiter à massacrer la totalité de la population des villes qui lui résistait, à l’exception des artisans qu’il déporta à Samarcande, sa capitale. C’est à ce titre qu’il se montra protecteur des arts et des lettres qui firent la grandeur de Samarcande.  “Timour disait souvent : “on peut voir la puissance de mon Empire rien qu’en regardant les édifices que je fais construire,” nous indique notre guide…

Nous avons pour le plaisir des yeux fait également deux autres mosquées et le marché de la ville où nous nous sommes régalés d’un pain encore tout chaud  «Osiyo» et de figues fraiches et succulentes.  

Ce soir, dîner dans notre petit oasis. On nous a servi un festin de roi fait de spécialités ouzbek, tels le hanoum (sorte de lasagnes aux tomates et agneau), une variété de salades et le tout accompagné d’un vin du pays, du village non loin de Samarcande, Venezia. 

Nous ferons assurément encore un beau dodo…

17/09/2019 – Jour 43

Nous sommes donc arrivés en Ouzbékistan, cette république d’Asie Centrale, indépendante de la Grande Russie depuis 1991. Et nous sommes arrivés à l’aéroport après 7 heures 30 de vol, accueillis à la douane sans aucun souci alors que Korean Airlines, nous avait mis un peu de stress. Aucune question sur le sujet de billet d’avion de sortie… et un très chaleureux bienvenu. Nous avons donc quitté l’Extrême Orient. Séoul fut le point le plus éloigné de notre route. Cet imprévu restera gravé dans notre coeur. Troisième mégalopole, on s’attendait à du monde et de la cacophonie ! Du monde, il y en a mais on ne sent pas le poids de cette telle densité. Tout est ordonné et très bien organisé. Un exemple : nous avons pu faire notre check-in et laisser nos sac-à-dos à la Gare de Séoul en plein centre-ville, l’aéroport se trouvant à 27 kilomètres de la ville. C’est avec notre petit sac-à-dos, allégés que nous avons pris le train grande vitesse (TGV) pour nous rendre à l’aéroport. Tout était pris en charge par Korean Airlines. D’autres compagnies offrent le même service. Un peu comme si de Place Ville Marie (Montréal) ou Gare du Palais (Québec), on vous transportait vos bagages, n’ayant à vous soucier que de votre transfert. Super service. Tout est efficace comme cela. Nous avons beaucoup à apprendre sur la gestion urbaine et du savoir-vivre en collectivité. Simple, ordonné et efficace !

L’Ouzbékistan, de ce que nous en avons vu jusqu’à présent, est en plein essor et se modernise. Payer avec des cartes de crédit relève de l’exploit et il y a enfin de nos jours des guichets automatiques, avant, il fallait arriver avec des liasses de dollar pour gérer les frais et souvent changer cela au marché noir. Cette époque est révolue. Les banques offrant un meilleur taux que le marché noir, ce dernier est mort de sa magouille.

Ici, nous sommes à nouveau millionnaire. Comme le « cash » est plus courant. Mon chéri a retiré 1 500 000 ! WOW et oui, 1 500 000 SUM ! 1 Sum = 0,14 cents CAD ! 

Question dodo, nous avons enfin pu tester (pour mon chéri) et refaire pour moi, du Couchsurfing. Le concept est simple, créer un profil sur la plate forme du même non et accepter de recevoir des hôtes du monde entier en échange être hébergé chez les locaux.  Durant mon voyage en solo en 2013 pendant cinq mois, de l’Algérie à l’Inde, je n’avais voyagé que par ce moyen. De belles rencontres et des moins belles … Saïd nous a donc accueilli chez lui. Nous devions y rester trois nuits. Mais Saïd travaille beaucoup, donc peu de temps à partager et surtout l’hygiène n’était pas du tout au rendez-vous. Nous avons tenu deux jours pour ne pas l’offusquer. Comme nous prenons le train tôt demain matin, nous avons prétexté, prendre un hôtel près de la gare pour ne pas le déranger et ne pas avoir à se lever aux aurores. Tout est passé comme une lettre à la poste.  Et savez-vous ce que mon chéri et moi, avions comme objectif en arrivant à l’hôtel ? Prendre une douche ! Un vrai délice quand on se sent un peu crasseux …

Hier, nous avons fait le marché, l’immense bazar de Tachkent, le Chorsu Bazaar. On pourrait y passer la journée. Il y a de tout et plus encore. Nous avons assisté à un petit spectacle de cirque. Une animation pour les enfants du marché, du coin, des rues. En fait, un spectacle pour tous, car nous nous sommes assis sur les marches et comme les enfants, nous avons fait des wow, des ha, des « bravo » et des « encore ».  J’avais plein de petits amis autour de moi qui étaient émerveillés. C’était beau à voir ! La naïveté et l’innocence des enfants.

À Tachkent, les distances sont longues pour aller des points d’intérêts l’autre. Il y a le métro et le taxi. Alors qu’à Séoul, le chauffeur de taxi est intègre, honnête et a un compteur officiel. Ici, le chauffeur de taxi est filou. Aucune course ne coûte plus de 10 000 à 20 000 SUM, soit entre 1 et 2 $US, pas cher mais il y a le principe. Deux fois, deux coquins, nous ont donné leur prix 20 000 SUM pour la course et en plein milieu, il demande à revoir la carte que je leur présente et nous font croire qu’ils se sont trompés et doublent le prix. Avec moi, cela ne marche pas. Je dis non, je dis stoppe et j’ouvre la  porte.  Ça amuse toujours mon chéri, car il sait qu’en matière ne négociation, je suis la reine. J’adore les bazars et les marchés pour cela. Je préfère marcher que de me faire prendre pour une idiote. Le coût est ridiculement bas mais une entente c’est une entente ! Les deux fois, les chauffeurs ont bougonné et ensuite ri car ils ont compris que je ne me laisserai pas faire. Mais globalement, une fois le prix établi, il n’y a pas de problème. 

Sinon, la pépite du jour, c’est la découverte du métro de Tachkent. Magnifique ! Certaines stations n’ont absolument rien à envier à Moscou. Juste superbes. 

Aujourd’hui, journée donc bien remplie puisque nous avons fait les principaux monuments. 

La Médersa Koukeldach

Le Musée Amir Timur 

La statue de Skver Im. Amira Temura

La Place de l’Indépendance

L’ensemble Hazrat Imam 

Le Canal Ankhor

Le cirque de Tachkent et bien plus…

On peut vous dire que ce soir, nous sommes crevés mais comblés.

Demain, le train, encore le train et j’aime ça ! Direction Samarcande connue pour ses mosquées et ses mausolées. Elle se trouve sur la route de la soie… À suivre

14/09/2019 – Jour 40

Plus nous découvrons la ville, plus nous l’aimons.

Hier, mon chéri et moi, comme nous n’avons pas toujours les même centres d’intérêts et surtout que nous n’avons que cinq jours ici, avons décidé de faire notre journée en solo pour mieux se retrouver. Mon chéri adore les musées, il peut y passer des heures à lire toutes les indications. Il s’en est donc donné à coeur joie au Musée de la Guerre qui porte principalement sur la guerre de Corée. En ce qui me concerne , j’aime également les musées mais  s’il faut choisir, je préfère flâner, découvrir les quartiers pour sentir l’âme de la la ville et avoir un aperçu de la vie, du quotidien, des beautés des villes et observer les gens. J’ai débuté la journée en allant acheté les billets de train, du TGV, à la gare principale, la Seoul Station. Ce serait bête de ne pas sortir un peu de la ville pour jeter un coup d’oeil sur la côte Est de la péninsule. En deux heures, avec le train grande vitesse, nous traverserons le pays d’Ouest en Est pour nous rendre sur la mer du Japon. Histoire de prendre l’air et de sentir les embruns. 

Donc revenons à hier, vendredi 13. Après les détails logistiques de transport, je me suis balader dans le quartier de la gare et malheureusement comme dans beaucoup de pays, quartier où les sans abris ou ceux éprouvés par la vie se retrouvent. Mais on ne ressent aucun sentiment d’insécurité et la Police n’est pas loin pour garder un oeil ouvert. Comme à New-York, Séoul a créée en plein centre-ville une passerelle végétalisée passant au dessus des voies ferrées. Un très beau concept et parfaitement aménagé. En ce jour férié, les touristes et les Coréens se promènent dans cet oasis de fraîcheur. La ville offre même gratuitement des ombrelles ou parapluies verts pour se protéger des ardents rayons de soleil. 

Ensuite comme une grande et sans difficulté, j’ai repris le métro pour me rendre dans le quartier des arts, à la Place des Marronniers. Je remarque à quel point la ville est organisée et propre. Par contre trouver une poubelle publique relève du défi…

Dans le métro, les toilettes sont impeccables. Puisqu’on est dans le sujet… Je suis passée par toutes les sortes de toilettes, des plus modernes, avec petits jets, aux plus rudimentaires, à la turque, mais toujours très propres. 

Le parc des Marronniers est le lieu idéal pour flâner. À vocation culturelle de la relève, le quartier offre pour les amateurs de théâtre, de danse, de musique,  des spectacles de nouveaux artistes qui se présentent généralement  pour la première fois au public. Quelques peintres y exposent aussi leurs tableaux. Enfin, des concerts et divers spectacles en plein air contribuent à faire du parc Marronnier un haut lieu culturel qui se veut un peu le Montmartre de Séoul.

Un peu plus haut, et avec un peu d’effort car la montée est rude par grande chaleur, se situe le Mont Naksan, le panorama sur la ville vaut les gouttes de sueur ! Magnifique ! Et pour finir en beauté et en couleur, je me suis baladée dans le quartier de Ihwa Mural Village où 70 ­artistes ont peint les murs et installé des ­sculptures un peu partout. ­J’adore car c’est une vraie ­«chasse aux trésors». Ici, l’art mural, ça se mérite car comme à Montmartre, ça grimpe sec. Les escaliers sont raides, l’ascension lente mais ça permet de prendre son temps… et ça tombe bien puisque plein de fresques et peintures ponctuent la montée.

Vous pouvez m’imaginer … des photos à la pelles !  L’endroit est vraiment inspirant, hyper coloré et surprenant. On retrouve même Le Petit Nicolas sur un des murs du village ! Très frenchy !

J’y ai dégusté une délicieuse salade. La nourriture est vraiment succulente et savoureuse depuis que nous sommes arrivés.

Avant hier, comme le temps était maussade nous avons fait un tour de ville en bus/trolley « Hop on, hop off » Un beau tour d’horizon et belle balade dans le centre urbain, dans le coeur des affaires, là où les édifices se font compétition sur leur nombre d’étages !

Une journée bien remplie encore une fois. Mon chéri et moi, nous sommes retrouvés dans le quartier Myeong-Dong.

Le quartier est extrêmement bondé et devient très animé lorsque la nuit tombe avec toutes ses affiches illuminées. Séoul, la ville aux milliard d’enseignes ! C’est le quartier parfait pour la street food, vraiment un autre lieu à ne pas manquer à Séoul. Ça grouille de partout et moi, j’adore !

À suivre …

11/09/2019 – Jour 37

Voilà notre première journée de découverte de Séoul. Nous avons décidé de commencer par l’aspect culturel et historique puisque demain et pour trois jours, les musées et palais seront fermés pour les jours fériés. 

Nous avons débuté par le sanctuaire Jongmyo et le palais Changgyeonggung. Pour y arriver nous avons emprunté le Cheonggyecheon, un agréable cours d’eau, au coeur de la cité, aménagé en une promenade de presque 6 km de long. L’eau y est limpide et les poissons, comme des rois.

Séoul est pour moi un immense « shopping center » comme ils disent ici. C’est la ville aux milliards d’enseignes et de néons. C’est phénoménal ! Lorsque nous sommes allés au centre d’informations touristiques, l’agent ne nous parlait que de centres commerciaux à visiter, à voir… Et nous en avons cure ! Nous sommes là pour découvrir la ville pas les boutiques… surtout qu’en sac-à-dos, difficile de gérer. Je me serais certes laisser tenter par deux trois bricoles mais pas de place ! Donc pas de place, pas nécessaire ! J’ai parfois l’impression dans cet immense marché de me retrouver à Istanbul. Dans ces quartiers entier dédiés à un produits : l’allée des vendeurs de luminaires, de boutons, de câbles, d’or. Chaque coin de la ville à son commerce spécifique ! On sait où aller pour trouver ce qu’il nous faut !

Séoul est une ville vraiment très agréable. Bien que troisième mégalopole du monde, on ne ressent pas la densité de la population. On y respire et comparativement à Oulan-Bator, on ne ressent pas la pollution. Il fait actuellement encore très chaud, 27 degrés mais en hiver, selon nos sources coréennes, en décembre/janvier, il y a de la neige et il peut faire jusqu’à moins 10 degrés Celsius.

Le Sanctuaire de Jongmyo, patrimoine de l’Unesco, est dédié aux membres de la famille royale de la dynastie Chosŏn. C’est le plus vieux sanctuaire royal confucéen. Interessant de noter qu’il y a une route dédiée aux esprits. La Corée du Sud semble avoir une grande spiritualité.

Ensuite, pause lunch et poursuite vers Changdeokgung ou Palais de la Prospérité. C’est l’un des cinq grands palais construits par les rois de la dynastie Joseon. Magnifique !

Nous avons trotté, trotté pour nous rendre dans le pittoresque et très photogénique village traditionnel de Bukchon Hanok. Beaucoup de touristes mais en y allant en fin de journée, c’est beaucoup plus agréable. Il faut savoir que ce quartier est réellement habité alors, il est demandé discrétion, voire même silence. Ce que je comprends tout-à-fait !

Retour dans notre quartier, Le centre DDP (Dongdaemun Design Plaza), gigantesque complexe multifonctions, qui se veut un quartier branché et touristique situé près de la porte Dongdaemun.

Nous sommes ensuite retourné à notre cantine, toujours aussi délicieux et typiques ! Ce soir, spécialité de Séoul, le Bibimpad, mélange de riz, de légumes, de bœuf émincé, le tout recouvert par un œuf au plat et des graines de sésame, accompagné de Kimchi, plat froid est composé de chou fermenté et mariné, assaisonné d’ail et de piment rouge. Impossible de passer à côté de cette spécialité.

Ce soir, nous sommes fatigués. Morphée, nous attend déjà … À suivre !

10/09/2019 – Jour 36

C’est avec un peu de nervosité que je prenais le vol ce matin pour Séoul avec la compagnie Mongolian Airlines, compagnie qui ne vole pas en Europe … Je dois avouer que j’ai pris une toute petite dose de pilule magique qui m’a permit de faire un beau dodo durant le vol de trois heures et surtout de rattraper le sommeil manquant étant donné la courte nuit. C’est notre formidable Bagui qui nous a amené à l’aéroport. Après un vol avec de petites turbulences, nous sommes arrivés à Séoul, capitale de la Corée du Sud. Au sortir de l’aéroport, on sent l’humidité et une chaleur de plomb nous tomber dessus. Différence de climat ! Autre grande différence, les infrastructures et la ville est ultra modernes. Un train grande vitesse dessert le centre ville de l’aéroport. Tout est impeccablement propre. 

Nous arrivons en milieu d’après-midi à notre appartement. Prenons le temps de nous reposer un peu et partons explorer les environs. Le petit appartement au dixième étage est très bien situé, en plein coeur de la ville. 

Nous y serons jusqu’au 15 septembre, préférant explorer la ville de nord au sud et de l’est en ouest plutôt que de partir dans les environs. Nous nous offrons une pause de route… 

C’est vraiment la grande surprise que de passer ces quelques jours dans cette mégalopole. Nous ne l’avions vraiment pas prévu mais nous sommes comme deux gamins vraiment curieux de découvrir Séoul. Nous tombons aussi à point nommé puisque ce sont les festivités de « Thanks Giving », ici qui débutent jeudi matin.

Nous nous sommes donc plongés dans la cuisine locale en allant découvrir le marché et en y mangeant une délicieuse soupe épicée, des dumpings succulents et fraichement frais. Nous avons aussi goûté le Mung Bean Pancake, la spécialité de Séoul que les locaux aiment boire avec l’alcool de riz ! On a testé et on a aimé. Le marché est à dix minutes à pied de l’appart. Ce sera notre cantine. Nous avons beaucoup aimé l’ambiance et spotté encore plein de trucs à goûter. Demain, on s’offre une grasse matinée après ces 10 jours intensifs d’excursion dans la sublime Mongolie.

Nous avons très hâte de découvrir la ville…. À suivre 

09/09/2019 – Jour 35

C’est d’Oulan-Bator que je reprends le clavier. Nous venons passer la nuit ici avant de s’envoler tôt pour Séoul. Nouvelle destination. C’est le coeur un peu tristounet que je quitte la Mongolie. Le pays qui m’a tant fait rêver et celui qui vient de me combler de bonheur. La réalité fut encore plus merveilleuse que le rêve.  Car dans la vraie vie, il y a eu le contact avec les gens, les nomades, leur hospitalité, leur sourire, leur générosité, leur simplicité et leur sagesse.

Hier encore, au détour d’un virage, au milieu de nulle part, derrière les montagnes de Tsagaan suvarga, aux couleurs pastels naturelles, un petit air de Cappadoce ou de la « Artist Valley » du parc de la Vallée de la Mort,  nous sommes arrivés à une fête locale, la fête des nomades chameliers. Tous les nomades de la région se retrouvent avant les grands froids, car ici c’est déjà l’automne selon le calendrier lunaire, pour célébrer la fin de la saison. Les célébrations se résument en concours de plus beau couple de chameliers, lutte mongole, course de jeunes chameaux, chants et danses folkloriques. Un vrai bonheur de pourvoir assister à cela. 

Le site, idéal pour camper et la température assez clémente pour ne pas frigorifier… Nous étions très bien équipés.

Test sac de couchage réussi ! Merci Latullipe 🙂

C’est dans un paysage d’imposantes formations granitiques que nous roulions hier. Le cadre est impressionnant. Une source thérapeutique spécifique aux yeux offrirait des miracles. Commençant, avec l’âge, une presbytie, je n’ai rien à perdre de tester et de me mettre quelques gouttes dans les yeux. Mon chéri m’a fait bien rire. Commençant à être un peu sourd, il s’est mis des gouttes dans les oreilles. Bon, on y croit pas trop mais on s’est prêté au jeu.

Nous avons fini la journée sous la yourte avec un petit 8 degrés. Sans poêle à chauffer, nous étions bien emmitouflés dans nos sacs de couchage. Nous avons terminé cette aventure sur un site enchanteur.

En revenant à Oulan-Bator, les embouteillages et encore les embouteillages mais nous avons fini dans un excellent restaurant où la nouvelle cuisine mongole n’a rien à envier à nos grands chefs.

En roulant vers l’appartement où nous passerons la nuit, nous avons croisé le cortège du mariage d’une grande vedette ici, Anu, qui rêvait sans doute d’être un jour une princesse 🙂

Mais voilà donc c’est la fin. La Mongolie restera à jamais gravé dans mon coeur et j’emporte avec moi tant de souvenirs, la mélodieuse voix de Nyamaa, notre guide, la sérénité de notre chauffeur Bagui et sa chanson préférée que nous avons entendu à peu près une centaine de fois durant dix jours, le sourire des enfants, les yeux complices des femmes et la pudeur des hommes, et bien évidement la beauté et la diversité des paysages.

La Mongolie, c’était surtout mon rêve, celui d’une gamine qui ne croyait jamais un jour pouvoir le réaliser. La femme que je suis, à l’aube de la cinquantaine, retrouve son coeur d’enfant en le réalisant. J’ai chevauché un magnifique cheval dans un cadre idyllique, le soleil m’offrant ses plus beaux rayons et les vents me chantant aux oreilles. 

C’est avec une immense gratitude et le sourire aux lèvres que je quitte le pays. Merci Mongolie !

06/09/2019 – Jour 32

Vraiment pas sérieuse Cendrine ! Me voilà qui doit rattraper plusieurs jours de journal. Pourtant, hier, comme vous l’avez vu sur la belle photo, je m’étais attablée pour travailler, pour écrire et mettre à jour mon journal.

Mais soudain deux sympathiques londoniens, un homme et son épouse ont commencé à papoter avec nous ; nous avons pris l’apéro et le temps est passé tellement vite que je n’avais plus une seconde pour écrire car il était temps de grimper sur les dunes de Khongor pour assister au coucher du soleil. Le lieu est une fois de plus sublime. Khongoriin Els, surnommée la dune chantante, n’est pas la plus grande du pays mais la plus visitée par la beauté des lieux. Ses dunes s’étalent sur 180 km de long et de 8 à 12 kilomètres de largeur. La plus haute dune culmine à 200 mètres de hauteur. Nous aimons l’effort mais pas la souffrance alors nous en avons monté une déjà pas mal haute pour pouvoir admirer la vue et l’immensité du paysage et surtout s’amuser à la redescendre en courant.  En haut, c’est tout simplement spectaculaire. Le vent souffle intensément. À 300 kilomètres à vol d’oiseau se trouve la frontière de la Chine. 

Alors pour revenir au jour précédent, nous avons découvert une autre région de la Mongolie, Bayanzag, région réputée pour ses sites de fouilles paléontologiques. Dans les années 1920, un explorateur Roy Chapman Andrews, un genre d’Indiana Jones a découvert dans la région des oeufs de Dinosaures … On se croirait dans le décor de Jurassik Park. 

Les imposantes falaises rouge ocre offrent des couleurs intenses lors du coucher de soleil. On se sent minuscule. 

Soirée au Gobi Tour… Voyager en Mongolie, c’est accepter d’autres normes de restauration et d’autres standards d’hébergement. Les fruits et légumes se font rares parfois. Difficile de respecter le guide alimentaire canadien, ha, ha, ha ! Simplement comprendre que les nomades mangeaient essentiellement de la viande et du gras l’hiver avec des produits laitiers car c’est ce qu’ils avaient et l’été, moins de viandes mais plus de dérivés de produits laitier. En ville, l’alimentation a changé, un peu, mais la viande reste l’élément essentiel. Les végétariens seront avertis. Mais la Mongolie, c’est surtout accepter de faire de la route, encore et encore pour découvrir le pays. La poussière avalée en vaut la peine.

Aujourd’hui, nous avons donc quitté la région des Dunes de Khongor pour explorer la vallée de Yol. Ce parc national, le plus grand de Mongolie, est tout-à-fait magique. À chaque coin de montagnes, on croirait voir apparaitre Gengis Khan et ses cavaliers. Le lieu est épique et grandiose. Le parc est reconnu aussi pour pouvoir observer des gypaètes barbus, d’immenses oiseaux charognards plus grands que les aigles. Nous avons appris qu’ici, il y a trois façons de « gérer » le corps des défunts après leur mort. Le moine exprime à la famille comment le mort doit « finir » : enterrer, incinérer ou manger par les charognards. Selon la tradition bouddhiste, ceci est une noble façon de rendre à la nature, ce qu’elle a offert. À son tour le défunt nourrit. Et ce dernier doit être mangé par un charognard plutôt qu’un autre animal. L’oiseau est plus pur qu’un quadrupède. Fascinant de découvrir tout cela. Voilà donc pourquoi le gypaète barbu est honoré.

Ce soir, était soir de camping ! Mais crotte de bic, dame Nature en a décidé autrement puisque la pluie s’est imposée. Retournement de situation … Le camping sera reporté. Nous dormons dans l’appartement d’un ami de notre chauffeur Bagi, le héros fort. Un appartement modeste qui nous mettra à l’abri des intempéries. Nous sommes donc ce soir à Dalanzadgad, chef-lieu de la province du Gobi du Sud…et mon chéri a même pu regarder TV5 pour se mettre un peu à jour des nouvelles internationales. Malheureusement, pas de Wifi, donc pas de Journal … dès que je peux, je mets tout cela en ligne … À suivre !

03/09/2019 – Jour 29

Nous avons quitté la sublime Vallée d’Orkhon, ses verts pâturages, ses cratères endormis, sa rivière bleu marine et surtout nos formidables hôtes.
Après une très, trop longue journée de route de 260 kilomètres de piste, nous sommes arrivés dans la région la rivière Ongi.


Nous avons pu admirer en route des peintures rupestres datant de l’âge de bronze.
Mais la journée a consisté à avaler de la poussière et à se faire brasser la cage. Un vrai mystère pour moi de comprendre comment il est possible de se repérer. Ici, il n’y a aucune indication, aucun panneau routier. On se repère aux montagnes… Bagi, notre chauffeur est le héros des routes !


En fin de journée, nous voilà au lodge. Un grand complexe entouré de petites montagnes. Le site est joli. Le lodge moins. On y sent la machine à touristes. L’accueil est ordinaire alors que depuis que nous sommes partis, l’accueil qu’il soit dans les écolodges ou chez l’habitant fut extraordinaire. Ici, au Secret of Ongi, on ne ressent aucune hospitalité. Nous sommes clients. On ne sent aucune authenticité, la yourte est meublée d’un lit et d’une commode, pas de poêle au centre de la pièce, pas deux colonnes porteuses symbolisant l’homme et la femme, maîtres des lieux.


En arrivant, je dois régler un problème de publication d’article pour Nomade Magazine. Je m’informe avec Nyamaa pour le Wifi. Payant, en fonction du nombre de Giga utilisé et le tarif pas donné 5$/G ! Je m’installe et prend en travaillant un petit apéro : une vodka de Mongolie, elle coûte le double de ce que nous avons payé jusqu’à présent. Aucun sourire ne s’affiche sur les visages… cela vient assombrir la légendaire chaleur et hospitalité mongoles.
Une fois, le problème réglé, je cours prendre une douche. Eau froide, odeur d’égout et conditions d’hygiène, pas formidable !
Le repas est dans le même ton. Viande trop dure, pommes de terre tièdes… la salade se compose de deux morceaux de concombre qui se battent avec un peu de chou et de betterave. 
Le Secret of Ongi sera à oublier.
Je réitère que jusqu’à présent, tout fut parfait mais ici comme ailleurs, il y a de bons établissements touristiques et d’autres moins.
Nous ne passons qu’une nuit ici et c’est parfait ainsi !
À suivre …

02/09/2019 – Jour 28

Le 2 septembre 2019, sera une journée inoubliable pour moi, une journée exceptionnelle, une journée unique : celle où j’ai réalisé mon rêve, celui de chevaucher dans les steppes de Mongolie. Je ne pouvais rêver un cadre plus exceptionnel et le soleil m’offrait ses plus beaux rayons, le vent une douce et chaude caresse. L’émotion était à son comble.

La journée fut unique également par ces rencontres. Nous avons débuté celle-ci par une visite du monastère Tuvkhun au sommet du Mont Shireet. Pour y accéder, il faut prendre un sentier à travers une belle forêt de conifères. Durant trois kilomètres, la montée se veut ardue pour arriver au sommet de la montagne, loin de toute civilisation. Là où le silence est roi, la méditation s’impose. En effet, loin des hommes et des villes, cet ermitage a été construit pour servir de refuge, au chef spirituel et politique, le Bogdo Gegeen au XVII siècle lors des invasions mandchoues.

Nous avons eu le grand honneur de pouvoir nous entretenir avec le chef du monastère, avec le moine suprême celui qui prodigue les sages conseils et nous étions tout ouïs.

J’ai osé lui demander s’il avait de précieux conseils quels seraient-ils ? Sa réponse fut : « Aime-toi, toi même ; apprend à te connaître ; sois bon avec tes ennemis ». Tout cela prend toute une vie et énormément d’efforts mais la sagesse à parler et c’est d’une telle simplicité…

Après des kilomètres de piste et de poussière, nous sommes arrivés chez nos hôtes. De vrais nomades. Les prochaines heures, jusqu’à demain, enfin, nous partagerons le quotidien avec la réalité : celle des nomades, de leur vie. J’ai déjà parlé de la grande hospitalité des Mongols et bien je contresigne. La rencontre fut extraordinaire. La famille Buyanbadrakh nous a accueilli en reine et roi. Nous avons eu à un festin de fête, à une promenade à cheval magique dans la vallée d’Orkhon. Les chevaux ici sont difficiles à maîtriser, étant habitués à vivre librement. L’Homme est une entrave. Borg, le maître de maison a su m’aider à « dompter » la bête et j’ai pu enfin réaliser ce rêve de gamine. Je suis si reconnaissante. Je lui ai dit qu’il était l’homme qui a permis cela. Celui qui restera graver à jamais dans ma tête et mon coeur pour ce si précieux moment. Une randonnée en silence au milieu de la steppe. Féérique !

Notre si souriante et magnifique hôtesse a préparé un succulent et savoureux plat de mouton, le tout arrosé de vodka de Yack. Inoubliable ! 

Nous avons regardé leurs photos de famille, écouter leur quotidien et beaucoup appris. Le problème générationnel semble récurent dans de nombreuses familles de nomades. Les jeunes ne veulent plus prendre la relève. Borg a un très grand capital de museaux. Il se demande comme le tout va perdurer… 

Nous avons eu aussi la « chance » d’assister à la castration d’un cheval … Il faut en Mongolie avoir le coeur solide pour assister à l’opération. Tout se fait sans anesthésie et dans les conditions les plus simples. On attache le cheval, on le met à terre et on opère. 

Les animaux sont en liberté et les prédateurs jamais bien loin. Un loup avait la nuit précédente attaqué un poulain et la blessure était profonde. Nous l’avons vu soigner la bête. Ici, il faut être éleveur, producteur et vétérinaire à la fois. Mais la sagesse reste encore reine… Borg croit en la sélection naturelle. Si le poulain doit mourir, il le fera mais assurément il essaiera de le soigner avant.

Nous avons donc dormi dans une vraie yourte : sans douche attenante, sans petite serviette aux huiles essentielles, ce que nous apprécions assurément. Notre yourte est composée de 4 lits simples et d’un poêle. Les toilettes … Voilà ma limite ! Il n’y en a pas… Il faut aller plus loin, un peu plus loin dans la nature. Voilà ! Mon système à ce stade se bloque et attend la première occasion plus « occidentale ». 

Ce fut une journée merveilleuse. Nous nous sommes quitté après le petit déjeuner, ce matin (03/08/2019), après des tartines à la crème de yack, en nous offrant l’un et l’autre nos petits présents.

Je n’ai pas assez de mercis pour leur témoigner de ma reconnaissance. 

31/08/2019 – Jour 26

Je suis vraiment comme une gamine aujourd’hui. Comme une petite fille à qui on vient d’offrir le plus grand des cadeaux : son souhait.

Je pars ce matin avec mon chéri pour 10 jours dans les steppes et les déserts de Mongolie. Je vis mon rêve. Et grand bonheur, nous avons une guide francophone, Nyamaa qui signifie gardienne du soleil et un chauffeur, Bagi qui signifie fort héros. La décision de louer une voiture est tombée rapidement à l’eau étant donné la façon de conduire et la route de piste. Avec notre Licorne noire, ce serait un jeu d’enfant avec une voiture de location cela pourrait vite tourner au cauchemar en cas de pépin.

Nous avons donc pris la route pour le Gobi sablonneux. En Mongolie, il y a 33 gobis (déserts). Après un petit arrêt au supermarché pour acheter des sucreries et des gâteaux pour les familles de nomade qui nous accueilleront et 260 kilomètres de route bitumée suivi de 11 kilomètres de piste, nous arrivons au campement. Au paradis ! Une trentaine de yourtes dans un éco-lodge sont magnifiquement situées au milieu du désert, aux abords des dunes. Ici, pas d’électricité. L’énergie vient de panneaux solaires, des serviettes chaudes aux parfums d’huile essentielles sont distribuées deux fois par jour pour la toilette. Les lieux d’aisance sont des toilettes sèches. Tout est pensé pour respecter la nature et les terres partagées avec les nomades des alentours. Les animaux sont rois et nous sommes sur leur terre. Le site est exceptionnel. Pause déjeuner et installation dans la yourte, traditionnellement décorée. L’orange est à l’honneur c’est la couleur de la prospérité. 

Mon chéri et moi en profitons pour faire une randonnée dans les dunes, seuls au monde. Nous croisons des chevaux, des chevreaux, apercevons au loin des chameaux et les oiseaux de proie nous espionnent.  Le silence est si paisible. L’immensité si enveloppante. 

Rendez-vous à 17h00 pour aller rencontrer une famille nomade. En fin de compte, nous apprenons que rien n’est organisée vraiment car les familles sont très hospitalières et se réjouissent de rencontrer aussi des étrangers. Nous arrivons donc sur un petit campement de quatre yourtes : trois pour les familles et une attenante en guise de cuisine. 

Nyamaa demande s’ils accepteraient de nous parler un peu de leur vie. Le chef, le père de famille acquiesce et nous invite donc à entrer dans leur foyer. Il a un savoir faire. Nyamaa nous a expliqué qu’on ne met jamais les pieds sur le seuil, qu’on rentre avec le pied droit et qu’on se dirige vers le soleil. Les invités prennent place au fond de la yourte les hommes en premier et selon l’âge. Comme je viens de loin, je passe avant le chauffeur, qui est un local, dans l’ordre de préséance. Tout un art et un savoir faire. Nous entrons donc timidement, un peu gênés de déranger. Je me sens toujours un peu mal à l’aise d’être considérée comme une « voyeuse » comme une touriste venant pour les photos mais ici, l’hospitalité est réelle et la générosité grande. Nos hôtes nous offrent le yaourt de lait de chèvre accompagné de fromage séché au soleil. Le yogourt est délicieux. L’homme de la maison nous offre, commençant par les hommes, sa blague à tabac. Il l’offre par la main droite et nous devons la recevoir par la même main. La façon de faire est de prendre avec la petite cuillère de la blague une petite poudre qui sent très bon, la déposer sur l’index gauche et la respirer. Nous nous sommes exécutés. Cela sent très bon. Une fois que tous les invités ont eu cet honneur, une verre de vodka de lait de chèvre est servi. Un goût unique. On ne sent pas fortement l’alcool davantage le fromage et il ne faut surtout pas en abuser car cela tourne vite la tête. Après avoir demandé à Nyamaa si je pouvais laisser mon verre, j’ai bu quelques gorgées et déposer ma tasse. Mon chéri a réellement fait honneur. Il a tout bu. Et on lui en a resservi une seconde tasse qu’il a laissé poliment. C’est tellement enrichissant ce partage. Nous apprenons donc que le chef possède quatre museaux – C’est ainsi qu’il compte les sortes d’animaux.  Il y a cinq sortes : les vaches, les yacks, les moutons et les chèvres, les chevaux et les chameaux.  Cette famille là ne possédaient pas de chameaux. Il a un grand élevage de 500 bêtes. Ils habitent sur cette terre durant l’été et dès le froid se déplacent vers le campement d’hiver où une petite structure de bois fixe permet aux animaux d’être un peu plus à l’abri de l’hiver. Il vit là avec sa femme, sa mère et deux voisins. Ses quatre enfants : deux garçons, deux filles, adultes, sont en ville et ne veulent pas reprendre plus tard l’élevage et vivre en nomade. C’est le problème des nomades. La nouvelle génération ne souhaite plus vivre ainsi préférant les commodités de la ville et avoir un travail fixe. Les petits enfants viennent passer les étés sous la yourte pour aider aux travaux. Chacun à ses tâches, la femme s’occupe de l’intérieur et de la traite, les enfants de veiller au bon rapatriement des animaux et à chercher les bouses de vache servant de combustible et le chef s’occupe de l’élevage et du commerce des bêtes ou des productions laitières.  Un bel échange, ils nous posent des questions sur le Canada, sur le Québec, sur le climat, sur le coût de la viande, sur les méthodes d’élevage. 

Il est temps de repartir et de ne pas les importuner davantage. Nous leur offrons nos modestes présents et nous remercions l’un l’autre sincèrement de cette rencontre. Je leur promets que je le ferai parvenir les photos prises et je tiendrai promesse ! La légendaire hospitalité des nomades est réelle. Souriants, accueillants, chaleureux, humbles et sages, ils composent avec la nature, le soleil, les saisons dans des conditions que nous trouverions difficiles mais quand je demande – via Nyamaa, aux femmes si elles trouvent leur condition éprouvante, leur style de vie difficile. Les deux répondent spontanément : pas du tout. Elles sont heureuses. Merveilleux !

Nous nous disons au revoir et merci : eux en français, nous en mongole. Merci la vie. 

Le spectacle de la soirée : coucher du soleil et ciel étoilé 

Ici on vit au rythme de la lumière du soleil…. À suivre !

30/08/2019 – Jour 25

Cela fait seulement 25 jours que nous sommes partis et j’ai l’impression que cela fait déjà des mois. Nous voyons tellement de choses, tellement d’informations à digérer, à enregistrer. C’est pour cela que le plus consciencieusement possible, je rédige ce journal. C’est ma mémoire, mon coffre à trésors. Je ne veux rien oublier de toute cette fabuleuse expérience, tranche de vie que nous réalisons. Dans plusieurs mois, quand nous serons réinstallés, je prendrai le temps de tout relire … Ce sera le voyage des souvenirs. 

Mais pour le moment, nous sommes les deux pieds dedans, intensément et merveilleusement. Nous refaisons un passage de quelques heures par Oulan- Bator (bof) pour mieux repartir pour dix jours dans la nature, loin du bruit et de la pollution. Nous venons tout juste de goûter aux beautés naturelles de la Mongolie. Comme je vous le disais, Voyages CAA Québec, avec lequel nous sommes très fiers de pouvoir collaborer, offre un séjour en Mongolie, un très beau circuit. Nous avons pu vivre une partie de leur programme et les chanceux qui viendront seront aussi assurément satisfaits de cette expérience. Nous avons dormi sous une belle yourte avec toutes les commodités.

Les prochains jours, nous reprendrons notre rythme en voyageant et expérimentant diverses formes d’hébergement : yourtes dans un resort écologique , yourte chez l’habitant, éleveur de yacks et nous ferons même du camping dans les dunes de Khongor… Mon rêve sera aussi réalisé puisqu’enfin, je ferai du cheval dans la Vallée de l’Orkhon.  Merci la vie, vraiment merci.

Je profite donc de l’après-midi urbain pour faire la lessive et surtout planifier la suite de notre voyage … après la Mongolie. Nous avions planifié le Kirghizistan mais comme les conditions politiques sont un peu houleuses actuellement, nous avons changé nos plans, pensant nous rendre directement en Ouzbékistan. En regardant les billets d’avion Oulan-Bator – Tashkent, capitale du pays, j’ai failli avoir un infarctus tellement le prix était élevé : plus de 1000 $ le billet ! Nous avons donc fait des recherches pour des vols avec escale et le plus abordable, est par Séoul en Corée du Sud… et bien go, nous allons prendre quelques jours à Séoul, la troisième plus grande mégalopole du monde après Tokyo et Mexico avant de s’envoler vers l’Ouzbékistan. Après les steppes de Mongolie, ce sera un choc mais assurément spectaculaire à vivre. Jamais je n’aurai cru aller à Séoul ! Les surprises du voyage : être prêts à tout ! 

J’ai acheté une carte SIM mongole afin d’avoir du réseau durant les 10 jours prochains. Cela coûte une bagatelle : 7$CAD pour une carte SIM illimitée 10GB valable un mois. Cela aurait été un peu coco de s’en passer ! Je devrais donc être capable de continuer à donner des nouvelles et poster des photos. Je prépare aussi un vidéo car c’est tellement beau… À suivre 

28/08/2019 – Jour 23

Nous sommes millionnaires, si, si ! Enfin, ici, nous sommes tous millionnaires. Les prix sont en milliers ou en millions. Mon chéri a retiré 200 000 tugriks. Impressionnant, non ? Et vous vous demandez combien ça vaut ? Un petit 100 dollars CAD. Ça nous ramène à la réalité, hi, hi !

Programme du jour : En bus local, nous nous sommes rendus au mémorial Zaïsan, un chef d’oeuvre de l’architecture socialiste, situé sur les hauteurs d’Oulan Bator, dans le sud de la ville, là où les tours poussent à vue d’oeil. Des tours de quartiers chics. Les mêmes que nous pourrions trouver à New York. Un fait amusant, sur le toit d’un immeuble plus classique, une yourte trônait.

Le mémorial rend honneur à l’amitié mongole-russe. Il est orné de mosaïques et de reliefs où l’on peut apercevoir Lénine et Staline. La vue panoramique sur la ville est vraiment impressionnante. 

Pour revenir vers le centre ville pour poursuivre notre journée culture au musée national de Mongolie, il nous fallait à nouveau prendre le bus. Là, nous avons compris que la notion de temps et d’horaire n’existe pas étant donné les monstrueux embouteillages et que la notion de bulle, celle qu’on aime tant protéger chez nous est inimaginable. Nous avons pris un bus bondé comme jamais je n’avais vu. Entassés comme des sardines, c’est vraiment l’expression. On ne peut pas être plus collés serrés. Réussir à sortir est un exploit. Il faut oser jouer du coude sinon tant pis, le bus continue. Des normes sociales auxquelles nous ne sommes pas habitués. Autres pays, autres moeurs. 

Nous avons réussi à nous extraire du bus pour respirer un peu de calme au musée. Ce dernier permet vraiment aux visiteurs de voyager à travers l’histoire offrant un autre panorama celui de sur la culture mongole  depuis l’âge de pierre jusqu’à nos jours. On peut y admirer de sublimes costumes de cérémonies traditionnelles et comprendre un peu plus, la richesse et la dureté de l’histoire à travers laquelle la Mongolie est passée. Oppressée, envahie, dominée à tour de rôle par ses voisins : la Russie et la Chine, elle a obtenu enfin son indépendance en 1921. 

Concernant les costumes traditionnels, il faut savoir qu’il y a plus de 20 groupes ethniques en Mongolie et que chacun à son costume reflétant leur tradition. La majorité des costumes ont la même particularité porter les boutons du côté droit et un col haut. Il y a trois catégories de costume : ceux pour tous les jours, ceux pour les cérémonies et ceux pour les officiels. Les couleurs sont à l’honneur et les ornements tant pour les hommes que pour les femmes sont superbes. D’ailleurs, je reviens sur les petites flasques que nous avons vu au marché. Au musée, nous en avons vu de sublimes en pierres précieuses et nous avons compris que ce sont des fioles pour priser le tabac.

Petite, je jouais aux osselets et je viens d’apprendre que c’est un jeu qui vient de Mongolie et d’Asie.  

Mais le plus excitant de la journée est que nous avons organisé, enfin, la suite de notre séjour. Grâce à la précieuse collaboration de CAA Québec, nous avons été mis en contact avec leur agence partenaire, car Voyage CAA Québec offre un superbe circuit en Mongolie. Nous allons le vivre un petit peu. Je ne vous dis rien. Vous allez le découvrir en même temps que nous… ou presque car je ne suis pas certaine que nous aurons du réseau. Je me réjouis de sortir de la ville, de respirer enfin le grand air et de lâcher mon masque !

À suivre … car c’est le début de la réelle aventure et de mon rêve ! Je suis si reconnaissante. 

27/08/2019 – Jour 22

Ce fut surtout une journée de logistique. 

Nous avons fait un changement d’appartement. À notre arrivée, nous avons loué pour trois nuits. Nous avons décidé de rester deux nuits de plus afin d’organiser le reste de notre séjour en Mongolie. Nous aurions pu resté dans l’appartement , très bien situé et moderne mais le canapé-lit était tellement petit et bancal que je craignais de rouler et me retrouver par terre en pleine nuit. J’ai même failli m’installer directement sur le sol. Nous avons donc déménagé pour un autre tout aussi central, plus spacieux et avec un vrai grand lit. 

Balade dont au centre ville avec sac-à-dos plutôt que de prendre les transports en commun. Il y a ici tellement d’embouteillages que cela va plus vite à pied. Et qui dit embouteillage dit pollution. Oulan-Bator est la troisième ville la plus polluée au monde, avons nous appris. Depuis que je suis arrivée, je ressens un petit mal de tête sous jacent alors que j’ai très rarement mal à la tête. Mais le plus frappant est la gorge qui brûle, étant donné le monoxyde de carbone que nous respirons. C’est en à un point qu’aujourd’hui, je me suis acheté un masque, comme beaucoup ici, pour éviter un peu de m’encrasser les poumons de ses fumées noires qui sortent des pots d’échappement. La pollution est beaucoup plus forte en hiver. Elle vient essentiellement du moyen de chauffage qu’utilisent les habitants : le charbon.

Il me tarde avec impatience de quitter la ville et de trouver les grands espaces et la verdure. Là-bas, bas les masques !

Nous sommes en train d’organiser donc la suite de notre séjour : visite du parc national Terelj, excursion dans le désert de Gobi, séjour chez l’habitant et bien évidement dans une yourte Comme les distances sont longues, il faut une peu de planification. Il nous faut aussi prévoir la dates de départ et acheter notre billet d’avion pour notre prochaine destination. Claude ne se sent pas très à l’aise de voyager au Kirghizistan. La situation politique étant instable actuellement. Cela me déçoit mais je peux comprendre et accepter. Peut-être devrons nous directement nous rendre en Ouzbékistan.

Hier, nous avons passé la journée avec une guide. Ce fut fort intéressant et mon chéri a merveilleusement su raconter notre visite dans le temple Gandan Khiid. Nous avons fait un tour par le typique et immense marché extérieur de la ville, sommes sortis un peu du centre ville pour aller sur les hauteurs de la ville. Fort impressionnant de voir combien la ville s’étend. Les nomades se semi-sédentarisent pour profiter de la modernité de la ville. Certains restent, certains repartent et la guide nous expliquant que pour un tiers, la situation s’améliorait vraiment, qu’un autre tiers restait à peu près au même niveau et que le dernier tiers sombrait dans la grande pauvreté. 

Deux phénomènes sociaux sont à régler ici, toujours selon notre guide, l’alcoolisme et la violence conjugale. Le taux de divorce a explosé ces dernières années. Tout cela vient assombrir un peu l’image idyllique de la belle et naturelle Mongolie. Mais c’est la réalité et les Mongoles ont un le désir d’améliorer la situation. Il manque cependant une volonté gouvernementale. La corruption semble être aussi un fléau.

Voilà notre topo du jour… À suivre 

26/08/2019 – Jour 21 – par Claude

Je ne connaissais du Bouddha que l’apparence repue et bienheureuse, l’ayant toujours vu assis dans la position du lotus. Quand on pénètre dans le temple de Gandan Khiid, à Oulan-Bator, on aperçoit au début, à notre plus grand étonnement, que les pieds et les jambes d’une immense statue qui nous attend, debout quelques mètres devant nous. On entre dans la maison d’un géant qui ne peut que susciter respect et recueillement, le Bouddha doré. Son visage aux traits féminins domine, quatre ou cinq étages au-dessus de nos têtes, un corps de guerrier bardé d’une armure et doté de quatre bras. Dans la paume ouverte de sa main droite, il tient un miroir (le Bouddha voit partout), dans la gauche, une carafe d’eau bénite. Enroulée autour de ses bras et de ses mains, une écharpe aux couleurs de l’arc-en-ciel pend jusqu’au sol (le rouge pour la prospérité, le blanc pour la pureté, le vert pour la fertilité, le bleu pour le ciel et la sagesse et le jaune pour l’humilité et la renonciation).

Le gigantisme de ce Bouddha, dont la tête touche le toit du temple, contraste fortement avec la place plus que petite que font désormais les humains à l’intériorité et aux divinités dans leur vie de tous les jours. Peut-être était-ce là, justement, un des principaux enseignements du Bouddha (mort il y a environ 2500 ans), qui voulait nous libérer de tout désir et de tout attachement aux objets du monde extérieur ?… Les murs du temple sont couverts d’étagères où prennent place quelques milliers de poupées représentant une divinité, habillée d’une cape dorée, protégeant Bouddha. Les adeptes défilent dans le temple de gauche à droite, actionnant d’une main les nombreux moulins à prière qui contiennent chacun quelques milliers de textes tirés du livre sacré du bouddhisme. Dans les cinq ou six chapelles qui entourent le temple principal, des moines assis en rangées qui se font face (un peu comme nos députés à la Chambre des communes !) récitent à haute voix des prières imprimées sur des feuillets horizontaux empilés par centaines devant eux.

Les fidèles et les touristes entrent et sortent à volonté, une très grande tolérance régnant de toute évidence ici, et une très grande ouverture à l’égard des non-bouddhistes aussi.

Pour le touriste occidental que je suis, il se dégage de tout cela une atmosphère à la fois mystérieuse et paisible, une recherche d’harmonie avec les lois de la vie et de l’univers. D’harmonie, on en a tous besoin bien sûr, à commencer par les moines mongols eux-mêmes. Il faut en effet savoir que leurs prédécesseurs ont été pratiquement tous massacrés en 1937 par les dirigeants communistes du pays. Quelque 700 monastères ont du même coup été détruits.

Depuis 1990, l’effondrement de l’Union soviétique aidant largement, le bouddhisme mongol (et toute la Mongolie en réalité) renaît lentement de ses cendres. De multiples églises protestantes étrangères (évangéliques pour plusieurs, sans oublier l’église mormone…) en profitent d’ailleurs pour faire du prosélytisme dans le pays. Dans le temple bouddhiste, la photo du Dalaï-Lama trône sur l’autel. Drapés dans leurs étoffes jaunes, oranges et rouges, les moines entre-coupent leurs prières d’une musique dissonante (pour mes petites oreilles sclérosées) jouée sur des instruments inconnus. Mystérieux, intriguant, envoûtant. Selon notre guide « Lonely Planet », les Mongols eux-mêmes renouent avec leur religion traditionnelle sans en comprendre toujours la signification. Cinquante ans de communisme ont créé une rupture culturelle. Le « progrès » socio-économique qui accompagne le capitalisme étant clairement sur sa lancée ici, comme dans plusieurs autres pays émergents, il est bien difficile d’entre-voir comment l’âme mongole trouvera ses repères dans le monde de demain. Après les conquêtes militaires de Gengis Khan en Europe et en Chine au Moyen-Âge, la colonisation mandchoue (XVIIe et XVIIIe siècles) de la Mongolie et soixante-dix ans de communisme (1924-1970), c’est un peuple d’éleveurs nomades qui prend actuellement le virage de la modernité technologique et économique en renouant avec ses traditions.

24/08/2019 – Jour 19

Nous y sommes. Je suis en Mongolie. C’est mon rêve. Ne me demandez pas pourquoi. J’ai depuis des années ce rêve de venir en Mongolie, d’y faire du cheval et si possible de conduire à travers les steppes. Mon chéri me dit que je devais être une nomade mongole dans une autre vie traversant les steppes à cheval … peut-être, qui sait …?!?

Je viens également de réaliser un autre rêve : voyager à bord du Transsibérien. C’est fait! Et pour finir en beauté, je nous ai gâté. Nous avons voyagé en première classe. Tous les deux en amoureux, dans un compartiment fort confortable, pour ces quinze dernières heures à bord du train pour quitter la Russie et entrer en Mongolie. Nous étions six passagers dans tout le wagon. Et fait cocasse, nos voisins étaient … ? Canadiens ! Un couple de l’Alberta qui vit depuis plus de 15 ans en Mongolie, à Oulan-Bator. Ils dirigent un « Canadian Christian Relief and Development Organization ». En gros, ils semblent faire de l’aide humanitaire et médicale. Étonnant ! L’autre couple, des Asiatiques ne sont pas sortis de leur compartiment. Je peux vous dire que c’était calme à bord du train et c’est tant mieux car nous en avions besoin pour le passage des frontières. Ce dernier peut parfois durer des heures et je me suis dit que si c’était le cas, autant être dans les meilleures conditions pour attendre. Vers 22h25, le train s’arrête en gare. Nous avons dix minutes pour nous dégourdir les jambes et ensuite nous sommes confinés à nos places pour attendre la police frontalière russe. 22h40, tapante, une première policière souriante entre et prend nos passeports en nous dévisageant pour vérifier les photos. 23h00, une seconde policière, sans émotion, entre dans le compartiment et nous demande de montrer nos bagages. Je montre mon sac-à-dos, l’ouvre. Elle semble satisfaite ne demandant même pas à Claude d’ouvrir le sien. 23h15, rentrent un policier et un militaire, ni l’un ni l’autre diplomates ni sympathiques et nous demandant de sortir du compartiment pour le fouiller. Nous attendons quelques minutes dans le couloir. Tout semble en ordre. Commence alors l’attente pour récupérer nos passeports avec le tampon de sortie. Trente minutes, une heure, une heure trente et voilà que revient enfin la première policière tout aussi souriante et nous dévisageant à nouveau avant de nous rendre nos passeports. Ouf, c’est fini ! Réglé pour la Russie. Encore plusieurs longues minutes à attendre car le contrôle ici est sévère. Le train est fouillé également de l’extérieur. Il semblerait qu’il y ait beaucoup de trafics divers entre la Russie et la Mongolie. Notre prochaine étape : la frontière mongole.

40 kilomètres plus loin, second arrêt. Nous entrons en Mongolie. Même processus mais là personne n’est souriant, par contre tout le monde parle parfaitement anglais et connait le mot « please ». En entrant, en Mongolie, nous voyons des soldats, sur le quai, faisant le salut militaire. Impressionnant. Lorsque que le policier responsable des passeports entre dans notre compartiment, celui-ci nous somme de nous lever pour lui parler. Nous nous exécutons sur le champ pas le temps de rigoler. En deux heures, tout était réglé et nous pouvions enfin repartir et profiter de nos moelleux matelas pour les dernières heures de la nuit.

Arrivés à Oulan-Bator, Capitale de la Mongolie, à 7h18. Anne et Sam, nos voisins canadiens, nous montrent où se trouve le guichet automatique et nous les remercions pour leurs conseils et leurs recommandations. Nous nous quittons. Chacun poursuivant son chemin. 

Nous déposons nos sac-à-dos à la consigne. Nous viendrons les récupérer plus tard car un – la gare n’est pas loin et deux – parce que notre appartement ne sera prêt que vers 13h00.

Nous allons donc faire un premier tour de repérage sous un ciel radieux.

Ce qui frappe en arrivant à UB, comme elle est régulièrement appelée, c’est la pollution ! En effet, la capitale de la Mongolie, bien que peu peuplée (un peu plus d’1 million d’habitants, soit presque la moitié de la population du pays) est une des villes les plus polluées du monde. Le climat rigoureux oblige les familles vivant dans les yourtes à se chauffer au poêle à charbon… Et encore nous sommes en été, j’ose à peine imaginer ce que c’est en hiver. Le grand ciel bleu est voilé d’une fine couche grise de particules.

La ville grouille. Beaucoup de monde, beaucoup de circulation. Il faut même faire très attention. Le piéton, ici, on s’en fout. Je ne rigole même pas. Il est recommandé aux touristes de faire très attention parce que même si la lumière est verte pour les piétons, des voitures foncent tout de même. Il faut donc être très attentif lorsqu’on traverse. Ça conduit à coup de klaxon. La ville est très étendue. Tentaculaire. Plus loin, on retrouve des petites maisons et des yourtes « sédentaires » et plus on est au centre, plus les tours sont hautes. À croire que la modernisation passe par la création d’immenses buildings. On s’entasse. J’aime ma ville de Québec pour cela. On y respire ! Dans la capitale mongole, ça bouge, ça avance certes mais la pauvreté est aussi présente et le fléau de l’alcoolisme un problème sérieux. À 8h00, ce matin, un homme a rempli devant nous sa bouteille de coca de vodka. Ouf, ça booste une journée ça !

Nous nous rendons directement sur la gigantesque place Sükhbaatar, coeur de la ville. Celle-ci a de vrais airs moscovites. Après une belle balade, nous sommes retournés chercher nos bagages et direction l’appartement. Très bien situé et très bien équipé.

Comme nous savons que nous allons déguster de la cuisine mongole durant notre séjour. Nous avons été curieux de goûter la cuisine coréenne. Très bonne et copieuse. 

Visite ensuite du « Mongolian National Modern Art Gallery ». Des oeuvres d’artistes mongoles superbes.

Après cette grosse journée, il fallait remplir le frigidaire. Nous sommes allés au Magasin général d’État, maintenant privatisé. Plus qu’un centre commercial, ce bâtiment, ex-lieu de ravitaillement officiel, est un point de repère essentiel pour s’orienter à Oulan-Bator. Dans ce grand édifice de six étages, se tient l’équivalent d’un grand magasin européen. Vive la mondialisation ! 

Soirée repos … À suivre !

22/08/2019 – Jour 17

Une journée vraiment vraiment enrichissante. Des découvertes, de la culture. Nous nous coucherons plus instruits ce soir. 

Nous avons commencé par la visite du musée ethnographie en plein-air, le plus grand de Russie, qui se trouve à 6 km en dehors de la ville. Pour s’y rendre, nous avons pris la marshroutka n.37, sorte de minibus de ville d’environ 20 places, personnalisée au goût du chauffeur. En montant, bien sagement, nous avons payé le 20 roubles par personne (40 cents). Durant le trajet, nous avons réalisé que les gens ici payent en quittant le bus. Intéressant à découvrir et que les passagers crient au chauffeur s’ils veulent descendre ou non.  Pas de petit piton pour aviser et encore moins d’arrêt systématique. D’ailleurs l’arrêt du musée ethno où nous sommes allés n’est même pas sur l’itinéraire officiel mais le chauffeur fait un petit détour d’un kilomètre pour satisfaire les touristes. Sympa !

Divisé en sept espaces, le musée est consacré à présenter les us et coutumes des diverses ethnies de la Bouriatie. On y voit notamment des stèles de l’époque des Huns, un camp évenk avec tipi, des yourtes bouriates traditionnelles, des maisons de vieux croyants et de cosaques, le tout en meubles d’époque.  Quarante constructions d’architecture diverses pour mieux comprendre la diversité culturelle et patrimoniale. Pour info : les « Vieux Croyants » sont un ensemble de groupes qui se sont séparés de l’église orthodoxe russe par leur refus des réformes introduites par le patriarche  Nikon en 1666 – 1667. 

Nous y avons passé l’avant midi avant de revenir en ville par le même moyen. Au retour, comme on dit : « À Rome, on fait comme les Romains ». Ici, nous avons fait comme les locaux, nous avons payé en sortant. 

Le tour de bus n’était pas fini puisque nous avons sauté, au même arrêt,  dans la marshroutka n.97 pour nous diriger vers le temple tibétain de la ville. Il se situe au nord d’Oulan-Oude. Perché, sur les hauteurs de la ville, il offre une vue panoramique sur la région et sur la rivière Ouda.  En entrant dans le temple, on ressent rapidement un sentiment de profonde sérénité, bercé par le « chant » des moines qui prient ou chantent. Le tout est mélodieux. Je suis assez ignorante question : bouddhisme. Ce que nous observons, ce sont des personnes qui ont acheté un petit billet et qui viennent les présenter aux moins pour que ceux-ci les lisent. Les gens se prosternent et font des offrandes (sucreries, fromage, etc.) Pas de foulard à porter, pas de contraintes vestimentaires, contrairement aux églises orthodoxes qui sont sévères sur ce point. Une très sereine et agréable atmosphère.

À l’extérieur,  le « Chemin de longue vie et jardin de bonnes pensées », sur ce chemin bien aménagé, il y a les petites cabanes pour tous les 12 signes de calendrier tibétain, avec une sculpture dans l’entrée et des mantras à l’intérieur. 

Je trouve juste dommage de ne pas avoir pu avoir un guide, nous en aurions pu comprendre vraiment les rites. Nous trouverons le moyen en Mongolie d’en apprendre davantage.

Je vous mets ci-dessous une photo illustrant le symbolisme des superbes fenêtres de bois. Pour le plaisir d’apprendre !

La journée n’est pas terminée mais, c’est l’heure de la pause à l’appartement avant de repartir manger en ville. Demain, c’est le Transmongolien que nous prendrons… Bye, bye Russie, à nous la Mongolie ! À suivre 

21/08/2019 – Jour 16

Nous voici donc en Bouriatie, une région de la Sibérie, la dernière avant la Mongolie. Ici, ce sera notre dernière visite en Russie. Après demain, viva Mongolia !

Nous avons fait le trajet depuis Irkoutsk, en troisième classe. Nous voulions l’essayer comme le trajet n’était pas trop long, 8 heures, et surtout pas de nuit. Connaissant mon chéri, je ne pense pas qu’il aurait aimé l’ambiance de nuit. La promiscuité est grande et l’intimité quasi nulle. J’ai voyagé pas mal comme cela en Inde dans les wagons dortoir. J’avoue qu’aujourd’hui, je suis prête à faire un compromis avec un compartiment pour 4 personnes mais 54, un peu moins. 

Nos voisins directs partaient eux pour  Vladivostok sur le Pacifique et une dame partait pour Iakoutsk, capitale de la République de Sakha, très très loin au nord de la Sibérie. Tout un trajet ! Quel immense pays, je le redis.

Mon chéri et moi avons fait une partie de carte et tous nos voisins qui ont vite compris les règlements, « jouaient » avec nous et donnaient des conseils à Claude. C’était vraiment amusant. Nous sommes même les vedettes d’un vidéo qui finira dans les familles iakoutes. 

Nous avons quitté le train pour sauter dans un taxi à la gare d’Oulan-Oude, capitale de la capitale de la république Bouriate. Initialement nommée Verkhneudinsk, elle fût rebaptisée en 1934 pour refléter l’idéologie communiste soviétique. Oulan-Oude signifie «uda-rouge» ou «porte rouge» en langue Bouriate.

Nous avons loué un appartement via AirBnb et nous sommes en plein coeur de la ville.

Après avoir déposé nos sacs à dos, nous sommes allés à la découverte de la ville. On fait vite le tour mais c’est un joli centre ville. Un monument intéressant est l’immense tête de Lénine qui trône sur la place centrale.

Cette tête est la plus grosse tête de Lénine au monde. Elle pèse 42 tonnes. Intacte, on raconte que même les pigeons ont peur de lui et n’oseraient déféquer sur la majestueuse statue.

Chez les Bouriates la nourriture à base de lait occupe une place importante. Selon une ancienne coutume, l’hôte était régalé, avant tout autre mets, par un produit à base de lait : de la crème, de la crème fraîche ou du lait tout simplement.

Il nous fallait déguster un plat de la région. Ce fut fait ! La spécialité locale (de Bouriatie), les « Buzza ». Il s’agit d’une sorte de raviolis géants remplie de viande de mouton. La viande baigne dans une sauce qu’il faut aspirer en faisant un petit trou dans le raviole. C’est très bon, mais sportif à manger sans s’en mettre partout !

Nous rentrons par la jolie rue piétonne où les musiciens de rue ravissent nos oreilles. 

La ville devient calme dès la nuit tombée. À suivre …

20/08/2019 – Jour 15

Julia, notre guide était au point de rendez-vous à 11h00. Comme le temps, aujourd’hui, était maussade, nous avons pris sa voiture, une mazda grise avec le volant à droite. C’est là que nous avons réalisé qu’une voiture sur deux a le volant à droite. Pourquoi ? Simplement parce que certains achètent en Asie – la Corée du Sud et le Japon ne sont pas loin –  ou en Europe – en transit via Moscou le kilométrage pour la livraison est cher. Celles au volant à droite sont ainsi moins onéreuses. À Moscou, il n’y a pas ce phénomène. Une autre expérience vécue : se faire conduire à Irkoutsk. Les gens conduisent très vite. Très très vite. C’est vraiment le chaos total et la règle première est à celui qui forcera le plus. Beaucoup, beaucoup de voiture n’ont plus de pare-chocs. Notre conductrice, elle, était comme un poisson dans l’eau, au volant. Nous, avec nos réflexes nord-américains, sidérés par leur style. La politesse n’existe pas au volant, ici. C’est au plus fort la route ! 

La visite guidée fut fort instructive et vraiment complémentaire à ce que nous avions lu. L’histoire de cette région est si riche et si empreinte de tragédies. Nous avons eu une belle leçon d’histoire en accéléré sur  les premiers explorateurs qui traquaient la fourrure le long des fleuves au XVIe siècle faisant d’Irkoutsk, une riche cité, de la révolté des Zeks du Goulag en passant par l’histoire des Décembristes et de leur courageuse femme qui se sacrifièrent pour accompagner leur mari envoyer en prison en Sibérie. Je ne vous refais pas le cours car cela a duré trois heures mais ce fut intéressant. Nous repartons un peu moins novices. 

L’après-midi fut beaucoup plus moderne et actuel. J’avais « spotté » lors de notre petit trajet hier avec notre taxi Ouzbek, un endroit qui me semblait fort intéressant pour le street art. En faisant une petite recherche, me confirmant le tout, j’ai découvert que Dorenberg est un espace créatif et en pleine évolution pour le street art et divers art multi médias. Une belle surprise car je ne pensais jamais trouvé ce genre d’espace ici. On se croirait presque à Berlin avec ce petit côté avant gardiste. Un artiste était en pleine action et nous avons pu discuter avec lui. Il nous a expliqué qu’en Russie, le street art est encore trop souvent non considéré et reconnu comme du vandalisme. Basil LST, son nom d’artiste, se voit un peu comme un précurseur. Il vient de terminer une commande à Saint-Petersbourg. Une immense et superbe murale sur une immeuble de plusieurs étages. Une belle rencontre, un honneur d’avoir pu échanger avec cet artiste. 

Dernier petit tour ensuite au marché pour le repas et ce soir, lessive et sac à dos à refaire. Demain, nous reprenons la route… direction Oulan-Oude, notre dernière destination avant de quitter le Russie pour la Mongolie.

À suivre 

19/08/2019 – Jour 14 suite

Bien dormis, plus de rhume, mon chéri est en pleine forme. Nous avons, aujourd’hui, en duo, fait la seconde partie de la ligne verte. Irkoutsk est une ville avec un patrimoine architectural très varié et qui a un charme particulier, un caractère authentique. De nombreux édifices religieux typiques se joignent aux vieilles maisons en bois appelées « isbas » et à leurs très belles fenêtres.

Nous avons appris qu’en 1879, la quasi-totalité de la ville a été détruite par un incendie dévastateur, très peu d’habitations en bois ont survécu. Malgré ce drame, Irkoutsk a su renaître de ses cendres grâce à la ruée vers l’or de 1880 et de nouveaux édifices en pierre et en briques ont vu le jour. Une grande partie fut aussi malheureusement sacrifiée à l’ère du communisme dont la couleur favorite était le gris et le matériau préféré : le béton !

Nous avons donc parcouru, à pied, la partie nord de la ville. Ce qui m’a impressionné le plus, c’est la Cathédrale de l’Épiphanie, par la richesse de sa décoration intérieure, les peintures murales sont époustouflantes et tellement riche de détails que l’on pourrait y passer une journée entière à l’observer. 

Au sortir du Couvent Znamensky, nous avons pu sauter dans un taxi pour aller visiter la magnifique et imposante Église Notre-Dame de Kazan dont la couleur rouge permet de la repérer de partout dans la ville. La circulation à Irkoutsk est folle. Les gens conduisent en ville a une vitesse excessive freinant à la dernière minute quand les piétons s’avancent au passage piétons. Sur les grands boulevards, les passage-piétons se font rares, et il faut parfois marcher presque un kilomètre pour pouvoir en trouver un. Alors la solution fut le taxi pour la dernière partie de notre circuit. Le chauffeur était ouzbek et comme nous parlions français, il croyait que nous étions Français. Il parlait de Paris et des Champs Élysées. Mon chéri a commencé à fredonner la célèbre chanson de Joe Dassin et nous avons fini le trajet en chantant en choeur «  Aux Champs Élysées, la,la,la ». Nous avons du faire la journée de notre chauffeur qui souriait de nous voir s’amuser. Beau moment.

Nous avons réalisé pourquoi leurs gouttières sont si imposantes. Quand il pleut, ce sont des averses torrentielles. En nous baladant, un orage nous est tombé dessus et c’était impressionnant de voir cela. Les rues étaient inondées. Étant partis sous un soleil radieux, nous n’avions pas nos imperméables. Alors, mon chéri nous a déniché au marché, deux magnifiques imperméables « cheapette », un joli rose nanane pour moi et un bleu poudre pour Claude. Nous étions vraiment beaux à voir. Une bonne partie de rire sous la pluie à voir notre style. Surtout que ce modèle « one size » était vraiment grand pour moi et vraiment petit pour mon chéri. Nous formions la paire et ne sommes pas passé inaperçu.

Après l’averse intense, à la recherche d’une guide pour une visite guidée pour demain, nous avons atterri, dans notre accoutrement de martien, dans un Guest House et rencontré Polina. Une jeune russe travaillant à l’accueil comme étudiante qui nous a déniché un guide en quelques minutes. Super ! Polina nous a offert un thé et nous avons ainsi appris qu’elle étudiait le japonais, parlait anglais et russe. Son objectif devenir traductrice. Parler le japonais. Je suis vraiment impressionnée. Sur l’entre fait est arrivée une jeune voyageuse de Finlande qui s’est joint à nous et partait découvrir Taïwan et y étudier, elle aussi, un semestre. Je suis admirative et fière de ces jeunes femmes qui partent découvrir le monde. J’ai fait des voyages en solo, pas mal mais, je me souviens à 20 ans, je n’avais pas cette maturité, ni ce désir d’aventure. C’est arrivé quelques années plus tard. Je sais, par expérience, que voyager en tant que femme et seule, surtout dans des destinations plus inusités où les femmes n’ont pas encore toute leur liberté, est un défi plus grand que pour les hommes. Nous voyageons sans cesse avec le poids de la sécurité, d’un danger potentiel réel ou pas. Mais l’ombre est toujours là. Il faut faire avec et malgré cela oser parcourir le monde. 

Le rendez-vous est donc pris, nous aurons un guide demain pour 11heures qui nous attendra au pied de la tour de notre appartement.

Après cette enrichissante journée, il était temps de manger. Nous avons donc choisi le meilleur resto pour déguster la cuisine sibérienne selon les dires de plusieurs sources et nous sommes donc allés au Rassolnik dans le quartier 130 Kwartal. Succulent, nous avons dégusté poissons, langue grillée de boeuf et ragoût de Yack, le tout arrosé de Vodka. Miam, miam. Super décor, super service et pour notre porte-monnaie de Québécois très abordable : 80 $/deux pourboire compris. Un tel festin au Québec, nous aurait coûté beaucoup plus cher. 

Pour s’assurer de dormir comme des bienheureux, nous sommes rentrés à pied. À nos âges, une petite promenade digestive cela fait toujours du bien, ah, ah, ah ! Je ne vous ai pas encore parlé de tram … juste une petit photo pour mieux comprendre 🙂

À suivre …

19/08/2019 – Jour 14

Il est 7h34 du matin. Il est 19h34 du soir pour vous. Je n’ai pas eu le temps et l’énergie hier soir de mettre sur le clavier notre journée . Une belle journée débutée tôt. Il nous fallait être à 7h00 à la gare pour débuter l’excursion. 

7h30 dans le train… 7h40, nous sommes partis. Le Lac Baïkal, nous voilà. Notre wagon est presque vide. Nous avons choisi une catégorie supérieure pour s’assurer de pouvoir faire de bonnes photos et d’avoir l’espace nécessaire car il y a du monde. La clientèle est essentiellement chinoise. Nous entendons deux groupes de voyage organisés d’Allemands accompagnés d’un guide et sinon des locaux, des Russes. Nous réalisons vite que tout se fera en russe. Cela a beau être un circuit touristique. Le touriste, ici, n’est pas majoritairement anglophone mais chinois. Cela défait nos convictions, comme quoi, avec l’anglais, on se débrouille partout. Ici, cela ne sert presque à rien. Nous nous débrouillons davantage avec quelques mots russes appris et des signes de la main qu’avec la langue de Shakespeare. Cela permet de relativiser de l’influence de la langue… 

Nous réussissons malgré tout à nous faire comprendre de la « Prodvonitsa » par contre nous ne captons « nada » de toutes les informations transmises sur l’écran concernant le Lac Baïkal, l’histoire, la faune, la flore. Nous ferons nos recherches pas nous même. Pas grave. L’essentiel est devant nos yeux.

Fait cocasse : en me rendant aux toilettes, je réalise que la fenêtre est ouverte. Je passe la tête et me rends compte que c’est le meilleur endroit pour les prises de vues. Nous sommes le dernier wagon ce qui me permet de voir le train dans son ensemble sur les rails dans les virages. Je vous dirais que j’ai passé beaucoup de temps aux toilettes durant ce trajet, ha, ha, ha. Certains ont du se faire de drôles d’idées en me voyant aller si souvent aux toilettes. Comme quoi, la place de choix n’est pas toujours celle que l’on pense. C’est quand même drôle de payer un peu plus cher pour finir aux toilettes. Par contre le petit surplus a été bénéfique à mon chéri. Il a un rhume et se remet lentement du décalage horaire que nous avons subi en express depuis des jours. Il dort peu la nuit. Le siège confortable lui permet ainsi de faire des siestes réparatrices tout le long du voyage. Il a quand même vu du pays. Le Lac est tellement immense. 636 km de long ! La mer Caspienne, pas si loin, qui s’étend sur l’Azerbaïdjan, l’Iran, le Kazakhstan, la Russie et le Turkménistan, est considérée comme le plus grand lac salé du monde et pour le lac d’eau douce, c’est le Lac Supérieur, à côté de chez nous. 

Nous faisons régulièrement des pauses : visite d’une gare (mais nous n’avons pas compris ce qu’elle avait de particulier car esthétiquement, nous en avons vu des plus belles), arrêts au bord du lac pour photographier un pont ou un tunnel. Nous sommes arrêtés directement sur la voie ferrée. Il y a peu de circulation ferroviaire dans le coin et une voie. Ce que je trouve difficile dans ce contexte d’attractions touristiques, c’est le flot des touristes et la culture de certains face aux selfies et prises de pauses interminables devant l’objectif. Réussir à capter le véritable sujet : la nature, le monument, le décor est un véritable défi. Je respire et reste zen… mais bien sur je peste parfois dans ma moustache devant la 20ième pause empruntée devant la caméra. Parfois sidérant à observer ! Génération autoportrait !

En bout de ligne, nous arrivons à Port Baïkal, à l’embouchure de la rivière Angara. Une petite ville portuaire où le temps s’est arrêté et où dépérissent des navires abandonnés. Nous montons sur un ferry pour se rendre à Listvianka, ville où nous prendrons le bus pour rentrer. Nous n’aurons pas le temps de visiter… peut-être y retournerons nous.

Après 1h30 de trajet et de dodo récupérateur pour Claude, nous arrivons à Irkoutsk.

Il est 20h30 quand nous mettons dans la clé dans la porte de l’appartement. Il est temps de préparer le diner. Je suis affamée et mon chéri, vanné !

Tri des photos, des vidéos et gros dodo …

17/08/2019 – Jour 12

C’est en solo que je ferai la journée. Mon chéri se sent un peu patraque et il a besoin de repos. Je comprends tout-à-fait. C’est un autre rythme ce voyage que celui de nos six mois aux US, dans notre belle Licorne noire. Ces cinq jours au même endroit vont nous permettre de nous reposer un peu. Je suis consciente que nous n’avons pas le même rythme. J’ai un côté hyper active dans le sens où je veux tout voir, tout découvrir, tout goûter. Je croque les découvertes. Mon chéri a un autre rythme. L’important est de se respecter l’un, l’autre. Dans notre road-trip, le défi était la gestion de l’espace. Ici, ce sera le respect du rythme de chacun. Il se repose. Je pars trotter toute seule, sous la pluie, en ce samedi gris. Comme le temps est moche, je commence par le marché central. 

Un très grand marché. J’y déguste un grand casseau de framboises savoureuses. Je déambule dans les allées, étonnée par sa grandeur. Les étals de viandes et poissons sont, tout comme, à Kazan, d’un autre monde. D’autres normes. Sans jugement, la notion d’hygiène étant toute relative d’un pays à l’autre. J’observe également le jeu de négociation entre l’acheteur et le vendeur. Ce dernier criant plus fort que son voisin pour attirer les passants. Un vrai spectacle en soi. 

J’ai poursuivi ma balade à travers Irkoutsk, en suivant une ligne verte peinte sur le trottoir. Un circuit établi par l’office du Tourisme pour permettre aux visiteurs de ne rien manquer des incontournables de la ville. Bonne idée.

J’ai donc remonté la Karl-Marx Allée jusqu’aux Quais pour découvrir une rigolote statue intitulée « Tourist », revu notre cher Lénine et ai pu admirer le théâtre dramatique d’Irkoutsk. Un peu plus loin, la magnifique église orthodoxe Krestovozdvizhenskaya.  

En me baladant dans la ville, j’ai également aperçu avec joie l’affiche sur les colonnes Morris, de mon show préféré :  Slava Snow Show. J’ai eu l’occasion de voir déjà trois fois ce spectacle de cirque russe hors du commun. Une fois à Québec et deux fois à Berlin. Je vous assure que s’il repasse à Montréal ou à Québec, il ne fait absolument pas manquer cela. La finale est juste époustouflante !

Je passe par le supermarché pour nous acheter une petite bouteille de vodka pour déguster avec l’Omoul, un cousin du saumon, le poisson séché du lac Baïkal que j’ai acheté au marché. Dégustation pour l’apéro. 

On sent que la ville a connu un boom touristique. Il est beaucoup plus facile de se faire comprendre. Plus de gens parlent anglais. 

J’ai fini la journée en visitant d’ailleurs un dernier quartier qui vient de voir le jour : le projet 130 Kvartal. Il s’agit d’un quartier neuf de de bâtiments de bois typiques de la Sibérie qui a été construit pour accueillir de nouveaux restaurants, bars, cafés branchés ainsi qu’un musée. Un peu trop « trendy » à mon goût… mais chacun ses goûts.

Je suis ensuite retournée à la maison retrouver mon chéri.

Soirée écriture 

Demain levé tôt pour une journée excursion vers le lac Baïkal… À suivre !

16/08/2019 – Jour 11

Nous sommes à Irkoutsk, capitale de la Sibérie orientale, région de l’Oblast dont les armoiries sont illustrées par un tigre tenant dans sa gueule une zibeline. Le tigre représente la sagesse et la force. La zibeline, la richesse de la Sibérie. C’est l’une des villes les plus peuplées de la région et sans doute aussi là plus touristique de Sibérie car c’est d’ici que la majorité des excursions pour le lac Baïkal s’organisent. Elle est surnommée le « petit Paris de la Sibérie » en raison de son patrimoine architectural.

Aujourd’hui fut une journée logistique et pas encore touristique. Nous avons pris possession de notre petit appartement, très bien situé, au 12ième étage d’une des deux tours du centre ville d’Irkoutsk. Nous offrant ainsi une magnifique vue sur la ville où l’empreinte architecturale des régimes successifs est évidente : des immeubles gris de l’ère communiste, des jolies maisons de bois travaillées du temps d’avant, des bâtiments du XIX Siècle ayant survécu à l’ère bolchevique. La région a un passé de Far East, les mines d’or étaient nombreuses et les pionniers aussi. C’est aujourd’hui une ville tournée vers l’avenir, en plein essor et développement touristique. 

L’appartement est très bien et tout équipé ce qui m’a permis de faire enfin une lessive ! Nous sommes, ensuite, allés à l’office du Tourisme non loin de là afin de préparer notre séjour de 5 jours et profiter au maximum de la région : visite de la ville, excursion vers le Lac Baïkal, situé à environ 70 kilomètres et planification de nos déplacements pour visiter quelques villages. 

Détour par l’épicerie pour remplir le frigidaire. Ce soir, on mange local : saumon, crème et blinis et bière russe. Mon chéri pensait avoir acheté un vin russe. C’est de la piquette française alors même pas la peine de mentionner son nom et surtout même pas bu … miam, miam et beurk, beurk. Les deux petits bonshommes surnommés Igor et Piotr, sont un cadeau de deux amis qui souhaitaient voyager un peu avec nous. Alors, je leur ai promis de leur faire régulièrement des clins d’oeil le long de notre aventure. Vous les reverrez sûrement.

Soirée repos pour recharger les batteries. 

14/08/2019 – Jour 9

J’ai perdu la notion du temps, des dates. Nous avons maintenant, 12 heures de décalage horaire avec le Québec. Nous voyageons donc aussi dans le temps. Nous sommes actuellement une journée plus tard que vous. Plus difficile de communiquer avec notre famille mais ils sont avertis surtout qu’actuellement nous n’avons pas internet puisque essentiellement dans le train. La Russie est étalée sur onze fuseaux horaires alors même ici quand on prend un train, il faut bien faire attention aux dates et heures de départ et d’arrivée pour ne pas se mélanger … comme je l’ai fait !

Nous sommes donc partis de Iekateringbourg pour Taïga. Sans avoir vraiment réservé d’hôtel… comme nous faisons d’habitude. Il y a toujours un hôtel quelque part. Cette fois là, nous avons acheté nos billets à la gare, auprès d’une aimable conseillère dont nous ne comprenions pas un mot. Tout un défi ! Ici on ne parle pas anglais et on nous lance même parfois la petite pointe en forme de blague, pourquoi, nous, nous ne parlons pas russe…  Depuis, que nous sommes arrivés, j’ai acheté tous nos billets au fur et à mesure sur le site du « Via Rail » russe qui est très bien fait et en anglais. Sur le site, on voit la durée du voyage. Les dates et heures de départ et d’arrivée sont clairement indiquées en fonction du décalage horaire. Autrefois, tous les billets de train étaient indiqués selon l’heure de Moscou, peu importe que vous habitiez là ou à Vladivostok. Imaginez le cauchemar pour ceux qui habitent avec un décalage de 7 voire 11 heures. Moscou était dans l’Ex-Urss, le point de référence pour tout. 

Donc, pour en revenir à nos moutons … Par miracle, grâce à quelques mots de russe, puisés dans notre guide et sans doute massacrés dans la prononciation, agrémentés de signes, le billet obtenu sur lequel nous déchiffrons la date, l’heure, le numéro de wagon et nos noms, nous voilà prêts pour la suite des choses. Taïga est une ville où nous transiterons pour nous rendre à Tomsk. Juste dormir pour reprendre tôt le lendemain matin, le train de banlieue « elektritchka » pour aller dans la jolie ville universitaire, l’Oxford de la Sibérie. Selon, notre guide, Il faut compter un peu plus de 22 heures de trajet. 

Nous partons à 21h40… Nous nous attentons à arriver vers 19h40… Super, le temps de trouver un hôtel et de se reposer pour repartir tôt. Puisque le train vers Tomsk est à 5h30. 

Ah, ah ! Le plan était parfait, mais c’était sans compter le décalage horaire ! Plus nous avançons, plus nous voyons les heures changées et pour finir par réaliser que c’est à 00h40 que nous arriverons. 

Oh, oh ! Tout un changement de plan.  Bon, je me dis que ce sera une très courte nuit. 

00h40, le train entre en gare de Taïga. En Russie, les trains sont d’une ponctualité exemplaire. Ils partent à l’heure et arrivent à l’heure. Ni avant, ni après ! Par précaution, avec nos trois mots de russe, nous nous informons de l’horaire du train pour Tomsk le lendemain : 4h48 ou 16h17. 

Hi, hi, ce sera une très très courte nuit ! Mais la cerise sur le sundae ou le gâteau forêt noire comme vous préférez, c’est que nous apprenons qu’il n’y a pas d’hôtel à Taïga… Et oui, c’est possible. Par contre, il y a dans la gare un dortoir, mais zut, il est fermé ! C’est donc ainsi que nous passerons une nuit blanche dans la petite gare de Taïga. On aura essayer de fermer les yeux, mais impossible de dormir à travers le passage des voyageurs, les annonces au micro et les néons du plafond. Je suis fatiguée. Mon chéri aussi. Nous sommes justes patients et nous disons que c’est ça, l’aventure.

Arrivés à Tomsk le 14/08, à 6h48 nous trouvons facilement le bus pour nous diriger au centre ville et de là, un hôtel. Oui, oui, il y en a même plein à Tomsk. À 8h30, nous sommes dans un lit moelleux près à dormir. Nous planifions passer deux jours à Tomsk. Soudain, un doute me prend pour notre billet de train Tomsk – Irkoutsk… Je vérifie et réalise que c’est le 15/08 à 00h00 que nous repartons, soit le soir même ! Quand ça va mal, ça va mal. Nous décidons de dormir jusqu’à 13h30 pour récupérer et ensuite, nous visiterons ce que nous pourrons. Je m’endors, mon chéri aussi. Mais à 11h30, je suis réveillée et incapable de me rendormir.  Je décide donc de mettre Facebook à jour, de publier quelques photos, de donner des nouvelles à nos enfants, de réserver un studio à Irkoutsk, car nous y serons quelques jours. Le tout fini, je me lève et pars me balader. Je laisse mon Claude dans les bras de Morphée et reviendrai vers 13h30.  Je regarde notre guide; nous sommes prêts des trois sites à voir sur notre liste. Let’s go Cendrine. Mon iPhone et moi sommes prêts à explorer Tomsk et à capturer ses beautés. 

La ville, fondée en 1604, est l’une des villes les plus anciennes de Sibérie, et réputée pour trois choses : son campus universitaire (surnommée « Oxford de Sibérie »), sa scène culturelle et ces maisons traditionnelles en bois aux reliefs en dentelles.  En effet, le charme de la mignonne ville de Tomsk réside en grande partie dans son architecture en bois bien préservée datant de la fin du XIX. Les fenêtres ajourées et les dentelles sculptées sont un travail d’ébénisterie comme on en voit peu.  Ce sont justement ces maisons que je découvre : la maison dragon, la maison paon, la maison russe-allemande d’un joli bleu bavarois.  

Je retrouve Claude et nous poursuivons ensuite la visite tous les deux. Pour nous récompenser d’avoir « survécu » à cette épreuve (j’exagère un peu…), nous nous offrons un délicieux petit déjeuner dans un café de l’avenue Lenine. Devinez ce que mon chéri a mangé ? … Des pancakes ! Oui, moi itou, et elles étaient succulentes. Qui aurait cru qu’au fin fond de la Sibérie, nous mangerions de délicieuses pancakes américaines ? Et de surcroît dans un café des plus branchés n’ayant rien à envier à ce que l’on trouve en Californie? WOW, vive la mondialisation …  et le latte au lait d’amandes !

En réalité, nous avons vu presque tout ce que nous désirions. Nous n’aurons pu faire les musées, mais les essentiels furent vus et même plus car j’ai découvert plein d’oeuvres de street art. 

Une particularité à Tomsk, que je n’avais vu ailleurs, ce sont ses feux de circulation sur écran plasma. Le temps défile et pour les piétons et pour les automobilistes et tout le monde respecte les règlements. 

Il était ensuite temps de faire quelques courses pour préparer les 30 heures de train qui nous attendait. Mais là pas de stress, j’ai acheté les billets online et je sais à quelle heure nous partons et surtout à quelle heure nous arrivons : 8h28, heure locale.

C’est donc du train que je vous écris après une nuit fort reposante à me laisser bercer par le mouvement des rails. Nous avons un compagnon de cabine, Vladimir, qui lui se rend à Vladivostok, le bout de la ligne du Transsibérien. Il en a pour 5 jours ! Les distances sont phénoménales.  Il m’a montré des photos de Tomsk et moi, les miennes. Un petit jeu de qui faisaient les plus belles photos, c’était amusant. Vladimir est un bon vivant. Ce petit homme trapu et souriant arborant fièrement une casquette aux emblèmes et couleurs de la Russie me taquinait en me disant que les miennes étaient « normal » (même mot en russe, facile à comprendre) et moi, de rétorquer que les siennes étaient « so, so » avec des clins d’oeil. Mon chéri, assistant à la scène, nous trouvait tous les deux bien comiques. Vladimir a son orgueil : une femme et de surcroit une étrangère ne peut pas faire des photos plus belles que lui sur sa Russie chérie. Ah, ah, ah ! Bon, il en avait tout de même une ou deux de jolies. J’aime ces moments cocasses de voyage où malgré la barrière de la langue, on arrive à tous rire ensemble. 

J’ai acheté des cartes postales de Tomsk joliment illustrées. Je vais prendre le temps de les rédiger. Je suis de ces personnes qui aiment encore écrire et envoyer cette petite chose désuète : une carte postale. C’est rien, mais cela fait tellement plaisir.

12/08/2019 – Jour 7

Et me revoilà au clavier après avoir passé la journée à découvrir Ia ville de Iekaterinbourg. La ville ne charme pas vraiment. Il y a certes plusieurs bâtiments intéressants, de vielles maisons traditionnelles en bois, typique de la Russie, quelques belles églises orthodoxes. En fait, l’intérêt de la ville est pour son passé historique. En effet, la dynastie du Tsar Roumanov fut sauvagement assassinée. Toute la famille fut décimée en une nuit, les parents et les enfants. Une vraie tragédie. La légende dit qu’Anastasia, une des filles avait pu s’échapper et aurait vécu ensuite à Paris mais il n’en est rien. Sa tombe est bien avec celle des autres membres de la famille. 

Au point de vue architecture, c’est un chaotique mélange d’ancien bâtiment de l’ex-URSS en piteuse état, de buildings modernes et de maisons traditionnelles. On ressent déjà la différence entre un Moscou moderne tourné vers l’Europe, entretenant à merveille son patrimoine tout en alliant les hautes technologies et les régions beaucoup plus à l’Est. 

Par contre pour ne rien manquer un parcours est indiqué d’une ligne rouge menant aux différents attraits touristiques de la ville. 

La plus haute tour de 53 étages permet d’avoir une vue panoramique sur toute la région. On voit même au loin les montagnes de l’Oural, frontière naturelle entre l’Europe et l’Asie. La ville est entouré également de forêt. Du haut de la tour, on comprend l’immensité de ce pays. N’oublions qu’il est le plus grand pays du monde. Et au nombre d’heures que nous passerons dans le train, on le réalise encore plus… et nous n’irons même pas jusqu’au bout de la Russie puisque nous bifurquons vers la Mongolie à Oulan-Oude. 

Nous sommes donc à notre troisième partie de l’itinéraire, nous nous dirigeons vers Tomsk, petite ville reconnue comme étant la capitale artistique de la Sibérie et aujourd’hui grande ville universitaire. Cette fois, la Provoddnista, n’est pas très aimable… mais nous comprenons que le train arrive de Moscou, soit déjà en route depuis deux jours. Alors, on essaie de lui trouver une excuse et on sourit davantage. Peut-être que d’ici demain, ça ira mieux. Le train est bondé et nous venons aussi de reprendre la ligne plus touristique du Transsibérien. Nous approchons tranquillement du Lac Baïkal. 

Ah, je reviens sur notre séjour à Kazan car j’avais oublié de vous dire quel était l’évènement qui animait tant la ville : un festival international de musique militaire et fanfares. Voilà ! 

Il est 22h22 et je vous dis bonsoir. La journée fut longue. Mon chéri est déjà dans les bras de Morphée. 

À suivre…

Édito de Claude : Et pendant ce temps là en Russie

Pendant que j’écris ces lignes, certains d’entre-vous qui suivez l’actualité avez connaissance que plusieurs manifestants et opposants au régime de Vladimir Poutin ont été arrêtés au cours des derniers jours. Les médias occidentaux (qui reprennent la plupart du temps les dépêches et reportages américains et britanniques), prétendument neutres, objectifs et libres de tout biais culturel ou historique, nous transmettent les faits bruts… ah ah !

Comprenez-moi bien, je ne dis pas que ces arrestations n’ont pas eu lieu et qu’il ne subsiste pas dans la culture politique russe quelques vieux réflexes autocratiques. Je dis simplement que pendant ce temps-là, les Deux Québécois autours du monde font un excellent voyage et redécouvrent un pays, autant à Moscou  qu’à Kazan, ville située à 700 km de la capitale russe, qui affiche une étonnante vitalité économique et un niveau de vie général qui n’ont rien à envier à l’Europe de l’Ouest ou à l’Amérique du Nord. Rien à voir avec ce que l’on pouvait observer ou expérimenter dans ce pays dans les années 80, lorsque le socialisme soviétique commençait à s’effondrer, ou même dans les années 90, quand le capitalisme (un peu trop sauvage) tardait à remplir ses promesses et que la population encaissait une perte réelle de services publics et de niveau de vie. 

À vrai dire, les seules petites choses qui différencient aujourd’hui la vie en Russie de la vie au Québec sont par exemple les dernières tracasseries administratives faites aux touristes étrangers comme nous, soit l’obligation d’obtenir un visa avant le départ et de s’enregistrer officiellement dans toutes les villes où l’on dort. On pense aussi à de petites différences comme la présence, plutôt aidante, d’une préposée à l’encaissement dans les autobus municipaux et l’existence de services de transport en commun largement supérieurs en qualité et en quantité à tout ce que l’on trouvera jamais en Amérique du Nord, Canada et Québec inclus. Pas de débat apparemment sur « le troisième lien » ou sur le prolongement des lignes de métro ici, car il semble clair pour tous que l’État doit fournir des services de transport en commun pour la partie de la population qui en a besoin. Soixante-dix ans de communisme laissent derrière elles non seulement plusieurs mauvais souvenirs, mais aussi certains acquis en matière de politiques sociales. Rappelons-nous par ailleurs que la Russie est un grand pays producteur de pétrole et de gaz naturel, que les rues et avenues de Moscou sont chaque jour congestionnées par des millions d’automobiles et qu’il n’y a donc pas de contradiction en soi à soutenir à la fois l’automobile et le transport en commun, les deux se complétant. Et j’oserais dire qu’il en va de même dans des pays comme l’Allemagne et la France. Le prix du passage de métro ou d’autobus à Kazan est de 27 roubles, soit environ 0,60$, cinq ou six fois moins cher qu’à Montréal ou Québec… Le nombre de lignes de bus et de métro à Moscou (12,5 millions d’habitants) et à Kazan (1,3 million) est incomparablement plus élevé que chez-nous et je passe sous silence la fréquence élevée de leurs passages…

De toute évidence, la Russie a connu une modernisation économique, à tout le moins dans le secteur des services, rapide, efficace et très réussie au cours des vingt-cinq dernières années. Le commerce et le secteur bancaire y fonctionnent à première vue comme chez-nous et les moyens de paiement électroniques y sont omniprésents (en fait, il est plus facile de payer par PayPal ici qu’au Québec) et les grandes marques européennes, américaines ou asiatiques des produits de consommation courants y sont disponibles autant que dans n’importe quel pays européen. Il est bien loin le temps où les Russes devaient faire la file devant des magasins d’État aux étalages vides (sous des banderoles qui faisaient l’éloge du communisme et du parti) ou devaient attendre une dizaine d’années pour obtenir la Lada qu’ils avaient achetée…Une époque dont se souviennent sans doute certains d’entre-vous un peu plus âgés, comme moi, qui suivaient les aléas de la Guerre Froide en frissonnant…

Un dernier signe que l’économie russe se porte bien : on voit très peu de clochards sur la rue (bien moins qu’è Montréal ou que dans certaines villes américaines) et le niveau de consommation des familles avec enfants qu’on croise sur le trottoir et dans les parcs est très proche du nôtre. Les  rues sont pleines de Toyota, Chevrolet, Ford, Hyundai, Kia, BMW, Audi, Jaguar et Mercedes… J’ajouterai aussi qu’à aucun moment jusqu’à maintenant, ni à Moscou ni à Kazan, nous n’avons ressenti de l’insécurité et que les lieux publics sont très bien entretenus de manière général. 

Tout cela pour vous dire de ne pas hésiter à visiter la Russie, un pays à la géographie immense et à l’histoire d’une richesse aussi grande, sans parler de la culture (en fait de ses cultures, car la Russie compte un grand nombre de peuples distincts), de sa musique, de sa danse, de sa cuisine, de son architecture et de sa littérature. Justement, Tolstoï et Anna Karénine m’attendent à la page 200 de l’édition française… Je vous laisse ici, sur la route d’Iékaterinbourg, là où le dernier tsar de Russie, Nicolas II, et sa famille furent assassinés il y a une centaine d’années…avant l’invention du tourisme trans-sibérien… Dasvidania !

11/08/2019 – Jour 6

15h00 – C’est du train que je vous écris, celui qui nous mène vers Iékatérinbourg, dernière grande ville européenne avant d’entrer en Asie. Nous sommes accueillis par Laryssa, notre souriante Provodnitsa, la responsable du wagon n.5 dans lequel nous sommes. Nous connaissons maintenant les procédures et nous mettons déjà à notre aise : pantalon mou et flip-flop ! Nous constatons que nous ne serons que tous les deux dans le compartiment de quatre où nous avons réservé. Nous ne savons tout de même si ce sera le cas jusqu’à destination. À suivre ! 15 heures de train sont devant nous. On a le temps d’écrire, de lire, d’admirer le paysage, de manger, de rêvasser, de papoter et espérons de bien dormir.  Le seul hic, pas de voisins de compartiment donc pas de rencontre mais on aura assurément d’autres occasions dans les prochains trajets.

Le fait de faire le trajet de jour permet de voir aussi le paysage. 

Alors pour aujourd’hui, plus grand chose à raconter … je vous salue et vais me laisser bercer pas le mouvement du train en contemplant la campagne russe.

La suite … Nous avons fini avec un comparse mais vraiment vraiment pas bavard, ni souriant. Il y a des gens comme ça ici et même chez nous. 

Par contre notre Provodnitsa était amusante. Mon chéri et elle ont bien rigolé à ne pas se comprendre. 

Nous sommes arrivés à Iékatérinbourg. Nous avons la journée pour visiter et reprendrons le train ce soir vers la Sibérie ! Trajet de 22 heures de train, ouh, la, la ! À suivre

10/08/2019 – Jour 5

Grâce matinée. Débout vers 9h30… des vrais paresseux !

Mon chéri avait lors de notre arrivée en train de Moscou aperçut un très beau site qu’il fallait aller voir. Un site qui me plairait assurément pour faire des photos. Nous nous sommes donc informés et nous avons appris qu’il s’agissait du Temple des religions. Toujours intéressée par le mélange des cultures et la connaissance de l’autre, j’étais curieuse et impatiente. Je me renseignais donc sur le moyen d’y aller puisque c’était excentré. À La réception de l’hôtel, on me répondait vaguement. Ils ne semblaient pas trop connaître l’endroit alors que celui-ci est indiqué sur la carte de la ville offerte aux touristes. On m’expliquait que le meilleur moyen était le taxi… Je  suis, en voyage, celle qui évite les taxis, celle qui prend le bus ou le métro. Je m’informais donc du tarif, entre 2000 à 3000 roubles (aller), ce qui équivaut entre 40 ou 60 $ pour 11 km, ça fait cher ! Mon meilleur ami actuellement se nomme Google. J’ai donc google l’itinéraire pour me rendre à ladite adresse et  appris qu’en 30 minutes avec le bus 2 à cinq minutes de notre hôtel pour un énorme coût de 27 roubles (env. 60 cents, oui oui, vous avez bien lu 0,60 cent – aller), je pouvais aller découvrir ce merveilleux site entre aperçu par mon chéri.  Nous nous y sommes donc rendus. Un, j’adore prendre les transports en commun dans les villes que je ne connais pas. Cela donne un bon portrait de la vie, des usages du quotidien. Ici, il y a le chauffeur et une personne responsable de vendre les tickets ou de contrôler les entrées. Une personne qui gère le bus, qui demande aux jeunes de se lever pour laisser s’assoir une personne plus âgée, qui informe des arrêts, qui veille à tout. Un vrai boulot qui demande sans doute une patience d’ange. Google me disait 30 minutes, et 15 arrêts. Après donc mon décompte, nous nous sommes retrouvés au bord de la Volga, en banlieue de Kazan devant un espèce de temple bric-à-brac coloré et vraiment désuet. J’ai ri car à la défense de mon chéri, il a vu le site en vitesse, alors qu’il venait juste de se réveiller et a gentiment pensé à moi. Mais saperlipopette, c’était du grand n’importe quoi et l’intérieur, car oui, nous avons payé pour visiter (pas cher heureusement), était d’un kitch royal, un bazar monumental… mais il y avait des visiteurs. La visite valait tout de même la peine car elle nous a permis de voir la banlieue de Kazan avec encore des stigmates de l’ex URSS côtoyants des résidences modernes et même très luxueuses. Tout ça valait donc bien un aller/retour en bus pour 1,20 $ !

J’adore les marchés. Là encore, je pense que de visiter ce lieu permet de comprendre et d’apprendre d’une culture. Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés au marché local de Kazan. Autre pays, autres us et coutumes ! Le MAPAQ serait horrifié et fermerait sur le champ le marché que nous avons visité. Je vous invite à voir les photos sur la page Facebook, une photo vaut mille mots ! J’aime ces ambiances, ce brouhaha, ces odeurs. Certains lèveraient le coeur, moi, je suis ébahie et curieuse. Les étals de viande sont « hors » de nos normes… 

Nous avons mangé dans un petit boui-boui tenu par des Tadjiques. Nous avons savouré les mantys et les echpochmaks accompagné d’un chaï (thé). Nous avons passé la journée à déguster des spécialités tels les Chak, chak, un dessert au miel.

Pour faire diriger le tout, je suis allée à la découverte du métro de Kazan, pendant que mon chéri faisait la siesta. Il y a quelques belles stations mais après Moscou… la barre est haute. 

Et pour finir la journée, nous sommes retournés au resto pour finir découvrir les plats tartares. J’ai mangé du cheval. J’ai aimé. Mon chéri, une soupe de mantys avec crème sûre et aneth et pour finir du Smentannik, une sorte de cheesecake. Bien évidemment arrosé de vodka ! À votre santé !

Demain, nous reprenons le train pour Iékaterinbourg… Merci Kazan pour tous ces souvenirs … À suivre !

09/08/2019 – Jour 4

Avant tout, notre première nuit dans le train… Mon chéri a bien dormi, ronflant allègrement dans le compartiment.  Mes oreilles se sont faites au joyeux « ronron » de mon rhum mais nos deux comparses peut-être moins. Il y avait aussi un autre «ronron» russe cette nuit dans le compartiment mais rien de si grave. En ce qui me concerne, je me suis endormie sur les petites heures du matin et cela n’a sans doute rien à voir avec le train, car d’habitude, je dors comme un bébé ou un loir. Mais là, le décalage me rentrait dans le corps où n’en était pas encore sorti. Je me dis dans ce cas, que je dormirai mieux la nuit suivante. 

Alors pour celles et ceux, qui nous suivent, pour les fidèles dans notre aventure, est-ce que Sergeï a donné signe de vie…  Tadam … Bon mais avant de vous dire ce qu’il en est de notre situation, serait-on sans domicile ou non, il faut que je vous raconte notre arrivée à Kazan. 

Avant tout, nous pensions avoir le temps de déjeuner sans stress dans le train avant d’arriver, à 8h35, dans la capitale de la République du Tatarstan. Que nenni ! La Provodnitsa nous a réveillé une demi-heure avant d’arriver à la gare … Grand stress ! À peine réveillée, je suis allée rapido-presto me débarbouiller dans la toilette-salle de bain du wagon et suis revenue, vite, vite ramasser mes affaires. Et là, horreur, je ne trouve plus mon téléphone, mon iPhone qui est tout, depuis des mois, pour moi : mon appareil photo, mon agenda, mon « booker », mon confident pour moi journal : TOUT ! Panique à bord, je ne peux quitter le train sans mon téléphone. On est à quelques minutes d’arriver. Je réfléchis en mode express mais mes neurones sont à peine activées … Où l’ai-je mis avant de dormir ? Éclair dans mon cerveau : dans ma pochette de sécurité, celle dans laquelle j’ai tout : mes passeports, mon permis, mes cartes… ma vie entière ! Et où est ma pochette ? Ah mon dieu !!! Aux toilettes-salle de bain. Je dis cela à mon chéri, encore plus stressé que moi et il court vérifier… Ladite pochette se trouvait sur le crochet derrière la porte, là où je l’avais mise quelques minutes auparavant. Merci « je ne sais pas qui », mais un gros merci ! Ma pochette retrouvée et donc mon iPhone nous avons pu descendre du train à la gare centrale de Kazan sous un ciel gris et pluvieux, le ventre vide et le cerveau ramollo.

Notre premier objectif : trouvé un café internet pour prendre un petit-déjeuner et surtout du wifi ! Au sortir de la gare, nous voyons un kiosque « Tourist information ». On se dit : « Cool, en anglais, ça commence bien et on va pouvoir avoir réponses à nos questions. » Et bien, non. On nous explique en Kazan que ce n’est pas encore ouvert.  On décide donc de se rendre au centre ville, à pied. Trente minutes de marche plus tard, sous une pluie désagréable, on se retrouve au centre ville, dans un café annonçant fièrement WIFI sur sa belle affiche. Nous entrons trempés et salivons déjà à l’idée des croissants présentés et d’un bon café. Commande passée, nous tentons de nous brancher au dit réseau WIFI. Impossible, ça ne fonctionne pas ! La serveuse nous assurant que normalement tout fonctionne très bien… On positive car le café est vraiment bon ; nous étions affamés et nous sommes au chaud. Quelques minutes plus tard, le noir se fait dans le café : panne d’électricité. Les clients quittent au fur et à mesure. On finit sans stress notre petit déjeuner et on demande l’addition, réduite de moitié, étant donné la situation. Fair play, n’est-ce pas ? Nous apprenons que les coupures d’électricité ne sont pas rares ici et que cela peut durer la journée. 

On décide donc de profiter du fait que nous sommes déjà à quelques pas du Kremlin pour s’y rendre… Comme nous ne savons pas la suite, autant assuré l’essentiel : les découvertes.

Même sous la grisaille et sous la pluie, le site est unique. C’est un site reconnu par le Patrimoine de l’Unesco. Juste époustouflant. Il pleut encore énormément et soudain je vois … un autre café WIFI… Mon chéri, échaudé, me dit : « rentre, vérifie que le WIFI fonctionne et si oui, je viens et on prend un café .»

 Oui, mon Minou ! Je rentre mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ! Pour avoir le réseau, il faut avoir un numéro de téléphone russe car le code/mot de passe est envoyé par texto !! Heureusement avec mon plus beau sourire, je demande au Barista de me venir en aide. Il prend mon téléphone, rentre le code et en une minute, je suis enfin connectée. Alleluia ! 

Donc qu’en est-il de Sergeï ? Et bien, Niet, comme on dit ici, rien de rien. Pas de nouvelle et dans ce cas-ci : pas de nouvelles, mauvaise nouvelle ! Pas sympa du tout mais nous n’avons pas vraiment de stress. On tente AirBNb mais là encore problème de téléphone. On finit par, ne rien perdre au change, au contraire, le Grand Hotel de Kazan, 4 étoiles, a encore des chambres a un prix, ma foi, fort raisonnable. Tant pis Sergeï, nous aurions aimé te rencontrer, apprendre sur ta culture et échanger mais ainsi va la vie et les surprises du voyage. Nous avons pris possession de notre chambre au 16ième étage de l’hôtel avec une vue sur Kazan et la Volga. WOW ! 

Nous avons ainsi pu profiter sereinement du reste de la journée. Visite du Kremlin de Kazan, de sa sublime mosquée, balade au bord de la rivière Kazan, marche sur la très longue rue piétonne de la ville, copieux repas pour un gros 8 $ pour deux dans un resto local.  Nous avons beaucoup beaucoup marché sous le soleil qui a fini par se pointer le bout du rayon, pu admirer de nombreuses mosquées côtoyant les églises orthodoxes en toute convivialité. Apprenons de cette république, le Tatarstan, où les religions se côtoient et se respectent sans heurts ni animosité. 

Il est 21:35, nous sommes dans notre chambre et je vais rattraper le sommeil manquant de la veille… Demain, la visite se poursuit… Quelle journée … À suivre !

08/08/2019 – Jour 3

Nous y sommes ! Je vous écris de notre premier trajet sur la ligne du transsibérien, celui un peu moins emprunté, celui qui passe par Kazan, la capitale du Tatarstan, une république musulmane dont on nous parle tant et dont le Kremlin vaut le détour par sa magnificence. J’ai hâte de voir cela. 

Le programme du jour fut la réelle découverte du métro de Moscou. Pas seulement l’emprunter pour se déplacer, ni déambuler dans ses couloirs pour traverser les rues si immenses qu’il n’y a pas de passage piéton. Mais non, nous sommes allés à la chasse au trésor, celle des 10 plus belles stations des 224 que le réseau offre. Kiyevskaya, Belorusskaya, Novoslobodskaya, Arbatskaya, Teatralnaya, Mayakovskaya, Prospekt Mira, Plochad Revolyutsii, Novokuznetskaya et la somptueuse Komsomolskaya. Ces noms ne font-ils pas rêver ?

Il est fabuleux de prendre le temps d’observer le bal des voyageurs. Le flot des usagers, telle une vague déferlante dans les corridors à chaque arrivage de train. Le bruit est sourd, les voix ne font qu’une, un immense brouhaha. Le slalom est étourdissant. Si vous ne savez pas où vous allez, poussez vous de là et mettez vous dans un coin avant de prendre d’un pas affirmé votre direction. Tous suivent leur chemin et empruntent pour ressortir des profondeurs de la terre, les immenses escaliers roulants. 

Inauguré en 1935, l’architecture, les reliefs, les mosaïques et les peintures sont entièrement dédiées à la gloire de la grande patrie, celle de l’ancienne URSS. Lenine pose fièrement dans plusieurs stations et les soldats, tout comme les famille, femmes, bonne patriotes, enfants sages et travailleurs et les corps de métiers de l’ancien régime sont à l’honneur. Tous unis pour la Grande Russie !

Après presque un bon trois heures sous terre, nous avons pu profiter du ciel bleu qui s’offrait à nous, en nous baladant sans trop savoir où nous allions… tranquillement mais sûrement vers notre hôtel afin de récupérer notre sac à dos et nous dirigez vers la Gare des départs vers Kazan. Après quatre contrôles de sécurité, digne des meilleurs aéroports, à enlever notre bagage et le remettre, nous sommes arrivés en sueur sur notre quai. À l’entrée du wagon, une Provodnitsa, l’hôtesse et responsable du wagon, accueille les voyageurs dans un joli uniforme telle une hôtesse de l’air. Elle est en charge du service, du bien-être des voyageurs, de la sécurité et du Samovar ! Si vous voulez un thé, c’est à la reine du wagon qu’il faut demander. Nous sommes dans un compartiment de quatre personnes. Nos compagnons de voyage sont deux Russes. Un jeune homme qui parle l’anglais mieux que Claude et moi et qui en plus baraguouine le français. Il travaille dans l’univers du digital langage… En fait, je n’ai pas trop compris et pas à cause de la langue mais de la complexité de son travail. Ce que j’ai retenu, c’est qu’il donne aussi des conférences et que malheureusement, il devait en donner une à Montréal mais son visa lui a été refusé. Vraiment bof ! Le second comparse est un homme qui bredouille quelques mots d’anglais. Nous avons compris qu’il venait de Kazan et lui a surtout compris que nous venions du Québec car nous parlons français et venons du Canada. Incroyable, on nous reconnait même de si loin. Fierté !

Il est 22h21, les couchettes sont installées. Je dors en haut et mon chéri en bas. Espérons que tous ces hommes ne ronflent pas trop fort. J’ai paré au pire en achetant des boules quies.

Demain, nous devrions rencontrer notre hôte « Couchsurfing » mais je n’ai pas eu de nouvelles de lui aujourd’hui. Il me faudra donc trouver rapidement du wifi public en arrivant à Kazan. 

Couchsurfing, qu’est-ce que c’est, vous demanderez vous ? C’est un mode de voyage chez l’habitant qui accepte de vous loger gratuitement chez lui, en échange d’un repas que vous lui préparer, ou d’un bel échange autour d’un café. Via l’application ou leur site web, il est possible aujourd’hui de trouver des hôtes à peu près partout.

Il y a six ans, en 2013, lorsque je suis partie seule en voyage durant 5 mois, j’ai essentiellement voyagé avec ce moyen d’hébergement. J’ai rencontré des gens fabuleux, d’autres moins, dormi sur un sofa au milieu d’un salon ou dans un lit moelleux dans une chambre luxueuse avec domestique et chauffeur à ma disposition. Avec Couchsurfing, il faut être prêts à tout, c’est vraiment l’aventure et surtout l’échange et la rencontre directe avec l’autre, l’inconnu.

J’espère juste que nous réussirons à contacter rapidement Sergeï, notre hôte à Kazan. À suivre !

07/08/2019 – Jour 2 (2/2)

Je suis vidée mais complètement rassasiée de notre magnifique journée de découverte et redécouverte de Moscou. 

Après un copieux et délicieux petit déjeuner à l’hôtel Custos Petrovsky, à base de tapioca, charcuterie et fromage, j’avais toute l’énergie qu’il fallait pour avaler le bitume des places moscovites. Notre première direction, bien évidement la Place Rouge. Sur notre chemin, nous avons pu admirer le Bolchoï (impossible d’avoir des billets, zut de zut) et la Douma, le parlement russe. Actuellement la Place Rouge est encombrée d’estrades car il va y avoir bientôt un immense spectacle de danses et musiques traditionnelles, obstruant le Mausolée de Lénine. Par contre, cela ne nous a nullement empêché de voir et photographier la photogénique et colorée église Saint-Basile-Le-Bienheureux. Le spectacle est autant dedans que devant. C’est le royaume du selfie sous toutes ces formes. Wow ! On doit slalomer à travers les sticks pour ne pas se faire éborgner. 

Vous devez bien vous doutez qu’il y a du monde, beaucoup de monde mais l’espace ici est assez vaste que cela reste encore supportable. Nous avons pris le chemin du Kremlin pour le visiter de l’intérieur… et vers 11h00, la file était à perte de vue… Devant nous, un petit groupe d’Allemands se faisaient offrir par un « Scalper » des billets pour le Kremlin « sans attente ». Une des dames négociait en russe avec le dealer. J’observais. J’écoutais. Une fois, compris le deal, (je parle allemand), j’ai demandé au groupe, s’il n’était pas inquiet de faux billets et la dame me disant qu’il n’y avait rien à craindre. Magouilleur mais pas trop ! Nous avons donc aussi « dealer » et obtenu des billets sans attente pour un modique 6 $ de plus. La file pour acheter les billets à la billetterie, durait minimum une heure … comme dit l’autre « le temps, c’est de l’argent ». En moins de 15 minutes, sécurité passée nous étions entrés. Débrouillardise !

Le site est vraiment impressionnant, 800 ans d’histoire se présentent à nous derrière les remparts de brique rouge. Cette ancienne forteresse est l’incarnation du pouvoir politique et de l’église orthodoxe russe. Incroyable de penser que les Tsars ont ici régné et dirigé le monde. 

Encore plein d’énergie (juste vous dire que Moscou, c’est grand, très grand et comme il faisait beau, on a  délaissé le métro), nous avons pris le chemin vers la Cathédrale du Christ-Sauveur, assez récente 1997, elle vaut toutefois le détour par sa majestueuse et immaculée architecture et la vue qu’offre sa terrasse sur la Moskova (fleuve traversant la ville). L’opulence dans tous les sens du terme ! Nous avons flâné également sur la populaire et fameuse rue piétonne Arbat où des musiciens de rue côtoient des portraitistes. Une joyeuse ambiance pour finir au pied du bâtiment presque new-yorkais du Ministères des Affaires Étrangères. Impressionnant ! 

Je suis agréable surprise par Moscou. On m’avait dit qu’elle était une ombre par rapport à la sublime Saint-Petersbourg. Certes le bruit est infernal, la circulation aussi mais la ville, la tentaculaire Moscou a un charme indéniable. La visite se poursuit demain avant notre première nuit dans le Transsibérien en direction de Kazan, capitale du Tatarstan… À suivre

07/08/2019 – Jour 2 (1/2)

Reprenons depuis notre départ de Montréal.

Tout s’est déroulé à merveille. Ma nervosité était beaucoup moindre que les derniers vols, est-ce du à l’impatience de vivre notre aventure, aux nombreux messages réconfortants reçus, à la lecture avant mon vol de tout ce que nous allons découvrir ou au fait de voler sur une excellente compagnie… sans doute tout cela combiné! Comme j’ai osé manger car je ne me sentais pas trop nerveuse, mon estomac noué n’a pas supporté mais une fois ce désagrément, j’ai dormi tout le vol. Mon chéri n’a presque pas dormi. Ce n’est pas un dormeur en avion. Chacun son rythme.

Nous avions 50 minutes pour transférer à Amsterdam. No problemo, nous furent dans l’avion pour Moscou à temps… les sacs à dos allaient-ils suivre ? On en doutait…

Deux heures et demie plus tard avec un vol sans turbulence, nous avons atterri à Moscow à 12:35 ! Et en regardant à travers le hublot, j’ai eu le bonheur de voir nos deux sas à dos saucissonnés dans une pellicule rouge installée par protection à Montréal. Passage aux douanes sans aucun souci … même pas une question! Tant de stress à Montréal pour ça ! Nous étions heureux de récupérer bagages et débuter la découverte de Moscou.

Nous étions tous les deux un peu zombi de notre nuit, en mode automatique. Nous avons facilement trouvé pour acheter nos billets de train pour se rendre au centre ville avec aeroexpress (850 ₽ – rouble russe pour deux) = 17 $CAD)

Direction métro moscovite pour aller à l’hôtel, là ce fut un peu plus périlleux pour se retrouver, s’orienter. Nous ne savions pas quelle direction prendre. Sur le plan, c’est clair mais déchiffrer les noms des stations un peu moins. Mon chéri est l’expert en cyrillique. Je lui ai fait confiance et nous avons pris le bon trajet. Le métro est à Moscou, un musée en soi ! C’est un, un des plus profondément creusé et deux, d’une richesse architecturale incroyable. Des photos à venir!

Donc trois stations plus loin, nous étions arrivés et l’hôtel fut facile à trouver. Mon sens de l’orientation ne m’a pa fait défaut.

On a posé bagages. Pris une douche. Mon chéri n’ayant pas dormi a fait une sieste et moi, trop impatiente de voir la ville, je suis allée faire un premier repérage et prendre quelques photos… vous me connaissez.

Après deux heures, j’étais vannée.

Je nous ai ramassé de quoi manger à la chambre : deux belles salades.

En arrivant mon chéri était encore dans les bras de Morphée.

Nous avons donc relaxé pour être en forme pour notre seconde journée. La première vraie de découverte.

À suivre 

03/08/2019 – Jour J-2

Bon aujourd’hui, je vous parle vraiment de nos dernières semaines. De cette fructueuse et énergisante pause dans notre Québec, dans notre chez nous, celui que j’aime tant et que je savoure à chaque retrouvaille. 

Nous sommes revenus et avons pu profiter à satiété de notre famille et de nos amis. Quand on sait que nous sommes là pour si peu de temps, on vit le tout plus intensément. On savoure ces moments avec ceux qui nous sont chers, ceux qu’on aime et on réussit à trouver le temps de se voir. Malheureusement, nous n’avons pas vu tous ceux que nous aurions aimé voir mais ce n’est que partie remise, on le sait et grâce à la beauté des « internets » on continue à s’écrire … jamais « loin des yeux, loin du coeur. »

Nous sommes allés nous balader en Beauce, dans les Cantons de l’Est dans le Bas Saint-Laurent, des régions magnifiques. J’ai découvert la Beauce et Saint-George-de-Beauce, fais un pèlerinage dans ma ville préférée : Kamouraska !

Il s’en est passé des choses durant cette parenthèse estivale. Deux partenaires, trois entrevues radio et des projets à venir … Nous sommes vraiment très heureux de cette petite reconnaissante et de cette collaboration dans notre aventure avec deux institutions du Québec, deux entreprises qui nous correspondent et qui nous appuient dans nos projets. Je dis merci haut et fort au Magasin Latulippe et à Voyages CAA-Québec, grâce à eux nous partons équipés à neuf et avec une tranquillité d’esprit.  Bien évidement, vous verrez des photos avec leurs produits  car, par reconnaissance, nous voulons juste montrer combien, ce qui nous a été offert, nous sera utile et comment on s’en servira si loin, là bas. Car la tranquillité d’esprit et vivre le moment présent c’est pour toutes et tous : voyageurs  d’ici ou ailleurs, grands explorateurs ou randonneur d’un jour. Nous partons mais assurément nous revenons, continuerons à profiter des beautés du Québec pour repartir à nouveau… le monde est vaste et sa richesse infinie.

Reconnaissante aussi envers vous, je suis tellement touchée de voir de jour en jour, notre page Facebook avoir de plus en plus de fans, d’ami(e)s, de voir que beaucoup partagent nos conseils, mes photos, nos aventures. Au début, je me demandais si ça valait la peine de faire ça, une page, un blogue, un journal mais maintenant, j’en suis certaine car même si, pour la majorité, je ne vous connais pas personnellement, il y une complicité développée, des échanges tous les jours avec des fans et des super fans. 

Vous êtes nombreux comme nous à être impatiens de partir… Le 5 août, nous serons nombreux à prendre l’avion et à décoller vers Moscou. Je vais essayer le plus possible de vous tenir informé(e)s, de vous offrir des photos, de vous partager nos découvertes et nos trouvailles. Nous n’aurons pas forcément les mêmes facilités, pas de hot spot à disposition mais je vais installer un VPN sur mon iPhone et ordi, afin de pouvoir utiliser le wifi public en toute sécurité.  C’est mon seul souci, une fois le vol passé et mon stress de voyage envolé.

Tout à l’heure, nous prenons le bus. La Licorne noire est entreposée. Nous voilà vraiment dans un autre style d’aventure, sans toit, bye bye #vanlife et son confort. 

Aujourd’hui, nous prenons le bus, direction Montréal, pour faire un dernier coucou, à la famille, à notre fils et lundi, fin de journée. On s’envole…

Vous êtes vraiment super de nous suivre et continuer à partager notre page. Plus on est de fous, plus on rit !

Merci 

02/08/2019 – Jour J-3

À quelques jours de poursuivre notre fabuleuse aventure, de s’envoler vers Moscou, direction la Mongolie, je suis impatiente mais fébrile. Fébrile car je dois avouer que j’ai peur de prendre l’avion. Oui, je suis aérophobique et cela depuis des années mais jamais je ne m’empêcherai de voyager. J’essaie de gérer ma crise, ma peur irrationnelle, mon stress croissant. Je respire, j’essaie de me raisonner. On m’a déjà expliqué mille et une fois, même des professionnels de l’aviation que, dans un sens, l’avion est un des modes de transport les plus sécuritaires et je n’en doute même pas mais les jours approchant le vol, je commence à y penser et la nervosité se fait grandissante jusqu’à être infernale le jour J. Alors comment, je fais ? Je prends un verre de vin et une petite pilule, en d’autres mots, je me « drogue » et je fais en sorte de ne pas vivre le vol. Je veux dormir. Je me mets entre parenthèse. 

Je me souviens de l’origine du mal. Il y a des années, je faisais un vol de retour du Mexique vers Montréal. J’étais avec une amie et j’étais enceinte de mon fils. À l’époque, il y avait certains sièges devant celui des hôtesses de l’air. C’était le mien. Le vol fut à ce point chaotique et les turbulences si fortes que l’hôtesse, face de moi, se mit à faire sa prière ! Et à me retourner et voir la majorité des passagers agir ainsi. Je fus paniquée, ne sachant, étant agnostique, personnellement à quel saint me vouer. 

Depuis ce vol, la peur m’habite. Je ne peux rien manger, rien avaler, à peine me concentrer la journée du vol. Je deviens zombie. Quand je m’enregistre, je l’annonce. J’avise le personnel. J’essaie pour un vol de courte durée de ne rien prendre car la petite pilule m’endort pour la journée, mais au delà de trois heures de vol, je me mets sur le mode automatique. Je suis la foule, je donne ma carte d’embarquement, je m’assois et j’essaie de partir au pays des rêves le plus tôt possible car la moindre turbulence me donne des angoisses et le stress de grandes nausées. J’ai essayé de me contrôler, de me raisonner, de relaxer, de penser à l’objectif du voyage, des belles découvertes ou des gens chers à retrouver et respirer profondément. Mais rien n’y fait … Je suis par nature dans la vie et sur le plancher des vaches, absolument pas peureuse, ni craintive, au contraire assez aventureuse mais là, je perds le contrôle. Voilà aussi peut-être l’origine du mal… ne pas avoir le contrôle.  Ah, pour une amoureuse des grands voyages, pas facile ! 

Mais je me suis promis de ne jamais m’empêcher de voler. Surtout que ce voyage là, c’est mon rêve, que depuis des années, je veux prendre le transsibérien et aller en Mongolie, ce pays m’appelle, me séduit. Pourquoi ? Je ne sais pas. Pour ses grands espaces, ses paysages magnifiques, ses contrées assurément photogéniques, sa culture nomade, c’est l’exotisme… je verrai là bas !  

Je partais pour écrire mon journal du mois dernier, de notre fructueuse et enrichissante pause au Québec et les mots se sont mis à fuser, l’encre couler sur un tout autre sujet… ma phobie. L’inconscient est intelligent, j’avais sans doute à évacuer quelques stress… 

À suivre !

13/06/2019 – Jour 163

Voilà, nous sommes vraiment sur le chemin du retour… dans quelques jours, nous serons à Montréal. Il nous tarde. Nous avons hâte à ces retrouvailles avec notre fils, ma soeur, la famille et les amis. Il nous reste encore quelques jours à profiter en « mode express » de certains coins du nord des États-Unis. Il nous faut rentrer car, il faut préparer la seconde partie du voyage. Hier soir, justement , sur ce superbe site de boondocking tout près du parc des Badlands, au Dakota du Sud, pendant que le soleil se couchait, je remplissais, en ligne, les formulaires pour nos demandes de visa pour la Russie. C’est complexe, long même très long et surtout stressant. On se dit « et s’ils nous refusaient l’entrée » mais pourquoi ? On ne sait jamais … Nous sommes déjà allés en Russie et nous n’avions eu aucun problème d’obtention de visa, alors je me dis et je prie pour que cela en soit encore ainsi. Remplir les formulaires m’a pris deux heures… et je dois faire des petits ajustements et les imprimer avant d’aller les déposer au centre de demande de visa à Montréal quand nous y serons. Ne pas oublier de faire nos photos … mémo personnel de moi à moi 🙂

Nous avons roulé, roulé beaucoup aujourd’hui… plus de 500 kilomètres. Nous n’étions plus habitués à un tel rythme. Nous allons faire encore un sprint d’autoroute demain  dans le Minnesota, mais nous poursuivrons par une route panoramique dans le Wisconsin et le Michigan pour rentrer par Sault Ste-Marie un peu plus tranquillement. 

Nous avons tout de même pris le temps d’emprunter avant hier la route magnifique et panoramique de la Black Hills National Forest dans le Dakota du Sud et de poursuivre vers le mondialement célèbre monument des quatre Présidents des États-Unis : Washington, Lincoln, Roosevelt et Jefferson : le Mont Rushmore. Lorsque nous sommes arrivés, de gros nuages noirs surplombaient ces illustres têtes comme si la nature nous exprimait son opinion … Il y a de gros nuages sur la tête des quatre piliers de la démocratie américaine … mon opinion !

Nous avons ensuite trouvé grâce à IOverlander, ce superbe site avec une vue infinie sur les Badlands. Un des plus beaux sites de boondocking pour moi durant ces six mois.

À la suite de la visite du parc ce matin, nous avons pris la route.

Nous sommes ce soir à la limite du Minnesota sur un magnifique parking de Cracker Barrel, chaque jour un nouveau décor ! Et devinez, ce que mon mari chéri va vouloir petit-déjeuner demain matin ? … À suivre

10/06/2019 – Jour 160

Nous venons de passer deux jours à être éblouis par ce que la nature du parc de Yellowstone a à offrir. Nous venons de passer deux jours à admirer des bisons, des ours, des cerfs de virginie, des aigles, des paysages sublimes aux couleurs surnaturelles mais exceptionnelles, des geysers, des sources, des volcans sous-marins, un lac immense, des montagnes enneigées, des vallées verdoyantes et des pâturages de carte postale. Le parc mérite bien sa renommée mais… car nous avons un mais ! Comme le Grand Canyon, le Parc de Yellowstone paie la rançon de sa gloire… Il y a du monde, beaucoup de monde, beaucoup trop de monde. Sur les petites routes qui parcourent le parc et qu’un bison se la coule douce sur le bord du chemin, et bien, l’embouteillage peut durer plus d’une heure parce que chacun veut sa photo dudit bison. Il est écrit, noir sur blanc, qu’il ne faut pas ralentir et encore moins s’arrêter et surtout pas s’approcher d’eux à moins de 100 mètres ! Nous avons aujourd’hui été plusieurs fois témoin de conducteurs s’arrêtant en plein milieu de la route pour prendre LA photo ne considérant aucunement les centaines d’autres véhicules derrière eux. Les bisons sont partout dans le parc. Il est très facile d’en photographier et je comprends de le faire. Ces animaux sont splendides. Il représente à mes yeux : la force tranquille et une noblesse sauvage. Ils sont chez eux tout comme les autres animaux. Nous sommes les invités. Bon, c’est dit ! Donc, pour en revenir aux splendeurs du Parc de Yellowstone, elles sont uniques. J’avais déjà vu des plateaux de sources thermales, en Turquie, à Pamukkale mais jamais de geysers comme ici. C’est vraiment impressionnant. On ressent toute l’énergie qui gronde sous la terre, cette puissance qui le temps d’un instant s’échappe du tréfonds, de ses entrailles pour créer des jets d’eau sulfureuse de plus de vingt mètres.  Ces bassins aux eaux turquoises qui bouillonnent, laissant savoir aux touristes qui passent, sa force endormie mais combien puissante et qui un jour se réveillera. 

Tout comme au Grand Canyon, nous avons été époustouflés par les paysages mais le trop de monde, nous a terni un peu le plaisir… Il n’en demeure pas moins que c’est absolument à voir ! 

Nous sommes ressortis de Yellowstone, en fin de journée et nous revoilà dans la tranquillité, non loin du parc, au bord d’une rivière émeraude en direction de Cody, au pays des Grizzlis dans un campground, le Newton Creek, de la National Forest pour 10 $/nuit. Nous sommes trois sur le camping de 30 places ! Espace et silence… on aime mais le fait incongru est qu’il s’agit du premier camping que nous fréquentons où il est strictement interdit de dormir dans une tente ! Uniquement dans un habitacle solide, c’est donc dire si la présence des ours est réelle et pas toujours sereine. La Licorne noire nous protège.

07/06/2019 – Jour 157

Mal dormis tous les deux car nous voulions inconsciemment que la nuit soit courte pour régler notre problème d’huile. Prendre soin de la Licorne noire est notre priorité et étant donné les kilomètres déjà avalés et les routes de montagnes parcourues, un petit litre d’huile, lui était nécessaire. Comme promis, la livraison des deux litres étaient faites au petit matin et à 8h30 tout était réglé. Prêts à reprendre la route ! 
Nous avons emprunté la route 89 pour nous rendre à l’entrée Est du Glacier national Park.
Il y a actuellement pas mal de travaux sur la route, il faut donc prendre son mal en patience… sur ce point, nous avons fait nos preuves. 
Comme la route reliant l’Ouest du parc à l’Est est fermée et que c’est tout de même un détour que de venir à St.Mary, il n’y avait vraiment pas foule. Tant mieux ! Les paysages sont tout aussi splendides que dans la partie Ouest. Le Lac St.Mary est incroyablement turquoise émeraude… on se croirait presque dans les îles du Pacifique si les cimes des montagnes enneigées ne nous rappelaient pas à la réalité. 
Durant la visite de cette petite partie du parc (14 miles), nous avons eu du soleil, de la pluie, de la neige mais surtout du vent, beaucoup de vent.
Nous avons eu la chance de côtoyer des chevreuils de près et de ne pas voir de grizzly!
Mon chéri ne se sentant pas très bien aujourd’hui, il est resté se reposer au chaud dans la Licorne noire.
Je peux vous dire que je me suis fait aller la clochette durant mes promenades en solitaire et que j’avais le doigt sur la gâchette du spray contre les ours. Téméraire mais pas trop !
Nous avons profité au maximum du parc et au meilleur moment car en repartant les montagnes avaient disparu dans le brouillard et la neige.
Nous avons repris la route 89 vers le sud, vers le Wyoming … Le paysage est très très beau, des champs vallonnés, un ciel bleu, des étendues de prairies et les Rocheuses au loin … Magnifique ! Ce soir, nous dormons, dans un BLM au bord d’une jolie rivière. Merci Montana… si le Québec pouvait avoir cette générosité d’offrir aux voyageurs certaines terres publiques ! Et pour finir, mon chéri, ce soir se porte mieux. Il était juste un peu barbouillé mais il est fait, il a survécu. « Qui aime bien châtie bien », dit l’autre… moi, je dirais « Qui aime bien, taquine bien » 🙂

06/06/2019 – Jour 156

La journée avait si bien commencée … prise deux ! Après une nuit très reposante au camping Apgar du parc national des Glaciers. Un délicieux petit déjeuner agrémenté d’une visite d’un chevreuil qui nous saluait. Une route panoramique magnifique qui valait bien le détour que nous étions obligés de faire parce que la route principale du parc était fermée à cause d’une avalanche… Tout était parfait jusqu’à ce que la Licorne noire dans les montées fassent des siennes et n’avancent que très lentement… cela nous était déjà arrivé mais c’était soudainement arrêté … sans explication ! 

Cette fois-ci, fait nouveau, le « check engine » s’est allumé ! Mon chéri a la panique facile et voulait sur le champ trouver un concessionnaire Mercedes-Benz ! J’ai ri, j’ai bien ri au milieu des montagnes du nord du Montana, coucou Mercedes-Benz où es-tu ? Nous avons fait une petite pause … pour rassurer l’homme et la machine. Remis du DEF et lecture de la température du moteur au milieu