Journal de Cendrine

22/10/2019 – Jour 78

Nous sommes arrivés à Ankara, hier matin par autobus et tout s’est très bien déroulé. Une nuit sans problème avec une compagnie fiable : Metro. Cette dernière est la plus réputée de toute la Turquie. Elle couvre tout le territoire et offre une service professionnel à coût très abordable puisque cela nous a coûté 30 $CAD/deux pour le trajet de 12 heures Trabzon/Ankara avec un réseau wifi impeccable et des sièges confortables ! WOW. Si vous venez en Turquie, c’est le meilleur moyen pour se déplacer à travers le pays et surtout la meilleure compagnie. 

Nous avons débarqué dans l’immense gare d’autobus et pris une navette gratuite pour le centre ville. Celle-ci est tentaculaire.  5 millions d’habitants peuplent la capitale. Gigantesque ! Certes, Ankara n’a pas le charme, ni la réputation de la fabuleuse Istanbul. On ne fait pas le voyage pour Ankara mais, nous, dans notre itinéraire pour un 48 heures, nous en sommes satisfaits. Capitale du pays depuis 1923, Ankara est l’oeuvre de Mustafa Kemal Atartük, le fondateur et premier président de la République turque. La ville a conservé de beaux vestiges du passé, tout en accélérant sa modernisation. Nous avons pu visiter le Mausolée d’Atatürk, Anitkabir, mort le 10 novembre 1938.

Également la Citadelle d’Ankara, situé sur les plus hauts sommets de la ville, a conservé le charme d’un vieux village ottoman, qui datent de la période byzantine. 

Pour finir la journée, une balade dans le bazar et marché. J’adore les marchés et les bazars.

Cette petite pause à Ankara, nous a permis de goûter le meilleur de la ville car les Turcs eux-même trouvent la capitale très ennuyante. C’est la ville de l’administration, des bureaux du gouvernement, des ambassades. Nous sommes prêts à décoller demain matin pour la Jordanie. 

J’aime beaucoup la Turquie. J’aime leur hospitalité, leur simplicité, leur nonchalance, leur nourriture, leur musique, leur diversité. Il est vraiment intéressant de constater leur vénération pour leur premier président. Son visage est partout et pas seulement à Ankara mais dans toute la Turquie. C’est Atatürk qui a crée la Turquie moderne.

Nous sommes passés par Ankara, pour la visiter un peu mais surtout pour prendre le temps de préparer un peu notre séjour en Jordanie. Nous avons décidé de louer une voiture pour être plus autonomes car tout n’est pas facilement accessible. Je n’ai pas beaucoup lu sur le pays car j’aime me laisser surprendre. J’y suis allée avec le minimum pour le moment : réservation d’un appartement à Amman, la capitale pour trois jours et location de voiture. Une fois sur place, nous verrons les incontournables. Évidemment Petra est une de nos destinations mais il y a aussi le désert et la mer morte. Dans quel sens et quel ordre … à suivre

19/10/2019 – Jour 75

Nous voici en Turquie. C’est mon septième voyage dans ce pays que j’aime énormément. Ma ville est Istanbul, je m’y sens comme chez moi. Mais ici, nous sommes à l’opposé de pays, à l’extrémité d’Istanbul. 

Nous sommes rentrés par la frontière terrestre en autobus et ce fut encore une belle anecdote. 

Non, cette fois-ci, je ne me suis pas battue mais mon chéri a failli finir écrasé dans une intersection à Batoumi. Je vous raconte. Nous avons acheté nos billets de bus à la gare routière de Batoumi. La plus grande compagnie de bus en Turquie se nomme Metro. Nous pensions partir avec cette compagnie mais comme le seul bus partait à 2 heures du matin. On a choisi une autre… Golden, une autre compagnie turque. La jeune fille ne parle pas anglais, le chauffeur de taxi qui nous accompagne (on ne sait pas pourquoi), ne peut guère nous aider mais on comprend qu’il y a une bus qui part à 18h00 et que nous arriverons vers 20h30 (heure de Turquie, soit heure de 21h30 de Batoumi) Super, c’est mieux que deux heure du mat. On reçoit nos billets : deux vulgaires petits morceaux de papier sur lesquels sont inscrits nos noms. Ça fait vraiment amateur. On s’assure que tout sera ok et qu’il n’y aura pas de problème. No, no, Mister, NO PROBLEM ! Ha, ha, ha, la blague… Nous nous présentons donc à 17h15. On nous avait dit 17h30 mais à l’étranger vaut mieux prévoir. 17h30, le bus est censé arrivé. 17h45, toujours pas de bus. Et soudain, la jeune fille de la veille arrive et me tend un téléphone. Une personne me dit, en anglais, au téléphone que le bus ne viendra pas à cette gare mais qu’un taxi va nous emmener là où le bus se trouve et que la jeune fille va le payer. On monte donc dans le taxi, le chauffeur pas très souriant nous emmène, on ne sait où… Il fait soudain demi-tour. Il est 17h50. Le bus doit partir à 18h00. On revient au point de départ la jeune-fille nous donne de l’argent et on comprend que c’est pour le chauffeur du bus. On en sait pas pourquoi mais je me dis que si maintenant on a de l’argent, le bus va assurément nous attendre. On repart et 1 kilomètre de la gare sur une intersection à la circulation folle, le taxi s’arrête et on voit le bus de l’autre côté du boulevard à deux voies. Mais ici, le concept de voie n’existe pas. La circulation est vraiment du grand n’importe quoi. Le chauffeur ouvre vite le coffre, siffle après le bus et pousse mon chéri au milieu de l’intersection pour qu’il aille vite au bus. Je me retrouve avec tous les sacs. Claude ne comprend pas ce qui lui arrive et a été a deux doigts de se faire écraser. Je me suis mise à crier (encore) après le chauffeur. Ai appelé Claude qui est vite revenu et pris le temps de mettre nos sacs. J’ai dit ce que je pensais au chauffeur. On a réussi à traverser le rond point à travers les camions, les bus et les autos. Une scène de fou ! Claude était vraiment fâché… avec raison car c’était vraiment dangereux. Quel abruti de chauffeur de taxi, quel inconscient ! Nous sommes montés dans le bus, donné l’argent au chauffeur et nous sommes assis. L’hôtesse du bus s’est excusée et nous avons pris enfin la route pour Trabzon. 

Vous pensiez que c’était fini … et bien non ! Nato, le prénom de l’hôtesse du bus nous demande à un moment si nous avons des cigarettes à déclarer. Nous répondons que non et que nous ne fumons pas. Je trouve la question étrange mais je me dis autre pays, autre moeurs… Nous arrivons à la frontière. Nous descendons du bus avec nos sacs à dos. Nous passons la frontière géorgienne. Impeccable. Entre les deux frontières, il y a une grand passage avec un duty free. Avant d’arriver à la frontière turque, nous voyons Nato, et celle-ci nous tend chacun un sac. Sans réfléchir nous le prenons. Nous regardons dedans et voyons trois cartouches de cigarettes par sac. Elle nous dit avec un beau sourire : « No problem, just to help me » et on voit que chaque passager du bus se retrouve avec un sac de trois cartouches chacun. Beau traffic de cigarettes ma Nato. Mais mon chéri prend mon sac et lui redonne les deux. Naton est beaucoup moins souriante. La base première de tout passage de douane ou frontière est de ne JAMAIS passer ou prendre des affaires qui ne nous appartiennent pas. Avec raison, il lui a redonné les sacs. Aucune envie de participer à cette petite magouille. Nous passons la frontière turque avec nos affaires et tout se passe très bien. Nous avons repris la route et sommes arrivés avec une heure de retard mais mieux vaut tard que jamais.

Voilà donc pour nos aventures d’hier.

Aujourd’hui nous sommes allés découvrir la nature de la région au bord du lac Uzun (Uzungöl). Je connais pas mal la Turquie, mais je n’avais pas encore fait cette région. Les paysages sont complètement différents de ce que j’avais vu jusqu’à présent. Des montagnes immenses, couvertes de forêts denses et des plantations de thé.

Nous avons pris un minibus et l’ambiance était des plus joyeuses et musicales. J’adore. Un jeune homme dans le bus, Adam, nous a expliqué qu’il est réfugié iraquien. Son rêve : être envoyé au Canada. Il nous a montré plein de photos qu’il a dans son téléphone. Des drapeaux du Canada, des photos de Justin Trudeau, sa famille avec des T-shirts avec la feuille d’érable. Il attend du Haut Commissariat des Nations Unis pour les réfugiés de savoir dans quel pays, il sera envoyé. Il a du quitter l’Iraq, il y a deux ans pour demander asile en Turquie, pour éviter la guerre et la mort. C’est effroyable et terrible d’entendre ça. On se sent si impuissant. Terrible de penser devoir fuir son pays, ses racines pour sauver sa vie et celle de sa famille. Quelle chance, nous avons de vivre dans un pays libre. On a nos problèmes mais en comparaison, on relativise vite… 

Nous lui avons donné nos coordonnées. Nous lui avons souhaité la meilleure des chances. Que pouvons nous faire de plus… Nous espérons juste une jour avoir un message de lui … du Canada. 

Soirée dans Trabzon. La ville est pleine de vie. Il fait encore doux et les gens, les familles sont en terrasses ou dans les parcs, se baladent en amoureux ou entre amis. Les rues sont animées.

Avant de rentrer à l’hôtel qui se trouve en plein centre, petit arrêt gourmandise. Mon chéri est fou des baklavas, moi pas dut tout. On en achète donc et moi, je me laisse tenter par deux ou trois biscuits que je ne connais pas…. À suivre

17/10/2019 – Jour 73

Billets de bus achetés pour Trabzon. Nous partons demain pour la Turquie, pour l’Anatolie. Tranquillement, on se rapproche de l’Europe.

Excellente nuit et grasse matinée pour récupérer un peu. Programme matinal : lessive et logistique pour la suite de notre itinéraire qui change actuellement presque tous les jours. Nous y allons vraiment à la dernière minute. Mais on adore ça comme ça. J’ai réservé notre billet d’avion pour la Jordanie. Youpi ! Je rêve depuis longtemps de visiter ce pays. Bientôt, encore quelques dodos.

Depuis 2013, Batoumi s’est développé à vitesse grand V. C’était déjà une station balnéaire plus huppée pour les riches Russes et Géorgiens mais là, les tours de complexes hôteliers et appartements luxueux ont poussé comme des champignons. Et je dois dire le tout avec une certaine harmonie et un souci esthétique. À travers ces nouvelles tours, dans ce nouveau paysage urbain résiste les immeubles des années soviétiques, des blocs moches et gris.

La ville est toujours aussi jolie. La promenade le long de la mer est vraiment agréable. De notre appartement dont la vue est époustouflante, nous nous sommes rendus au coeur du vieux Batoumi, un petit quatre kilomètres. Nous avons bien trotté aujourd’hui, sans doute un 10 kilomètres en tout.  La particularité de la ville sont ces sculptures avec des coeurs que l’on retrouve dans les parcs et le bord de mer. La ville est faite pour les amoureux. D’ailleurs rien qu’aujourd’hui, nous avons vu au moins six cortèges de mariage, les voitures klaxonnant abondamment. Le cadre de la ville et ses parcs se prêtent parfaitement pour les photos des amoureux et jeunes mariés. La ville se visite en deux jours maximum. Nous avons fait le tour de pas mal toutes les attractions. Il nous reste encore à visiter la Cathédrale. 

Côté un peu moins charmant, Batoumi est surnommé « Las Vegas de la Géorgie ». Il y a effectivement beaucoup mais vraiment beaucoup de casinos… remplis de Turcs car les casinos sont interdits en Turquie, et la frontière turque se trouve seulement à 15 kilomètres. Les turcs viennent de chez eux avec plein de sous passer la soirée, dépensent dans les casinos, et repartent chez eux dans la nuit ou au petit matin. Comme il y a une forte demande des turcs, de plus en plus de casinos sont construits. C’est un cercle vicieux. En dix ans, Batoumi, fleuron assoupi du tourisme géorgien post-soviétique, s’est métamorphosée en capitale du divertissement pour attirer les ressortissants des pays voisins, là où ces jeux sont interdits. 

La tour emblématique de Batoumi, c’est l’Alphabetic Tower, haute de de 130 mètres sur laquelle on peut lire les 33 lettres de l’alphabet géorgien. On la voit de loin, un point de repère mais peut-être plus pour longtemps car les buildings sont de plus en plus hauts. 

Le plat de la région que nous nous sommes fait un honneur de goûter, c’est le Khatchapouri. À base de pâte à pain, en forme de bateau, avec des bords relevés, garni au centre de  fromage et d’un oeuf, avec beaucoup de beurre. Rien de léger ni diététique mais miam, miam que c’est bon, le tout accompagné d’une bonne bière de la région.

On a décider de rentrer à pied pour éliminer le tout. 

Soirée détente à admirer le coucher de soleil… 

16/10/2019 – Jour 72

Quelle nuit ! Nous avons à peine fermé l’oeil. Nous devions partir à 20h00. Le départ fut à 20h30 et nous devions arriver vers 7h00, à Batumi pour en réalité y être à 10h00. Ça ne coûte pas cher mais ça ne vaut pas cher. En fait, c’était le moyen le plus court et le moins onéreux pour vernir au bord de la mer noire avant de continuer vers la Turquie. 

Un cousin de notre Licorne noire, un minibus mercedes, géré par la compagnie « Comfort Armenia » nous emmenait vers la Géorgie. La compagne porte très mal son nom car pour un trajet de nuit, le bus était tout sauf confortable avec un système de d’aération complètement « kapout » puisque les uns suaient de chaleur et les autres gelaient de froid. Nous étions dans ceux qui suffoquions de chaleur et mon chéri déteste ça. Moi, je supporte un peu mieux. 

Notre chauffeur se prenait pour Schumacher dans les virages tortueux des montagnes de Géorgie. Il faut lâcher prise sinon c’est la panique. Et pour finir, je me suis presque battue avec un homme derrière moi ! Je vous le dis : Quelle nuit !

Pourquoi ? J’explique. Les deux hommes devant moi ont baissé le dossier de leur siège pour s’installer plus confortablement pour dormir. Ce que je comprends très bien puisque c’est un long trajet de nuit ! Je fais donc de même, en baissant un peu mon dossier, pour être à l’aise également. Une dame derrière commence à rouspéter et à pousser mon dossier. Un homme, son voisin, m’interpelle : « Señorita, problem, problem ». Un pourquoi, me parle t’il en espagnol et deux, je me retourne et ne vois pas le problème. J’explique en montrant les sièges devant et que je veux dormir aussi en position plus inclinée. Il commence à crier et à pousser le siège. Ils échangent leur place et celui-ci avec ses pieds poussent mon siège. Ni une, ni deux, je me lève et lui enlève les pieds de là. (Je pense que sur le coup, il était surpris, n’étant sans doute pas habitué qu’une femme lui réponde et qu’une touriste ne se laisse pas faire). Il me crie dessus et sans aucune crainte, je lui réponds sur le même ton. Je ne comprends pas ce qu’il dit mais peu m’importe, je lui dis ce que j’ai à lui dire. J’extériorise mes frustrations. La quinzaine de passagers est subjuguée par la scène. Les passagers devant moi, ont vite remonté leur siège. Pourquoi ? Aucune idée car ils ont raison de se mettre à l’aise. Le chauffeur s’arrête. Il me demande de remonter un peu mon siège pour calmer l’énervé. Ce que je concède à faire mais l’homme veut que je remonte au complet mon siège tout droit. Ce que je ne ferai pas. Il se calme et comprend qu’il aura beau hurler cela ne changera rien. Il peste contre moi. Peu me chaut… Je ne considère pas une seconde que j’ai pu empiéter exagérément sur l’espace de ma voisine arrière.  Tout ça pour absolument rien, car un peu plus tard eux-mêmes baisseront leur dossier et moi, également à nouveau pour dormir confortablement … ou essayer car la nuit fut très très courte. Bien évidement mon chéri a levé le ton aussi et l’énervé s’est calmé. Durant tout le voyage, nous avons compris qu’il râlait sur tout car c’était le seul à parler constamment. Il avait peut-être besoin d’une victime mais il est mal tombé. Histoire à mettre aux oubliettes !

Nous sommes donc maintenant bien arrivés à Batoumi, station balnéaire courue sur les rives de la mer Noire. Cette ville géorgienne au climat doux est prisée par les bourgeoisies géorgienne et russe et s’ouvre de plus en plus au tourisme venu d’ailleurs. Le soleil est radieux. On va se reposer aujourd’hui. Enfin presque, pour moi, je viens de rédiger mon article sur Tbilissi pour Nomade Magazine et mis à jour mon journal. On doit aller à la gare d’autobus pour gérer la suite de notre itinéraire vers la Turquie. J’ai tenté online mais je n’ai pu finaliser le tout n’ayant pas de téléphone turque !! 

13/10/2019 – Jour 69

Nous voici depuis deux jours à Erevan et je me réjouis d’y être revenue. Sincèrement, entre vous et moi, la capitale de l’Arménie n’est pas incroyablement belle ni bluffante, mais elle a tout pour plaire à ceux qui, comme nous, aiment flâner et découvrir mille et un petits détails. Elle n’a d’ailleurs pas beaucoup changé depuis 2013. Elle est toujours aussi accueillante. L’atmosphère y est décontractée et très familiale. Elle offre des allées où il fait bon se promener des terrasses pour paresser, des parcs pour se reposer et une gastronomie qui nous ravit. 

Hier, balade et « grimpage » des 572 marches du parc « Cascade » le lieu emblématique de la ville. Flânage dans la ville au gré de vent sans réel itinéraire. Nous avons fini sur les hauteurs de la ville pour apercevoir le mont Ararat, mais celui-ci était à peine perceptible. Il se faisait timide, caché derrière les nuages.  Cet impressionnant et majestueux volcan recouvert de neiges éternelles, se dresse au sein d’un massif de 23 kilomètres de long pour 18 kilomètres de large. Il est en fait constitué de deux sommets et se situe en Turquie, selon la légende, l’arche de Noé s’y serait posée après le  Déluge. On y croit ou pas…

Les frontières entre l’Arménie et la Turquie sont fermées et pourtant si proches. Le passé et l’histoire a creusé un fossé -symboliquement- immense entre ces deux pays. Triste.

Aujourd’hui nous sommes sortis de la ville. En 2013, lorsque j’ai fait mon périple en solo durant cinq mois, j’avais été accueillie ici par un jeune couple très sympathique : elle, Française, Maéva et lui, Arménien, Narek. Ils étaient sur le point de se marier. Au cours des ces années, nous avons toujours gardé contact. Aujourd’hui, ils sont installés en France et ont deux petits garçons. Hier, j’ai donc écrit à Maéva, si elle avait une personne à nous référer comme chauffeur pour aller où nous voulions aujourd’hui. En cinq minutes, super Maéva, m’a référé Méri, une ancienne élève – Maéva enseignait le français au lycée franco-arménien à l’époque.  Méri nous a trouvé un chauffeur et s’est gentiment proposé de l’accompagner pour avoir la chance d’exercer sont français. Nous étions comblés.

Nous sommes donc partis aujourd’hui à Khor Virap, situé dans la région d’Ararat, non loin d’Erevan, pour visiter son monastère qui est le premier lieu saint de l’Arménie chrétienne, situé à l’emplacement de l’ancienne capitale de l’Arménie antique. 

Ensuite, destination Noravank, à une centaine de kilomètres de la capitale. Noravank est aujourd’hui l’une des cinq attractions touristiques majeures du pays.  Depuis 1996, il est inscrit sur la liste indicative arménienne du Patrimoine mondial de lUNESCO.

Retour en ville. Au revoir à Méri et Murad, notre super chauffeur.

Repas chez Dolmama, une table réputée de la capitale pour ses spécialités arméniennes. Succulent !

Demain, on sera encore en excursion … à la découverte des trésors de l’Arménie.

11/10/2010 – Jour 67

Bon, j’ai enfin un peu de temps pour reprendre mon journal. Depuis que nous sommes arrivés, le tempo n’a pas arrêté et c’est très bien comme cela. 

Retour en arrière, le passage des frontières c’est très bien déroulé. Nous sommes arrivés vers 9h00 à Tbilissi, capitale de la Géorgie.

C’était pour moi des retrouvailles et pour mon chéri, une découverte. En 2013, Tbilissi m’avait beaucoup plu et j’étais curieuse de voir comment elle avait évolué. Les gens, je peux le dire dès maintenant, étaient et sont toujours d’une grande hospitalité. Ici, tout le monde vous accueille avec le sourire et en anglais. Tout est facile. 

Nous avons donc pris possession de notre appartement dans le vieux Tbilissi. Une vue magnifique sur la ville. Nous l’avons réservé pour trois nuits mais nous resterons deux nuits seulement dans la capitale puisque le train que nous voulons prendre pour Erevan part le 11 ou le 13, soit les jours impairs. Deux jours pleins pour visiter la ville, c’est suffisant. 

En arrivant, lessives et petite épicerie. Ensuite, mon chéri était fatigué alors je suis partie trotter seule et j’ai découvert deux endroits qui n’existaient pas en 2013 : la Fabrique, un espace d’art de rue où le street-art est roi. Youpi ! Et le quartier « Nouveau Tbilissi » avec ses petites rues charmantes pleines de cafés et terrasses et joliment décoré de lampions pour le soir. Tbilissi, c’est vraiment embelli !

Hier fut une journée mémorable, inoubliable, fantastique et magique ! Certes la visite des vignobles de Kakheti, les palais, les monastères furent très interessant à visiter mais ce qui restera à jamais gravé dans notre mémoire et dans notre coeur c’est la fin de journée passée avec Tengo, Glakho, Merab et ses copains. En route, vers un monastère, j’ai aperçu le long de la route de campagne, des hommes plumant leurs poulets et dépeçant un mouton. En arrivant, notre formidable guide Tamuna, leur a demandé si je pouvais prendre des photos et sans souci, ils ont accepté. Il ne fallait pas avoir le coeur sensible car, la tête décapitée de la bête était encore là, le sang recouvrait le vert de l’herbe et les entrailles déposées dans un vieux carton. Mais peu importe, c’est la vie, c’est la réalité des campagnes, de leur vie. Nous avons échangé un peu et pour finir nous étions chaleureusement invités à participer à leur pique-nique pour célébrer l’amitié et une fête religieuse orthodoxe très locale l’Alaverdoba, une fête qui célèbre le monastère Alaverdi. 

Nous avons continué notre circuit de visite, leur promettant que nous viendrons à la fin de celui-ci. Nous sommes donc partis vers les vignobles de la région. La Géorgie est un pays de vin. Il ya des des vignes dans tout le pays mais la région de Kakheti, à une centaine de kilomètres de la capitale, propose un sol et un climat idéal pour le vin. La technique vinicole diffère de celle des Européens. Ici c’est une technique ancestrale où le raisin, une fois pressé est, des mois durant mis dans des jarres qui sont elles-mêmes, enterrées dans le sol. Après dégustation, nous avons été très agréablement surpris par la qualité et le niveau de vin produit. Rien de comparable avec de grands vins français ou italiens mais un vin très agréable pour le palais tant blanc que rouge. Personnellement, le vin rouge mi-sucré de la région n’est pas pour moi mais tous les goûts sont dans la nature et les Russes et les Chinois semblent adorer. 

Après notre dernière visite du Palais du poète aristocratique du XIXe siècle, Alexander Chavchavadze, nous avons pris la route pour nos amis qui nous espéraient. 

Dans un champ au milieu de nulle part, était dressé une table remplie de plats. On retrouve le mouton, les poulets, des tomates , du pain et bien évidement du vin, fait maison. La fête avait commencé. Nous avons été accueillis avec une telle générosité, chaleur et gentillesse. Bouleversant. Grâce à Tamuna, nous avons pu discuter et comprendre le déroulement de la soirée. Il y a une personne de désignée par le groupe qui tout au long de la soirée se lève et porte un toasts pour souligner, par exemple, l’amitié, les personnes seules, malades, les familles vivant à l’étranger, les parents, les visiteurs du Canada, la terre, les récoltes … toutes les occasions sont bonnes. Le hic c’est qu’à chaque fois, il faut boire le vin versé.  Moi, petite filou, je faisais semblant de boire, une fois sur trois, j’avalais une gorgée. Sinon, j’aurais été vraiment très très saoule. Mon chéri a bien festoyé et bu avec ses nouveaux amis. Nous étions très émus de nous quitter car la soirée fut exceptionnelle. Ce groupe d ‘hommes de tout âge, ces amis de toujours, nous ont partagé leur vie, le temps d’une soirée. Nous avons vraiment ri beaucoup, beaucoup. Nous savons que ce moment était unique et c’est sans doute ce qui en a fait sa richesse et son intensité. Retour vers la capitale. Jamais nous n’oublierons.

Étonnamment, mon chéri s’est réveillé sans mal de tête mais complètement déshydraté. 

Nous avons la journée pour poursuivre la visite de Tbilissi : Vieux Tbilissi, Bains thermaux, mosquée, églises, etc. La ville s’étend sur des collines. On monte, on descend… Comme dit mon chéri : « Parfait pour éliminer les toxines ». La ville est vraiment très agréable à visiter. Elle s’est bien épanouie, la belle capitale. Tbilissi est l’une des plus charmantes villes d’Europe : des maisons brinquebalantes, des vieux balcons de bois, des influences sans doute un peu turques et russes, des petites églises orthodoxes ici et là…

Nous la quittons ce soir pour Erevan… Une autre capitale, une autre retrouvaille pour moi et découverte pour Claude… À suivre !

08/10/2019 – Jour 64

Nous revenons d’une excellente journée d’excursion. Nous avions demandé à la réception de l’hôtel qui est maintenant aux petits soins avec nous, de nous trouver un chauffeur pour aller visiter les alentours. Anar s’est présenté à 10h30 comme prévu. Le jeune homme de la réception lui a indiqué ce que nous désirions voir et nous voilà partis dans sa Lada blanche d’une autre époque. Nous nous dirigeons vers Helenendorf, à 12 kilomètres de Ganja, une ancienne ville allemande aujourd’hui rebaptisée « Göygöl » en raison du lac Göygöl, le célèbre « Lac Bleu », par décision du Parlement d’Azerbaïdjan en 2008.

Ayant vécu 12 ans en Allemagne, cette petite bourgade nous intéressait. Alors un peu d’histoire …Les tous premiers colons allemands sont arrivés en Azerbaïdjan en 1818. Deux cents familles se sont installées dans la ville qui s’appelait alors Elisabethpol et qui porte aujourd’hui le nom de Ganja. Un an plus tard, un peu plus loin, quelques 120 familles fondaient Helenendorf. 

Malheureusement après l’invasion de l’Union soviétique par l’Allemagne en 1941, Moscou publie un décret forçant tous les ressortissants allemands de quitter le Caucase. En moins d’une semaine, les Allemands sont sommés de quitter sans délai le pays. Une vague de départs forcés qui a porté un coup terrible à cette communauté qui était implantée depuis plus d’un siècle en Azerbaïdjan.

Aujourd’hui, le centre-ville compte encore plus de 300 maisons construites dans le plus pur style allemand. Vraiment curieux de voir cela si loin de l’Allemagne !

Les paysages de la région sont très beaux et les vignobles très présents. Anar et mon chéri « discute » avec les mains dans un drôle de charabia, une langue inventée par eux avec des mots de russe, d’anglais, d’allemand. Mon chéri me fait vraiment rire. Je suis ici plus effacée car les hommes parlent entre eux. D’ailleurs le réceptionniste de l’hôtel à présenter Claude au chauffeur : « Mister Trudelle » mais un, ne m’a pas présenté et deux, ne sait même pas mon nom alors que je gère toutes les réservations et les communications de logistique. Alors mon nom, il a du le voir plus d’une fois… Autre pays, autre statut de la femme …

Revenons à notre superbe journée. Quelques 60 kilomètres plus loin se trouve un parc national. Le Parc national de Göygöl. La zone de Göygöl est presque entièrement couverte de forêts et possède une flore riche avec plus de 420 espèces végétales, dont 20 sont endémiques à la région. Il a également une faune riche, avec des mammifères tels que les ours bruns, le cerf rouge du Caucase, le chevreuil, le lynx, etc. On était un peu en manque de nature. Nous avons été gâté surtout avec les belles couleurs de l’automne. Certes rien de comparable à chez nous mais très joli.

Dans le parc se trouve un magnifique lac, le Lac bleu et la maison du Président. Quand celui-ci se trouve dans cette résidence (car il en a de nombreuses à travers le pays, a-ton appris), le parc est fermé. 

Magnifique endroit et on comprend pourquoi, ce lac est reconnu comme le plus beau du pays. 

Anar et Claude continue leur bavardage, discutant cette fois-ci de chasse et de pêche. Étonnant de voir combien, on peut se comprendre sans parler la même langue. 

Notre chauffeur connaissant la région comme sa poche nous emmène dans un petit resto local. On a dégusté des « entrecôte Kebab », une viande de mouton succulente et grillée à la perfection avec un assortiment de salade et des Qutabs. Ici, dans la région de Ganja, le Qutab s’appelle « Kete » et il est beaucoup plus grand que celui qui est cuit à Bakou. Kete comprend des verdures (persil, fines herbes etc.) et du fromage à l’intérieur de la pâte. Miam, miam. 

Après ce festin, retour en ville.

Nous prenons le train cette nuit vers Tbilissi. Autre pays. Géorgie nous voilà et retrouvaille pour moi… À suivre !

07/10/2019 – Jour 63

Notre arrivée à Ganja … quand ça va mal, ça val mal ! Les choses sont allées de mal en pis.

Nous arrivons à destination à la gare de Ganja. Notre plan : aller directement à la gare d’autobus pour acheter notre billet de bus pour se rendre en Géorgie, à Tbilissi, le 8 octobre et ensuite aller à l’hôtel. Il y a également l’option du train mais celui-ci passe à 2h30 du matin… pas trop envie de cette option.

Ayant demandé à Khayyam, notre guide à Bakou, qui vient de la région, le prix de la course, celui-ci nous dit qu’au maximum, cela nous coûterait 10 Manats (soit 8$CAD). Nous sortons le nez de la gare et les chauffeurs de taxi approchent. Mon chéri commence à discuter avec un et je sens déjà le problème poindre à l’horizon. Intuition, intuition, toujours suivre son intuition. Le chauffeur ne parle pas un traitre mot d’anglais mais mon chéri poursuit la conversation et décide de lui expliquer ce que nous voulons avec quelques mots de russe et d’anglais. Pourquoi ? Parce qu’il semblait sympathique. J’adore l’argumentation de mon Ti Chouchou parfois. Pour le prix, je négocie et il fait une première baisse à 15 Manats pour finalement accepter le 10 que je propose. On monte en voiture. Au début, on met les sacs à dos dans le coffre mais je décide de les prendre avec moi sur le siège arrière. J’anticipe. Claude monte devant. Nous partons vers la gare d’autobus… en chemin mon chéri essaie de lui expliquer plus clairement que nous allons à la gare pour acheter les billets de bus pour Tbilissi et ensuite, nous allons à l’hôtel. En entendant, le nom de la capitale géorgienne, celui-ci nous propose soudainement de nous y emmener pour la modique somme de 100 $US. Même pas en rêve ! Il commence à passer des coups de téléphone. On fait un arrêt à un guichet automatique pour retirer de l’argent. On poursuit mais le chauffeur tourne et tourne, ne semblant pas savoir où aller pour les billets. Il finit par comprendre que nous allons ensuite à l’hôtel à Ganja. Nous lui montrons l’adresse et là, encore, il ne semble pas savoir où se trouve l’endroit. Il s’arrête une fois, deux fois, trois fois pour aller parler à des gens. On ne sait pas trop pourquoi. On finit par comprendre qu’on n’ira jamais à la gare d’autobus. Le cirque a duré une heure ! À bout de patience, mon chéri lui dit de nous emmener à l’hôtel. On finit par y arriver. Nous descendons et le 10 Manats négocié, deviendra un 5 Manats. Le chauffeur n’est pas content. Nous, non plus. Bon réflexe d’avoir gardé nos sacs à dos avec nous et pas dans son coffre.  Nous entrons dans l’hôtel qui est nouvellement ouvert. Ils sont en train de finaliser l’installation de l’enseigne. Nous sommes sans doute parmi les premiers clients. Le chauffeur nous suit dans le hall d’entrée et commence à baragouiner avec le jeune homme à la réception. Toute une arrivée ! Nous ne paierons pas pour ce que nous n’avons pas eu. Le chauffeur part en pestant et le jeune s’excuse de son comportement. Notre séjour pouvait commencer enfin … Et bien non ! Pour aller en bus, en Géorgie, cela se fait mais pas de trajet tous les jours, c’est un peu selon la demande… On finit par abandonner l’idée et je réserve le train … On fera donc une courte nuit mais pour alléger la situation, je nous ai réservé une cabine à deux lits pour la somme de 70 $CAD pour deux. Mais voilà que je rentre le 8/10 comme départ … mais une fois payé, je réalise que le train part de Bakou, le 8 en soirée et arrive le 9 au matin à Ganja…. Crotte de bique, zut de zut ! On repart à la gare pour essayer de changer la date. On apprend là que la course du taxi coûte aller/retour plus attente du taxi à la gare : 4 Manats. Le chauffeur était vraiment un escroc. Malheureusement pour le train, pas de possibilité de changer les dates ! Il faudrait acheter un autre billet. On relativise et pas de stress. On restera une nuit de plus ici. Il y a des choses à voir dans Ganja et aux alentours, entre autre un superbe lac et un village allemand, anciennement appelé Helenendorf, aujourd’hui nommé Göygöl… intriguant. 

Nous avons donc pris une nuit de plus. Notre réservation, à l’origine, était du 6 au 8, donc deux nuits. Nous resterons une troisième nuit, du 6 au 9. Pas de problème. Nous sommes les seuls dans l’hôtel !

En arrivant hier, dans notre chambre, il y avait une petite odeur d’égout dans la salle de bain. On s’est dit que c’était simplement parce que les tuyaux n’avaient pas beaucoup servis et qu’après la douche, cela passerait. Ce matin, l’odeur était insupportable … au point que nous avons du changer de chambre !! Quand ça va mal, ça va mal ! Et plus l’hôtel nous explique qu’ils  ne nous chargeront pas une quatrième nuit !!!!! Ils nous l’offrent puisque nous partons dans le milieu de la nuit ! Chez eux la nuitée débute à minuit !!! Jamais vu cela. Je leur explique et démontre que les réservations d’hôtel sur booking.com ne fonctionne pas comme cela et que jamais nous avons vu ça ailleurs. Mais pour eux, ils nous offrent la nuit !! Du 6 au 9, cela fait trois nuits et nous les paierons normalement avec un check out jusqu’à midi bien que nous quittions la chambre en plein milieu de la nuit du 8 au 9… Bizarre de système. Malgré tout une bonne nuit de sommeil et nous profitons d’une autre belle journée ensoleillée pour découvrir la ville. Espérons maintenant que la fin du séjour se finisse sans anicroche… À suivre !

06/10/2019 – Jour 62

Dans le train vers Ganja, la seconde plus grande ville de l’Azerbaïdjan, je repense à ces quatre jours à Bakou. 

Une ville qui m’a vraiment surprise. Pour être honnête, je n’avais aucune idée, aucune image de la ville et je ne m’attendais absolument pas à tant de modernisme, de beauté et de richesse. L’économie du pays repose sur l’industrie pétrolière et depuis 2000, après l’indépendance de la domination russe, le pays a pu enfin réinvestir dans ses infrastructures les bénéfices liés à la vente du pétrole.  

Les plus grandes compagnies telles BP, Aral, Exxon sont partenaires de SOCAR, la société d’état gérant le pétrole en Azerbaïdjan. 

Nous sommes partis en excursion, en dehors de la ville, pour voir ce que la région offre comme attraits. Le Parc national de Gobustan, inscrit au patrimoine de l’UNESCO, avec ses  nombreuses peintures rupestres, ses pleines désertiques et ses volcans de boue est unique. Dommage qu’il faille traverser un dépotoir à ciel ouvert pour admirer ce trésor si ancien. 

Ensuite, nous avions entendu parlé de la montagne de feu, une montagne qui brûle depuis des siècles. Nous sommes donc allés sur la péninsule d’Absheron pour constater du phénomène naturel. Il y avait à l’origine trois montagnes, que nous qualifierons de collines, de feu. Deux sont exploitées et le gouvernement a décidé de laisser la troisième à l’état brut, en faisant un site touristique. C’est vraiment impressionnant à voir et la chaleur qui se dégage est intense. La site est toujours très venteux. Le vent joue avec le feu, faisant tournoyer les flammes pour l’émerveillement de tous.

Voilà une heure que nous roulons, longeant une rivière et les puits de pétrole sont très, très, très nombreux ! On en retrouve même dans le centre de Bakou, où est situé également le plus vieux puit de pétrole au monde. Incroyable !

La gastronomie azerbaïdjanaise est aussi délicieuse. J’aime ses saveurs orientales. Les légumes mijotent avec la viande et donnent des plats savoureux. Les grillades sont un délice et mon chéri a fait une cure de baklavas. Nous sommes certes dans un pays musulman mais ici, l’état est laïque et les moeurs très « européens ou nord-américains ». On boit de l’alcool sans soucis sur les terrasses des cafés ou restaurant sans jugement. 

Visite également de la Tour Mardakan. J’y suis montée seule. Mon chéri ayant le vertige. Le site n’est pas vraiment ouvert au public mais nous avons eu la chance grâce à notre guide Khayyam de pouvoir le visiter. Je comprends pourquoi il n’est pas ouvert à tous car c’est à nos risques et périls. Pour profiter de la vue panoramique sur la péninsule, il faut monter dans des escaliers colimaçons de pierre, pas éclairés et surtout passer par des étages où le sol est effondré. Une planche par ci, par là résiste et fait le chemin. Il faut faire attention mais la vue vaut les petits frissons.

Retour en ville.

Nous avons profité de notre dernière soirée à Bakou en se baladant sur la grande promenade (7 km) le long de la mer Caspienne. Il faisait doux et les lumières de la ville offrent un romantique cadre. Les trois « Tours de feu » illuminées sont la signature de la ville de Bakou, de l’ère moderne tournée vers l’avenir et la prospérité.  Bye, bye Bakou, bonjour Ganja … À suivre.

04/10/2019 – Jour 60

Bakou est une véritable découverte. Une ville dynamique, moderne, propre, jeune, gaie, vibrante, accueillante, éclatée et sans stress. Le pays a su retrouver son identité étant passée, à travers le passé, sous le joug des Arabes, des Perses et des Russes. L’Azerbaïdjan est indépendant depuis 1991. Grâce à l’industrie du pétrole, l’économie est prospère et les infrastructures modernes. Ce pays laïque, où vivent plus d’une vingtaine de nationalités différentes, est ouvert sur le monde, tolérant et respectueux de toutes les religions. Les jeunes amoureux se baladent main dans la main et les jeunes femmes, cheveux au vent. 

Ce qui nous a étonné, c’est la diversité architecturale. On passe du vieux Bakou, avec ses caravansérails, au quartier des affaires, où les tours modernes frôlent le ciel, en passant par des hôtels particuliers très faubourg Saint-Honoré. Le tout s’harmonise et donne un cachet unique. 

Nous avons eu la chance, aujourd’hui, de visiter avec un guide. Comme en Mongolie, Voyages CAA-Québec, offre un circuit en Azerbaïdjan, Géorgie et Arménie. Nous avons pu vivre, grâce à notre partenaire, une journée de ce que les voyageurs vivront en 2020. Notre guide parle très bien français et est une source formidable d’informations sur l’histoire, les coutumes et le patrimoine du pays. 

Programme de la journée : l’Allée des Martyrs, la vieille ville, le Palais Shirvanshah, la Tour vierge et l’extraordinaire musée d’Heydar Aliyev. 

En nous baladant dans le vieux Bakou, nous avons entendu parler québécois. Deux personnes, un homme et une femme conversaient. Ni une, ni deux, je suis allée leur parler. Dominique et Daniel font partie d’un groupe. Ce sont deux agents de voyage du Québec qui font un tour d’horizon pour éventuellement offrir l’Azerbaïdjan comme destination voyage. Courte rencontre mais fort sympathique.

Ensuite, heure du lunch … miam, miam la cuisine est délicieuse et savoureuse. 

Une journée bien remplie comme on aime. On a apprit plein de choses et ouvert un peu plus notre esprit sur le monde. 

01/10/2019 – Jour 57

Nous avons survécu à 28 heures de train et pour être honnête ça n’a pas été très difficile. Certes, il faut être prêts à accepter cette promiscuité, cet inconfort mais en fin de compte c’est une super tranche de vie qui nous fait apprécier encore plus les découvertes et expériences du voyage. Nous nous sommes donc installés sur nos couchettes du haut et fait particulier, dans ce train, il n’y avait pas de rambarde de sécurité pour les chutes éventuelles durant la nuit. Pour mon chéri, tout un défi car dormir avec sa taille sur une tablette d’étagère sans tomber c’est de la prouesse ! Les pieds dépassant déjà en hauteur à la moitié du couloir. Drôle à voir. Le secret pour bien dormir : des bouchons d’oreille et un masque de nuit ! Avec ça, on dort presque comme un bébé ! Les couchettes, pour ceux qui aiment, comme nous, les matelas fermes, sont très bien. Il faut aussi accepter le va-et-viens constant durant le jour des vendeurs de bébelles qui apparaissent dont ne sait où et qui changent durant le parcours. On est spectateur, on est témoin aussi de trafic de marchandises. On voit passer des caisses et des caisses dont ne sait pas trop quoi. Les caisses de vodka transitent aussi de wagon régulièrement comme si il y avait un jeu de chat et souris. Chaque espace du train est utilisé pour placer quelque chose : des pastèques, du stock de marchandises, des sacs emballés à double et triple tour de ruban adhésif. Des billets s’échangent, des commentaires à voix basses aussi.  Il faut sortir de sa zone de confort et de nos critères de nord américain : quand ta voisine du dessous, une vielle dame rote fortement et régulièrement et que personne ne semble moindrement être perturbé par cela, et bien tu fais avec même si à chaque fois, cela t’interpelle. La seule chose qui m’a vraiment choqué et attristé : c’est de voir que les déchets de poubelles et des toilettes finissent soit jetés par la fenêtre le long de la voie ferrée et soit évacués par un trou sur les rails. Alors que de grandes manifestations ont lieu dans nos chers pays occidentaux, ici, on est à des années lumières de la prise de conscience environnementaliste. Sujet à réflexion …

Les passagers au début intrigués, ont certains osé nous parler. Toujours la même question : d’où venons nous ? et avons nous aimé l’Ouzbékistan ? Ils connaissent le Canada, le froid et le hockey mais sont intrigués de nous entendre parler français. Un des douaniers ouzbeks pensait d’ailleurs que nous venions de France car c’est en France que l’on parle français 🙂 À ce sujet, quelle gentillesse de la part des agents de frontière des deux pays, les uns nous remerciant d’avoir visité leur pays et les autres nous souhaitons un excellent séjour dans leur pays. Cela me permet de changer un peu d’opinion concernant l’accueil au Kazakhstan. En 2013, j’y étais venue seule et je n’avais pas eu de belles expériences très chaleureuses avec les locaux et les autorités, bien au contraire. Il fallait à l’époque se méfier de la police corrompue, prête à vous alléger de quelques billets pour n’importe quelle broutille. Serait-ce en voie de disparition ?  En 2013, le tourisme était inexistant et l’étranger était considéré comme suspect. Que venait faire une femme seule dans ce pays et surtout s’elle ne parlait ni kazakh ni russe. 

Aujourd’hui, je suis heureusement surprise par l’hospitalité et les sourires affichés sur les visages. 

Nous sommes donc arrivés, après malgré tout, une bonne nuit, à Aktau (je dois vous dire que je ne sais plus vraiment l’orthographe des villes que nous visitons : entre la graphie du pays, celle en anglais et ensuite en français, je suis un peu perdue). Un taxi nous attendait à la gare et mieux que cela, une femme taxi ! Malheureusement celle-ci ne parlant pas un mot d’anglais et nous pas un mot de kazakh, je n’ai pas pu savoir comment cela était de faire ce travail en tant que femme au Kazakhstan. Ce que j’ai pu constater c’est que beaucoup de femmes, contrairement à l’Ouzbékistan sont au volant. Un bon signe.

Pour faire une surprise à mon chéri et surtout le remercier de me suivre dans mes folies et de m’accompagner dans la réalisation de mon rêve, je lui (nous) ai offert une nuit dans un palace sur le bord de la mer Caspienne. 

Mon chéri, si ce n’était que de lui, s’épargnerait certains inconforts mais il est extra et me suit dans l’aventure. Vivre des « clashs » de situation, comme cela en 48 heures permet de savourer les deux. Alors, nous savourons ce 24 heures dans une belle suite avec une vue magnifique, dans un lit immense et une grande baignoire avec plein de bain moussant ! Chez nous, quand on avait encore un chez nous, je ne voyais pas ma baignoire, objet du quotidien. Actuellement, la vue d’une baignoire me réjouit 🙂 Je savoure mon « trempatouillage » et me délecte de ce moment de détente. 

Nous sommes accueillis comme des rois car dans cet hôtel, très peu de voyageurs occidentaux viennent. Il y a des Russes et des Kazakhs mais très rarement des Européens et encore moins de Nord-Américains. On nous fait visiter l’hôtel. On nous explique que le propriétaire est amoureux de Paris et a basé sa décoration là-dessus. Un petit côté kitch … Je vous écris du lobby renommé « Avenue des Champs Élysées. » La tour Eiffel sert de logo et l’effort est là pour essayer de donner une petite touche française. Comme quoi la France reste, encore, avec cette image de luxe et de raffinement… 

Moi, ce qui m’a étonné et impressionné c’est l’immense bassin extérieur, que je croyais être une piscine, qui est en fait une sorte de pisciculture d’esturgeons, seconde passion du propriétaire, et la salle privative et réceptive au sous-sol, un immense aquarium. On marche sur un sol de verre sous lequel les poissons se baladent. Nous avions réservé la salle pour souper en tête-à-tête et faire une dégustation de caviar dont nous n’avons jamais vu la couleur noire et brillante !

On nous  raconté qu’il y avait eu une mauvaise communication, qu’il faut commander le caviar et que là c’était trop tard. Difficile à comprendre quand tu te trouves dans une salle remplie d’esturgeons … Vraiment déçue mais un si petit problème… L’esturgeon grillé que j’ai mangé, était excellent.  Pour finir la journée magnifique coucher de soleil. Alors, je peux relativiser ma petite déception car quand même … je suis sur la mer Caspienne avec mon Ti Chouchou à admirer le coucher de soleil ! 

29/09/2019 – Jour 55

Matinée logistique : lavage, préparation de la suite du voyage au Kazakstan.

Noukous n’offre pas grand chose  comme attrait touristique mais ce qu’elle offre est de grande qualité. En effet, le musée des Beaux-Arts de Karakalpakstan possède une collection unique de tableaux de l’avant-garde et post-avant-garde soviétique rassemblée par Igor Savitsky. Ce grand amateur d’art, au risque d’être dénoncé comme anticommuniste, durant la période stalinienne, et d’être déporté en Sibérie, réussit à sauver plus de 90 000 oeuvres d’artistes réprimés, oeuvres qu’il entreposa dans les archives du musée de Noukous. Noukous est loin de Moscou et de son pouvoir totalitaire… Les tableaux furent oubliés du monde, tel un trésor enfoui dans les sables du désert. Ils ne réapparurent qu’avec la Perestroïka. Nous y avons découvert des grands artistes de cette période tels Robert Falk, d’Evguenni Lyssenko, de Liubov Popova, de David Chterenberg, d’Alexandre Volkov, de Sokolov lors de ses années passées au goulag etc. Pour les amateurs d’art, c’est un trésor qui justifie à lui seul le déplacement jusqu’à cette ville peu attrayante au fin fond de l’Ouzbékistan. 

Il nous fallait trouver ensuite un guichet automatique pour retirer un peu d’argent pour notre dernier 24 heures en Ouzbékistan et pour payer le chauffeur qui nous a emmené la veille au cimetière des bateaux. Nous pensions régler ça en cinq minutes et ensuite aller manger. Cela nous a pris plus de deux heures pour réussir à trouver un guichet où retirer avec une carte de crédit ! En Ouzbékistan, nous le savons payer avec une carte est rarissime. Nous avons jusqu’à présent toujours trouvé un guichet qui prenait le cartes mais à Noukous, difficile. Après plusieurs visite de guichet qui ne font pas de service avec Visa, Master Card ou Amex, nous avons fini, après 45 minutes, par trouver une banque ouverte en ce dimanche. Nous pensions avoir trouvé la solution, celle-ci acceptant de prendre la carte et de nous donner l’argent en échange. Cela aurait été trop facile ! La banquière étant derrière une vitre, elle a pris notre carte l’a insérée dans le terminal – nous y étions presque – et nous demande d’écrire notre code sur un papier pour qu’elle le rentre elle-même !!! Pourquoi ?? Parce que le fil de son terminal est trop court et ne peut passer dans le tiroir qui nous séparer… Euh, c’est une vraie blague !! Où a t’on jamais vu donner son code et de surcroit l’écrire ? Toutes les banques de ce monde disent le contraire : NE JAMAIS DONNER SON NIP ! Pour parodier Astérix ; « Ils sont fous ces Ouzbeks .»

Un jeune homme derrière nous nous explique en anglais (youpi) qu’il y a un guichet qui prend accepte les cartes Visa. Mon chéri sait où il se trouve. Nous nous dirigeons en direction de la boite au trésor. En chemin, nous apercevons un hôtel plus « luxueux », je dis à Claude que peut-être, il y aurait un guichet dans le hall. C’était le cas dans les autres villes. Nous entrons et malheureusement pas de guichet à l’horizon. Mon chéri demande si le guichet en question est proche et les deux jeunes gens à la réception nous renvoient en sens inverse de notre chemin. Mon chéri était un ti peu « pardu » dans la ville, ha, ha, ha. Cela fait juste une heure déjà qu’on cherche un sacré moyen de retirer de l’argent. 

J’active google maps : 12 minutes à pied effectivement en sens inverse. Demi tour toute et let’s go ! Nous voilà devant la machine à bidous. Claude essaie de retirer des SUMs mais joli message « Out of money ». Nooooon ! Il essaie une seconde fois en essayant de retire des dollars puisqu’il y avait une option $. Il veut des billets de 20 pour payer notre dû au chauffeur. Et que reçoit-il ? Un beau billet tout neuf de 100 $ !! Renooooon ! Comment faire la monnaie ?? Nous retournons donc à la banque pour voir si cela est possible. En faisant bien attention de ne pas froisser le dit billet car ici, ils ne prennent que des billets non froissés, pas abimés ni écornés. Mon chéri s’est fait refuser à l’aéroport de Tachkent un billet neuf car il était un chouia écorné … Ouf et enfin, après plus de deux heures de dédales, de retour à la banque, nous finissons par avoir ce que nous voulons.

Digne de Kafka ! Las de se balader à travers la ville et plus envie d’aller au restaurant. On s’achète un poulet grillé, des concombres, on fait des courses pour le trajet en train demain et on part manger à la chambre. 

Un lever encore très tôt, nous partons à 4 heures pour Aqtau sur le bord de la mer Capsienne au Kazakstan. 28 heures de train en classe Quart ! … À suivre … quand nous aurons du réseau ! 

28/09/2019 – Jour 54

Non seulement nous avons chauffeur (qui ne parle pas anglais) mais en plus, le jeune homme de la réception, parce que lui aussi veut exercer son anglais, nous accompagne.  Un guide local et un chauffeur, nous sommes comme des rois !

Aziz étudie lui aussi l’anglais pour devenir interprète et rêve, comme Abdourassoul, de découvrir le monde…

Avant de quitter la ville, nous passons par la gare pour acheter nos billets de train pour la prochaine destination : Aktaou, au Kazakstan. 28 heures de train en classe Quart ! Une véritable expérience … ouh, la, la !

Nous débutons notre journée d’excursion par un cimetière… Ce sera le thème de la journée !

En faisant la route de Noukous à Mouïnak, on passe par la ville de Khodjeïli, « la ville des hajji (pèlerins).  Il ne s’agit pas simplement d’un cimetière, mais d’une nécropole, la Mizdakhan, et d’un site plein de mystère et de légendes, où les pèlerins se recueillent encore aujourd’hui. En effet, chaque personne venant dans ce site doit faire une colonne de sept pierres. La quantité de pierre correspond au nombre de coupoles du mausolée de Chamoun-nabi, un des saints les plus vénérés de l’Asie Centrale, ayant eu sept filles.  On lui adresse ainsi une demande et le saint exhausserait nos voeux. Nous n’avons rien fait de cela mais admirer le site. Impressionnant.

À quelques mètres, les vestiges d’une forteresse sont encore présents. 

On poursuit le route …

Autrefois la mer d’Aral se trouvait à Mouïnak, là où nous allons à deux et demi de route de Noukous. Autrefois, il y avait une industrie de la pêche prospère à Mouïnak. Et la catastrophe se pointa le nez tranquillement, sournoisement : la mer fut vidée, contournée pour arroser les plants de coton de tout l’Ouzbékistan. Aujourd’hui, la mer est morte mais pas l’industrie du coton. 

La route est mauvaise, vraiment mauvaise au point que plusieurs fois, mon chéri se cogne au plafond à cause de trous dans l’asphalte. Moi, je vole presque dans la voiture … comme une plume. On en rit au lieu d’en avoir peur. On arrive enfin au cimetière des bateaux.  Il en reste une quinzaine. De gros bateaux de pêche rouillés, brûlés par le soleil sont là échoués sur le sable au milieu de nulle part, là ou en 1960, il y avait encore la mer. C’est tragiquement beau !

J’aime ces endroits, ces lieux abandonnés, ces épaves échouées…

Retour vers Noukous. Soirée à l’hôtel. Gros luxe, il y a une baignoire et j’ai pris un bain dans une eau délicieusement chaude et aromatisée. Un vrai petit bonheur ! Programme du soir : rien faire !

27/09/2019 – Jour 53

Bye Bye Khiva !

Nous revoilà vraiment sur le chemin de l’aventure. Dans le train pas un touriste à l’horizon et nous étions une dizaine dans le wagon. Vraiment tranquille. Ça fait du bien, une accalmie de foule. Le train s’arrêtant à deux ou trois gares avant notre destination Noukous, le bal des vendeurs de toutes sortes est un spectacle en soi. Le temps de l’arrêt, variant de 10 à 20 minutes, chacun essaie de vendre ses bébelles : des fruits, des magazines, des jouets en plastique, des bijoux en toc, des vêtements. Wow ! Pour une fois, personne ne nous proposait quoique ce soit. Pas de sollicitation. Nous étions observateurs, spectateurs de ce commerce, des négociations.

Arrivés à Noukous, on monte dans un taxi et pas de surenchère dans les prix. Pour faire 11 kilomètres, il nous en coûtera 10 000 SUMs soit 1 $US. C’est le tarif. À Samarcande, Boukhara et Khiva, un essaim de chauffeurs de taxi, vous tourne autour et certains osent même demander 10 à 15 $US pour la même distance. Évidement, peu informés, beaucoup de touristes tombent dans le panneau comparant le prix avec ce que cela leur coûterait chez eux. Mais ce n’est pas comme cela qu’il faut penser. 

Une fois, nos affaires déposées, nous sommes partis nous balader. La ville en soi n’est pas aussi sublime et attirante que les dernières que nous avons faites mais je ne suis pas là pour ça. Je suis là pour la mer d’Aral, pour le cimetière des bateaux que nous verrons demain. À la réception de l’hôtel, nous avons demandé un chauffeur pour demain. Le tout devrait s’organiser. 

En se baladant au marché, où mon chéri a fait réparer une ganse brisée de son sac à dos, soudain, un jeune homme nous a abordé, tout heureux semblait-il de trouver des touristes avec qui parler en anglais. Très poliment, il nous a expliqué qu’il étudie, à l’université, les langues : l’anglais et l’arabe, mais qu’a Noukous, il y a peu de touristes et qu’il serait heureux de se balader un peu avec nous pour papoter. Avec plaisir nous acceptons. Nous déambulons dans le marché et après 15 minutes, le trouvant sympathique, nous lui proposons d’aller prendre un verre. Nous passerons la soirée ensemble, échangeant sur nos vies et ses rêves. Ceux de partir découvrir l’ailleurs. Comme beaucoup de jeunes ici, il souhaite voyager et travailler en Europe pour une meilleure vie. Il nous parle de lui et de son amour non déclaré pour sa jeune professeure d’anglais, une Américaine de son âge qu’il trouve si belle. Abdoulrassoul voudrait lui avouer ses sentiments mais il est top gêné. Ah l’amour !

Nous nous quittons et nous lui souhaitons le meilleur. Une belle soirée totalement inattendue où nous avons ri et beaucoup échangé. Voilà ce que j’adore en voyage : les rencontres fortuites. 

En rentrant à l’hôtel, la journée du lendemain est organisée. À 9h00, le chauffeur sera là. Impatiente de voir enfin cette mer d’Aral…

26/07/2019 – Jour 52

En arrivant hier, nous avons décidé de sortir de la ville aujourd’hui et de visiter les alentours : les forteresses du désert. Au nombre d’une dizaine dans un rayon d’une centaine de kilomètres de Khiva, nous en avons fait trois, les plus importantes et imposantes. Le chauffeur était au rendez-vous, Atanar, souriant de toutes ces belles dents en or et bredouillant trois mots d’anglais. Parenthèse hygiène buccale : il parait qu’il en coûte encore de nos jours moins chers, ici, de se faire mettre des dents en or que d’utiliser les nouvelles technologies. Beaucoup, tant femmes que hommes ont les dents en or. Bling, bling 🙂 Certains rappeurs devraient venir faire leur « golden smile » et leur plombage ici 🙂

L’excursion dure à peu près six heures. Nous montons dans la Chevrolet blanche et c’est parti mon kiki ! Nous avons remarqué le nombre incroyable de Chevrolet en Ouzbékistan. Nous avons appris aujourd’hui que les voitures sont construites ici et ensuite exportées. Ces dernières ici, toutes marques confondues, sont un, blanche à cause de la chaleur et deux, au gaz naturel soir méthane, soit propane. Et fait intéressant, lors du plein, seul le conducteur doit entrer sur le site de la station faire le plein de gaz. Tous les passagers doivent attendre à l’extérieur, par mesure de sécurité. Il y aurait des accidents parfois … Boum, boum !

Sur le chemin, nous traversons des champs et des champs de coton. C’est le temps de la récolte. C’est la première fois que je vois de visu un champs de coton. Bien évidement, je dois photographier.  Nous apprenons par le fait même que cette culture a eu pour conséquence, une grande catastrophe écologique, l’assèchement de la mer d’Aral. Nous nous y rendrons pour constater du désastre et visiter le cimetière de nombreux bateaux de pêche. Désolant et consternant !

Journée archéologique des forteresses de Toprak-Kala et d’Ayaz KalaLa forteresse de Toprak-Kala était la résidence du roi de l’empire perse Khwarezm au 1er siècle. La ville fortifiée avait une forme rectangulaire entourée de tours carrées. La galerie inférieure servait au logement et au repos des guerriers, et la galerie supérieure au combat.La forteresse d’Ayaz Kala (2ième siècle) profite d’un emplacement unique perché sur sa butte dominant le désert ! Point stratégique pour observer les éventuels dangers. Sortir de la ville, ça fait du bien

Nous avons lunché avec Atanar dans un restaurant local, le long du chemin du retour. Mon chéri et lui communiquait grâce à Google translate. Comprenant le russe mais qu’en cyrillique, Claude traduisait ses phrases du français en russe et voilà… Merci la technologie quand même. 

Depuis, que je suis arrivée en Ouzbékistan, j’ai découvert le Plov, plat national. Base de riz aux légumes avec de la viande soit du boeuf, soit du mouton. C’est succulent, savoureux … J’ai donc mangé un Plov, mon chéri des Shashliks, des grillades, avec salade de tomates et concombres frais, frais, frais.

De retour, à Khiva, nous constatons avec étonnement que notre chambre a été faite, impeccablement, que la toilette est réparée et que nous avons droit à 20% de rabais au restaurant si nous décidions de souper là. Voilà, ce que j’appelle savoir réagir professionnellement et être à l’écoute des clients. Nous souperons effectivement sur la terrasse pour assister au sublime coucher de soleil. C’était planifié avec ou sans rabais. Nous quittons demain matin. Khiva m’aura laisser un goût mi amer – mi sucré. La ville est incontestablement sublime et vaut le détour mais l’atmosphère très (trop) touriste lui fait perdre son charme. Khiva est à vivre au petit matin quand la foule est encore endormie. 

25/09/2019 – Jour 51

Réveil en plein milieu de la nuit pour prendre le train qui nous mène vers Khiva.

Notre train part à 4h14. Selon notre hôtesse, il nous faut partir à 3h00 pour arriver à la gare qui se trouve à 15 kilomètres en dehors de la ville afin de ne pas stresser et d’avoir le temps de passer la sécurité et le contrôle des passeports. C’est le mari de Lola, dont je vous ai déjà parlé, Javlor qui doit nous emmener. Réveil donc à 2h30 pour finaliser notre sac. À 2h50, nous sommes dans l’entrée. À 2h55, personne ! À 2h58, toujours personne, à 3h00, pas de Javlor en vue… Les chambres donnant toutes sur la cour intérieure, j’ai repéré la leur. Il semblent vivre là, ou du moins lorsque l’hôtel est plein. Comme il faut réveiller un homme, je dis à mon homme d’aller frapper. Toc, toc, toc, Javlor ronflait encore dans les bras de Morphée ! En deux secondes, il est debout et à 3h05, nous sommes dans son auto en route vers la gare. 20 minutes plus tard, nous arrivons. Les gardes contrôleurs de passeports dorment dans leur guérite à point fermé. Nous n’allions pas les déranger. Dans la gare, passage de sécurité fait. Je fais sonner le système en passant sous la porte de contrôle. On ne me regarde même pas et me laisse aller sans problème. Il faut croire que je n’ai pas l’air trop dangereuse. Contrôle du billet de train et voilà le tout est réglé. 

Ce dernier entre en gare et il est temps de monter. Wagon 11 et là, tadam, belle surprise, nous sommes dans un wagon lit. C’est un train de nuit venant de loin. Un train de nuit avec des wagons classe Quart, c’est-à-dire, un wagon dortoir. En Russie, nous savions qu’il y a 54 lits dans ce genre de wagon. Cela semble y ressembler.  Presque plein, tout le monde dort ou ronfle et nous découvrons que nos places sont les deux couchettes du haut au dessus de deux dames profondément endormies. Nous suit un petit groupe d’Italiens qui semble en état de choc. Ils sont grands et comme mon chéri, la montée devient loufoque et un fou-rire collectif nous prend car les hommes non vraiment pas le format local. Mon chéri a les pieds qui dépassent et un de nos voisins a toute la difficulté du monde à grimper sur sa couchette. Après plusieurs pirouettes, tout le monde a trouvé son nid. le train redémarre. La lumière s’éteint et nous pouvons poursuivre notre nuit. 

Arrivée prévue à 10h52. Vers 8h00, nous comprenons qu’il nous faut rendre les draps et descendre sur la couchette inférieure pour finir le trajet assis. Les dames dessous ne sont nullement accueillantes. Deux touristes, comme nous, venant de Russie. Nous ne pouvons rien aux règlements. Ça a l’air de fonctionné ainsi. Quelle que soit la nationalité, l’amabilité n’est pas donné à tout le monde. Dommage…

Nous voilà, arrivés à Khiva. Notre hôtel, référé par le grand dormeur Javlor est au coeur de la vieille ville, à près d’un kilomètre de la gare. Google, auquel il ne faut pas toujours se fier, nous indique 2,9 kilomètres et un itinéraire vraiment étrange. Nous y allons à la fois avec notre pif, à la fois avec le GPS, essayant de me repérer grâce aux photos vues sur le web. Nous finissons par arriver, avec difficulté, dans de petites ruelles, non loin de la Citadelle où le Mirza Boshi devrait se trouver. Après avoir demandé à trois personnes qui chacune nous donne une direction différente, nous tombons sur une maison avec un vieux panneau de bois indiquant Mirza Boshi B&B. Nous frappons. Nous entrons. Nous demandons. On nous répond que ce n’est pas là mais à cinq minutes à pied. On commence à en avoir marre de tourner en rond… Par chance, une jeune-fille, nous accompagne au bon endroit. Le Mirza Boshi est aussi, nous le découvrons, un restaurant en plein coeur d’Itchan Kala, la vielle ville. Le propriétaire nous reçoit « bofement », sans bonjour, juste « C’est vous qui êtes référés pas Hélène Oasis ? ». Notre chambre est dans la maison familiale à côté. Il nous conduit à la chambre. Je lui dis que je suis un peu étonnée par son accueil, jusqu’à présent partout où nous sommes passés si chaleureux… Il ne dit mot. Nous prenons possession de la chambre. Deux lits simples, une baignoire pleine de cheveux et une lunette de toilette brisée mais vraiment brisée. La chambre est malgré tout propre. Nous n’avons pas dormi ou presque pas. Il fait très chaud. Nous prenons la décision de rester au moins pour la nuit. Pas du tout envie de passer la journée à chercher un autre hôtel surtout que nous venons de constater que la ville est très très très touristique. Trop ! Ça commence mal ! 

L’Ouzbékistan est, depuis deux ans, en plein essor touristique. Le gouvernement a fait enlever les obligations de visa pour 45 pays et depuis les touristes affluent. Le problème : les infrastructures ne sont pas encore là. La demande est maintenant plus importante que l’offre. Nous n’avions pas ressenti cela à Tachkent, car ce n’est pas une destination touristique. Les groupes y atterrissent pour les villes phares telles Samarcande et Khiva. À Samarcande, nous l’avons déjà ressenti. Des kiosques, des échoppes vendant un peu trop le même inventaire et le « made in china » prend trop de place … Ici, après deux heures de visite de la vieille ville, nous constatons que c’est pire ! Nous sommes à l’inverse de ce que nous pensions. Naïfs, nous avions cru que plus nous nous éloignerions, moins il y aurait de monde mais c’est le contraire. Cela n’enlève cependant rien à la beauté de la ville. C’est un musée à ciel ouvert. Flâner dans les rues d’Itchan Kala… on se croirait dans un décor des mille et une nuits. La ville fortifiée par laquelle on accède par 4 portes reliées aux point cardinaux, est ceinte de murailles de briques beiges de 10 mètres. Je comprends pourquoi elle est, depuis 1990, ajoutée à la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.  Des échoppes, des mosquées, des médersas, de nombreux musées font vivre la vielle ville. Ça fourmille. Ça grouille de touristes, d’accents du monde !

Je tapuscris et je lève les yeux, admirant les minarets et les dômes turquoise et vert de la cité. Il est 17h39, l’ancienne ville se vide tranquillement… Le calme s’installe.

Le propriétaire est venu nous présenter des excuses…

23/09/2019 – Jour 49

Réveillée affamée… alors quand l’appétit va, tout va !

Nous avons papoté avec des clients français qui venaient de faire un « trek » près de la frontière du Tadjikistan et de l’Afghanistan. Un peu trop téméraires, ils se sont fait dire de « vite » s’éloigner et de retourner vers le centre… Il faut être aventureux mais pas imprudents. Malheureusement, il y a des coins du monde où il ne fait pas bon se pointer le nez même avec la meilleure volonté et le sourire aux lèvres… Peu leur chaut (et j’ai ici une pensée toute particulière pour mon ami Robert… qui se reconnaîtra car nous sommes les seuls au Québec, je crois à utiliser encore cette vieille expression).

Il y a à voir et à découvrir à Boukhara. Ce qui est merveilleux dans notre cas et on le savoure, c’est de pouvoir y aller mollo, tranquillo ! Nous ne sommes pas « vraiment » pressés par le temps. Nous avons pris les jours qui suffisent pour visiter à notre rythme, c’est-à-dire, balade, pause, balade, contemplation, balade, admiration, etc… « No stress at all ! » 

D’ailleurs avant de repartir pour la soirée, mon chéri fait la siesta et moi, je rédige. Je suis juste un peu frustrée de ne pas pouvoir illustrer mon journal mais ce sera fait dès que le réseau le pourra. 

Nous avons entendu parlé d’une médersa ou madrassa, Tchor Minor, signifiant en persan : « quatre minarets ». Un peu plus excentrée du coeur historique, elle est encore peu visitée. Et tant mieux pour nous. Les quatre minarets, tous décorés simplement mais différemment m’ont beaucoup touché. J’ai aimé ce lieu. Moins de dorure, plus de simplicité, à taille humaine et surtout excentrée. Un petit moment de bonheur et là, je pensais (journée dédicace) à notre ange, celle qui nous avait tant soutenu pour le visa russe, Annie, et qui aime autant que nous l’Ouzbékistan. Une rencontre brève mais importante. Encore merci Annie !

À l’autre bout de la ville, le marché local. Comme la température a beaucoup baissé avec un petit 25 degrés venteux. Il est fort agréable de marcher. En chemin, totalement imprévue, petite folie … arrêt chez le coiffeur. Je reste coquette, du moins, j’essaie avec ma garde-robe minimaliste, et j’avais envie d’un shampoing et brushing pour laisser mes cheveux au vent. Après un gros 4 dollars, j’étais plus que satisfaite. J’ai même osé une petite touche « punky », cheveux courts rasés au niveau de la nuque. Je sais vous voulez voir … Je vous mets une photo bientôt !

Donc femme ravie, chéri ébloui… on continue vers le marché. Tout aussi exotique que celui de Tachkent et de Samarcande avec les mêmes produits. Nous y avons acheté du miel succulent pour le quart du prix que nous payerions au Québec. Mais il ne sert à rien de comparer… le coût de la vie et les salaires le sont sans doute autant. Incomparable.

Je vais aller réveiller mon chéri car, nous allons visiter un atelier de broderie … À suivre!

22/09/2019 – Jour 48

Je vais mieux beaucoup mieux après une longue nuit de 12 heures. Plus d’instabilités gastriques et surtout une nuit de réhydratation. Aujourd’hui, j’ai un seul mot d’ordre de mon chéri « boire ».  J’ai pris un petit déjeuner léger mais délicieux et nous sommes partis galoper dans Boukhara. Direction donc inverse de la veille, celle d’une imposante citadelle, nommée Ark. « Ark » est un terme persan que l’on peut traduire par « cœur de l’état », la ville dans la ville.

Ceinte de remparts hauts de 16 à 20 m, érigée au 7ième siècle en continuel agrandissement jusqu’au 16ième siècle, et couvrant une superficie de 4 hectares, la citadelle est le plus ancien bâtiment de la ville. La forteresse fut plusieurs fois détruite et reconstruite, au hasard des guerres ou de l’usure du temps, mais fut toujours le centre du pouvoir politique et culturel de la région. De nombreux émirs y ont habités jusqu’en 1920.

Aujourd’hui, se trouve un musée, mais également un endroit particulier, la mosquée Ul’dukhtaron, conservée malgré les destructions. Selon la légende, 40 jeunes filles y furent torturées puis jetées dans un puit par Nasrullah Khan, émir de 1827 à 1860. L’émir, très cruel, était par ailleurs connu sous le surnom de « boucher » par les Ouzbeks, donnant beaucoup de crédit à la légende. Horrible !

Émir Alim Khan – crédit photo Prokoudine

Non loin de là, de l’autre côté de la grande place, un monument tout aussi impressionnant : la mosquée Bolo Khaouz. Elle est d’ailleurs inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Ses piliers ornés de majoliques sont magnifiques. 

La « fraîcheur »  (25 degrés) s’est installée et nous avons mangé en soirée sur une terrasse avec une petite laine ha, ha, ha comme quoi, nous comprenons que la notion de froid se relativise…

21/09/2019 – Jour 47

C’est du train vers Boukhara, que j’écris. Un train où l’air climatisé n’existe pas et où chacun sue à grosse goutte. Dans deux heures, nous serons à Boukhara où il fera encore plus chaud qu’à Samarcande. Boire, boire et encore boire. Cela me rappelle un peu mon voyage en Inde où il faisait tellement chaud à Varanasi (env. 45/48 degrés) que je fondais à vue d’oeil alors que je buvais non stop. Nous traversons une région très aride, presque désertique. Des champs verdoyants apparaissent par surprise sans doute le travail d’un bon système d’irrigation pour l’agriculture. Les champs de blés et coton parsèment le paysage. Les vaches et les ânes cherchent l’ombre. L’été doit être suffocant ici. 

Nous venons donc de quitter Samarcande. C’est un réel trésor pour les amoureux d’histoire mais aussi de mosquées, de mosaïque et de majolique. Nous avons appris ce terme ici. Ce sont des mosaïques en trois dimensions. Un travail minutieux et superbe.

Découverte et visite du Chah-i-Zinda où se retrouvent 11 mausolées, tous aussi sublimes et ornementés les uns que les autres. Moi qui adore le turquoise, j’étais ravie. C’est phénoménal de voir le travail des ouvriers. Ce sont à mes yeux de réels artistes. 

Mon chéri ne se sentant pas très bien, sans doute à cause de la nourriture et de la grande chaleur s’est reposé à l’hôtel. Moi, j’ai continué à trotter. Comme nous étions hier avec la guide, je n’ai pas pu savourer le marché à mon rythme alors, j’y suis retournée et là, j’ai découvert la vraie face du marché, pas celle présentée aux touristes avec ses boutiques de gadgets et de souvenirs. Plutôt, celle des échoppes de tissus presque cachées au fond des ruelles. Les petits boui-bouis où tout le monde se presse pour manger. Les kiosques de jouets « made in china » pour les petits, les boutiques d’articles de cuisine. Pas grand touriste à l’horizon mais voir la vraie vie, reste mon réel plaisir. Voir de mes yeux, le quotidien. Tout simplement ! C’est aussi enrichissant que de voir les musées et les mausolées.

Soirée pizza pour permettre à l’estomac de mon chéri de se remettre. Ensuite, nous devions assister à un spectacle de danse folklorique recommandé par notre guide mais nous ne l’avons jamais trouvé. Même en demandant, trois fois, à des locaux le lieu, chacun nous renvoyant à des endroits différents. Heureusement, nous n’avions rien avancé comme argent. Deux billets étaient censés être réservés à notre nom… J’espère que deux autres personnes ont pu y assister et en sont ressortis satisfaits. De notre côté, comme il ne se passe jamais rien pour rien, nous avons pu voir le spectacle de son et lumières au Régistan, arrivant pile poil, par hasard au début du spectacle. Wow ! J’en avais la chaire de poule. Magnifique et envoutant. La musique nous transporte dans un autre univers, celui de l’Orient, des milles et une nuits ! Nous avons terminé en beauté, en admirant Samarcande de nuit et tout cela gratuitement ! Merci la vie. 

Le réseau internet est vraiment mauvais globalement en Ouzbékistan, alors j’écris mon journal mais je ne sais pas quand je pourrais le publier tout comme le précédent. Inch Allah … 

Je reprends le clavier de l’hôtel où nous sommes. Il est préférable en Ouzbékistan d’être à l’hôtel et non, avec AirBnb ou Couchsurfing, car chaque personne ou établissement qui vous héberge doit vous enregistrer sur une plateforme auprès du gouvernement et vous émettre un reçu. À la sortie du pays, il y a un contrôle à ce sujet. Voilà pourquoi nous sommes surtout en hôtel actuellement. Donc c’est de Hélène Oasis que je vous écris. Un établissement dont la propriétaire, une Française, porte bien son nom. Calme et fraîcheur dans le quartier juif de la ville de Boukhara. La propriétaire, Hélène, est une femme très accueillante, et qui nous a raconté son histoire… et toute une  ! Après plusieurs voyages fait en Ouzbékistan plus sous l’initiative de sa soeur que de son propre intérêt, elle est tombée sous le charme. Sans jamais pensé venir un jour y vivre mais la vie en décida autrement … De retour, en France, cette belle cinquantenaire, fait fasse soudainement à un divorce, une retraite anticipée, un peu obligée et la vente d’une maison. Un tsunami ! Elle s’interroge alors sur son avenir, sur ce qu’elle veut. Elle a quatre grands enfants, tous adultes et eux même sur le chemin de leur vie. Elle décide alors de changer de vie et de partir loin, là où elle est bien : à Boukhara. Elle quitte sa carrière de professeur de musique et part acheter une petite maison dans un quartier calme. Mais encore là, la vie en décide autrement car elle tombe en amour avec une grande maison dans la vieille ville de Boukhara et décide d’en faire alors un hôtel, sa maison à elle, dans laquelle elle recevra ses amis et des touristes. Déterminée et insouciante, dit-elle elle même, elle est passé à travers des jours et des mois de procédures administratives pour régler le tout et remettre en état l’établissement, ancienne résidence privée d’une grande famille juive. Elle a su s’entouré d’une belle équipe, de femmes extraordinaires d’ici à qui elle permet de travailler. Amusant de voir comment elles communiquent entre elle en « langue facile », allégée dans un français où les verbes sont à l’infinitif. Hélène baragouine quelques mots d’ouzbek. Sa précieuse Lola, son adjointe sait gérer et négocier fermement avec les hommes d’ici. Une belle équipe. Cette histoire est un beau cadeau. J’en retire que malgré les épreuves de la vie, il ressort toujours quelque chose de positif. Son chaos, lui a permis de changer de vie et d’être aujourd’hui, heureuse et indépendante. Elle partage sa vie maintenant, depuis 2009, entre la France et l’Ouzbékistan, avec ses enfants et petits-enfants et comme elle dit, sa seconde famille ici. 

Ce soir, c’est moi qui suis un peu mal en point, un mélange de deshydration et de gargouillement d’estomac. Je suis allée me coucher coucher tôt, exténuée et très faible. Je ne bois pas assez. Demain, cela ira mieux …

19/09/2019 – Jour 45

Alors avons-nous bien dormi dans notre petit oasis ? Absolument comme des bébés. Le quartier est calme et bien que l’hôtel familial soit plein, la nuit fut paisible. C’était un peu notre crainte car les chambres donnent toutes sur la cour intérieure. Les maisons sont ici ainsi construites. Les diverses pièces s’ouvrent sur la cour principale gardant ainsi la fraîcheur. Les températures sont encore élevées. Le « froid » commence à se pointer le nez en octobre. J’avoue que je ne pensais pas avoir de si belles températures encore en septembre. Au plus froid, ici, il fait -6 degrés et en été, 40 à 45 degrés. Rare est la neige. 

Et pour bien débuter la journée, rien  de tel qu’un copieux petit déjeuner !

En arrivant au coeur de la ville, de l’ancienne ville, on comprend pourquoi elle a été proclamée en 2001 par l’UNESCO carrefour des Cultures et site du Patrimoine mondial. 

Samarcande est une des plus anciennes villes de l’Asie Centrale et se trouve sur la mythique route de la soie, cette ancienne route commerciale qui reliait la Chine à la Méditerranée. 

Première journée hier à visiter, le site le plus proche mais non le moindre, le Régistan. Cette monumentale place, autrefois haut lieu d’échange du commerce de la célèbre route est maintenant un site touristique. Le lieu est tellement immense que même les nombreux touristes semblent des fourmis sur les photos. Il regroupait trois médersas, anciennes universités théologiques musulmanes et une mosquée du vendredi. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un site historique et touristique. Certains râlent de ce fait, moi, je m’en réjouis, ne serait-ce que pour admirer les sublimes dômes, les mosaïques.

Ce matin, relax et surtout écriture de mon dernier article sur Séoul et comme le réseau est ici mega, mega lent, cela m’a juste pris la matinée pour télécharger mes photos sur WordPress. 

Comme toujours, nous voulions en apprendre sur l’histoire de la ville. Aziz, le fils du propriétaire qui est aux petits soins avec nous, nous a déniché une guide francophone, Rouchana. À 12h54, j’avais enfin fini la mise en ligne de mon article pour Nomade Magazine et à 13h00, nous débutions la visite du coeur historique. 

Petit retour vers le Régistan, où nous avons mieux compris l’utilité du bâtiment et son histoire. Ensuite direction : Gour Emir, mausolée et lieu de sépulture d’Émir Timour, grand conquérant ou redoutable guerrier selon les avis, du 14ième siècle. Lors de ses conquêtes, il n’aurait pas hésiter à massacrer la totalité de la population des villes qui lui résistait, à l’exception des artisans qu’il déporta à Samarcande, sa capitale. C’est à ce titre qu’il se montra protecteur des arts et des lettres qui firent la grandeur de Samarcande.  “Timour disait souvent : “on peut voir la puissance de mon Empire rien qu’en regardant les édifices que je fais construire,” nous indique notre guide…

Nous avons pour le plaisir des yeux fait également deux autres mosquées et le marché de la ville où nous nous sommes régalés d’un pain encore tout chaud  «Osiyo» et de figues fraiches et succulentes.  

Ce soir, dîner dans notre petit oasis. On nous a servi un festin de roi fait de spécialités ouzbek, tels le hanoum (sorte de lasagnes aux tomates et agneau), une variété de salades et le tout accompagné d’un vin du pays, du village non loin de Samarcande, Venezia. 

Nous ferons assurément encore un beau dodo…

17/09/2019 – Jour 43

Nous sommes donc arrivés en Ouzbékistan, cette république d’Asie Centrale, indépendante de la Grande Russie depuis 1991. Et nous sommes arrivés à l’aéroport après 7 heures 30 de vol, accueillis à la douane sans aucun souci alors que Korean Airlines, nous avait mis un peu de stress. Aucune question sur le sujet de billet d’avion de sortie… et un très chaleureux bienvenu. Nous avons donc quitté l’Extrême Orient. Séoul fut le point le plus éloigné de notre route. Cet imprévu restera gravé dans notre coeur. Troisième mégalopole, on s’attendait à du monde et de la cacophonie ! Du monde, il y en a mais on ne sent pas le poids de cette telle densité. Tout est ordonné et très bien organisé. Un exemple : nous avons pu faire notre check-in et laisser nos sac-à-dos à la Gare de Séoul en plein centre-ville, l’aéroport se trouvant à 27 kilomètres de la ville. C’est avec notre petit sac-à-dos, allégés que nous avons pris le train grande vitesse (TGV) pour nous rendre à l’aéroport. Tout était pris en charge par Korean Airlines. D’autres compagnies offrent le même service. Un peu comme si de Place Ville Marie (Montréal) ou Gare du Palais (Québec), on vous transportait vos bagages, n’ayant à vous soucier que de votre transfert. Super service. Tout est efficace comme cela. Nous avons beaucoup à apprendre sur la gestion urbaine et du savoir-vivre en collectivité. Simple, ordonné et efficace !

L’Ouzbékistan, de ce que nous en avons vu jusqu’à présent, est en plein essor et se modernise. Payer avec des cartes de crédit relève de l’exploit et il y a enfin de nos jours des guichets automatiques, avant, il fallait arriver avec des liasses de dollar pour gérer les frais et souvent changer cela au marché noir. Cette époque est révolue. Les banques offrant un meilleur taux que le marché noir, ce dernier est mort de sa magouille.

Ici, nous sommes à nouveau millionnaire. Comme le « cash » est plus courant. Mon chéri a retiré 1 500 000 ! WOW et oui, 1 500 000 SUM ! 1 Sum = 0,14 cents CAD ! 

Question dodo, nous avons enfin pu tester (pour mon chéri) et refaire pour moi, du Couchsurfing. Le concept est simple, créer un profil sur la plate forme du même non et accepter de recevoir des hôtes du monde entier en échange être hébergé chez les locaux.  Durant mon voyage en solo en 2013 pendant cinq mois, de l’Algérie à l’Inde, je n’avais voyagé que par ce moyen. De belles rencontres et des moins belles … Saïd nous a donc accueilli chez lui. Nous devions y rester trois nuits. Mais Saïd travaille beaucoup, donc peu de temps à partager et surtout l’hygiène n’était pas du tout au rendez-vous. Nous avons tenu deux jours pour ne pas l’offusquer. Comme nous prenons le train tôt demain matin, nous avons prétexté, prendre un hôtel près de la gare pour ne pas le déranger et ne pas avoir à se lever aux aurores. Tout est passé comme une lettre à la poste.  Et savez-vous ce que mon chéri et moi, avions comme objectif en arrivant à l’hôtel ? Prendre une douche ! Un vrai délice quand on se sent un peu crasseux …

Hier, nous avons fait le marché, l’immense bazar de Tachkent, le Chorsu Bazaar. On pourrait y passer la journée. Il y a de tout et plus encore. Nous avons assisté à un petit spectacle de cirque. Une animation pour les enfants du marché, du coin, des rues. En fait, un spectacle pour tous, car nous nous sommes assis sur les marches et comme les enfants, nous avons fait des wow, des ha, des « bravo » et des « encore ».  J’avais plein de petits amis autour de moi qui étaient émerveillés. C’était beau à voir ! La naïveté et l’innocence des enfants.

À Tachkent, les distances sont longues pour aller des points d’intérêts l’autre. Il y a le métro et le taxi. Alors qu’à Séoul, le chauffeur de taxi est intègre, honnête et a un compteur officiel. Ici, le chauffeur de taxi est filou. Aucune course ne coûte plus de 10 000 à 20 000 SUM, soit entre 1 et 2 $US, pas cher mais il y a le principe. Deux fois, deux coquins, nous ont donné leur prix 20 000 SUM pour la course et en plein milieu, il demande à revoir la carte que je leur présente et nous font croire qu’ils se sont trompés et doublent le prix. Avec moi, cela ne marche pas. Je dis non, je dis stoppe et j’ouvre la  porte.  Ça amuse toujours mon chéri, car il sait qu’en matière ne négociation, je suis la reine. J’adore les bazars et les marchés pour cela. Je préfère marcher que de me faire prendre pour une idiote. Le coût est ridiculement bas mais une entente c’est une entente ! Les deux fois, les chauffeurs ont bougonné et ensuite ri car ils ont compris que je ne me laisserai pas faire. Mais globalement, une fois le prix établi, il n’y a pas de problème. 

Sinon, la pépite du jour, c’est la découverte du métro de Tachkent. Magnifique ! Certaines stations n’ont absolument rien à envier à Moscou. Juste superbes. 

Aujourd’hui, journée donc bien remplie puisque nous avons fait les principaux monuments. 

La Médersa Koukeldach

Le Musée Amir Timur 

La statue de Skver Im. Amira Temura

La Place de l’Indépendance

L’ensemble Hazrat Imam 

Le Canal Ankhor

Le cirque de Tachkent et bien plus…

On peut vous dire que ce soir, nous sommes crevés mais comblés.

Demain, le train, encore le train et j’aime ça ! Direction Samarcande connue pour ses mosquées et ses mausolées. Elle se trouve sur la route de la soie… À suivre

14/09/2019 – Jour 40

Plus nous découvrons la ville, plus nous l’aimons.

Hier, mon chéri et moi, comme nous n’avons pas toujours les même centres d’intérêts et surtout que nous n’avons que cinq jours ici, avons décidé de faire notre journée en solo pour mieux se retrouver. Mon chéri adore les musées, il peut y passer des heures à lire toutes les indications. Il s’en est donc donné à coeur joie au Musée de la Guerre qui porte principalement sur la guerre de Corée. En ce qui me concerne , j’aime également les musées mais  s’il faut choisir, je préfère flâner, découvrir les quartiers pour sentir l’âme de la la ville et avoir un aperçu de la vie, du quotidien, des beautés des villes et observer les gens. J’ai débuté la journée en allant acheté les billets de train, du TGV, à la gare principale, la Seoul Station. Ce serait bête de ne pas sortir un peu de la ville pour jeter un coup d’oeil sur la côte Est de la péninsule. En deux heures, avec le train grande vitesse, nous traverserons le pays d’Ouest en Est pour nous rendre sur la mer du Japon. Histoire de prendre l’air et de sentir les embruns. 

Donc revenons à hier, vendredi 13. Après les détails logistiques de transport, je me suis balader dans le quartier de la gare et malheureusement comme dans beaucoup de pays, quartier où les sans abris ou ceux éprouvés par la vie se retrouvent. Mais on ne ressent aucun sentiment d’insécurité et la Police n’est pas loin pour garder un oeil ouvert. Comme à New-York, Séoul a créée en plein centre-ville une passerelle végétalisée passant au dessus des voies ferrées. Un très beau concept et parfaitement aménagé. En ce jour férié, les touristes et les Coréens se promènent dans cet oasis de fraîcheur. La ville offre même gratuitement des ombrelles ou parapluies verts pour se protéger des ardents rayons de soleil. 

Ensuite comme une grande et sans difficulté, j’ai repris le métro pour me rendre dans le quartier des arts, à la Place des Marronniers. Je remarque à quel point la ville est organisée et propre. Par contre trouver une poubelle publique relève du défi…

Dans le métro, les toilettes sont impeccables. Puisqu’on est dans le sujet… Je suis passée par toutes les sortes de toilettes, des plus modernes, avec petits jets, aux plus rudimentaires, à la turque, mais toujours très propres. 

Le parc des Marronniers est le lieu idéal pour flâner. À vocation culturelle de la relève, le quartier offre pour les amateurs de théâtre, de danse, de musique,  des spectacles de nouveaux artistes qui se présentent généralement  pour la première fois au public. Quelques peintres y exposent aussi leurs tableaux. Enfin, des concerts et divers spectacles en plein air contribuent à faire du parc Marronnier un haut lieu culturel qui se veut un peu le Montmartre de Séoul.

Un peu plus haut, et avec un peu d’effort car la montée est rude par grande chaleur, se situe le Mont Naksan, le panorama sur la ville vaut les gouttes de sueur ! Magnifique ! Et pour finir en beauté et en couleur, je me suis baladée dans le quartier de Ihwa Mural Village où 70 ­artistes ont peint les murs et installé des ­sculptures un peu partout. ­J’adore car c’est une vraie ­«chasse aux trésors». Ici, l’art mural, ça se mérite car comme à Montmartre, ça grimpe sec. Les escaliers sont raides, l’ascension lente mais ça permet de prendre son temps… et ça tombe bien puisque plein de fresques et peintures ponctuent la montée.

Vous pouvez m’imaginer … des photos à la pelles !  L’endroit est vraiment inspirant, hyper coloré et surprenant. On retrouve même Le Petit Nicolas sur un des murs du village ! Très frenchy !

J’y ai dégusté une délicieuse salade. La nourriture est vraiment succulente et savoureuse depuis que nous sommes arrivés.

Avant hier, comme le temps était maussade nous avons fait un tour de ville en bus/trolley « Hop on, hop off » Un beau tour d’horizon et belle balade dans le centre urbain, dans le coeur des affaires, là où les édifices se font compétition sur leur nombre d’étages !

Une journée bien remplie encore une fois. Mon chéri et moi, nous sommes retrouvés dans le quartier Myeong-Dong.

Le quartier est extrêmement bondé et devient très animé lorsque la nuit tombe avec toutes ses affiches illuminées. Séoul, la ville aux milliard d’enseignes ! C’est le quartier parfait pour la street food, vraiment un autre lieu à ne pas manquer à Séoul. Ça grouille de partout et moi, j’adore !

À suivre …

11/09/2019 – Jour 37

Voilà notre première journée de découverte de Séoul. Nous avons décidé de commencer par l’aspect culturel et historique puisque demain et pour trois jours, les musées et palais seront fermés pour les jours fériés. 

Nous avons débuté par le sanctuaire Jongmyo et le palais Changgyeonggung. Pour y arriver nous avons emprunté le Cheonggyecheon, un agréable cours d’eau, au coeur de la cité, aménagé en une promenade de presque 6 km de long. L’eau y est limpide et les poissons, comme des rois.

Séoul est pour moi un immense « shopping center » comme ils disent ici. C’est la ville aux milliards d’enseignes et de néons. C’est phénoménal ! Lorsque nous sommes allés au centre d’informations touristiques, l’agent ne nous parlait que de centres commerciaux à visiter, à voir… Et nous en avons cure ! Nous sommes là pour découvrir la ville pas les boutiques… surtout qu’en sac-à-dos, difficile de gérer. Je me serais certes laisser tenter par deux trois bricoles mais pas de place ! Donc pas de place, pas nécessaire ! J’ai parfois l’impression dans cet immense marché de me retrouver à Istanbul. Dans ces quartiers entier dédiés à un produits : l’allée des vendeurs de luminaires, de boutons, de câbles, d’or. Chaque coin de la ville à son commerce spécifique ! On sait où aller pour trouver ce qu’il nous faut !

Séoul est une ville vraiment très agréable. Bien que troisième mégalopole du monde, on ne ressent pas la densité de la population. On y respire et comparativement à Oulan-Bator, on ne ressent pas la pollution. Il fait actuellement encore très chaud, 27 degrés mais en hiver, selon nos sources coréennes, en décembre/janvier, il y a de la neige et il peut faire jusqu’à moins 10 degrés Celsius.

Le Sanctuaire de Jongmyo, patrimoine de l’Unesco, est dédié aux membres de la famille royale de la dynastie Chosŏn. C’est le plus vieux sanctuaire royal confucéen. Interessant de noter qu’il y a une route dédiée aux esprits. La Corée du Sud semble avoir une grande spiritualité.

Ensuite, pause lunch et poursuite vers Changdeokgung ou Palais de la Prospérité. C’est l’un des cinq grands palais construits par les rois de la dynastie Joseon. Magnifique !

Nous avons trotté, trotté pour nous rendre dans le pittoresque et très photogénique village traditionnel de Bukchon Hanok. Beaucoup de touristes mais en y allant en fin de journée, c’est beaucoup plus agréable. Il faut savoir que ce quartier est réellement habité alors, il est demandé discrétion, voire même silence. Ce que je comprends tout-à-fait !

Retour dans notre quartier, Le centre DDP (Dongdaemun Design Plaza), gigantesque complexe multifonctions, qui se veut un quartier branché et touristique situé près de la porte Dongdaemun.

Nous sommes ensuite retourné à notre cantine, toujours aussi délicieux et typiques ! Ce soir, spécialité de Séoul, le Bibimpad, mélange de riz, de légumes, de bœuf émincé, le tout recouvert par un œuf au plat et des graines de sésame, accompagné de Kimchi, plat froid est composé de chou fermenté et mariné, assaisonné d’ail et de piment rouge. Impossible de passer à côté de cette spécialité.

Ce soir, nous sommes fatigués. Morphée, nous attend déjà … À suivre !

10/09/2019 – Jour 36

C’est avec un peu de nervosité que je prenais le vol ce matin pour Séoul avec la compagnie Mongolian Airlines, compagnie qui ne vole pas en Europe … Je dois avouer que j’ai pris une toute petite dose de pilule magique qui m’a permit de faire un beau dodo durant le vol de trois heures et surtout de rattraper le sommeil manquant étant donné la courte nuit. C’est notre formidable Bagui qui nous a amené à l’aéroport. Après un vol avec de petites turbulences, nous sommes arrivés à Séoul, capitale de la Corée du Sud. Au sortir de l’aéroport, on sent l’humidité et une chaleur de plomb nous tomber dessus. Différence de climat ! Autre grande différence, les infrastructures et la ville est ultra modernes. Un train grande vitesse dessert le centre ville de l’aéroport. Tout est impeccablement propre. 

Nous arrivons en milieu d’après-midi à notre appartement. Prenons le temps de nous reposer un peu et partons explorer les environs. Le petit appartement au dixième étage est très bien situé, en plein coeur de la ville. 

Nous y serons jusqu’au 15 septembre, préférant explorer la ville de nord au sud et de l’est en ouest plutôt que de partir dans les environs. Nous nous offrons une pause de route… 

C’est vraiment la grande surprise que de passer ces quelques jours dans cette mégalopole. Nous ne l’avions vraiment pas prévu mais nous sommes comme deux gamins vraiment curieux de découvrir Séoul. Nous tombons aussi à point nommé puisque ce sont les festivités de « Thanks Giving », ici qui débutent jeudi matin.

Nous nous sommes donc plongés dans la cuisine locale en allant découvrir le marché et en y mangeant une délicieuse soupe épicée, des dumpings succulents et fraichement frais. Nous avons aussi goûté le Mung Bean Pancake, la spécialité de Séoul que les locaux aiment boire avec l’alcool de riz ! On a testé et on a aimé. Le marché est à dix minutes à pied de l’appart. Ce sera notre cantine. Nous avons beaucoup aimé l’ambiance et spotté encore plein de trucs à goûter. Demain, on s’offre une grasse matinée après ces 10 jours intensifs d’excursion dans la sublime Mongolie.

Nous avons très hâte de découvrir la ville…. À suivre 

09/09/2019 – Jour 35

C’est d’Oulan-Bator que je reprends le clavier. Nous venons passer la nuit ici avant de s’envoler tôt pour Séoul. Nouvelle destination. C’est le coeur un peu tristounet que je quitte la Mongolie. Le pays qui m’a tant fait rêver et celui qui vient de me combler de bonheur. La réalité fut encore plus merveilleuse que le rêve.  Car dans la vraie vie, il y a eu le contact avec les gens, les nomades, leur hospitalité, leur sourire, leur générosité, leur simplicité et leur sagesse.

Hier encore, au détour d’un virage, au milieu de nulle part, derrière les montagnes de Tsagaan suvarga, aux couleurs pastels naturelles, un petit air de Cappadoce ou de la « Artist Valley » du parc de la Vallée de la Mort,  nous sommes arrivés à une fête locale, la fête des nomades chameliers. Tous les nomades de la région se retrouvent avant les grands froids, car ici c’est déjà l’automne selon le calendrier lunaire, pour célébrer la fin de la saison. Les célébrations se résument en concours de plus beau couple de chameliers, lutte mongole, course de jeunes chameaux, chants et danses folkloriques. Un vrai bonheur de pourvoir assister à cela. 

Le site, idéal pour camper et la température assez clémente pour ne pas frigorifier… Nous étions très bien équipés.

Test sac de couchage réussi ! Merci Latullipe 🙂

C’est dans un paysage d’imposantes formations granitiques que nous roulions hier. Le cadre est impressionnant. Une source thérapeutique spécifique aux yeux offrirait des miracles. Commençant, avec l’âge, une presbytie, je n’ai rien à perdre de tester et de me mettre quelques gouttes dans les yeux. Mon chéri m’a fait bien rire. Commençant à être un peu sourd, il s’est mis des gouttes dans les oreilles. Bon, on y croit pas trop mais on s’est prêté au jeu.

Nous avons fini la journée sous la yourte avec un petit 8 degrés. Sans poêle à chauffer, nous étions bien emmitouflés dans nos sacs de couchage. Nous avons terminé cette aventure sur un site enchanteur.

En revenant à Oulan-Bator, les embouteillages et encore les embouteillages mais nous avons fini dans un excellent restaurant où la nouvelle cuisine mongole n’a rien à envier à nos grands chefs.

En roulant vers l’appartement où nous passerons la nuit, nous avons croisé le cortège du mariage d’une grande vedette ici, Anu, qui rêvait sans doute d’être un jour une princesse 🙂

Mais voilà donc c’est la fin. La Mongolie restera à jamais gravé dans mon coeur et j’emporte avec moi tant de souvenirs, la mélodieuse voix de Nyamaa, notre guide, la sérénité de notre chauffeur Bagui et sa chanson préférée que nous avons entendu à peu près une centaine de fois durant dix jours, le sourire des enfants, les yeux complices des femmes et la pudeur des hommes, et bien évidement la beauté et la diversité des paysages.

La Mongolie, c’était surtout mon rêve, celui d’une gamine qui ne croyait jamais un jour pouvoir le réaliser. La femme que je suis, à l’aube de la cinquantaine, retrouve son coeur d’enfant en le réalisant. J’ai chevauché un magnifique cheval dans un cadre idyllique, le soleil m’offrant ses plus beaux rayons et les vents me chantant aux oreilles. 

C’est avec une immense gratitude et le sourire aux lèvres que je quitte le pays. Merci Mongolie !

06/09/2019 – Jour 32

Vraiment pas sérieuse Cendrine ! Me voilà qui doit rattraper plusieurs jours de journal. Pourtant, hier, comme vous l’avez vu sur la belle photo, je m’étais attablée pour travailler, pour écrire et mettre à jour mon journal.

Mais soudain deux sympathiques londoniens, un homme et son épouse ont commencé à papoter avec nous ; nous avons pris l’apéro et le temps est passé tellement vite que je n’avais plus une seconde pour écrire car il était temps de grimper sur les dunes de Khongor pour assister au coucher du soleil. Le lieu est une fois de plus sublime. Khongoriin Els, surnommée la dune chantante, n’est pas la plus grande du pays mais la plus visitée par la beauté des lieux. Ses dunes s’étalent sur 180 km de long et de 8 à 12 kilomètres de largeur. La plus haute dune culmine à 200 mètres de hauteur. Nous aimons l’effort mais pas la souffrance alors nous en avons monté une déjà pas mal haute pour pouvoir admirer la vue et l’immensité du paysage et surtout s’amuser à la redescendre en courant.  En haut, c’est tout simplement spectaculaire. Le vent souffle intensément. À 300 kilomètres à vol d’oiseau se trouve la frontière de la Chine. 

Alors pour revenir au jour précédent, nous avons découvert une autre région de la Mongolie, Bayanzag, région réputée pour ses sites de fouilles paléontologiques. Dans les années 1920, un explorateur Roy Chapman Andrews, un genre d’Indiana Jones a découvert dans la région des oeufs de Dinosaures … On se croirait dans le décor de Jurassik Park. 

Les imposantes falaises rouge ocre offrent des couleurs intenses lors du coucher de soleil. On se sent minuscule. 

Soirée au Gobi Tour… Voyager en Mongolie, c’est accepter d’autres normes de restauration et d’autres standards d’hébergement. Les fruits et légumes se font rares parfois. Difficile de respecter le guide alimentaire canadien, ha, ha, ha ! Simplement comprendre que les nomades mangeaient essentiellement de la viande et du gras l’hiver avec des produits laitiers car c’est ce qu’ils avaient et l’été, moins de viandes mais plus de dérivés de produits laitier. En ville, l’alimentation a changé, un peu, mais la viande reste l’élément essentiel. Les végétariens seront avertis. Mais la Mongolie, c’est surtout accepter de faire de la route, encore et encore pour découvrir le pays. La poussière avalée en vaut la peine.

Aujourd’hui, nous avons donc quitté la région des Dunes de Khongor pour explorer la vallée de Yol. Ce parc national, le plus grand de Mongolie, est tout-à-fait magique. À chaque coin de montagnes, on croirait voir apparaitre Gengis Khan et ses cavaliers. Le lieu est épique et grandiose. Le parc est reconnu aussi pour pouvoir observer des gypaètes barbus, d’immenses oiseaux charognards plus grands que les aigles. Nous avons appris qu’ici, il y a trois façons de « gérer » le corps des défunts après leur mort. Le moine exprime à la famille comment le mort doit « finir » : enterrer, incinérer ou manger par les charognards. Selon la tradition bouddhiste, ceci est une noble façon de rendre à la nature, ce qu’elle a offert. À son tour le défunt nourrit. Et ce dernier doit être mangé par un charognard plutôt qu’un autre animal. L’oiseau est plus pur qu’un quadrupède. Fascinant de découvrir tout cela. Voilà donc pourquoi le gypaète barbu est honoré.

Ce soir, était soir de camping ! Mais crotte de bic, dame Nature en a décidé autrement puisque la pluie s’est imposée. Retournement de situation … Le camping sera reporté. Nous dormons dans l’appartement d’un ami de notre chauffeur Bagi, le héros fort. Un appartement modeste qui nous mettra à l’abri des intempéries. Nous sommes donc ce soir à Dalanzadgad, chef-lieu de la province du Gobi du Sud…et mon chéri a même pu regarder TV5 pour se mettre un peu à jour des nouvelles internationales. Malheureusement, pas de Wifi, donc pas de Journal … dès que je peux, je mets tout cela en ligne … À suivre !

03/09/2019 – Jour 29

Nous avons quitté la sublime Vallée d’Orkhon, ses verts pâturages, ses cratères endormis, sa rivière bleu marine et surtout nos formidables hôtes.
Après une très, trop longue journée de route de 260 kilomètres de piste, nous sommes arrivés dans la région la rivière Ongi.


Nous avons pu admirer en route des peintures rupestres datant de l’âge de bronze.
Mais la journée a consisté à avaler de la poussière et à se faire brasser la cage. Un vrai mystère pour moi de comprendre comment il est possible de se repérer. Ici, il n’y a aucune indication, aucun panneau routier. On se repère aux montagnes… Bagi, notre chauffeur est le héros des routes !


En fin de journée, nous voilà au lodge. Un grand complexe entouré de petites montagnes. Le site est joli. Le lodge moins. On y sent la machine à touristes. L’accueil est ordinaire alors que depuis que nous sommes partis, l’accueil qu’il soit dans les écolodges ou chez l’habitant fut extraordinaire. Ici, au Secret of Ongi, on ne ressent aucune hospitalité. Nous sommes clients. On ne sent aucune authenticité, la yourte est meublée d’un lit et d’une commode, pas de poêle au centre de la pièce, pas deux colonnes porteuses symbolisant l’homme et la femme, maîtres des lieux.


En arrivant, je dois régler un problème de publication d’article pour Nomade Magazine. Je m’informe avec Nyamaa pour le Wifi. Payant, en fonction du nombre de Giga utilisé et le tarif pas donné 5$/G ! Je m’installe et prend en travaillant un petit apéro : une vodka de Mongolie, elle coûte le double de ce que nous avons payé jusqu’à présent. Aucun sourire ne s’affiche sur les visages… cela vient assombrir la légendaire chaleur et hospitalité mongoles.
Une fois, le problème réglé, je cours prendre une douche. Eau froide, odeur d’égout et conditions d’hygiène, pas formidable !
Le repas est dans le même ton. Viande trop dure, pommes de terre tièdes… la salade se compose de deux morceaux de concombre qui se battent avec un peu de chou et de betterave. 
Le Secret of Ongi sera à oublier.
Je réitère que jusqu’à présent, tout fut parfait mais ici comme ailleurs, il y a de bons établissements touristiques et d’autres moins.
Nous ne passons qu’une nuit ici et c’est parfait ainsi !
À suivre …

02/09/2019 – Jour 28

Le 2 septembre 2019, sera une journée inoubliable pour moi, une journée exceptionnelle, une journée unique : celle où j’ai réalisé mon rêve, celui de chevaucher dans les steppes de Mongolie. Je ne pouvais rêver un cadre plus exceptionnel et le soleil m’offrait ses plus beaux rayons, le vent une douce et chaude caresse. L’émotion était à son comble.

La journée fut unique également par ces rencontres. Nous avons débuté celle-ci par une visite du monastère Tuvkhun au sommet du Mont Shireet. Pour y accéder, il faut prendre un sentier à travers une belle forêt de conifères. Durant trois kilomètres, la montée se veut ardue pour arriver au sommet de la montagne, loin de toute civilisation. Là où le silence est roi, la méditation s’impose. En effet, loin des hommes et des villes, cet ermitage a été construit pour servir de refuge, au chef spirituel et politique, le Bogdo Gegeen au XVII siècle lors des invasions mandchoues.

Nous avons eu le grand honneur de pouvoir nous entretenir avec le chef du monastère, avec le moine suprême celui qui prodigue les sages conseils et nous étions tout ouïs.

J’ai osé lui demander s’il avait de précieux conseils quels seraient-ils ? Sa réponse fut : « Aime-toi, toi même ; apprend à te connaître ; sois bon avec tes ennemis ». Tout cela prend toute une vie et énormément d’efforts mais la sagesse à parler et c’est d’une telle simplicité…

Après des kilomètres de piste et de poussière, nous sommes arrivés chez nos hôtes. De vrais nomades. Les prochaines heures, jusqu’à demain, enfin, nous partagerons le quotidien avec la réalité : celle des nomades, de leur vie. J’ai déjà parlé de la grande hospitalité des Mongols et bien je contresigne. La rencontre fut extraordinaire. La famille Buyanbadrakh nous a accueilli en reine et roi. Nous avons eu à un festin de fête, à une promenade à cheval magique dans la vallée d’Orkhon. Les chevaux ici sont difficiles à maîtriser, étant habitués à vivre librement. L’Homme est une entrave. Borg, le maître de maison a su m’aider à « dompter » la bête et j’ai pu enfin réaliser ce rêve de gamine. Je suis si reconnaissante. Je lui ai dit qu’il était l’homme qui a permis cela. Celui qui restera graver à jamais dans ma tête et mon coeur pour ce si précieux moment. Une randonnée en silence au milieu de la steppe. Féérique !

Notre si souriante et magnifique hôtesse a préparé un succulent et savoureux plat de mouton, le tout arrosé de vodka de Yack. Inoubliable ! 

Nous avons regardé leurs photos de famille, écouter leur quotidien et beaucoup appris. Le problème générationnel semble récurent dans de nombreuses familles de nomades. Les jeunes ne veulent plus prendre la relève. Borg a un très grand capital de museaux. Il se demande comme le tout va perdurer… 

Nous avons eu aussi la « chance » d’assister à la castration d’un cheval … Il faut en Mongolie avoir le coeur solide pour assister à l’opération. Tout se fait sans anesthésie et dans les conditions les plus simples. On attache le cheval, on le met à terre et on opère. 

Les animaux sont en liberté et les prédateurs jamais bien loin. Un loup avait la nuit précédente attaqué un poulain et la blessure était profonde. Nous l’avons vu soigner la bête. Ici, il faut être éleveur, producteur et vétérinaire à la fois. Mais la sagesse reste encore reine… Borg croit en la sélection naturelle. Si le poulain doit mourir, il le fera mais assurément il essaiera de le soigner avant.

Nous avons donc dormi dans une vraie yourte : sans douche attenante, sans petite serviette aux huiles essentielles, ce que nous apprécions assurément. Notre yourte est composée de 4 lits simples et d’un poêle. Les toilettes … Voilà ma limite ! Il n’y en a pas… Il faut aller plus loin, un peu plus loin dans la nature. Voilà ! Mon système à ce stade se bloque et attend la première occasion plus « occidentale ». 

Ce fut une journée merveilleuse. Nous nous sommes quitté après le petit déjeuner, ce matin (03/08/2019), après des tartines à la crème de yack, en nous offrant l’un et l’autre nos petits présents.

Je n’ai pas assez de mercis pour leur témoigner de ma reconnaissance. 

31/08/2019 – Jour 26

Je suis vraiment comme une gamine aujourd’hui. Comme une petite fille à qui on vient d’offrir le plus grand des cadeaux : son souhait.

Je pars ce matin avec mon chéri pour 10 jours dans les steppes et les déserts de Mongolie. Je vis mon rêve. Et grand bonheur, nous avons une guide francophone, Nyamaa qui signifie gardienne du soleil et un chauffeur, Bagi qui signifie fort héros. La décision de louer une voiture est tombée rapidement à l’eau étant donné la façon de conduire et la route de piste. Avec notre Licorne noire, ce serait un jeu d’enfant avec une voiture de location cela pourrait vite tourner au cauchemar en cas de pépin.

Nous avons donc pris la route pour le Gobi sablonneux. En Mongolie, il y a 33 gobis (déserts). Après un petit arrêt au supermarché pour acheter des sucreries et des gâteaux pour les familles de nomade qui nous accueilleront et 260 kilomètres de route bitumée suivi de 11 kilomètres de piste, nous arrivons au campement. Au paradis ! Une trentaine de yourtes dans un éco-lodge sont magnifiquement situées au milieu du désert, aux abords des dunes. Ici, pas d’électricité. L’énergie vient de panneaux solaires, des serviettes chaudes aux parfums d’huile essentielles sont distribuées deux fois par jour pour la toilette. Les lieux d’aisance sont des toilettes sèches. Tout est pensé pour respecter la nature et les terres partagées avec les nomades des alentours. Les animaux sont rois et nous sommes sur leur terre. Le site est exceptionnel. Pause déjeuner et installation dans la yourte, traditionnellement décorée. L’orange est à l’honneur c’est la couleur de la prospérité. 

Mon chéri et moi en profitons pour faire une randonnée dans les dunes, seuls au monde. Nous croisons des chevaux, des chevreaux, apercevons au loin des chameaux et les oiseaux de proie nous espionnent.  Le silence est si paisible. L’immensité si enveloppante. 

Rendez-vous à 17h00 pour aller rencontrer une famille nomade. En fin de compte, nous apprenons que rien n’est organisée vraiment car les familles sont très hospitalières et se réjouissent de rencontrer aussi des étrangers. Nous arrivons donc sur un petit campement de quatre yourtes : trois pour les familles et une attenante en guise de cuisine. 

Nyamaa demande s’ils accepteraient de nous parler un peu de leur vie. Le chef, le père de famille acquiesce et nous invite donc à entrer dans leur foyer. Il a un savoir faire. Nyamaa nous a expliqué qu’on ne met jamais les pieds sur le seuil, qu’on rentre avec le pied droit et qu’on se dirige vers le soleil. Les invités prennent place au fond de la yourte les hommes en premier et selon l’âge. Comme je viens de loin, je passe avant le chauffeur, qui est un local, dans l’ordre de préséance. Tout un art et un savoir faire. Nous entrons donc timidement, un peu gênés de déranger. Je me sens toujours un peu mal à l’aise d’être considérée comme une « voyeuse » comme une touriste venant pour les photos mais ici, l’hospitalité est réelle et la générosité grande. Nos hôtes nous offrent le yaourt de lait de chèvre accompagné de fromage séché au soleil. Le yogourt est délicieux. L’homme de la maison nous offre, commençant par les hommes, sa blague à tabac. Il l’offre par la main droite et nous devons la recevoir par la même main. La façon de faire est de prendre avec la petite cuillère de la blague une petite poudre qui sent très bon, la déposer sur l’index gauche et la respirer. Nous nous sommes exécutés. Cela sent très bon. Une fois que tous les invités ont eu cet honneur, une verre de vodka de lait de chèvre est servi. Un goût unique. On ne sent pas fortement l’alcool davantage le fromage et il ne faut surtout pas en abuser car cela tourne vite la tête. Après avoir demandé à Nyamaa si je pouvais laisser mon verre, j’ai bu quelques gorgées et déposer ma tasse. Mon chéri a réellement fait honneur. Il a tout bu. Et on lui en a resservi une seconde tasse qu’il a laissé poliment. C’est tellement enrichissant ce partage. Nous apprenons donc que le chef possède quatre museaux – C’est ainsi qu’il compte les sortes d’animaux.  Il y a cinq sortes : les vaches, les yacks, les moutons et les chèvres, les chevaux et les chameaux.  Cette famille là ne possédaient pas de chameaux. Il a un grand élevage de 500 bêtes. Ils habitent sur cette terre durant l’été et dès le froid se déplacent vers le campement d’hiver où une petite structure de bois fixe permet aux animaux d’être un peu plus à l’abri de l’hiver. Il vit là avec sa femme, sa mère et deux voisins. Ses quatre enfants : deux garçons, deux filles, adultes, sont en ville et ne veulent pas reprendre plus tard l’élevage et vivre en nomade. C’est le problème des nomades. La nouvelle génération ne souhaite plus vivre ainsi préférant les commodités de la ville et avoir un travail fixe. Les petits enfants viennent passer les étés sous la yourte pour aider aux travaux. Chacun à ses tâches, la femme s’occupe de l’intérieur et de la traite, les enfants de veiller au bon rapatriement des animaux et à chercher les bouses de vache servant de combustible et le chef s’occupe de l’élevage et du commerce des bêtes ou des productions laitières.  Un bel échange, ils nous posent des questions sur le Canada, sur le Québec, sur le climat, sur le coût de la viande, sur les méthodes d’élevage. 

Il est temps de repartir et de ne pas les importuner davantage. Nous leur offrons nos modestes présents et nous remercions l’un l’autre sincèrement de cette rencontre. Je leur promets que je le ferai parvenir les photos prises et je tiendrai promesse ! La légendaire hospitalité des nomades est réelle. Souriants, accueillants, chaleureux, humbles et sages, ils composent avec la nature, le soleil, les saisons dans des conditions que nous trouverions difficiles mais quand je demande – via Nyamaa, aux femmes si elles trouvent leur condition éprouvante, leur style de vie difficile. Les deux répondent spontanément : pas du tout. Elles sont heureuses. Merveilleux !

Nous nous disons au revoir et merci : eux en français, nous en mongole. Merci la vie. 

Le spectacle de la soirée : coucher du soleil et ciel étoilé 

Ici on vit au rythme de la lumière du soleil…. À suivre !

30/08/2019 – Jour 25

Cela fait seulement 25 jours que nous sommes partis et j’ai l’impression que cela fait déjà des mois. Nous voyons tellement de choses, tellement d’informations à digérer, à enregistrer. C’est pour cela que le plus consciencieusement possible, je rédige ce journal. C’est ma mémoire, mon coffre à trésors. Je ne veux rien oublier de toute cette fabuleuse expérience, tranche de vie que nous réalisons. Dans plusieurs mois, quand nous serons réinstallés, je prendrai le temps de tout relire … Ce sera le voyage des souvenirs. 

Mais pour le moment, nous sommes les deux pieds dedans, intensément et merveilleusement. Nous refaisons un passage de quelques heures par Oulan- Bator (bof) pour mieux repartir pour dix jours dans la nature, loin du bruit et de la pollution. Nous venons tout juste de goûter aux beautés naturelles de la Mongolie. Comme je vous le disais, Voyages CAA Québec, avec lequel nous sommes très fiers de pouvoir collaborer, offre un séjour en Mongolie, un très beau circuit. Nous avons pu vivre une partie de leur programme et les chanceux qui viendront seront aussi assurément satisfaits de cette expérience. Nous avons dormi sous une belle yourte avec toutes les commodités.

Les prochains jours, nous reprendrons notre rythme en voyageant et expérimentant diverses formes d’hébergement : yourtes dans un resort écologique , yourte chez l’habitant, éleveur de yacks et nous ferons même du camping dans les dunes de Khongor… Mon rêve sera aussi réalisé puisqu’enfin, je ferai du cheval dans la Vallée de l’Orkhon.  Merci la vie, vraiment merci.

Je profite donc de l’après-midi urbain pour faire la lessive et surtout planifier la suite de notre voyage … après la Mongolie. Nous avions planifié le Kirghizistan mais comme les conditions politiques sont un peu houleuses actuellement, nous avons changé nos plans, pensant nous rendre directement en Ouzbékistan. En regardant les billets d’avion Oulan-Bator – Tashkent, capitale du pays, j’ai failli avoir un infarctus tellement le prix était élevé : plus de 1000 $ le billet ! Nous avons donc fait des recherches pour des vols avec escale et le plus abordable, est par Séoul en Corée du Sud… et bien go, nous allons prendre quelques jours à Séoul, la troisième plus grande mégalopole du monde après Tokyo et Mexico avant de s’envoler vers l’Ouzbékistan. Après les steppes de Mongolie, ce sera un choc mais assurément spectaculaire à vivre. Jamais je n’aurai cru aller à Séoul ! Les surprises du voyage : être prêts à tout ! 

J’ai acheté une carte SIM mongole afin d’avoir du réseau durant les 10 jours prochains. Cela coûte une bagatelle : 7$CAD pour une carte SIM illimitée 10GB valable un mois. Cela aurait été un peu coco de s’en passer ! Je devrais donc être capable de continuer à donner des nouvelles et poster des photos. Je prépare aussi un vidéo car c’est tellement beau… À suivre 

28/08/2019 – Jour 23

Nous sommes millionnaires, si, si ! Enfin, ici, nous sommes tous millionnaires. Les prix sont en milliers ou en millions. Mon chéri a retiré 200 000 tugriks. Impressionnant, non ? Et vous vous demandez combien ça vaut ? Un petit 100 dollars CAD. Ça nous ramène à la réalité, hi, hi !

Programme du jour : En bus local, nous nous sommes rendus au mémorial Zaïsan, un chef d’oeuvre de l’architecture socialiste, situé sur les hauteurs d’Oulan Bator, dans le sud de la ville, là où les tours poussent à vue d’oeil. Des tours de quartiers chics. Les mêmes que nous pourrions trouver à New York. Un fait amusant, sur le toit d’un immeuble plus classique, une yourte trônait.

Le mémorial rend honneur à l’amitié mongole-russe. Il est orné de mosaïques et de reliefs où l’on peut apercevoir Lénine et Staline. La vue panoramique sur la ville est vraiment impressionnante. 

Pour revenir vers le centre ville pour poursuivre notre journée culture au musée national de Mongolie, il nous fallait à nouveau prendre le bus. Là, nous avons compris que la notion de temps et d’horaire n’existe pas étant donné les monstrueux embouteillages et que la notion de bulle, celle qu’on aime tant protéger chez nous est inimaginable. Nous avons pris un bus bondé comme jamais je n’avais vu. Entassés comme des sardines, c’est vraiment l’expression. On ne peut pas être plus collés serrés. Réussir à sortir est un exploit. Il faut oser jouer du coude sinon tant pis, le bus continue. Des normes sociales auxquelles nous ne sommes pas habitués. Autres pays, autres moeurs. 

Nous avons réussi à nous extraire du bus pour respirer un peu de calme au musée. Ce dernier permet vraiment aux visiteurs de voyager à travers l’histoire offrant un autre panorama celui de sur la culture mongole  depuis l’âge de pierre jusqu’à nos jours. On peut y admirer de sublimes costumes de cérémonies traditionnelles et comprendre un peu plus, la richesse et la dureté de l’histoire à travers laquelle la Mongolie est passée. Oppressée, envahie, dominée à tour de rôle par ses voisins : la Russie et la Chine, elle a obtenu enfin son indépendance en 1921. 

Concernant les costumes traditionnels, il faut savoir qu’il y a plus de 20 groupes ethniques en Mongolie et que chacun à son costume reflétant leur tradition. La majorité des costumes ont la même particularité porter les boutons du côté droit et un col haut. Il y a trois catégories de costume : ceux pour tous les jours, ceux pour les cérémonies et ceux pour les officiels. Les couleurs sont à l’honneur et les ornements tant pour les hommes que pour les femmes sont superbes. D’ailleurs, je reviens sur les petites flasques que nous avons vu au marché. Au musée, nous en avons vu de sublimes en pierres précieuses et nous avons compris que ce sont des fioles pour priser le tabac.

Petite, je jouais aux osselets et je viens d’apprendre que c’est un jeu qui vient de Mongolie et d’Asie.  

Mais le plus excitant de la journée est que nous avons organisé, enfin, la suite de notre séjour. Grâce à la précieuse collaboration de CAA Québec, nous avons été mis en contact avec leur agence partenaire, car Voyage CAA Québec offre un superbe circuit en Mongolie. Nous allons le vivre un petit peu. Je ne vous dis rien. Vous allez le découvrir en même temps que nous… ou presque car je ne suis pas certaine que nous aurons du réseau. Je me réjouis de sortir de la ville, de respirer enfin le grand air et de lâcher mon masque !

À suivre … car c’est le début de la réelle aventure et de mon rêve ! Je suis si reconnaissante. 

27/08/2019 – Jour 22

Ce fut surtout une journée de logistique. 

Nous avons fait un changement d’appartement. À notre arrivée, nous avons loué pour trois nuits. Nous avons décidé de rester deux nuits de plus afin d’organiser le reste de notre séjour en Mongolie. Nous aurions pu resté dans l’appartement , très bien situé et moderne mais le canapé-lit était tellement petit et bancal que je craignais de rouler et me retrouver par terre en pleine nuit. J’ai même failli m’installer directement sur le sol. Nous avons donc déménagé pour un autre tout aussi central, plus spacieux et avec un vrai grand lit. 

Balade dont au centre ville avec sac-à-dos plutôt que de prendre les transports en commun. Il y a ici tellement d’embouteillages que cela va plus vite à pied. Et qui dit embouteillage dit pollution. Oulan-Bator est la troisième ville la plus polluée au monde, avons nous appris. Depuis que je suis arrivée, je ressens un petit mal de tête sous jacent alors que j’ai très rarement mal à la tête. Mais le plus frappant est la gorge qui brûle, étant donné le monoxyde de carbone que nous respirons. C’est en à un point qu’aujourd’hui, je me suis acheté un masque, comme beaucoup ici, pour éviter un peu de m’encrasser les poumons de ses fumées noires qui sortent des pots d’échappement. La pollution est beaucoup plus forte en hiver. Elle vient essentiellement du moyen de chauffage qu’utilisent les habitants : le charbon.

Il me tarde avec impatience de quitter la ville et de trouver les grands espaces et la verdure. Là-bas, bas les masques !

Nous sommes en train d’organiser donc la suite de notre séjour : visite du parc national Terelj, excursion dans le désert de Gobi, séjour chez l’habitant et bien évidement dans une yourte Comme les distances sont longues, il faut une peu de planification. Il nous faut aussi prévoir la dates de départ et acheter notre billet d’avion pour notre prochaine destination. Claude ne se sent pas très à l’aise de voyager au Kirghizistan. La situation politique étant instable actuellement. Cela me déçoit mais je peux comprendre et accepter. Peut-être devrons nous directement nous rendre en Ouzbékistan.

Hier, nous avons passé la journée avec une guide. Ce fut fort intéressant et mon chéri a merveilleusement su raconter notre visite dans le temple Gandan Khiid. Nous avons fait un tour par le typique et immense marché extérieur de la ville, sommes sortis un peu du centre ville pour aller sur les hauteurs de la ville. Fort impressionnant de voir combien la ville s’étend. Les nomades se semi-sédentarisent pour profiter de la modernité de la ville. Certains restent, certains repartent et la guide nous expliquant que pour un tiers, la situation s’améliorait vraiment, qu’un autre tiers restait à peu près au même niveau et que le dernier tiers sombrait dans la grande pauvreté. 

Deux phénomènes sociaux sont à régler ici, toujours selon notre guide, l’alcoolisme et la violence conjugale. Le taux de divorce a explosé ces dernières années. Tout cela vient assombrir un peu l’image idyllique de la belle et naturelle Mongolie. Mais c’est la réalité et les Mongoles ont un le désir d’améliorer la situation. Il manque cependant une volonté gouvernementale. La corruption semble être aussi un fléau.

Voilà notre topo du jour… À suivre 

26/08/2019 – Jour 21 – par Claude

Je ne connaissais du Bouddha que l’apparence repue et bienheureuse, l’ayant toujours vu assis dans la position du lotus. Quand on pénètre dans le temple de Gandan Khiid, à Oulan-Bator, on aperçoit au début, à notre plus grand étonnement, que les pieds et les jambes d’une immense statue qui nous attend, debout quelques mètres devant nous. On entre dans la maison d’un géant qui ne peut que susciter respect et recueillement, le Bouddha doré. Son visage aux traits féminins domine, quatre ou cinq étages au-dessus de nos têtes, un corps de guerrier bardé d’une armure et doté de quatre bras. Dans la paume ouverte de sa main droite, il tient un miroir (le Bouddha voit partout), dans la gauche, une carafe d’eau bénite. Enroulée autour de ses bras et de ses mains, une écharpe aux couleurs de l’arc-en-ciel pend jusqu’au sol (le rouge pour la prospérité, le blanc pour la pureté, le vert pour la fertilité, le bleu pour le ciel et la sagesse et le jaune pour l’humilité et la renonciation).

Le gigantisme de ce Bouddha, dont la tête touche le toit du temple, contraste fortement avec la place plus que petite que font désormais les humains à l’intériorité et aux divinités dans leur vie de tous les jours. Peut-être était-ce là, justement, un des principaux enseignements du Bouddha (mort il y a environ 2500 ans), qui voulait nous libérer de tout désir et de tout attachement aux objets du monde extérieur ?… Les murs du temple sont couverts d’étagères où prennent place quelques milliers de poupées représentant une divinité, habillée d’une cape dorée, protégeant Bouddha. Les adeptes défilent dans le temple de gauche à droite, actionnant d’une main les nombreux moulins à prière qui contiennent chacun quelques milliers de textes tirés du livre sacré du bouddhisme. Dans les cinq ou six chapelles qui entourent le temple principal, des moines assis en rangées qui se font face (un peu comme nos députés à la Chambre des communes !) récitent à haute voix des prières imprimées sur des feuillets horizontaux empilés par centaines devant eux.

Les fidèles et les touristes entrent et sortent à volonté, une très grande tolérance régnant de toute évidence ici, et une très grande ouverture à l’égard des non-bouddhistes aussi.

Pour le touriste occidental que je suis, il se dégage de tout cela une atmosphère à la fois mystérieuse et paisible, une recherche d’harmonie avec les lois de la vie et de l’univers. D’harmonie, on en a tous besoin bien sûr, à commencer par les moines mongols eux-mêmes. Il faut en effet savoir que leurs prédécesseurs ont été pratiquement tous massacrés en 1937 par les dirigeants communistes du pays. Quelque 700 monastères ont du même coup été détruits.

Depuis 1990, l’effondrement de l’Union soviétique aidant largement, le bouddhisme mongol (et toute la Mongolie en réalité) renaît lentement de ses cendres. De multiples églises protestantes étrangères (évangéliques pour plusieurs, sans oublier l’église mormone…) en profitent d’ailleurs pour faire du prosélytisme dans le pays. Dans le temple bouddhiste, la photo du Dalaï-Lama trône sur l’autel. Drapés dans leurs étoffes jaunes, oranges et rouges, les moines entre-coupent leurs prières d’une musique dissonante (pour mes petites oreilles sclérosées) jouée sur des instruments inconnus. Mystérieux, intriguant, envoûtant. Selon notre guide « Lonely Planet », les Mongols eux-mêmes renouent avec leur religion traditionnelle sans en comprendre toujours la signification. Cinquante ans de communisme ont créé une rupture culturelle. Le « progrès » socio-économique qui accompagne le capitalisme étant clairement sur sa lancée ici, comme dans plusieurs autres pays émergents, il est bien difficile d’entre-voir comment l’âme mongole trouvera ses repères dans le monde de demain. Après les conquêtes militaires de Gengis Khan en Europe et en Chine au Moyen-Âge, la colonisation mandchoue (XVIIe et XVIIIe siècles) de la Mongolie et soixante-dix ans de communisme (1924-1970), c’est un peuple d’éleveurs nomades qui prend actuellement le virage de la modernité technologique et économique en renouant avec ses traditions.

24/08/2019 – Jour 19

Nous y sommes. Je suis en Mongolie. C’est mon rêve. Ne me demandez pas pourquoi. J’ai depuis des années ce rêve de venir en Mongolie, d’y faire du cheval et si possible de conduire à travers les steppes. Mon chéri me dit que je devais être une nomade mongole dans une autre vie traversant les steppes à cheval … peut-être, qui sait …?!?

Je viens également de réaliser un autre rêve : voyager à bord du Transsibérien. C’est fait! Et pour finir en beauté, je nous ai gâté. Nous avons voyagé en première classe. Tous les deux en amoureux, dans un compartiment fort confortable, pour ces quinze dernières heures à bord du train pour quitter la Russie et entrer en Mongolie. Nous étions six passagers dans tout le wagon. Et fait cocasse, nos voisins étaient … ? Canadiens ! Un couple de l’Alberta qui vit depuis plus de 15 ans en Mongolie, à Oulan-Bator. Ils dirigent un « Canadian Christian Relief and Development Organization ». En gros, ils semblent faire de l’aide humanitaire et médicale. Étonnant ! L’autre couple, des Asiatiques ne sont pas sortis de leur compartiment. Je peux vous dire que c’était calme à bord du train et c’est tant mieux car nous en avions besoin pour le passage des frontières. Ce dernier peut parfois durer des heures et je me suis dit que si c’était le cas, autant être dans les meilleures conditions pour attendre. Vers 22h25, le train s’arrête en gare. Nous avons dix minutes pour nous dégourdir les jambes et ensuite nous sommes confinés à nos places pour attendre la police frontalière russe. 22h40, tapante, une première policière souriante entre et prend nos passeports en nous dévisageant pour vérifier les photos. 23h00, une seconde policière, sans émotion, entre dans le compartiment et nous demande de montrer nos bagages. Je montre mon sac-à-dos, l’ouvre. Elle semble satisfaite ne demandant même pas à Claude d’ouvrir le sien. 23h15, rentrent un policier et un militaire, ni l’un ni l’autre diplomates ni sympathiques et nous demandant de sortir du compartiment pour le fouiller. Nous attendons quelques minutes dans le couloir. Tout semble en ordre. Commence alors l’attente pour récupérer nos passeports avec le tampon de sortie. Trente minutes, une heure, une heure trente et voilà que revient enfin la première policière tout aussi souriante et nous dévisageant à nouveau avant de nous rendre nos passeports. Ouf, c’est fini ! Réglé pour la Russie. Encore plusieurs longues minutes à attendre car le contrôle ici est sévère. Le train est fouillé également de l’extérieur. Il semblerait qu’il y ait beaucoup de trafics divers entre la Russie et la Mongolie. Notre prochaine étape : la frontière mongole.

40 kilomètres plus loin, second arrêt. Nous entrons en Mongolie. Même processus mais là personne n’est souriant, par contre tout le monde parle parfaitement anglais et connait le mot « please ». En entrant, en Mongolie, nous voyons des soldats, sur le quai, faisant le salut militaire. Impressionnant. Lorsque que le policier responsable des passeports entre dans notre compartiment, celui-ci nous somme de nous lever pour lui parler. Nous nous exécutons sur le champ pas le temps de rigoler. En deux heures, tout était réglé et nous pouvions enfin repartir et profiter de nos moelleux matelas pour les dernières heures de la nuit.

Arrivés à Oulan-Bator, Capitale de la Mongolie, à 7h18. Anne et Sam, nos voisins canadiens, nous montrent où se trouve le guichet automatique et nous les remercions pour leurs conseils et leurs recommandations. Nous nous quittons. Chacun poursuivant son chemin. 

Nous déposons nos sac-à-dos à la consigne. Nous viendrons les récupérer plus tard car un – la gare n’est pas loin et deux – parce que notre appartement ne sera prêt que vers 13h00.

Nous allons donc faire un premier tour de repérage sous un ciel radieux.

Ce qui frappe en arrivant à UB, comme elle est régulièrement appelée, c’est la pollution ! En effet, la capitale de la Mongolie, bien que peu peuplée (un peu plus d’1 million d’habitants, soit presque la moitié de la population du pays) est une des villes les plus polluées du monde. Le climat rigoureux oblige les familles vivant dans les yourtes à se chauffer au poêle à charbon… Et encore nous sommes en été, j’ose à peine imaginer ce que c’est en hiver. Le grand ciel bleu est voilé d’une fine couche grise de particules.

La ville grouille. Beaucoup de monde, beaucoup de circulation. Il faut même faire très attention. Le piéton, ici, on s’en fout. Je ne rigole même pas. Il est recommandé aux touristes de faire très attention parce que même si la lumière est verte pour les piétons, des voitures foncent tout de même. Il faut donc être très attentif lorsqu’on traverse. Ça conduit à coup de klaxon. La ville est très étendue. Tentaculaire. Plus loin, on retrouve des petites maisons et des yourtes « sédentaires » et plus on est au centre, plus les tours sont hautes. À croire que la modernisation passe par la création d’immenses buildings. On s’entasse. J’aime ma ville de Québec pour cela. On y respire ! Dans la capitale mongole, ça bouge, ça avance certes mais la pauvreté est aussi présente et le fléau de l’alcoolisme un problème sérieux. À 8h00, ce matin, un homme a rempli devant nous sa bouteille de coca de vodka. Ouf, ça booste une journée ça !

Nous nous rendons directement sur la gigantesque place Sükhbaatar, coeur de la ville. Celle-ci a de vrais airs moscovites. Après une belle balade, nous sommes retournés chercher nos bagages et direction l’appartement. Très bien situé et très bien équipé.

Comme nous savons que nous allons déguster de la cuisine mongole durant notre séjour. Nous avons été curieux de goûter la cuisine coréenne. Très bonne et copieuse. 

Visite ensuite du « Mongolian National Modern Art Gallery ». Des oeuvres d’artistes mongoles superbes.

Après cette grosse journée, il fallait remplir le frigidaire. Nous sommes allés au Magasin général d’État, maintenant privatisé. Plus qu’un centre commercial, ce bâtiment, ex-lieu de ravitaillement officiel, est un point de repère essentiel pour s’orienter à Oulan-Bator. Dans ce grand édifice de six étages, se tient l’équivalent d’un grand magasin européen. Vive la mondialisation ! 

Soirée repos … À suivre !

22/08/2019 – Jour 17

Une journée vraiment vraiment enrichissante. Des découvertes, de la culture. Nous nous coucherons plus instruits ce soir. 

Nous avons commencé par la visite du musée ethnographie en plein-air, le plus grand de Russie, qui se trouve à 6 km en dehors de la ville. Pour s’y rendre, nous avons pris la marshroutka n.37, sorte de minibus de ville d’environ 20 places, personnalisée au goût du chauffeur. En montant, bien sagement, nous avons payé le 20 roubles par personne (40 cents). Durant le trajet, nous avons réalisé que les gens ici payent en quittant le bus. Intéressant à découvrir et que les passagers crient au chauffeur s’ils veulent descendre ou non.  Pas de petit piton pour aviser et encore moins d’arrêt systématique. D’ailleurs l’arrêt du musée ethno où nous sommes allés n’est même pas sur l’itinéraire officiel mais le chauffeur fait un petit détour d’un kilomètre pour satisfaire les touristes. Sympa !

Divisé en sept espaces, le musée est consacré à présenter les us et coutumes des diverses ethnies de la Bouriatie. On y voit notamment des stèles de l’époque des Huns, un camp évenk avec tipi, des yourtes bouriates traditionnelles, des maisons de vieux croyants et de cosaques, le tout en meubles d’époque.  Quarante constructions d’architecture diverses pour mieux comprendre la diversité culturelle et patrimoniale. Pour info : les « Vieux Croyants » sont un ensemble de groupes qui se sont séparés de l’église orthodoxe russe par leur refus des réformes introduites par le patriarche  Nikon en 1666 – 1667. 

Nous y avons passé l’avant midi avant de revenir en ville par le même moyen. Au retour, comme on dit : « À Rome, on fait comme les Romains ». Ici, nous avons fait comme les locaux, nous avons payé en sortant. 

Le tour de bus n’était pas fini puisque nous avons sauté, au même arrêt,  dans la marshroutka n.97 pour nous diriger vers le temple tibétain de la ville. Il se situe au nord d’Oulan-Oude. Perché, sur les hauteurs de la ville, il offre une vue panoramique sur la région et sur la rivière Ouda.  En entrant dans le temple, on ressent rapidement un sentiment de profonde sérénité, bercé par le « chant » des moines qui prient ou chantent. Le tout est mélodieux. Je suis assez ignorante question : bouddhisme. Ce que nous observons, ce sont des personnes qui ont acheté un petit billet et qui viennent les présenter aux moins pour que ceux-ci les lisent. Les gens se prosternent et font des offrandes (sucreries, fromage, etc.) Pas de foulard à porter, pas de contraintes vestimentaires, contrairement aux églises orthodoxes qui sont sévères sur ce point. Une très sereine et agréable atmosphère.

À l’extérieur,  le « Chemin de longue vie et jardin de bonnes pensées », sur ce chemin bien aménagé, il y a les petites cabanes pour tous les 12 signes de calendrier tibétain, avec une sculpture dans l’entrée et des mantras à l’intérieur. 

Je trouve juste dommage de ne pas avoir pu avoir un guide, nous en aurions pu comprendre vraiment les rites. Nous trouverons le moyen en Mongolie d’en apprendre davantage.

Je vous mets ci-dessous une photo illustrant le symbolisme des superbes fenêtres de bois. Pour le plaisir d’apprendre !

La journée n’est pas terminée mais, c’est l’heure de la pause à l’appartement avant de repartir manger en ville. Demain, c’est le Transmongolien que nous prendrons… Bye, bye Russie, à nous la Mongolie ! À suivre 

21/08/2019 – Jour 16

Nous voici donc en Bouriatie, une région de la Sibérie, la dernière avant la Mongolie. Ici, ce sera notre dernière visite en Russie. Après demain, viva Mongolia !

Nous avons fait le trajet depuis Irkoutsk, en troisième classe. Nous voulions l’essayer comme le trajet n’était pas trop long, 8 heures, et surtout pas de nuit. Connaissant mon chéri, je ne pense pas qu’il aurait aimé l’ambiance de nuit. La promiscuité est grande et l’intimité quasi nulle. J’ai voyagé pas mal comme cela en Inde dans les wagons dortoir. J’avoue qu’aujourd’hui, je suis prête à faire un compromis avec un compartiment pour 4 personnes mais 54, un peu moins. 

Nos voisins directs partaient eux pour  Vladivostok sur le Pacifique et une dame partait pour Iakoutsk, capitale de la République de Sakha, très très loin au nord de la Sibérie. Tout un trajet ! Quel immense pays, je le redis.

Mon chéri et moi avons fait une partie de carte et tous nos voisins qui ont vite compris les règlements, « jouaient » avec nous et donnaient des conseils à Claude. C’était vraiment amusant. Nous sommes même les vedettes d’un vidéo qui finira dans les familles iakoutes. 

Nous avons quitté le train pour sauter dans un taxi à la gare d’Oulan-Oude, capitale de la capitale de la république Bouriate. Initialement nommée Verkhneudinsk, elle fût rebaptisée en 1934 pour refléter l’idéologie communiste soviétique. Oulan-Oude signifie «uda-rouge» ou «porte rouge» en langue Bouriate.

Nous avons loué un appartement via AirBnb et nous sommes en plein coeur de la ville.

Après avoir déposé nos sacs à dos, nous sommes allés à la découverte de la ville. On fait vite le tour mais c’est un joli centre ville. Un monument intéressant est l’immense tête de Lénine qui trône sur la place centrale.

Cette tête est la plus grosse tête de Lénine au monde. Elle pèse 42 tonnes. Intacte, on raconte que même les pigeons ont peur de lui et n’oseraient déféquer sur la majestueuse statue.

Chez les Bouriates la nourriture à base de lait occupe une place importante. Selon une ancienne coutume, l’hôte était régalé, avant tout autre mets, par un produit à base de lait : de la crème, de la crème fraîche ou du lait tout simplement.

Il nous fallait déguster un plat de la région. Ce fut fait ! La spécialité locale (de Bouriatie), les « Buzza ». Il s’agit d’une sorte de raviolis géants remplie de viande de mouton. La viande baigne dans une sauce qu’il faut aspirer en faisant un petit trou dans le raviole. C’est très bon, mais sportif à manger sans s’en mettre partout !

Nous rentrons par la jolie rue piétonne où les musiciens de rue ravissent nos oreilles. 

La ville devient calme dès la nuit tombée. À suivre …

20/08/2019 – Jour 15

Julia, notre guide était au point de rendez-vous à 11h00. Comme le temps, aujourd’hui, était maussade, nous avons pris sa voiture, une mazda grise avec le volant à droite. C’est là que nous avons réalisé qu’une voiture sur deux a le volant à droite. Pourquoi ? Simplement parce que certains achètent en Asie – la Corée du Sud et le Japon ne sont pas loin –  ou en Europe – en transit via Moscou le kilométrage pour la livraison est cher. Celles au volant à droite sont ainsi moins onéreuses. À Moscou, il n’y a pas ce phénomène. Une autre expérience vécue : se faire conduire à Irkoutsk. Les gens conduisent très vite. Très très vite. C’est vraiment le chaos total et la règle première est à celui qui forcera le plus. Beaucoup, beaucoup de voiture n’ont plus de pare-chocs. Notre conductrice, elle, était comme un poisson dans l’eau, au volant. Nous, avec nos réflexes nord-américains, sidérés par leur style. La politesse n’existe pas au volant, ici. C’est au plus fort la route ! 

La visite guidée fut fort instructive et vraiment complémentaire à ce que nous avions lu. L’histoire de cette région est si riche et si empreinte de tragédies. Nous avons eu une belle leçon d’histoire en accéléré sur  les premiers explorateurs qui traquaient la fourrure le long des fleuves au XVIe siècle faisant d’Irkoutsk, une riche cité, de la révolté des Zeks du Goulag en passant par l’histoire des Décembristes et de leur courageuse femme qui se sacrifièrent pour accompagner leur mari envoyer en prison en Sibérie. Je ne vous refais pas le cours car cela a duré trois heures mais ce fut intéressant. Nous repartons un peu moins novices. 

L’après-midi fut beaucoup plus moderne et actuel. J’avais « spotté » lors de notre petit trajet hier avec notre taxi Ouzbek, un endroit qui me semblait fort intéressant pour le street art. En faisant une petite recherche, me confirmant le tout, j’ai découvert que Dorenberg est un espace créatif et en pleine évolution pour le street art et divers art multi médias. Une belle surprise car je ne pensais jamais trouvé ce genre d’espace ici. On se croirait presque à Berlin avec ce petit côté avant gardiste. Un artiste était en pleine action et nous avons pu discuter avec lui. Il nous a expliqué qu’en Russie, le street art est encore trop souvent non considéré et reconnu comme du vandalisme. Basil LST, son nom d’artiste, se voit un peu comme un précurseur. Il vient de terminer une commande à Saint-Petersbourg. Une immense et superbe murale sur une immeuble de plusieurs étages. Une belle rencontre, un honneur d’avoir pu échanger avec cet artiste. 

Dernier petit tour ensuite au marché pour le repas et ce soir, lessive et sac à dos à refaire. Demain, nous reprenons la route… direction Oulan-Oude, notre dernière destination avant de quitter le Russie pour la Mongolie.

À suivre 

19/08/2019 – Jour 14 suite

Bien dormis, plus de rhume, mon chéri est en pleine forme. Nous avons, aujourd’hui, en duo, fait la seconde partie de la ligne verte. Irkoutsk est une ville avec un patrimoine architectural très varié et qui a un charme particulier, un caractère authentique. De nombreux édifices religieux typiques se joignent aux vieilles maisons en bois appelées « isbas » et à leurs très belles fenêtres.

Nous avons appris qu’en 1879, la quasi-totalité de la ville a été détruite par un incendie dévastateur, très peu d’habitations en bois ont survécu. Malgré ce drame, Irkoutsk a su renaître de ses cendres grâce à la ruée vers l’or de 1880 et de nouveaux édifices en pierre et en briques ont vu le jour. Une grande partie fut aussi malheureusement sacrifiée à l’ère du communisme dont la couleur favorite était le gris et le matériau préféré : le béton !

Nous avons donc parcouru, à pied, la partie nord de la ville. Ce qui m’a impressionné le plus, c’est la Cathédrale de l’Épiphanie, par la richesse de sa décoration intérieure, les peintures murales sont époustouflantes et tellement riche de détails que l’on pourrait y passer une journée entière à l’observer. 

Au sortir du Couvent Znamensky, nous avons pu sauter dans un taxi pour aller visiter la magnifique et imposante Église Notre-Dame de Kazan dont la couleur rouge permet de la repérer de partout dans la ville. La circulation à Irkoutsk est folle. Les gens conduisent en ville a une vitesse excessive freinant à la dernière minute quand les piétons s’avancent au passage piétons. Sur les grands boulevards, les passage-piétons se font rares, et il faut parfois marcher presque un kilomètre pour pouvoir en trouver un. Alors la solution fut le taxi pour la dernière partie de notre circuit. Le chauffeur était ouzbek et comme nous parlions français, il croyait que nous étions Français. Il parlait de Paris et des Champs Élysées. Mon chéri a commencé à fredonner la célèbre chanson de Joe Dassin et nous avons fini le trajet en chantant en choeur «  Aux Champs Élysées, la,la,la ». Nous avons du faire la journée de notre chauffeur qui souriait de nous voir s’amuser. Beau moment.

Nous avons réalisé pourquoi leurs gouttières sont si imposantes. Quand il pleut, ce sont des averses torrentielles. En nous baladant, un orage nous est tombé dessus et c’était impressionnant de voir cela. Les rues étaient inondées. Étant partis sous un soleil radieux, nous n’avions pas nos imperméables. Alors, mon chéri nous a déniché au marché, deux magnifiques imperméables « cheapette », un joli rose nanane pour moi et un bleu poudre pour Claude. Nous étions vraiment beaux à voir. Une bonne partie de rire sous la pluie à voir notre style. Surtout que ce modèle « one size » était vraiment grand pour moi et vraiment petit pour mon chéri. Nous formions la paire et ne sommes pas passé inaperçu.

Après l’averse intense, à la recherche d’une guide pour une visite guidée pour demain, nous avons atterri, dans notre accoutrement de martien, dans un Guest House et rencontré Polina. Une jeune russe travaillant à l’accueil comme étudiante qui nous a déniché un guide en quelques minutes. Super ! Polina nous a offert un thé et nous avons ainsi appris qu’elle étudiait le japonais, parlait anglais et russe. Son objectif devenir traductrice. Parler le japonais. Je suis vraiment impressionnée. Sur l’entre fait est arrivée une jeune voyageuse de Finlande qui s’est joint à nous et partait découvrir Taïwan et y étudier, elle aussi, un semestre. Je suis admirative et fière de ces jeunes femmes qui partent découvrir le monde. J’ai fait des voyages en solo, pas mal mais, je me souviens à 20 ans, je n’avais pas cette maturité, ni ce désir d’aventure. C’est arrivé quelques années plus tard. Je sais, par expérience, que voyager en tant que femme et seule, surtout dans des destinations plus inusités où les femmes n’ont pas encore toute leur liberté, est un défi plus grand que pour les hommes. Nous voyageons sans cesse avec le poids de la sécurité, d’un danger potentiel réel ou pas. Mais l’ombre est toujours là. Il faut faire avec et malgré cela oser parcourir le monde. 

Le rendez-vous est donc pris, nous aurons un guide demain pour 11heures qui nous attendra au pied de la tour de notre appartement.

Après cette enrichissante journée, il était temps de manger. Nous avons donc choisi le meilleur resto pour déguster la cuisine sibérienne selon les dires de plusieurs sources et nous sommes donc allés au Rassolnik dans le quartier 130 Kwartal. Succulent, nous avons dégusté poissons, langue grillée de boeuf et ragoût de Yack, le tout arrosé de Vodka. Miam, miam. Super décor, super service et pour notre porte-monnaie de Québécois très abordable : 80 $/deux pourboire compris. Un tel festin au Québec, nous aurait coûté beaucoup plus cher. 

Pour s’assurer de dormir comme des bienheureux, nous sommes rentrés à pied. À nos âges, une petite promenade digestive cela fait toujours du bien, ah, ah, ah ! Je ne vous ai pas encore parlé de tram … juste une petit photo pour mieux comprendre 🙂

À suivre …

19/08/2019 – Jour 14

Il est 7h34 du matin. Il est 19h34 du soir pour vous. Je n’ai pas eu le temps et l’énergie hier soir de mettre sur le clavier notre journée . Une belle journée débutée tôt. Il nous fallait être à 7h00 à la gare pour débuter l’excursion. 

7h30 dans le train… 7h40, nous sommes partis. Le Lac Baïkal, nous voilà. Notre wagon est presque vide. Nous avons choisi une catégorie supérieure pour s’assurer de pouvoir faire de bonnes photos et d’avoir l’espace nécessaire car il y a du monde. La clientèle est essentiellement chinoise. Nous entendons deux groupes de voyage organisés d’Allemands accompagnés d’un guide et sinon des locaux, des Russes. Nous réalisons vite que tout se fera en russe. Cela a beau être un circuit touristique. Le touriste, ici, n’est pas majoritairement anglophone mais chinois. Cela défait nos convictions, comme quoi, avec l’anglais, on se débrouille partout. Ici, cela ne sert presque à rien. Nous nous débrouillons davantage avec quelques mots russes appris et des signes de la main qu’avec la langue de Shakespeare. Cela permet de relativiser de l’influence de la langue… 

Nous réussissons malgré tout à nous faire comprendre de la « Prodvonitsa » par contre nous ne captons « nada » de toutes les informations transmises sur l’écran concernant le Lac Baïkal, l’histoire, la faune, la flore. Nous ferons nos recherches pas nous même. Pas grave. L’essentiel est devant nos yeux.

Fait cocasse : en me rendant aux toilettes, je réalise que la fenêtre est ouverte. Je passe la tête et me rends compte que c’est le meilleur endroit pour les prises de vues. Nous sommes le dernier wagon ce qui me permet de voir le train dans son ensemble sur les rails dans les virages. Je vous dirais que j’ai passé beaucoup de temps aux toilettes durant ce trajet, ha, ha, ha. Certains ont du se faire de drôles d’idées en me voyant aller si souvent aux toilettes. Comme quoi, la place de choix n’est pas toujours celle que l’on pense. C’est quand même drôle de payer un peu plus cher pour finir aux toilettes. Par contre le petit surplus a été bénéfique à mon chéri. Il a un rhume et se remet lentement du décalage horaire que nous avons subi en express depuis des jours. Il dort peu la nuit. Le siège confortable lui permet ainsi de faire des siestes réparatrices tout le long du voyage. Il a quand même vu du pays. Le Lac est tellement immense. 636 km de long ! La mer Caspienne, pas si loin, qui s’étend sur l’Azerbaïdjan, l’Iran, le Kazakhstan, la Russie et le Turkménistan, est considérée comme le plus grand lac salé du monde et pour le lac d’eau douce, c’est le Lac Supérieur, à côté de chez nous. 

Nous faisons régulièrement des pauses : visite d’une gare (mais nous n’avons pas compris ce qu’elle avait de particulier car esthétiquement, nous en avons vu des plus belles), arrêts au bord du lac pour photographier un pont ou un tunnel. Nous sommes arrêtés directement sur la voie ferrée. Il y a peu de circulation ferroviaire dans le coin et une voie. Ce que je trouve difficile dans ce contexte d’attractions touristiques, c’est le flot des touristes et la culture de certains face aux selfies et prises de pauses interminables devant l’objectif. Réussir à capter le véritable sujet : la nature, le monument, le décor est un véritable défi. Je respire et reste zen… mais bien sur je peste parfois dans ma moustache devant la 20ième pause empruntée devant la caméra. Parfois sidérant à observer ! Génération autoportrait !

En bout de ligne, nous arrivons à Port Baïkal, à l’embouchure de la rivière Angara. Une petite ville portuaire où le temps s’est arrêté et où dépérissent des navires abandonnés. Nous montons sur un ferry pour se rendre à Listvianka, ville où nous prendrons le bus pour rentrer. Nous n’aurons pas le temps de visiter… peut-être y retournerons nous.

Après 1h30 de trajet et de dodo récupérateur pour Claude, nous arrivons à Irkoutsk.

Il est 20h30 quand nous mettons dans la clé dans la porte de l’appartement. Il est temps de préparer le diner. Je suis affamée et mon chéri, vanné !

Tri des photos, des vidéos et gros dodo …

17/08/2019 – Jour 12

C’est en solo que je ferai la journée. Mon chéri se sent un peu patraque et il a besoin de repos. Je comprends tout-à-fait. C’est un autre rythme ce voyage que celui de nos six mois aux US, dans notre belle Licorne noire. Ces cinq jours au même endroit vont nous permettre de nous reposer un peu. Je suis consciente que nous n’avons pas le même rythme. J’ai un côté hyper active dans le sens où je veux tout voir, tout découvrir, tout goûter. Je croque les découvertes. Mon chéri a un autre rythme. L’important est de se respecter l’un, l’autre. Dans notre road-trip, le défi était la gestion de l’espace. Ici, ce sera le respect du rythme de chacun. Il se repose. Je pars trotter toute seule, sous la pluie, en ce samedi gris. Comme le temps est moche, je commence par le marché central. 

Un très grand marché. J’y déguste un grand casseau de framboises savoureuses. Je déambule dans les allées, étonnée par sa grandeur. Les étals de viandes et poissons sont, tout comme, à Kazan, d’un autre monde. D’autres normes. Sans jugement, la notion d’hygiène étant toute relative d’un pays à l’autre. J’observe également le jeu de négociation entre l’acheteur et le vendeur. Ce dernier criant plus fort que son voisin pour attirer les passants. Un vrai spectacle en soi. 

J’ai poursuivi ma balade à travers Irkoutsk, en suivant une ligne verte peinte sur le trottoir. Un circuit établi par l’office du Tourisme pour permettre aux visiteurs de ne rien manquer des incontournables de la ville. Bonne idée.

J’ai donc remonté la Karl-Marx Allée jusqu’aux Quais pour découvrir une rigolote statue intitulée « Tourist », revu notre cher Lénine et ai pu admirer le théâtre dramatique d’Irkoutsk. Un peu plus loin, la magnifique église orthodoxe Krestovozdvizhenskaya.  

En me baladant dans la ville, j’ai également aperçu avec joie l’affiche sur les colonnes Morris, de mon show préféré :  Slava Snow Show. J’ai eu l’occasion de voir déjà trois fois ce spectacle de cirque russe hors du commun. Une fois à Québec et deux fois à Berlin. Je vous assure que s’il repasse à Montréal ou à Québec, il ne fait absolument pas manquer cela. La finale est juste époustouflante !

Je passe par le supermarché pour nous acheter une petite bouteille de vodka pour déguster avec l’Omoul, un cousin du saumon, le poisson séché du lac Baïkal que j’ai acheté au marché. Dégustation pour l’apéro. 

On sent que la ville a connu un boom touristique. Il est beaucoup plus facile de se faire comprendre. Plus de gens parlent anglais. 

J’ai fini la journée en visitant d’ailleurs un dernier quartier qui vient de voir le jour : le projet 130 Kvartal. Il s’agit d’un quartier neuf de de bâtiments de bois typiques de la Sibérie qui a été construit pour accueillir de nouveaux restaurants, bars, cafés branchés ainsi qu’un musée. Un peu trop « trendy » à mon goût… mais chacun ses goûts.

Je suis ensuite retournée à la maison retrouver mon chéri.

Soirée écriture 

Demain levé tôt pour une journée excursion vers le lac Baïkal… À suivre !

16/08/2019 – Jour 11

Nous sommes à Irkoutsk, capitale de la Sibérie orientale, région de l’Oblast dont les armoiries sont illustrées par un tigre tenant dans sa gueule une zibeline. Le tigre représente la sagesse et la force. La zibeline, la richesse de la Sibérie. C’est l’une des villes les plus peuplées de la région et sans doute aussi là plus touristique de Sibérie car c’est d’ici que la majorité des excursions pour le lac Baïkal s’organisent. Elle est surnommée le « petit Paris de la Sibérie » en raison de son patrimoine architectural.

Aujourd’hui fut une journée logistique et pas encore touristique. Nous avons pris possession de notre petit appartement, très bien situé, au 12ième étage d’une des deux tours du centre ville d’Irkoutsk. Nous offrant ainsi une magnifique vue sur la ville où l’empreinte architecturale des régimes successifs est évidente : des immeubles gris de l’ère communiste, des jolies maisons de bois travaillées du temps d’avant, des bâtiments du XIX Siècle ayant survécu à l’ère bolchevique. La région a un passé de Far East, les mines d’or étaient nombreuses et les pionniers aussi. C’est aujourd’hui une ville tournée vers l’avenir, en plein essor et développement touristique. 

L’appartement est très bien et tout équipé ce qui m’a permis de faire enfin une lessive ! Nous sommes, ensuite, allés à l’office du Tourisme non loin de là afin de préparer notre séjour de 5 jours et profiter au maximum de la région : visite de la ville, excursion vers le Lac Baïkal, situé à environ 70 kilomètres et planification de nos déplacements pour visiter quelques villages. 

Détour par l’épicerie pour remplir le frigidaire. Ce soir, on mange local : saumon, crème et blinis et bière russe. Mon chéri pensait avoir acheté un vin russe. C’est de la piquette française alors même pas la peine de mentionner son nom et surtout même pas bu … miam, miam et beurk, beurk. Les deux petits bonshommes surnommés Igor et Piotr, sont un cadeau de deux amis qui souhaitaient voyager un peu avec nous. Alors, je leur ai promis de leur faire régulièrement des clins d’oeil le long de notre aventure. Vous les reverrez sûrement.

Soirée repos pour recharger les batteries. 

14/08/2019 – Jour 9

J’ai perdu la notion du temps, des dates. Nous avons maintenant, 12 heures de décalage horaire avec le Québec. Nous voyageons donc aussi dans le temps. Nous sommes actuellement une journée plus tard que vous. Plus difficile de communiquer avec notre famille mais ils sont avertis surtout qu’actuellement nous n’avons pas internet puisque essentiellement dans le train. La Russie est étalée sur onze fuseaux horaires alors même ici quand on prend un train, il faut bien faire attention aux dates et heures de départ et d’arrivée pour ne pas se mélanger … comme je l’ai fait !

Nous sommes donc partis de Iekateringbourg pour Taïga. Sans avoir vraiment réservé d’hôtel… comme nous faisons d’habitude. Il y a toujours un hôtel quelque part. Cette fois là, nous avons acheté nos billets à la gare, auprès d’une aimable conseillère dont nous ne comprenions pas un mot. Tout un défi ! Ici on ne parle pas anglais et on nous lance même parfois la petite pointe en forme de blague, pourquoi, nous, nous ne parlons pas russe…  Depuis, que nous sommes arrivés, j’ai acheté tous nos billets au fur et à mesure sur le site du « Via Rail » russe qui est très bien fait et en anglais. Sur le site, on voit la durée du voyage. Les dates et heures de départ et d’arrivée sont clairement indiquées en fonction du décalage horaire. Autrefois, tous les billets de train étaient indiqués selon l’heure de Moscou, peu importe que vous habitiez là ou à Vladivostok. Imaginez le cauchemar pour ceux qui habitent avec un décalage de 7 voire 11 heures. Moscou était dans l’Ex-Urss, le point de référence pour tout. 

Donc, pour en revenir à nos moutons … Par miracle, grâce à quelques mots de russe, puisés dans notre guide et sans doute massacrés dans la prononciation, agrémentés de signes, le billet obtenu sur lequel nous déchiffrons la date, l’heure, le numéro de wagon et nos noms, nous voilà prêts pour la suite des choses. Taïga est une ville où nous transiterons pour nous rendre à Tomsk. Juste dormir pour reprendre tôt le lendemain matin, le train de banlieue « elektritchka » pour aller dans la jolie ville universitaire, l’Oxford de la Sibérie. Selon, notre guide, Il faut compter un peu plus de 22 heures de trajet. 

Nous partons à 21h40… Nous nous attentons à arriver vers 19h40… Super, le temps de trouver un hôtel et de se reposer pour repartir tôt. Puisque le train vers Tomsk est à 5h30. 

Ah, ah ! Le plan était parfait, mais c’était sans compter le décalage horaire ! Plus nous avançons, plus nous voyons les heures changées et pour finir par réaliser que c’est à 00h40 que nous arriverons. 

Oh, oh ! Tout un changement de plan.  Bon, je me dis que ce sera une très courte nuit. 

00h40, le train entre en gare de Taïga. En Russie, les trains sont d’une ponctualité exemplaire. Ils partent à l’heure et arrivent à l’heure. Ni avant, ni après ! Par précaution, avec nos trois mots de russe, nous nous informons de l’horaire du train pour Tomsk le lendemain : 4h48 ou 16h17. 

Hi, hi, ce sera une très très courte nuit ! Mais la cerise sur le sundae ou le gâteau forêt noire comme vous préférez, c’est que nous apprenons qu’il n’y a pas d’hôtel à Taïga… Et oui, c’est possible. Par contre, il y a dans la gare un dortoir, mais zut, il est fermé ! C’est donc ainsi que nous passerons une nuit blanche dans la petite gare de Taïga. On aura essayer de fermer les yeux, mais impossible de dormir à travers le passage des voyageurs, les annonces au micro et les néons du plafond. Je suis fatiguée. Mon chéri aussi. Nous sommes justes patients et nous disons que c’est ça, l’aventure.

Arrivés à Tomsk le 14/08, à 6h48 nous trouvons facilement le bus pour nous diriger au centre ville et de là, un hôtel. Oui, oui, il y en a même plein à Tomsk. À 8h30, nous sommes dans un lit moelleux près à dormir. Nous planifions passer deux jours à Tomsk. Soudain, un doute me prend pour notre billet de train Tomsk – Irkoutsk… Je vérifie et réalise que c’est le 15/08 à 00h00 que nous repartons, soit le soir même ! Quand ça va mal, ça va mal. Nous décidons de dormir jusqu’à 13h30 pour récupérer et ensuite, nous visiterons ce que nous pourrons. Je m’endors, mon chéri aussi. Mais à 11h30, je suis réveillée et incapable de me rendormir.  Je décide donc de mettre Facebook à jour, de publier quelques photos, de donner des nouvelles à nos enfants, de réserver un studio à Irkoutsk, car nous y serons quelques jours. Le tout fini, je me lève et pars me balader. Je laisse mon Claude dans les bras de Morphée et reviendrai vers 13h30.  Je regarde notre guide; nous sommes prêts des trois sites à voir sur notre liste. Let’s go Cendrine. Mon iPhone et moi sommes prêts à explorer Tomsk et à capturer ses beautés. 

La ville, fondée en 1604, est l’une des villes les plus anciennes de Sibérie, et réputée pour trois choses : son campus universitaire (surnommée « Oxford de Sibérie »), sa scène culturelle et ces maisons traditionnelles en bois aux reliefs en dentelles.  En effet, le charme de la mignonne ville de Tomsk réside en grande partie dans son architecture en bois bien préservée datant de la fin du XIX. Les fenêtres ajourées et les dentelles sculptées sont un travail d’ébénisterie comme on en voit peu.  Ce sont justement ces maisons que je découvre : la maison dragon, la maison paon, la maison russe-allemande d’un joli bleu bavarois.  

Je retrouve Claude et nous poursuivons ensuite la visite tous les deux. Pour nous récompenser d’avoir « survécu » à cette épreuve (j’exagère un peu…), nous nous offrons un délicieux petit déjeuner dans un café de l’avenue Lenine. Devinez ce que mon chéri a mangé ? … Des pancakes ! Oui, moi itou, et elles étaient succulentes. Qui aurait cru qu’au fin fond de la Sibérie, nous mangerions de délicieuses pancakes américaines ? Et de surcroît dans un café des plus branchés n’ayant rien à envier à ce que l’on trouve en Californie? WOW, vive la mondialisation …  et le latte au lait d’amandes !

En réalité, nous avons vu presque tout ce que nous désirions. Nous n’aurons pu faire les musées, mais les essentiels furent vus et même plus car j’ai découvert plein d’oeuvres de street art. 

Une particularité à Tomsk, que je n’avais vu ailleurs, ce sont ses feux de circulation sur écran plasma. Le temps défile et pour les piétons et pour les automobilistes et tout le monde respecte les règlements. 

Il était ensuite temps de faire quelques courses pour préparer les 30 heures de train qui nous attendait. Mais là pas de stress, j’ai acheté les billets online et je sais à quelle heure nous partons et surtout à quelle heure nous arrivons : 8h28, heure locale.

C’est donc du train que je vous écris après une nuit fort reposante à me laisser bercer par le mouvement des rails. Nous avons un compagnon de cabine, Vladimir, qui lui se rend à Vladivostok, le bout de la ligne du Transsibérien. Il en a pour 5 jours ! Les distances sont phénoménales.  Il m’a montré des photos de Tomsk et moi, les miennes. Un petit jeu de qui faisaient les plus belles photos, c’était amusant. Vladimir est un bon vivant. Ce petit homme trapu et souriant arborant fièrement une casquette aux emblèmes et couleurs de la Russie me taquinait en me disant que les miennes étaient « normal » (même mot en russe, facile à comprendre) et moi, de rétorquer que les siennes étaient « so, so » avec des clins d’oeil. Mon chéri, assistant à la scène, nous trouvait tous les deux bien comiques. Vladimir a son orgueil : une femme et de surcroit une étrangère ne peut pas faire des photos plus belles que lui sur sa Russie chérie. Ah, ah, ah ! Bon, il en avait tout de même une ou deux de jolies. J’aime ces moments cocasses de voyage où malgré la barrière de la langue, on arrive à tous rire ensemble. 

J’ai acheté des cartes postales de Tomsk joliment illustrées. Je vais prendre le temps de les rédiger. Je suis de ces personnes qui aiment encore écrire et envoyer cette petite chose désuète : une carte postale. C’est rien, mais cela fait tellement plaisir.

12/08/2019 – Jour 7

Et me revoilà au clavier après avoir passé la journée à découvrir Ia ville de Iekaterinbourg. La ville ne charme pas vraiment. Il y a certes plusieurs bâtiments intéressants, de vielles maisons traditionnelles en bois, typique de la Russie, quelques belles églises orthodoxes. En fait, l’intérêt de la ville est pour son passé historique. En effet, la dynastie du Tsar Roumanov fut sauvagement assassinée. Toute la famille fut décimée en une nuit, les parents et les enfants. Une vraie tragédie. La légende dit qu’Anastasia, une des filles avait pu s’échapper et aurait vécu ensuite à Paris mais il n’en est rien. Sa tombe est bien avec celle des autres membres de la famille. 

Au point de vue architecture, c’est un chaotique mélange d’ancien bâtiment de l’ex-URSS en piteuse état, de buildings modernes et de maisons traditionnelles. On ressent déjà la différence entre un Moscou moderne tourné vers l’Europe, entretenant à merveille son patrimoine tout en alliant les hautes technologies et les régions beaucoup plus à l’Est. 

Par contre pour ne rien manquer un parcours est indiqué d’une ligne rouge menant aux différents attraits touristiques de la ville. 

La plus haute tour de 53 étages permet d’avoir une vue panoramique sur toute la région. On voit même au loin les montagnes de l’Oural, frontière naturelle entre l’Europe et l’Asie. La ville est entouré également de forêt. Du haut de la tour, on comprend l’immensité de ce pays. N’oublions qu’il est le plus grand pays du monde. Et au nombre d’heures que nous passerons dans le train, on le réalise encore plus… et nous n’irons même pas jusqu’au bout de la Russie puisque nous bifurquons vers la Mongolie à Oulan-Oude. 

Nous sommes donc à notre troisième partie de l’itinéraire, nous nous dirigeons vers Tomsk, petite ville reconnue comme étant la capitale artistique de la Sibérie et aujourd’hui grande ville universitaire. Cette fois, la Provoddnista, n’est pas très aimable… mais nous comprenons que le train arrive de Moscou, soit déjà en route depuis deux jours. Alors, on essaie de lui trouver une excuse et on sourit davantage. Peut-être que d’ici demain, ça ira mieux. Le train est bondé et nous venons aussi de reprendre la ligne plus touristique du Transsibérien. Nous approchons tranquillement du Lac Baïkal. 

Ah, je reviens sur notre séjour à Kazan car j’avais oublié de vous dire quel était l’évènement qui animait tant la ville : un festival international de musique militaire et fanfares. Voilà ! 

Il est 22h22 et je vous dis bonsoir. La journée fut longue. Mon chéri est déjà dans les bras de Morphée. 

À suivre…

Édito de Claude : Et pendant ce temps là en Russie

Pendant que j’écris ces lignes, certains d’entre-vous qui suivez l’actualité avez connaissance que plusieurs manifestants et opposants au régime de Vladimir Poutin ont été arrêtés au cours des derniers jours. Les médias occidentaux (qui reprennent la plupart du temps les dépêches et reportages américains et britanniques), prétendument neutres, objectifs et libres de tout biais culturel ou historique, nous transmettent les faits bruts… ah ah !

Comprenez-moi bien, je ne dis pas que ces arrestations n’ont pas eu lieu et qu’il ne subsiste pas dans la culture politique russe quelques vieux réflexes autocratiques. Je dis simplement que pendant ce temps-là, les Deux Québécois autours du monde font un excellent voyage et redécouvrent un pays, autant à Moscou  qu’à Kazan, ville située à 700 km de la capitale russe, qui affiche une étonnante vitalité économique et un niveau de vie général qui n’ont rien à envier à l’Europe de l’Ouest ou à l’Amérique du Nord. Rien à voir avec ce que l’on pouvait observer ou expérimenter dans ce pays dans les années 80, lorsque le socialisme soviétique commençait à s’effondrer, ou même dans les années 90, quand le capitalisme (un peu trop sauvage) tardait à remplir ses promesses et que la population encaissait une perte réelle de services publics et de niveau de vie. 

À vrai dire, les seules petites choses qui différencient aujourd’hui la vie en Russie de la vie au Québec sont par exemple les dernières tracasseries administratives faites aux touristes étrangers comme nous, soit l’obligation d’obtenir un visa avant le départ et de s’enregistrer officiellement dans toutes les villes où l’on dort. On pense aussi à de petites différences comme la présence, plutôt aidante, d’une préposée à l’encaissement dans les autobus municipaux et l’existence de services de transport en commun largement supérieurs en qualité et en quantité à tout ce que l’on trouvera jamais en Amérique du Nord, Canada et Québec inclus. Pas de débat apparemment sur « le troisième lien » ou sur le prolongement des lignes de métro ici, car il semble clair pour tous que l’État doit fournir des services de transport en commun pour la partie de la population qui en a besoin. Soixante-dix ans de communisme laissent derrière elles non seulement plusieurs mauvais souvenirs, mais aussi certains acquis en matière de politiques sociales. Rappelons-nous par ailleurs que la Russie est un grand pays producteur de pétrole et de gaz naturel, que les rues et avenues de Moscou sont chaque jour congestionnées par des millions d’automobiles et qu’il n’y a donc pas de contradiction en soi à soutenir à la fois l’automobile et le transport en commun, les deux se complétant. Et j’oserais dire qu’il en va de même dans des pays comme l’Allemagne et la France. Le prix du passage de métro ou d’autobus à Kazan est de 27 roubles, soit environ 0,60$, cinq ou six fois moins cher qu’à Montréal ou Québec… Le nombre de lignes de bus et de métro à Moscou (12,5 millions d’habitants) et à Kazan (1,3 million) est incomparablement plus élevé que chez-nous et je passe sous silence la fréquence élevée de leurs passages…

De toute évidence, la Russie a connu une modernisation économique, à tout le moins dans le secteur des services, rapide, efficace et très réussie au cours des vingt-cinq dernières années. Le commerce et le secteur bancaire y fonctionnent à première vue comme chez-nous et les moyens de paiement électroniques y sont omniprésents (en fait, il est plus facile de payer par PayPal ici qu’au Québec) et les grandes marques européennes, américaines ou asiatiques des produits de consommation courants y sont disponibles autant que dans n’importe quel pays européen. Il est bien loin le temps où les Russes devaient faire la file devant des magasins d’État aux étalages vides (sous des banderoles qui faisaient l’éloge du communisme et du parti) ou devaient attendre une dizaine d’années pour obtenir la Lada qu’ils avaient achetée…Une époque dont se souviennent sans doute certains d’entre-vous un peu plus âgés, comme moi, qui suivaient les aléas de la Guerre Froide en frissonnant…

Un dernier signe que l’économie russe se porte bien : on voit très peu de clochards sur la rue (bien moins qu’è Montréal ou que dans certaines villes américaines) et le niveau de consommation des familles avec enfants qu’on croise sur le trottoir et dans les parcs est très proche du nôtre. Les  rues sont pleines de Toyota, Chevrolet, Ford, Hyundai, Kia, BMW, Audi, Jaguar et Mercedes… J’ajouterai aussi qu’à aucun moment jusqu’à maintenant, ni à Moscou ni à Kazan, nous n’avons ressenti de l’insécurité et que les lieux publics sont très bien entretenus de manière général. 

Tout cela pour vous dire de ne pas hésiter à visiter la Russie, un pays à la géographie immense et à l’histoire d’une richesse aussi grande, sans parler de la culture (en fait de ses cultures, car la Russie compte un grand nombre de peuples distincts), de sa musique, de sa danse, de sa cuisine, de son architecture et de sa littérature. Justement, Tolstoï et Anna Karénine m’attendent à la page 200 de l’édition française… Je vous laisse ici, sur la route d’Iékaterinbourg, là où le dernier tsar de Russie, Nicolas II, et sa famille furent assassinés il y a une centaine d’années…avant l’invention du tourisme trans-sibérien… Dasvidania !

11/08/2019 – Jour 6

15h00 – C’est du train que je vous écris, celui qui nous mène vers Iékatérinbourg, dernière grande ville européenne avant d’entrer en Asie. Nous sommes accueillis par Laryssa, notre souriante Provodnitsa, la responsable du wagon n.5 dans lequel nous sommes. Nous connaissons maintenant les procédures et nous mettons déjà à notre aise : pantalon mou et flip-flop ! Nous constatons que nous ne serons que tous les deux dans le compartiment de quatre où nous avons réservé. Nous ne savons tout de même si ce sera le cas jusqu’à destination. À suivre ! 15 heures de train sont devant nous. On a le temps d’écrire, de lire, d’admirer le paysage, de manger, de rêvasser, de papoter et espérons de bien dormir.  Le seul hic, pas de voisins de compartiment donc pas de rencontre mais on aura assurément d’autres occasions dans les prochains trajets.

Le fait de faire le trajet de jour permet de voir aussi le paysage. 

Alors pour aujourd’hui, plus grand chose à raconter … je vous salue et vais me laisser bercer pas le mouvement du train en contemplant la campagne russe.

La suite … Nous avons fini avec un comparse mais vraiment vraiment pas bavard, ni souriant. Il y a des gens comme ça ici et même chez nous. 

Par contre notre Provodnitsa était amusante. Mon chéri et elle ont bien rigolé à ne pas se comprendre. 

Nous sommes arrivés à Iékatérinbourg. Nous avons la journée pour visiter et reprendrons le train ce soir vers la Sibérie ! Trajet de 22 heures de train, ouh, la, la ! À suivre

10/08/2019 – Jour 5

Grâce matinée. Débout vers 9h30… des vrais paresseux !

Mon chéri avait lors de notre arrivée en train de Moscou aperçut un très beau site qu’il fallait aller voir. Un site qui me plairait assurément pour faire des photos. Nous nous sommes donc informés et nous avons appris qu’il s’agissait du Temple des religions. Toujours intéressée par le mélange des cultures et la connaissance de l’autre, j’étais curieuse et impatiente. Je me renseignais donc sur le moyen d’y aller puisque c’était excentré. À La réception de l’hôtel, on me répondait vaguement. Ils ne semblaient pas trop connaître l’endroit alors que celui-ci est indiqué sur la carte de la ville offerte aux touristes. On m’expliquait que le meilleur moyen était le taxi… Je  suis, en voyage, celle qui évite les taxis, celle qui prend le bus ou le métro. Je m’informais donc du tarif, entre 2000 à 3000 roubles (aller), ce qui équivaut entre 40 ou 60 $ pour 11 km, ça fait cher ! Mon meilleur ami actuellement se nomme Google. J’ai donc google l’itinéraire pour me rendre à ladite adresse et  appris qu’en 30 minutes avec le bus 2 à cinq minutes de notre hôtel pour un énorme coût de 27 roubles (env. 60 cents, oui oui, vous avez bien lu 0,60 cent – aller), je pouvais aller découvrir ce merveilleux site entre aperçu par mon chéri.  Nous nous y sommes donc rendus. Un, j’adore prendre les transports en commun dans les villes que je ne connais pas. Cela donne un bon portrait de la vie, des usages du quotidien. Ici, il y a le chauffeur et une personne responsable de vendre les tickets ou de contrôler les entrées. Une personne qui gère le bus, qui demande aux jeunes de se lever pour laisser s’assoir une personne plus âgée, qui informe des arrêts, qui veille à tout. Un vrai boulot qui demande sans doute une patience d’ange. Google me disait 30 minutes, et 15 arrêts. Après donc mon décompte, nous nous sommes retrouvés au bord de la Volga, en banlieue de Kazan devant un espèce de temple bric-à-brac coloré et vraiment désuet. J’ai ri car à la défense de mon chéri, il a vu le site en vitesse, alors qu’il venait juste de se réveiller et a gentiment pensé à moi. Mais saperlipopette, c’était du grand n’importe quoi et l’intérieur, car oui, nous avons payé pour visiter (pas cher heureusement), était d’un kitch royal, un bazar monumental… mais il y avait des visiteurs. La visite valait tout de même la peine car elle nous a permis de voir la banlieue de Kazan avec encore des stigmates de l’ex URSS côtoyants des résidences modernes et même très luxueuses. Tout ça valait donc bien un aller/retour en bus pour 1,20 $ !

J’adore les marchés. Là encore, je pense que de visiter ce lieu permet de comprendre et d’apprendre d’une culture. Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés au marché local de Kazan. Autre pays, autres us et coutumes ! Le MAPAQ serait horrifié et fermerait sur le champ le marché que nous avons visité. Je vous invite à voir les photos sur la page Facebook, une photo vaut mille mots ! J’aime ces ambiances, ce brouhaha, ces odeurs. Certains lèveraient le coeur, moi, je suis ébahie et curieuse. Les étals de viande sont « hors » de nos normes… 

Nous avons mangé dans un petit boui-boui tenu par des Tadjiques. Nous avons savouré les mantys et les echpochmaks accompagné d’un chaï (thé). Nous avons passé la journée à déguster des spécialités tels les Chak, chak, un dessert au miel.

Pour faire diriger le tout, je suis allée à la découverte du métro de Kazan, pendant que mon chéri faisait la siesta. Il y a quelques belles stations mais après Moscou… la barre est haute. 

Et pour finir la journée, nous sommes retournés au resto pour finir découvrir les plats tartares. J’ai mangé du cheval. J’ai aimé. Mon chéri, une soupe de mantys avec crème sûre et aneth et pour finir du Smentannik, une sorte de cheesecake. Bien évidemment arrosé de vodka ! À votre santé !

Demain, nous reprenons le train pour Iékaterinbourg… Merci Kazan pour tous ces souvenirs … À suivre !

09/08/2019 – Jour 4

Avant tout, notre première nuit dans le train… Mon chéri a bien dormi, ronflant allègrement dans le compartiment.  Mes oreilles se sont faites au joyeux « ronron » de mon rhum mais nos deux comparses peut-être moins. Il y avait aussi un autre «ronron» russe cette nuit dans le compartiment mais rien de si grave. En ce qui me concerne, je me suis endormie sur les petites heures du matin et cela n’a sans doute rien à voir avec le train, car d’habitude, je dors comme un bébé ou un loir. Mais là, le décalage me rentrait dans le corps où n’en était pas encore sorti. Je me dis dans ce cas, que je dormirai mieux la nuit suivante. 

Alors pour celles et ceux, qui nous suivent, pour les fidèles dans notre aventure, est-ce que Sergeï a donné signe de vie…  Tadam … Bon mais avant de vous dire ce qu’il en est de notre situation, serait-on sans domicile ou non, il faut que je vous raconte notre arrivée à Kazan. 

Avant tout, nous pensions avoir le temps de déjeuner sans stress dans le train avant d’arriver, à 8h35, dans la capitale de la République du Tatarstan. Que nenni ! La Provodnitsa nous a réveillé une demi-heure avant d’arriver à la gare … Grand stress ! À peine réveillée, je suis allée rapido-presto me débarbouiller dans la toilette-salle de bain du wagon et suis revenue, vite, vite ramasser mes affaires. Et là, horreur, je ne trouve plus mon téléphone, mon iPhone qui est tout, depuis des mois, pour moi : mon appareil photo, mon agenda, mon « booker », mon confident pour moi journal : TOUT ! Panique à bord, je ne peux quitter le train sans mon téléphone. On est à quelques minutes d’arriver. Je réfléchis en mode express mais mes neurones sont à peine activées … Où l’ai-je mis avant de dormir ? Éclair dans mon cerveau : dans ma pochette de sécurité, celle dans laquelle j’ai tout : mes passeports, mon permis, mes cartes… ma vie entière ! Et où est ma pochette ? Ah mon dieu !!! Aux toilettes-salle de bain. Je dis cela à mon chéri, encore plus stressé que moi et il court vérifier… Ladite pochette se trouvait sur le crochet derrière la porte, là où je l’avais mise quelques minutes auparavant. Merci « je ne sais pas qui », mais un gros merci ! Ma pochette retrouvée et donc mon iPhone nous avons pu descendre du train à la gare centrale de Kazan sous un ciel gris et pluvieux, le ventre vide et le cerveau ramollo.

Notre premier objectif : trouvé un café internet pour prendre un petit-déjeuner et surtout du wifi ! Au sortir de la gare, nous voyons un kiosque « Tourist information ». On se dit : « Cool, en anglais, ça commence bien et on va pouvoir avoir réponses à nos questions. » Et bien, non. On nous explique en Kazan que ce n’est pas encore ouvert.  On décide donc de se rendre au centre ville, à pied. Trente minutes de marche plus tard, sous une pluie désagréable, on se retrouve au centre ville, dans un café annonçant fièrement WIFI sur sa belle affiche. Nous entrons trempés et salivons déjà à l’idée des croissants présentés et d’un bon café. Commande passée, nous tentons de nous brancher au dit réseau WIFI. Impossible, ça ne fonctionne pas ! La serveuse nous assurant que normalement tout fonctionne très bien… On positive car le café est vraiment bon ; nous étions affamés et nous sommes au chaud. Quelques minutes plus tard, le noir se fait dans le café : panne d’électricité. Les clients quittent au fur et à mesure. On finit sans stress notre petit déjeuner et on demande l’addition, réduite de moitié, étant donné la situation. Fair play, n’est-ce pas ? Nous apprenons que les coupures d’électricité ne sont pas rares ici et que cela peut durer la journée. 

On décide donc de profiter du fait que nous sommes déjà à quelques pas du Kremlin pour s’y rendre… Comme nous ne savons pas la suite, autant assuré l’essentiel : les découvertes.

Même sous la grisaille et sous la pluie, le site est unique. C’est un site reconnu par le Patrimoine de l’Unesco. Juste époustouflant. Il pleut encore énormément et soudain je vois … un autre café WIFI… Mon chéri, échaudé, me dit : « rentre, vérifie que le WIFI fonctionne et si oui, je viens et on prend un café .»

 Oui, mon Minou ! Je rentre mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ! Pour avoir le réseau, il faut avoir un numéro de téléphone russe car le code/mot de passe est envoyé par texto !! Heureusement avec mon plus beau sourire, je demande au Barista de me venir en aide. Il prend mon téléphone, rentre le code et en une minute, je suis enfin connectée. Alleluia ! 

Donc qu’en est-il de Sergeï ? Et bien, Niet, comme on dit ici, rien de rien. Pas de nouvelle et dans ce cas-ci : pas de nouvelles, mauvaise nouvelle ! Pas sympa du tout mais nous n’avons pas vraiment de stress. On tente AirBNb mais là encore problème de téléphone. On finit par, ne rien perdre au change, au contraire, le Grand Hotel de Kazan, 4 étoiles, a encore des chambres a un prix, ma foi, fort raisonnable. Tant pis Sergeï, nous aurions aimé te rencontrer, apprendre sur ta culture et échanger mais ainsi va la vie et les surprises du voyage. Nous avons pris possession de notre chambre au 16ième étage de l’hôtel avec une vue sur Kazan et la Volga. WOW ! 

Nous avons ainsi pu profiter sereinement du reste de la journée. Visite du Kremlin de Kazan, de sa sublime mosquée, balade au bord de la rivière Kazan, marche sur la très longue rue piétonne de la ville, copieux repas pour un gros 8 $ pour deux dans un resto local.  Nous avons beaucoup beaucoup marché sous le soleil qui a fini par se pointer le bout du rayon, pu admirer de nombreuses mosquées côtoyant les églises orthodoxes en toute convivialité. Apprenons de cette république, le Tatarstan, où les religions se côtoient et se respectent sans heurts ni animosité. 

Il est 21:35, nous sommes dans notre chambre et je vais rattraper le sommeil manquant de la veille… Demain, la visite se poursuit… Quelle journée … À suivre !

08/08/2019 – Jour 3

Nous y sommes ! Je vous écris de notre premier trajet sur la ligne du transsibérien, celui un peu moins emprunté, celui qui passe par Kazan, la capitale du Tatarstan, une république musulmane dont on nous parle tant et dont le Kremlin vaut le détour par sa magnificence. J’ai hâte de voir cela. 

Le programme du jour fut la réelle découverte du métro de Moscou. Pas seulement l’emprunter pour se déplacer, ni déambuler dans ses couloirs pour traverser les rues si immenses qu’il n’y a pas de passage piéton. Mais non, nous sommes allés à la chasse au trésor, celle des 10 plus belles stations des 224 que le réseau offre. Kiyevskaya, Belorusskaya, Novoslobodskaya, Arbatskaya, Teatralnaya, Mayakovskaya, Prospekt Mira, Plochad Revolyutsii, Novokuznetskaya et la somptueuse Komsomolskaya. Ces noms ne font-ils pas rêver ?

Il est fabuleux de prendre le temps d’observer le bal des voyageurs. Le flot des usagers, telle une vague déferlante dans les corridors à chaque arrivage de train. Le bruit est sourd, les voix ne font qu’une, un immense brouhaha. Le slalom est étourdissant. Si vous ne savez pas où vous allez, poussez vous de là et mettez vous dans un coin avant de prendre d’un pas affirmé votre direction. Tous suivent leur chemin et empruntent pour ressortir des profondeurs de la terre, les immenses escaliers roulants. 

Inauguré en 1935, l’architecture, les reliefs, les mosaïques et les peintures sont entièrement dédiées à la gloire de la grande patrie, celle de l’ancienne URSS. Lenine pose fièrement dans plusieurs stations et les soldats, tout comme les famille, femmes, bonne patriotes, enfants sages et travailleurs et les corps de métiers de l’ancien régime sont à l’honneur. Tous unis pour la Grande Russie !

Après presque un bon trois heures sous terre, nous avons pu profiter du ciel bleu qui s’offrait à nous, en nous baladant sans trop savoir où nous allions… tranquillement mais sûrement vers notre hôtel afin de récupérer notre sac à dos et nous dirigez vers la Gare des départs vers Kazan. Après quatre contrôles de sécurité, digne des meilleurs aéroports, à enlever notre bagage et le remettre, nous sommes arrivés en sueur sur notre quai. À l’entrée du wagon, une Provodnitsa, l’hôtesse et responsable du wagon, accueille les voyageurs dans un joli uniforme telle une hôtesse de l’air. Elle est en charge du service, du bien-être des voyageurs, de la sécurité et du Samovar ! Si vous voulez un thé, c’est à la reine du wagon qu’il faut demander. Nous sommes dans un compartiment de quatre personnes. Nos compagnons de voyage sont deux Russes. Un jeune homme qui parle l’anglais mieux que Claude et moi et qui en plus baraguouine le français. Il travaille dans l’univers du digital langage… En fait, je n’ai pas trop compris et pas à cause de la langue mais de la complexité de son travail. Ce que j’ai retenu, c’est qu’il donne aussi des conférences et que malheureusement, il devait en donner une à Montréal mais son visa lui a été refusé. Vraiment bof ! Le second comparse est un homme qui bredouille quelques mots d’anglais. Nous avons compris qu’il venait de Kazan et lui a surtout compris que nous venions du Québec car nous parlons français et venons du Canada. Incroyable, on nous reconnait même de si loin. Fierté !

Il est 22h21, les couchettes sont installées. Je dors en haut et mon chéri en bas. Espérons que tous ces hommes ne ronflent pas trop fort. J’ai paré au pire en achetant des boules quies.

Demain, nous devrions rencontrer notre hôte « Couchsurfing » mais je n’ai pas eu de nouvelles de lui aujourd’hui. Il me faudra donc trouver rapidement du wifi public en arrivant à Kazan. 

Couchsurfing, qu’est-ce que c’est, vous demanderez vous ? C’est un mode de voyage chez l’habitant qui accepte de vous loger gratuitement chez lui, en échange d’un repas que vous lui préparer, ou d’un bel échange autour d’un café. Via l’application ou leur site web, il est possible aujourd’hui de trouver des hôtes à peu près partout.

Il y a six ans, en 2013, lorsque je suis partie seule en voyage durant 5 mois, j’ai essentiellement voyagé avec ce moyen d’hébergement. J’ai rencontré des gens fabuleux, d’autres moins, dormi sur un sofa au milieu d’un salon ou dans un lit moelleux dans une chambre luxueuse avec domestique et chauffeur à ma disposition. Avec Couchsurfing, il faut être prêts à tout, c’est vraiment l’aventure et surtout l’échange et la rencontre directe avec l’autre, l’inconnu.

J’espère juste que nous réussirons à contacter rapidement Sergeï, notre hôte à Kazan. À suivre !

07/08/2019 – Jour 2 (2/2)

Je suis vidée mais complètement rassasiée de notre magnifique journée de découverte et redécouverte de Moscou. 

Après un copieux et délicieux petit déjeuner à l’hôtel Custos Petrovsky, à base de tapioca, charcuterie et fromage, j’avais toute l’énergie qu’il fallait pour avaler le bitume des places moscovites. Notre première direction, bien évidement la Place Rouge. Sur notre chemin, nous avons pu admirer le Bolchoï (impossible d’avoir des billets, zut de zut) et la Douma, le parlement russe. Actuellement la Place Rouge est encombrée d’estrades car il va y avoir bientôt un immense spectacle de danses et musiques traditionnelles, obstruant le Mausolée de Lénine. Par contre, cela ne nous a nullement empêché de voir et photographier la photogénique et colorée église Saint-Basile-Le-Bienheureux. Le spectacle est autant dedans que devant. C’est le royaume du selfie sous toutes ces formes. Wow ! On doit slalomer à travers les sticks pour ne pas se faire éborgner. 

Vous devez bien vous doutez qu’il y a du monde, beaucoup de monde mais l’espace ici est assez vaste que cela reste encore supportable. Nous avons pris le chemin du Kremlin pour le visiter de l’intérieur… et vers 11h00, la file était à perte de vue… Devant nous, un petit groupe d’Allemands se faisaient offrir par un « Scalper » des billets pour le Kremlin « sans attente ». Une des dames négociait en russe avec le dealer. J’observais. J’écoutais. Une fois, compris le deal, (je parle allemand), j’ai demandé au groupe, s’il n’était pas inquiet de faux billets et la dame me disant qu’il n’y avait rien à craindre. Magouilleur mais pas trop ! Nous avons donc aussi « dealer » et obtenu des billets sans attente pour un modique 6 $ de plus. La file pour acheter les billets à la billetterie, durait minimum une heure … comme dit l’autre « le temps, c’est de l’argent ». En moins de 15 minutes, sécurité passée nous étions entrés. Débrouillardise !

Le site est vraiment impressionnant, 800 ans d’histoire se présentent à nous derrière les remparts de brique rouge. Cette ancienne forteresse est l’incarnation du pouvoir politique et de l’église orthodoxe russe. Incroyable de penser que les Tsars ont ici régné et dirigé le monde. 

Encore plein d’énergie (juste vous dire que Moscou, c’est grand, très grand et comme il faisait beau, on a  délaissé le métro), nous avons pris le chemin vers la Cathédrale du Christ-Sauveur, assez récente 1997, elle vaut toutefois le détour par sa majestueuse et immaculée architecture et la vue qu’offre sa terrasse sur la Moskova (fleuve traversant la ville). L’opulence dans tous les sens du terme ! Nous avons flâné également sur la populaire et fameuse rue piétonne Arbat où des musiciens de rue côtoient des portraitistes. Une joyeuse ambiance pour finir au pied du bâtiment presque new-yorkais du Ministères des Affaires Étrangères. Impressionnant ! 

Je suis agréable surprise par Moscou. On m’avait dit qu’elle était une ombre par rapport à la sublime Saint-Petersbourg. Certes le bruit est infernal, la circulation aussi mais la ville, la tentaculaire Moscou a un charme indéniable. La visite se poursuit demain avant notre première nuit dans le Transsibérien en direction de Kazan, capitale du Tatarstan… À suivre

07/08/2019 – Jour 2 (1/2)

Reprenons depuis notre départ de Montréal.

Tout s’est déroulé à merveille. Ma nervosité était beaucoup moindre que les derniers vols, est-ce du à l’impatience de vivre notre aventure, aux nombreux messages réconfortants reçus, à la lecture avant mon vol de tout ce que nous allons découvrir ou au fait de voler sur une excellente compagnie… sans doute tout cela combiné! Comme j’ai osé manger car je ne me sentais pas trop nerveuse, mon estomac noué n’a pas supporté mais une fois ce désagrément, j’ai dormi tout le vol. Mon chéri n’a presque pas dormi. Ce n’est pas un dormeur en avion. Chacun son rythme.

Nous avions 50 minutes pour transférer à Amsterdam. No problemo, nous furent dans l’avion pour Moscou à temps… les sacs à dos allaient-ils suivre ? On en doutait…

Deux heures et demie plus tard avec un vol sans turbulence, nous avons atterri à Moscow à 12:35 ! Et en regardant à travers le hublot, j’ai eu le bonheur de voir nos deux sas à dos saucissonnés dans une pellicule rouge installée par protection à Montréal. Passage aux douanes sans aucun souci … même pas une question! Tant de stress à Montréal pour ça ! Nous étions heureux de récupérer bagages et débuter la découverte de Moscou.

Nous étions tous les deux un peu zombi de notre nuit, en mode automatique. Nous avons facilement trouvé pour acheter nos billets de train pour se rendre au centre ville avec aeroexpress (850 ₽ – rouble russe pour deux) = 17 $CAD)

Direction métro moscovite pour aller à l’hôtel, là ce fut un peu plus périlleux pour se retrouver, s’orienter. Nous ne savions pas quelle direction prendre. Sur le plan, c’est clair mais déchiffrer les noms des stations un peu moins. Mon chéri est l’expert en cyrillique. Je lui ai fait confiance et nous avons pris le bon trajet. Le métro est à Moscou, un musée en soi ! C’est un, un des plus profondément creusé et deux, d’une richesse architecturale incroyable. Des photos à venir!

Donc trois stations plus loin, nous étions arrivés et l’hôtel fut facile à trouver. Mon sens de l’orientation ne m’a pa fait défaut.

On a posé bagages. Pris une douche. Mon chéri n’ayant pas dormi a fait une sieste et moi, trop impatiente de voir la ville, je suis allée faire un premier repérage et prendre quelques photos… vous me connaissez.

Après deux heures, j’étais vannée.

Je nous ai ramassé de quoi manger à la chambre : deux belles salades.

En arrivant mon chéri était encore dans les bras de Morphée.

Nous avons donc relaxé pour être en forme pour notre seconde journée. La première vraie de découverte.

À suivre 

03/08/2019 – Jour J-2

Bon aujourd’hui, je vous parle vraiment de nos dernières semaines. De cette fructueuse et énergisante pause dans notre Québec, dans notre chez nous, celui que j’aime tant et que je savoure à chaque retrouvaille. 

Nous sommes revenus et avons pu profiter à satiété de notre famille et de nos amis. Quand on sait que nous sommes là pour si peu de temps, on vit le tout plus intensément. On savoure ces moments avec ceux qui nous sont chers, ceux qu’on aime et on réussit à trouver le temps de se voir. Malheureusement, nous n’avons pas vu tous ceux que nous aurions aimé voir mais ce n’est que partie remise, on le sait et grâce à la beauté des « internets » on continue à s’écrire … jamais « loin des yeux, loin du coeur. »

Nous sommes allés nous balader en Beauce, dans les Cantons de l’Est dans le Bas Saint-Laurent, des régions magnifiques. J’ai découvert la Beauce et Saint-George-de-Beauce, fais un pèlerinage dans ma ville préférée : Kamouraska !

Il s’en est passé des choses durant cette parenthèse estivale. Deux partenaires, trois entrevues radio et des projets à venir … Nous sommes vraiment très heureux de cette petite reconnaissante et de cette collaboration dans notre aventure avec deux institutions du Québec, deux entreprises qui nous correspondent et qui nous appuient dans nos projets. Je dis merci haut et fort au Magasin Latulippe et à Voyages CAA-Québec, grâce à eux nous partons équipés à neuf et avec une tranquillité d’esprit.  Bien évidement, vous verrez des photos avec leurs produits  car, par reconnaissance, nous voulons juste montrer combien, ce qui nous a été offert, nous sera utile et comment on s’en servira si loin, là bas. Car la tranquillité d’esprit et vivre le moment présent c’est pour toutes et tous : voyageurs  d’ici ou ailleurs, grands explorateurs ou randonneur d’un jour. Nous partons mais assurément nous revenons, continuerons à profiter des beautés du Québec pour repartir à nouveau… le monde est vaste et sa richesse infinie.

Reconnaissante aussi envers vous, je suis tellement touchée de voir de jour en jour, notre page Facebook avoir de plus en plus de fans, d’ami(e)s, de voir que beaucoup partagent nos conseils, mes photos, nos aventures. Au début, je me demandais si ça valait la peine de faire ça, une page, un blogue, un journal mais maintenant, j’en suis certaine car même si, pour la majorité, je ne vous connais pas personnellement, il y une complicité développée, des échanges tous les jours avec des fans et des super fans. 

Vous êtes nombreux comme nous à être impatiens de partir… Le 5 août, nous serons nombreux à prendre l’avion et à décoller vers Moscou. Je vais essayer le plus possible de vous tenir informé(e)s, de vous offrir des photos, de vous partager nos découvertes et nos trouvailles. Nous n’aurons pas forcément les mêmes facilités, pas de hot spot à disposition mais je vais installer un VPN sur mon iPhone et ordi, afin de pouvoir utiliser le wifi public en toute sécurité.  C’est mon seul souci, une fois le vol passé et mon stress de voyage envolé.

Tout à l’heure, nous prenons le bus. La Licorne noire est entreposée. Nous voilà vraiment dans un autre style d’aventure, sans toit, bye bye #vanlife et son confort. 

Aujourd’hui, nous prenons le bus, direction Montréal, pour faire un dernier coucou, à la famille, à notre fils et lundi, fin de journée. On s’envole…

Vous êtes vraiment super de nous suivre et continuer à partager notre page. Plus on est de fous, plus on rit !

Merci 

02/08/2019 – Jour J-3

À quelques jours de poursuivre notre fabuleuse aventure, de s’envoler vers Moscou, direction la Mongolie, je suis impatiente mais fébrile. Fébrile car je dois avouer que j’ai peur de prendre l’avion. Oui, je suis aérophobique et cela depuis des années mais jamais je ne m’empêcherai de voyager. J’essaie de gérer ma crise, ma peur irrationnelle, mon stress croissant. Je respire, j’essaie de me raisonner. On m’a déjà expliqué mille et une fois, même des professionnels de l’aviation que, dans un sens, l’avion est un des modes de transport les plus sécuritaires et je n’en doute même pas mais les jours approchant le vol, je commence à y penser et la nervosité se fait grandissante jusqu’à être infernale le jour J. Alors comment, je fais ? Je prends un verre de vin et une petite pilule, en d’autres mots, je me « drogue » et je fais en sorte de ne pas vivre le vol. Je veux dormir. Je me mets entre parenthèse. 

Je me souviens de l’origine du mal. Il y a des années, je faisais un vol de retour du Mexique vers Montréal. J’étais avec une amie et j’étais enceinte de mon fils. À l’époque, il y avait certains sièges devant celui des hôtesses de l’air. C’était le mien. Le vol fut à ce point chaotique et les turbulences si fortes que l’hôtesse, face de moi, se mit à faire sa prière ! Et à me retourner et voir la majorité des passagers agir ainsi. Je fus paniquée, ne sachant, étant agnostique, personnellement à quel saint me vouer. 

Depuis ce vol, la peur m’habite. Je ne peux rien manger, rien avaler, à peine me concentrer la journée du vol. Je deviens zombie. Quand je m’enregistre, je l’annonce. J’avise le personnel. J’essaie pour un vol de courte durée de ne rien prendre car la petite pilule m’endort pour la journée, mais au delà de trois heures de vol, je me mets sur le mode automatique. Je suis la foule, je donne ma carte d’embarquement, je m’assois et j’essaie de partir au pays des rêves le plus tôt possible car la moindre turbulence me donne des angoisses et le stress de grandes nausées. J’ai essayé de me contrôler, de me raisonner, de relaxer, de penser à l’objectif du voyage, des belles découvertes ou des gens chers à retrouver et respirer profondément. Mais rien n’y fait … Je suis par nature dans la vie et sur le plancher des vaches, absolument pas peureuse, ni craintive, au contraire assez aventureuse mais là, je perds le contrôle. Voilà aussi peut-être l’origine du mal… ne pas avoir le contrôle.  Ah, pour une amoureuse des grands voyages, pas facile ! 

Mais je me suis promis de ne jamais m’empêcher de voler. Surtout que ce voyage là, c’est mon rêve, que depuis des années, je veux prendre le transsibérien et aller en Mongolie, ce pays m’appelle, me séduit. Pourquoi ? Je ne sais pas. Pour ses grands espaces, ses paysages magnifiques, ses contrées assurément photogéniques, sa culture nomade, c’est l’exotisme… je verrai là bas !  

Je partais pour écrire mon journal du mois dernier, de notre fructueuse et enrichissante pause au Québec et les mots se sont mis à fuser, l’encre couler sur un tout autre sujet… ma phobie. L’inconscient est intelligent, j’avais sans doute à évacuer quelques stress… 

À suivre !

13/06/2019 – Jour 163

Voilà, nous sommes vraiment sur le chemin du retour… dans quelques jours, nous serons à Montréal. Il nous tarde. Nous avons hâte à ces retrouvailles avec notre fils, ma soeur, la famille et les amis. Il nous reste encore quelques jours à profiter en « mode express » de certains coins du nord des États-Unis. Il nous faut rentrer car, il faut préparer la seconde partie du voyage. Hier soir, justement , sur ce superbe site de boondocking tout près du parc des Badlands, au Dakota du Sud, pendant que le soleil se couchait, je remplissais, en ligne, les formulaires pour nos demandes de visa pour la Russie. C’est complexe, long même très long et surtout stressant. On se dit « et s’ils nous refusaient l’entrée » mais pourquoi ? On ne sait jamais … Nous sommes déjà allés en Russie et nous n’avions eu aucun problème d’obtention de visa, alors je me dis et je prie pour que cela en soit encore ainsi. Remplir les formulaires m’a pris deux heures… et je dois faire des petits ajustements et les imprimer avant d’aller les déposer au centre de demande de visa à Montréal quand nous y serons. Ne pas oublier de faire nos photos … mémo personnel de moi à moi 🙂

Nous avons roulé, roulé beaucoup aujourd’hui… plus de 500 kilomètres. Nous n’étions plus habitués à un tel rythme. Nous allons faire encore un sprint d’autoroute demain  dans le Minnesota, mais nous poursuivrons par une route panoramique dans le Wisconsin et le Michigan pour rentrer par Sault Ste-Marie un peu plus tranquillement. 

Nous avons tout de même pris le temps d’emprunter avant hier la route magnifique et panoramique de la Black Hills National Forest dans le Dakota du Sud et de poursuivre vers le mondialement célèbre monument des quatre Présidents des États-Unis : Washington, Lincoln, Roosevelt et Jefferson : le Mont Rushmore. Lorsque nous sommes arrivés, de gros nuages noirs surplombaient ces illustres têtes comme si la nature nous exprimait son opinion … Il y a de gros nuages sur la tête des quatre piliers de la démocratie américaine … mon opinion !

Nous avons ensuite trouvé grâce à IOverlander, ce superbe site avec une vue infinie sur les Badlands. Un des plus beaux sites de boondocking pour moi durant ces six mois.

À la suite de la visite du parc ce matin, nous avons pris la route.

Nous sommes ce soir à la limite du Minnesota sur un magnifique parking de Cracker Barrel, chaque jour un nouveau décor ! Et devinez, ce que mon mari chéri va vouloir petit-déjeuner demain matin ? … À suivre

10/06/2019 – Jour 160

Nous venons de passer deux jours à être éblouis par ce que la nature du parc de Yellowstone a à offrir. Nous venons de passer deux jours à admirer des bisons, des ours, des cerfs de virginie, des aigles, des paysages sublimes aux couleurs surnaturelles mais exceptionnelles, des geysers, des sources, des volcans sous-marins, un lac immense, des montagnes enneigées, des vallées verdoyantes et des pâturages de carte postale. Le parc mérite bien sa renommée mais… car nous avons un mais ! Comme le Grand Canyon, le Parc de Yellowstone paie la rançon de sa gloire… Il y a du monde, beaucoup de monde, beaucoup trop de monde. Sur les petites routes qui parcourent le parc et qu’un bison se la coule douce sur le bord du chemin, et bien, l’embouteillage peut durer plus d’une heure parce que chacun veut sa photo dudit bison. Il est écrit, noir sur blanc, qu’il ne faut pas ralentir et encore moins s’arrêter et surtout pas s’approcher d’eux à moins de 100 mètres ! Nous avons aujourd’hui été plusieurs fois témoin de conducteurs s’arrêtant en plein milieu de la route pour prendre LA photo ne considérant aucunement les centaines d’autres véhicules derrière eux. Les bisons sont partout dans le parc. Il est très facile d’en photographier et je comprends de le faire. Ces animaux sont splendides. Il représente à mes yeux : la force tranquille et une noblesse sauvage. Ils sont chez eux tout comme les autres animaux. Nous sommes les invités. Bon, c’est dit ! Donc, pour en revenir aux splendeurs du Parc de Yellowstone, elles sont uniques. J’avais déjà vu des plateaux de sources thermales, en Turquie, à Pamukkale mais jamais de geysers comme ici. C’est vraiment impressionnant. On ressent toute l’énergie qui gronde sous la terre, cette puissance qui le temps d’un instant s’échappe du tréfonds, de ses entrailles pour créer des jets d’eau sulfureuse de plus de vingt mètres.  Ces bassins aux eaux turquoises qui bouillonnent, laissant savoir aux touristes qui passent, sa force endormie mais combien puissante et qui un jour se réveillera. 

Tout comme au Grand Canyon, nous avons été époustouflés par les paysages mais le trop de monde, nous a terni un peu le plaisir… Il n’en demeure pas moins que c’est absolument à voir ! 

Nous sommes ressortis de Yellowstone, en fin de journée et nous revoilà dans la tranquillité, non loin du parc, au bord d’une rivière émeraude en direction de Cody, au pays des Grizzlis dans un campground, le Newton Creek, de la National Forest pour 10 $/nuit. Nous sommes trois sur le camping de 30 places ! Espace et silence… on aime mais le fait incongru est qu’il s’agit du premier camping que nous fréquentons où il est strictement interdit de dormir dans une tente ! Uniquement dans un habitacle solide, c’est donc dire si la présence des ours est réelle et pas toujours sereine. La Licorne noire nous protège.

07/06/2019 – Jour 157

Mal dormis tous les deux car nous voulions inconsciemment que la nuit soit courte pour régler notre problème d’huile. Prendre soin de la Licorne noire est notre priorité et étant donné les kilomètres déjà avalés et les routes de montagnes parcourues, un petit litre d’huile, lui était nécessaire. Comme promis, la livraison des deux litres étaient faites au petit matin et à 8h30 tout était réglé. Prêts à reprendre la route ! 
Nous avons emprunté la route 89 pour nous rendre à l’entrée Est du Glacier national Park.
Il y a actuellement pas mal de travaux sur la route, il faut donc prendre son mal en patience… sur ce point, nous avons fait nos preuves. 
Comme la route reliant l’Ouest du parc à l’Est est fermée et que c’est tout de même un détour que de venir à St.Mary, il n’y avait vraiment pas foule. Tant mieux ! Les paysages sont tout aussi splendides que dans la partie Ouest. Le Lac St.Mary est incroyablement turquoise émeraude… on se croirait presque dans les îles du Pacifique si les cimes des montagnes enneigées ne nous rappelaient pas à la réalité. 
Durant la visite de cette petite partie du parc (14 miles), nous avons eu du soleil, de la pluie, de la neige mais surtout du vent, beaucoup de vent.
Nous avons eu la chance de côtoyer des chevreuils de près et de ne pas voir de grizzly!
Mon chéri ne se sentant pas très bien aujourd’hui, il est resté se reposer au chaud dans la Licorne noire.
Je peux vous dire que je me suis fait aller la clochette durant mes promenades en solitaire et que j’avais le doigt sur la gâchette du spray contre les ours. Téméraire mais pas trop !
Nous avons profité au maximum du parc et au meilleur moment car en repartant les montagnes avaient disparu dans le brouillard et la neige.
Nous avons repris la route 89 vers le sud, vers le Wyoming … Le paysage est très très beau, des champs vallonnés, un ciel bleu, des étendues de prairies et les Rocheuses au loin … Magnifique ! Ce soir, nous dormons, dans un BLM au bord d’une jolie rivière. Merci Montana… si le Québec pouvait avoir cette générosité d’offrir aux voyageurs certaines terres publiques ! Et pour finir, mon chéri, ce soir se porte mieux. Il était juste un peu barbouillé mais il est fait, il a survécu. « Qui aime bien châtie bien », dit l’autre… moi, je dirais « Qui aime bien, taquine bien » 🙂

06/06/2019 – Jour 156

La journée avait si bien commencée … prise deux ! Après une nuit très reposante au camping Apgar du parc national des Glaciers. Un délicieux petit déjeuner agrémenté d’une visite d’un chevreuil qui nous saluait. Une route panoramique magnifique qui valait bien le détour que nous étions obligés de faire parce que la route principale du parc était fermée à cause d’une avalanche… Tout était parfait jusqu’à ce que la Licorne noire dans les montées fassent des siennes et n’avancent que très lentement… cela nous était déjà arrivé mais c’était soudainement arrêté … sans explication ! 

Cette fois-ci, fait nouveau, le « check engine » s’est allumé ! Mon chéri a la panique facile et voulait sur le champ trouver un concessionnaire Mercedes-Benz ! J’ai ri, j’ai bien ri au milieu des montagnes du nord du Montana, coucou Mercedes-Benz où es-tu ? Nous avons fait une petite pause … pour rassurer l’homme et la machine. Remis du DEF et lecture de la température du moteur au milieu de la sublime route 2.  Nous avons repris la route et l’accélération de la Licorne noire semblait avoir repris son allure normale … (pour les spécialistes des Sprinters, n’hésitez pas à nous donner votre avis… néophytes, nous sommes !)

Tout allait bien mais le « check engine » persistait. À la lumière de la savante lecture du tableau de bord, il était indiqué « ajouter un litre d’huile »… rien pour rassurer mon chéri (moi, je ne suis jamais vraiment stressée sauf devant une nuée de moustiques!)  Il fallait donc rapidement trouver un lieu pour acheter ladite huile … et c’est là qu’il y eut de l’eau dans le gaz ! 

J’avais avant de partir et lors du changement d’huile chez Mercedes-Benz à Santa-Fe (ça fait bien dans une conversation, ha, ha, ha) recommandé à mon chéri d’acheter « au cas ou » un litre d’huile que nous garderions en réserve en cas de pépin. Mon mari chéri m’a regardé gentiment : « Cela va nous encombrer, on en aura toujours sur le chemin. »  Et bien voilà, aujourd’hui, alors que le ciel était parfait pour les photos, alors que tout était merveilleux, on a du courir après cette foutue huile à moteur ! Non loin de l’entrée du parc, East Glacier, rien, 12 miles plus loin à Browning, rien… 30 miles plus loin à Cut Bank, rien mais alléluia, il pourront l’avoir demain matin très tôt ! Il est 15h30 quand nous arrivons à Cut Bank. C’est moche ! Je suis pourtant d’une nature à essayer de voir toujours ce qui est beau… mais là impossible c’est moche. La ville est presque fantôme. Il y a, je me demande pourquoi, un « visitor center » et nous pouvons dormir sur leur stationnement car ici IOverlander ou Campendium n’ont même pas géolocalisé les possibilités pour faire de joli dodo. Il n’y a rien à faire ici. 

Le stress de mon chéri et ma frustration se sont évanouis. On en rit, ce sera une anecdote à raconter… mais il me tarde demain matin pour décamper et voir enfin le Lac de St. Mary ! … À suivre

05/06/2019 – Jour 155

Nous avons donc dormi dans l’Idaho, le temps d’un dodo dans la jolie petite ville frontalière Bonners Ferry. Pour les intéressés boondocking facile jusqu’à 72 heures au parc municipal. RV Friendly, on aime.

Ce fut une matinée vidange, ménage et tutti quanti et une grosse journée de route puisque l’objectif était Glacier national Park. Nous avons donc emprunté la route 2. Panoramique comme on aime, à travers des montagnes et des décors de far west. À faire !

Nous sommes donc arrivés à destination et malgré la fatigue de la route, nous avons fait une superbe randonnée pour aller voir l’Avalanche Lake. De toute beauté. On grimpe pendant plus d’une heure à travers une fôret de cèdres rouges plus que centenaires et on aboutit au sommet sur un lac émeraude au pied de montagnes majestueuses. 

Paresseux, nous avons décidé de ne pas chercher de boondocking ce soir et de dormir pour un 20$US au camping Apgar du parc national au bord du lac. Magnifique et très tranquille ! 

La route qui traverse le parc n’est pas encore ouverte complètement alors nous devrons contourner celui-ci pour aller voir la seconde moitié, celle du coin de Saint-Mary qui soit disant vaut le détour … à suivre ! Ce soir, nous dormirons au pays des Grizzlis.

04/06/2019 – Jour 154

Déjà en juin, déjà six mois que nous sommes partis.

De retour au pays de l’Oncle Sam depuis quelques heures et à nouveau du wifi à volonté grâce au jet pack Verizon que nous avons en priorité réactivé ! Je remets donc mon journal à jour et vais pouvoir envoyer mes articles. J’avais depuis trois/quatre jours atteint mon forfait canadien et malheureusement fait explosé mes données, ne pouvant compter que sur le wifi des Visitor Centre ! À quand le forfait illimité au Canada ! 

Nous avons quitté en beauté la Colombie-Britannique par la route 3, celle qui longe la frontière des États-Unis, en partant d’Osoyoos où nous avons appris qu’elle était la ville la plus chaude du Canada. On comprend pourquoi, il y a tant de lodges et de belles vignes aux alentours et que le seul désert du Canada s’y trouve. La route 3, panoramique offre une route qui serpente à travers les montagnes de conifères, certes moins haute que les Rocheuses mais magnifique. On longe des rivières, des ruisseaux aux eaux limpides. On traverse des contrées tout droit sorties du far west. La minuscule ville de Greenwood, pas plus grande que 2,5 km2, semble s’être figée dans le temps. Sa rue principale offre des devantures de magasins d’un autre siècle. Charmant ! Prendre le temps d’y faire une pause absolument.

Mais je reviens en arrière sur notre passage dans la vallée de l’Okanagan. Je comprends maintenant ceux qui désirent s’y installer à jamais. Il y a un art de vivre, un micro climat, un cadre pittoresque qui séduit. Cette très belle région de la Colombie-Britannique offre des beaux paysages, des couleurs merveilleuses pour les peintres, les photographes, les artistes en tout genre. 

Une vallée tapissée d’arbres fruitiers et de plans d’eau, les meilleures conditions pour les nombreux vignobles, reconnus mondialement, voilà la vallée de l’Okanagan. Et que dire de ses immenses lacs qui font le bonheur des sportifs et des pêcheurs. Un joli et pittoresque coin de pays. J’y retournerai … mais pas pour m’y installer. J’aime trop notre Québec.

Nous sommes sur nos derniers jours pour cette première partie de voyage… tranquillement nous rentrons mais avant encore quelques beautés à découvrir au Montana et au Wyoming …. à suivre ! Ce soir, dodo en Idaho !

01/06/2019 – Jour 150

La journée avait pourtant si bien commencé. Une superbe matinée à déambuler dans les petites rues, dans le cœur de Revelstoke. Cette petite bourgade de Colombie Britannique est reconnue pour ses pistes de ski et son décor montagneux mais à cette saison la neige a presque fondu laissant place aux fleurs odorantes. Jour de chance, c’était jour de marche et bonus, exposition de vieilles voitures américaines des années 60 et 70. 

J’ai beaucoup aimé l’ambiance de Revelstoke. Le rythme y est lent, calme, détendu. Tous semblent se connaître. Tous se saluent et le sourire est sur les visages. En cette belle matinée ensoleillée, il faisait bon se prélasser sur une terrasse de Revelstoke. Il n’y avait personne d’esseulé.

Nous avons poursuivi la route en direction de Kelowna. La 95a est très jolie. Les montagnes se font collines et les cimes enneigées font place aux valons verdoyants, aux vignes et aux arbres fruitiers.

Kelowna m’a bouleversé. Tristement pas par sa beauté ni son âme mais par sa pauvreté. Il y a les riches et les très pauvres. Ceux qui traînent, qui errent, qui sont écorchés et finissent échoués sur les trottoirs de la ville.

Étant partie me balader seule, mon chéri écrivant, j’ai aperçu un jeune homme, mince voire maigre avec une pancarte « anything you can give. God bless You ». Il me faisait penser à mon fils. Comment en arrive t’on là? Cela me bouleverse. Cette jeunesse déjà si amochée. Cette vie déjà si hypothéquée. Je l’ai observé. Il recevait quelques pièces, remerciant à chaque fois poliment et retournait à sa lecture.

Je n’avais pas d’argent mais je ne pouvais rester ainsi. Je suis retournée à la Licorne noire. J’ai expliqué à mon chéri qui me voyait bouleversée.

Nous sommes retournés là où il était. Nous lui avons demandé s’il avait faim. Il a répondu que oui avec un timide sourire. Nous lui avons proposé de lui offrir son repas. Il a d’abord refusé sans doute gêné. J’ai insisté. Il a accepté tout en nous remerciant. Il a quitté son « poste » et nous nous sommes dirigés vers une petite pizzeria, lui, nous et Léo, sa petite souris. Mon chéri a commandé ce qu’il voulait et nous nous sommes assis en terrasse. Nous avons discuté. Il aime la région. Il compte bientôt travailler pour la saison des récoltes mais c’est trop tôt. Il voudrait retourner à l’école. Il vivote et dort dans un dortoir le soir… au moins, il n’est pas à la rue. Ça joue dur à Kelowna! Nous ne pouvons pas faire plus mais ce soir, il aura manger chaud et ce qu’il voulait. 

Que ce soit à Kelowna ou ailleurs, on ne devrait jamais voir cela. 

Ce soir, je suis triste de savoir qu’un gamin de 19 ans est déjà si amoché. Ce soir, j’aurais voulu faire plus pour Kyle, c’est son prénom.

30/05/2019 – Jour 149

Je n’ai pas délaissé mon journal … simplement pas eu le temps ces derniers jours de mettre cela à jour. Surtout que depuis hier, nous sommes chez une amie de très longue date qui nous accueillent avec son amoureux, chez eux à Canmore … beaucoup de temps à rattraper, à papoter. Un bonheur de l’avoir revue. Un grand remerciement pour cette générosité et cette hospitalité. L’amitié n’a pas d’âge et cela me confirme à nouveau que l’adage « loin des yeux, loin du coeur » ne vaut rien. Mes amis, je les aime. Certains sont loin, très loin. On s’écrit, parfois moins mais ils le savent je les aime à jamais et ils sont dans mon coeur… Berlin, Paris, Québec, Munich, Washington, Madrid, Bordeaux, Kiev, New-Dehli, coucou !

Mais revenons à notre voyage et à mon expérience à Jasper et Banff. S’il faut choisir, je dirai que j’ai préféré le parc national de Jasper, plus diversifié, plus sauvage, plus spectaculaire, plus tout ! Je n’enlève rien à Banff qui offre des paysages sublimes. La route 93, celle que l’on nomme « La Promenade des Glaciers », est une des plus belles routes que nous ayons prise. Rouler à travers des glaciers est époustouflant. Un triste constat est de réaliser que le réchauffement climatique que certains nient, fait des ravages réels sur la fonte et le retrait des glaciers… Que les climatosceptiques aillent faire un tour à Banff, sur le glacier d’Athabasca ! Nous n’avons jamais vu autant de diversité de faune ! Hier, encore en revenant d’une balade à vélo avec nos amis, de très beaux wapitis se baladaient eux aussi et un, nous a même fait l’honneur de nous accueillir dans l’entrée de leur maison. Quel cadeau ! 

Si je devais choisir une des deux villes, mon coeur pencherait pour l’architecture de Banff avec l’ambiance de Jasper : le meilleur des deux mondes. 

Le Lac Louise : point de déception, non pas pour la beauté des lieux. C’est sublime mais pour le flot de touristes et je sais que nous en sommes ! Il y a un monde fou. Par chance, nous avons décidé d’y aller en fin de journée et nous avons pu nous stationner mais plusieurs personnes nous ont raconté leur mauvaise expérience de visite. C’est la rançon du succès et de sa renommée internationale. Même constat pour le Lac Moraine, les autobus défilent tout au long de la journée… une usine ! Planifiez bien votre visite… certains se lèvent très très tôt pour réussir à faire les deux. Je conseille donc d’y aller après le flot des groupes opérateur car il est indéniable que le paysage en vaut la peine. 

Demain, nous poursuivons la route vers la vallée d’Okanagan… Nouvelles découvertes à venir !

26/05/2019 – Jour 145

Wouah et reWouah depuis que nous sommes partis du camp de notre fille. La route 16, après un départ difficile à cause d’un accident qui nous a retenu deux heures et demi dans un embouteillage de 8 kilomètres, sur l’unique route qui nous menait au parc national de Jasper sans aucune route alternative est vraiment magnifique.  La route était censée être fermée plus longtemps, nous étions donc heureux de reprendre la route. Il était tard nous avons donc dormi le long de la rivière Fraser sur une aire de repos très tranquille, un coin paradisiaque pour boondocker !  Hier journée de route essentiellement et épicerie en arrivant au village de Jasper… Nous avons tout de même pu admirer un magnifique couché de soleil sur la rivière Athabasca. Fatigués, nous avons fait un dodo tôt… conduire peut-être parfois plus éreintant que d’escalader une montage.

La route 16, traverse le parc de Jasper et c’est également celle que nous avons emprunté aujourd’hui pour nous rendre au Lac Maligne dans le nord-est du Parc national de Jasper. Je savais que ce parc était beau, que les paysages étaient magnifiques, ce que j’en avais vu sur des photos m’épatait mais de voir cela en vrai, c’est époustouflant. Tout est comme dans la carte postale. Les immenses montagnes, l’eau émeraude et turquoise, la flore riche et une faune très présente. On a vu aujourd’hui : des ours,  des mouflon, des aigles, un orignal, de la truite à faire rêver les pêcheurs de ce monde… 

Les lacs tout sublimes les uns que les autres… les lacs Beauvert, Medecine, Maligne et Pyramide sont tous différents mais on comme caractéristique commune : leur eau turquoise/émeraude en fonction de la profondeur des eaux.  Je suis au paradis pour les photos. Il y a des chutes à couper le souffle, celle du premier pont du Maligne Canyon est vertigineuse. Les gens vulnérables aux vertiges doivent bien se cramponner ! 

Nous avons beaucoup, beaucoup marché aujourd’hui. Nous nous sommes offert le petit luxe de prendre l’apéro sur la terrasse du Fairmont Jasper Lodge et d’admirer ensuite le lac Beauvert qui porte merveilleusement son nom. 

Je rédige ce journal du bord du lac Pyramide pour y observer le coucher de soleil. Toujours et encore à capter des images, les beautés de la nature… Ensuite, nous rentrerons au campground Wabasa. Ici, dans le parc national, pas de boondocking possible !

Il me tarde déjà demain pour voir les chutes d’Athabasca et le chutes de Sunwapta… le tout en direction de Banff… à suivre…

23/05/2019 – Jour 142

C’est du fin fond des bois sur le territoire de la Nation Nazko, du campement où « habite » notre fille, encore pour quelques jours avant de partir pour l’Alberta, vers un nouveau contrat, que je mets à jour mon journal. Nous sommes arrivés hier en fin de journée. Après 1 heure trente de route de Quesnel, sur laquelle, on doit rester à l’affût et aux aguets de tous les animaux qui peuvent surgir des bois ou des fossés. Mon chéri voulait voir des ours. Il en a vu à satiété, des noirs, des bruns, des caramels, des bébés, des mères et des immenses et effrayants. Il y en a à profusion… et on nous a dit, plus tard, beaucoup plus cette année que les autres saisons. Le campement se situe au bord d’un lac ou des millards de moustiques et mouches noires m’accueillent avec joie. J’ai pris le peine de me parfumer au Off et à la citronnelle mais ces monstres coriaces n’en n’ont que faire. Ces bestioles ici sont voraces. Ma fille rit de moi. Tant mieux, car si on vaut pas une risée, on ne vaut pas grand chose. 

Dès que je l’ai vu, j’ai sauté de la Licorne noire pour la prendre dans mes bras et l’embrasser. De belles retrouvailles. Après encore quelques tâches, à faire, nous avons pu passé la soirée ensemble, à rire, parler et célébrer. 

Le lendemain, aujourd’hui,  elle devait travailler… Pas de journée off, tel que planifié. Son poste demande une grande disponibilité. Ma fille m’impressionne. Son travail est extrêmement exigeant physiquement et psychologiquement. Son travail est dangereux. Cela inquiète mon coeur de maman mais elle est une jeune adulte responsable et courageuse. Je ne peux être que fière et travailler sur mon inquiétude…

Nous lui avons demandé si on pouvait l’aider… Elle avait besoin de faire de la lessive mais jamais le temps. Nous sommes donc retournés aujourd’hui à Quesnel, laver notre linge sale de famille et avons repris la route vers Nazko où nous pourrons encore passer une petit bout de la soirée avec elle. 

Demain, sera sans doute une journée de route, vers Jasper. Où dormirons-nous demain, nouvelle aventure, nouvelle destination. 

Mon chéri et moi repartirons heureux d’avoir eu quelques heures avec notre fille. Un bonheur… Bientôt, nous retrouverons notre fils. En road trip, c’est ce qui nous manque le plus, la famille. 

20/05/2019 – Jour 139

Nous avons quitté la sublime route 99 avec ses grandioses montagnes, ses routes en lacets et ses monts enneigés pour prendre la route 97, beaucoup plus champêtre mais tout aussi panoramique. Ses champs de pissenlits offrant aux yeux du photographe, un printanier manteau d’or sur l’herbe verdoyante. Pittoresque à souhait. Nous nous sommes rendus jusqu’à Williams Lake, dans la région des Cariboo Mountains. Jolies montagnes qui font cependant pâles figure devant leurs voisines, les Rocheuses. Nous sommes donc dans la région depuis hier. Il nous reste un peu plus de 100 kilomètres avant d’atteindre Quesnel où nous retrouverons notre fille. Qu’il me tarde de la serrer dans mes bras, de l’embrasser et de passer des heures à papoter. Ce sera un 24 heures intense car elle doit retourner surveiller les équipes de « planting » qu’elle supervise. Elle a commencé, il y a maintenant 4 ans comme simple planteuse. Elle est maintenant superviseur. Un peu moins difficile physiquement mais un boulot de chaque seconde… son repos se fera fin août, à la fin de la saison… Je suis vraiment impressionnée par ces jeunes et moins jeunes qui durant des mois, jour après jour, replantent nos forêts soient dévastées, soient trop exploitées par l’industrie… Un travail dur physiquement et psychologiquement. Passer des mois durant dans le bois, seuls des jours durant sur des kilomètres de terre à répéter inlassablement le même geste : planter, planter, planter … On aura beau me dire que c’est payant ! Certes ! Mais je ne le ferais pas. Bravo et toute mon admiration !

Nous nous occupons donc dans la région avant de la retrouver. Après les obligations : épicerie, vidange, ménage et tutti quanti, nous sommes allés vers Horsefly découvrir les chutes dont le Visitor Centre nous avait vanté les beautés… Bon, après celles que nous venons de voir le long de la Route 99, celles-ci étaient jolies mais en rien impressionnantes. 

Il y a deux choses que je déteste, les alligators et les moustiques ! Et bien ici, je peux vous dire que j’ai trouvé mon épreuve pour travailler ma patience et mon lâcher prise… Nous sommes allés ce matin au Canadian Tire, surtout pour acheter un spray contre les ours car les messages à l’entrée des parcs sont clairs : Ayez en votre possession un spray contre les ours… Je veux bien encore me battre contre des moustiques, des mouches à chevreuils et des mouches noires mais les grizzly, non ! Il y en a dans la région ainsi que des ours noirs, un peu moins « dangereux », ha, ha, ha ! Notre fille nous dit qu’actuellement, elle voit entre 2 et 4 ours par jour… C’est son job, s’assurer que son équipe travaille en sécurité. Il lui incombe de les effrayer. Effrayez un ours noir ou un grizzly, facile hein !!

Nous dormons ce soir encore à Williams Lake. Le Visitor Centre, à l’entrée de la ville, accueille les Vans et VR sans souci et avec grande gentillesse sur son stationnement. Simplement les informer et le tour est joué. 

Demain, découverte de Likely … à suivre

18/05/2019 – Jour 137

La journée n’avait pas très bien commencé…

Mon chéri s’est réveillé avec un torticolis douloureux l’empêchant de se mouvoir faisant de lui un homme tronc, il faut savoir rire de nos petits bobos.

Notre visite de Whistler fut des plus courtes… Nous avions oublié quel jour nous étions, un samedi et de surcroit que c’était un long week-end !  Oubliez le temps, c’est à la fois un bonheur mais aussi un inconvénient comme aujourd’hui ! Trop de monde, à tel point que tous les stationnements de la ville étaient pleins. Mon chéri et moi même avons peu de patience dans ces cas là et ayant eu un aperçu de cette station de ski, beaucoup trop touristique et quelque peu formatée à la Mont-Tremblant, nous avons décidé de quitter la ville le plus rapidement possible pour se retrouver tout aussi si vite sur une route sublime et beaucoup plus tranquille. 

J’aime Québec. J’aime ma province, la belle province. Je suis amoureuse du Fleuve Saint-Laurent. Mais je dois dire que je suis en train de succomber aux charmes exceptionnels et irrésistibles de la Colombie-Britannique.  La route 99 que nous empruntons depuis notre retour sur le continent est tout simplement sublime. Les montagnes, la route, les lacs, les chutes sont spectaculaires et magnifiques. Conduire est un vrai plaisir !

La journée fut soudain un vrai plaisir… une fois la foule derrière nous, nous avons roulé et sommes tombés de beautés en beautés et de surprises en surprises. Je rêvais lors de notre road trip aux US, de voir un rodéo.Nous avons essayé maintes et maintes fois mais à chaque fois, nous étions trop tôt ou trop tard dans la saison et aujourd’hui, au détour d’un virage, nous sommes tombés sur un festival de rodéo … J’ai remercié le ciel et tous les esprits, tellement j’étais contente. Mais c’est là que j’ai appris qu’il y a des rodéos avec des boeufs et des chevaux. Nous étions sur une terre des Premières Nations et nous avons pu assister à leurs festivités et leur rodéo. La Madame était contente !

Tout au long de la route, la nature nous a offert beautés sur beautés, des lacs splendides et des montages majestueuses. Nous roulions dans une carte postale. Je suis amoureuse du Fleuve Saint-Laurent et de la route 99 !

Pour finir la journée, nous avons trouvé un bel endroit : Un camping gratuit, gracieuseté de BC Hydro ! Si Hydro Québec pouvait en prendre de la graine et surtout avoir cette générosité ! Le site est normalement très tranquille mais en cette longue fin de semaine, beaucoup de familles sont installées. L’ambiance y est très conviviale. En arrivant, nous avons longuement parlé avec toute une famille de Vancouver. On leur a même fait visiter la Licorne noire. Le secteur est très beau et nous n’avons pas eu le temps de découvrir les alentours. Nous resterons peut-être une nuit de plus … à suivre 

17/05/2019 – Jour 136

Quel bel endroit pour finir notre séjour sur l’île de Vancouver que ce parc provincial Englishman River Falls. Nous y sommes arrivés hier sous la pluie pour repartir sous un ciel bleu ce qui nous a permis de faire une belle balade dans e parc et d’admirer ses chutes et sa rivière à l’eau translucide. Nous avons ensuite pris la route pour Nanaimo pour prendre le ferry en direction de Vancouver Ouest… et bien évidement, je me devais de déguster un nanaimo, miam, miam. Un fait cocasse aujourd’hui, une fois stationnés dans notre file pour embarquer, nous sommes allés à la recherche dudit nanaimo dans la petite galerie marchande, le Market du port. Lorsque soudain, j’ai entendu un message vocale : « le propriétaire du van noir modèle grixzzly immatriculé au Québec est prié de se rendre immédiatement à son véhicule .» Mon chéri papotant allègrement avec un commis n’avait rien entendu. Je suis allée l’informer et nous sommes retournés rapidement voir notre Licorne, un peu inquiets… mais en fin de compte … rien de grave. Il fallait avancer le véhicule car le camion, devant nous, était parti et la place était libérée devant nous. Mais ce qui fut amusant c’est de discuter avec l’agent, un Québécois, résidant depuis une trentaine d’années en Colombie Britannique et que par dessus le marché, il venait du même quartier que mon chéri, Neufchâtel et ont fréquenté la même école et pour finir : la cerise sur le sundae, il nous avoua au cours de la conversation, qu’il avait été amoureux d’une jeune fille au bout de la rue où habitait mon chéri. Ha, ha, cette amoureuse était la petite cousine de Claude… le monde est vraiment petit… et la cousine n’en fut jamais rien.

Très agréable traversée vers le continent bien que sur le pont, il ventait fort. Nous avons décidé de ne pas visiter Vancouver… une autre fois qui sait. La ville, la métropole, belle de loin avec ses buildings à profusion, ne nous tentait guère. Direction, la nature, le calme et les grands espaces. 

La route 99 vers Whistler offre un panorama magnifique. On longe la baie de Howe, bras de l’océan pacifique. 

Nous sommes ce soir, près de Squamisch, où enfin nous retrouvons nos bonnes habitudes de boondocking. Dans la forêt, avec une vue spectaculaire sur les cimes encore enneigées du Mont Tatalus et tout cela pour zéro beau dollar ! On aime ça. Demain, on poursuit tranquillement vers Whistler… Nous retrouvons notre fille dans 5 jours… on compte les dodos 🙂

15/05/2019 – Jour 134

Je savais que j’aimerais l’île de Vancouver. Je connaissais Victoria mais je découvre des paysages et des routes sublimes. Je suis aussi très heureuse d’avoir découvert et visité, hier, Chemainus, cette petite ville qui a réussi à se sortir d’une crise économique due à la fermeture d’une usine grâce au développement du tourisme par l’art. Les bâtiments de la ville sont décorés de 41 fresques et murales qui présentent le patrimoine, l’histoire, les habitants et la culture de la ville, riche de son multi culturalisme : des fondateurs japonais, aux nations autochtones et aux Canadiens. Vive la diversité !

Nous avons ensuite pris la route sous une pluie intense vers le parc provincial Mac Millan où se trouve le Cathedral Grove, une forêt humide dont les arbres plus que centenaires sont spectaculaires. On y retrouve le Big Tree, un des plus vieux arbres du Canada, âgé de plus de 800 ans… que nous sommes minuscules. Notre visite devant ce majestueux arbre ne représente qu’une nano seconde de sa vie … Humilité pour l’humanité devant cette nature.

La route 4 allant vers Tofino est panoramique et magnifique… même sous la grisaille, les lacs sont époustouflants. Le Lac Kennedy est le plus grandiose.

Nous avions trouvé des endroits pour faire du boondocking mais en arrivant aux abords des deux sites, les branches étaient trop basses pour la Licorne noire … Nous avons du continuer la route jusqu’au Pacific Rim National Park qui en arrivant affichait COMPLET ! Nous sommes tout de même entrés pour demander conseil pour trouver un site pas trop onéreux … et BINGO ! Une annulation venait de se faire et un emplacement était donc libre. Nous l’avons pris pour deux nuits afin de visiter sans stress les alentours. 

Le parc est très beau et les installations dignes d’un hôtel 4 étoiles ! Le tout pour 30 $ CAD.  Dormis comme des bébés !

En effet, nous avons émergé vers 8h30 ! 

Avant le petit déjeuner, je suis allée me balader sur la plage… une vraie carte postale, la plage dont on rêve, celle au sable blond, aux vagues parfaites, à la couleur émeraude turquoise ; celle qui offre des balades sur des kilomètres durant…  Un rêve !

Le guide en arrivant la veille nous avait recommandé le sentier 6, celui de la Forêt humide. Nous nous sommes donc mis en route pour ce dernier dès le petit déjeuner terminé. Impressionnant, une forêt magique, un sentier magnifiquement construit, des arbres grandioses, une végétation luxuriante, intense et verdoyante… 

Tofino non loin de là, était la destination à atteindre sur la côte, l’objectif de l’île de Vancouver. Très jolie ville, un peu trop touristique à mon goût. L’été, cela doit être infernal ! Par contre le cadre naturel est très très beau. La mer, les montagnes, les monts enneigés, le petit port de pêche, les hydravions amerrissant, les fleurs sublimes et colorées. Tout y est ! C’est merveilleux. 

On finit la journée par la visite de la petite ville d’Ucluelet, charmante, moins touristique, plus humaine et plus chaleureuse. Le cadre est « presque » tout aussi joli. C’est du stationnement du port d’Ucluelet que je rédige mon journal ce soir. J’entends un phoque au loin qui se lamente et la mouette lui répond … original comme trame sonore.

13/05/2019 – Jour 132

Voilà, nous sommes revenus au pays …

La traversée en ferry fut très agréable, nous offrant une vue sur les montagnes enneigées du Olympic National Park, tout à fait magnifique. Je recommande la compagnie Black Ball, excellent service et facilité de commande online… En 90 minutes, nous étions en terre du Ô Canada et les procédures douanières ont été réglées en 5 minutes. 

Fait cocasse, la première rue sur laquelle nous sommes tombés en arrivant à Victoria est la Quebec St. sans l’accent d’Amérique comme dirait un ami.

Nous sommes contents d’être de retour, un peu chez nous, cela va alléger le porte-monnaie … sauf pour le budget diesel ! Rien n’est jamais parfait 🙂

J’étais venu, il y a plusieurs années, je pourrais presque écrire au siècle dernier, avant nos enfants, sur l’île de Vancouver. Dans le cadre de mon travail, j’avais fait un saut de puce à Victoria me permettant d’avoir un aperçu de la belle victoria.

L’atmosphère n’a pas beaucoup changé. Son petit air britannique lui confère un aspect de veille dame digne et charmante, celle avec qui il est agréable de converser et de boire sa cup of tea. La ville vaut absolument une visite car elle séduit et on aime y flâner. 

Bien évidement, nous avons pris notre tasse de thé avec sa tower. Nous avons dégusté scones et petits sandwichs au concombre … Ayant, il y a plusieurs années, déjà été à l’Empress Fairmont, je voulais cette fois-ci découvrir un autre établissement recommandé et réputé à Victoria, the Huntingdon Manor. Ce fut surtout un moment de fou rire, car mon chéri fort affamé, a su se contenir et me faire rire en dégustant de fort élégante manière les quatre petits sandwichs, certes fort exquis, qui nous étaient servis… mais cela ne rassasie pas mon homme.

Nous avons donc poursuivi la promenade vers le Fischerman’s Wharf, village de maisons flottantes, comme à San Francisco, où mon chéri a trouvé son bonheur, une belle grosse pointe de pizza quatre fromages. Il était enfin repu.

Le Chinatown est aussi à voir et la minuscule rue Fan Tan Alley est charmante.  Une visite du parlement est aussi à faire. On y apprend beaucoup et le lieu et ses vitraux sont magnifiques.

Le boondocking s’annonçant difficile sur l’île de Vancouver, nous sommes allés dans un State Park et au coût de 20 $ CAD, cela nous a paru presque donné. 

Belle journée de retour ! À suivre

12/05/2019 – Jour 131

Dernier jour dans l’état de Washington. Dernier jour avant de prendre demain le ferry pour traverser le détroit de Juan de Fuca, celui qui nous amènera vers le Ô Canada, celui qui nous rapprochera de notre fille que nous allons retrouver bientôt dans quelques jours, près de Quesnel où les feux de forêt commencent à faire rage… 

L’état de Washington nous a offert quelques belles vues, mais nous finissons peut-être par être trop gâtés, car nous n’en garderons pas un souvenir mémorable. L’Orégon nous a séduit… moins Washington. La route 101 « longeant la côte et l’océan pacifique, considérée comme panoramique passe plus souvent à travers les bois qu’autre chose. Les territoires des Nations autochtones traversés sont désolant de pauvreté … Deux poids, deux mesures … le constat d’injustice de telles différences de situations sociales est choquant. À quelques kilomètres de distance, on traverse des villages balnéaires parfaits, tout y est propre, les boutiques branchées aux tarifs salés côtoient des voisins qui vivent dans des taudis… « Make America Great Again » dit un certain numéro 45 ! Et malheureusement au Canada, la situation n’est bien souvent guère mieux … Tout cela m’attriste.

Nous rentrons demain au Canada mais nous reviendrons un peu plus tard chez notre voisin car le Montana et le Wyoming nous appellent.

Nuitée sur le stationnement du Walmart de Port Angeles, très tranquille et fort accueillant.

10/05/2019 – Jour 129

Mount St-Helens, Mount Rainier, neige et reneige… donc pas la possibilité d’explorer les sites comme nous aurions voulu. La nature est belle, déjà verdoyante en bas des montages mais encore blanche sur les hauteurs. On passe de 28 / 29 degrés Celsius à 13 / 14 au sommet. À refaire, nous ferions ce coin des États-Unis, plus tard, en juin, juillet … 

Nous avons donc pris la route pour des températures plus clémentes… la côte pacifique. Nous avons atterri à Pacific Beach. Et petit moment insolite mais de pur bonheur, visitant le village, nous sommes rentrés dans un magasin « Wacky Warehouse » qui ressemblait plus à un marché aux puces qu’autre chose mais qui nous a offert un grand luxe, celui d’entendre un pianiste live qui s’amusait sur un piano caché dans un coin à travers tout un fatras… Inoubliable ! 

Nous la remonterons tranquillement jusqu’à Port Angeles où nous prendrons le ferry pour rentrer au Canada, sur l’île de Vancouver.

Il y a plusieurs années, seule, j’avais visité Victoria. Aujourd’hui, je suis heureuse d’aller vivre l’afternoon tea ou « high tea » bientôt, avec mon chéri.

La réservation du ferry est faite. Lundi, nous dormirons Ô Canada !

Cela ne met pas un point final à notre aventure chez notre grand voisin puisque nous retournerons au Montana et Wyoming sur le chemin du retour vers Québec …

Demain, pause … on ne bouge pas. On ne roule pas… un peu tannés, mon chéri et moi, de rouler …

Farniente au programme sur les plages du Pacifique !

08/05/2019 – Jour 127

Je signe et contresigne l’Orégon est mon second « coup de coeur » après l’Utah. La luxuriance et la diversité des paysages sont extraordinaires. J’y ai vu la campagne verdoyante, des forêts gigantesques, l’Océan turquoise et puissant dont les vagues vous engouffrent en deux mouvements, presque terrifiant ; des montagnes dont les ravins vous étourdissent et des phares à profusion. 

La nature en est un mot y est sublime ! Notre dernière journée au Columbia River Gorge National Scenic Area fut l’apothéose de ce bouquet d’artifice de beautés naturelles. 

Notre dernière nuit y fut cependant courte et pénible. N’ayant point trouvé de lieu pour boondocker, nous nous sommes, l’heure tardive arrivant, arrêtés au Viento State Park qui s’annonçait prometteur, au bord du magnifique fleuve Columbia. Ayant trouvé, notre petit coin, nous avons, quelques heures après, réalisé que notre voisine la plus proche était la voie ferrée et de surcroît fort active ! Même les bouchons d’oreille n’ont pas fait effet ! Mal et peu dormi ! Le lieu était magnifique mais quand même incroyable de penser offrir un « camping » à cet endroit pour se reposer !!

Et comme pour faire exprès, on dirait que l’activité ferrovière est plus intense la nuit que le jour. Ce matin, j’ai pris, au calme, enfin, le temps de finir mon article sur San Francisco. Publication faite sur le blogue www.deuxquebecoisautourdumonde.com

Nous avons ensuite pris la route vers l’état de Washington, à ne pas confondre avec la Capitale états-unienne, mêlant tout ça ! Nous avons pris la route du volcan du Mont Ste-Hélène. Ce dernier bloqua des jours durant l’espace aérien en mai 1980 à cause de sa reprise d’activités. Il se réveilla en quelques secondes sans avertissement … Rassurant !

La nature, jusqu’à présent nous offre des paysages magnifiques ressemblant beaucoup à ceux de la Colombie britannique … à suivre 

06/05/2019-Jour 125

Cela fait trois jours que nous roulons, lentement mais sûrement, faisant de petites pauses ici et là, au gré des paysages et des images à capter. L’Orégon dont je n’avais aucune idée de ce à quoi cela pouvait ressembler m’émerveille depuis notre arrivée. Quelles étaient sa nature, ses paysages et sa côte ? Je ne voyais que des plages et du sable… des kilomètres durant.  Et bien, après trois jours de route et, je n’ai même pas encore tout vu, j’affirme que la nature de l’Orégon offre le meilleur des États-Unis. On longe la côte depuis San Francisco et tout s’offre à nous, traversant des routes de montagnes sinueuses, longeant l’océan pacifique où les ravins vous donnent le vertige, zigzagant à travers la campagne où les wapitis broutent nonchalamment,  passant d’un soleil de plomb à une brume épaisse et persistante, en un clin d’oeil, au détour d’un virage. La forêt des Redwoods vous transporte dans un conte de fée et les phares annonçant aux marins la côte, sont tous plus beaux les uns que les autres. 

On y mange très bien ayant le plaisir de déguster hier, dans un petit boui-boui, au port de Port Orford, un succulente soupe de palourdes, du thon fraîchement pêché et une soupe de poisson et fruits de mer (j’ai piqué quelques bouchées dans l’assiette de mon chéri). Au sortir de la Californie, tout nous parait abordable ! 

Ce soir, nous sommes au bord de l’océan et nous avons comme voisin des Autrichiens. Quel plaisir de pouvoir exercer la langue de Goethe. Voilà, longtemps que nous n’avions parlé allemand. J’aime cette langue. 

Nous ne savons pas encore si demain, nous reprenons la route où si nous faisons une pause… Ce soir, nous nous endormirons sous le brouillard et demain, le soleil sera au rendez-vous… L’Orégon est mon second coup de coeur après l’Utah pour la beauté et la diversité des paysages … Et vous ?

03/05/2019 – Jour 122

Matinée logistique reprise de route … remplissage d’eau, vidange, ménage de la Licorne noire, plein d’essence ! 

Ensuite direction Golden Gate Bridge. Done ! On y a roulé. C’était sur ma petite liste des choses que je voulais faire. Ce pont mythique rouge feu, porte sur l’océan pacifique. Je crois que je ne suis pas seule à vouloir réaliser ça, il y a des piétons, des vélos, des camions, des autos et une Licorne noire…heureuse. Un peu plus loin, Sausalito, jolie petite ville qui a un caractère unique en Californie, un petit village flottant. Des dizaines de maisons, certaines, sur pilotis, d’autres sur des flotteurs ou des bases cimentées. On y trouve même des maisonnettes sur des bateaux … Un joli mélange parfois loufoque ou baroque, classe ou design. Un autre style de vie sur la Baie de San Francisco.

Nous avons continué vers la vallée de Sonoma. Grande déception pour moi, je n’ai pas pu visiter le vignoble Donau. Ce dernier a ceci de particulier qu’il y a des oeuvres d’art exceptionnelles sur le site … mais en arrivant porte close, visite sur rendez-vous uniquement … ce qui n’était pas indiqué sur leur site. Je suis repartie tristounette.  

Mais ma peine fut rapidement dissipée lorsque nous sommes arrivés sur la route 1 Nord, celle que nous prendrons pour remonter vers l’Oregon. Elle longe l’océan offrant une vue spectaculaire et sublime. Seule condition pour apprécier : ne pas être pressé. Nous sommes donc ce soir, sur les bords du Pacifique, près du phare de Point Arena. S’endormir au bruit des vagues … cela faisait longtemps.

02/05/2019 – Jour 121

Depuis hier, on trotte, on trotte à travers San Francisco pour en découvrir le plus possible. Cette ville a un charme unique. C’est pour mon chéri et moi, un vrai coup de coeur. La ville a une âme que l’on retrouve guère dans les autres grandes villes américaines. Au delà, du cadre magnifique qui entoure la ville, de ses ruelles typiques juchées sur 42 collines, de son tramway mondialement connu, de son pont mythique photographié sous tous les angles, San Francisco la Cosmopilite offre ce qu’il y a de meilleur aux États-Unis, le multiculturalisme !  On y retrouve une grande communauté d’asiatiques, des italiens, des latinos, les uns, les autres se côtoyants  dans une ambiance bon enfant. San Francisco a un des plus grands Chinatown des États-Unis, celui de New-York fait figure pâle à côté de celui d’ici. Je vous assure un véritable dépaysement… se faire répondre en anglais est presque du grand art. On traverse la rue et on se retrouve en Italie, un petit bonheur de siroter un délicieux espresso dans un café typique et pas touristique ! L’esprit libéral font de San Francisco la ville des libertés et de l’acceptation des diverses communautés. Ici, on ne juge pas. Ici, on vit selon ses convictions, ses orientations, sans préjugés, sans opression. La ville fut la précurseure de nombreux mouvements : les hippies, les bobos, les droits des homosexuels puis des LGBT. C’est la ville du vivre et laisser vivre sans outrepasser les limites. On y sent un sens civique très fort. Prendre le métro ou le train de banlieue est un expérience en soi. Cela me faisait penser un peu à Montréal où les usagers se mettent en file pour attendre le bus, alors qu’à Québec, c’est le sens du grand n’importe quoi… À San Francisco, les usagers dans le métro se mettent en file également devant la porte et si, sur une même voie ferrée, plusieurs lignes passent, les gens s’écartent pour laisser entrer ceux qui prennent ce train… les autres attendant patiemment le leur… presque une haie d’honneur après une journée de dur labeur. 

Amateurs de musée, nous ne pouvions pas ne pas aller au MOMa de SF. Un pur délice même si toutes les salles n’étaient pas ouvertes car expositions en cours d’installation. Ce que nous avons cependant vu (un peu en mode express) sur les 7 étages… nous a ravis. Le vue de la terrasse offre un panorama exceptionnel sur la ville. Juste ça vaut l’entrée. 

Hier, bien évidement découverte de la Baie de San Francisco, du Golden Gate Bridge, du Pier 39, de la plus sinueuse des rues de San Francisco, la Lombard Street (dommage que les courbes soient si étroites pour la Licorne noire, elle aurait adoré – et moi aussi) et d’Alcatraz et comme on était un peu fatigués, on a pris le Cable Cab pour revenir vers la City, le coeur des affaires de SF.

Bien heureuse d’avoir déniché, le parc régional où nous sommes car après la ville quel bonheur de se retrouver au calme, dans la nature avec comme seul fond sonore, le chant des oiseaux…

Ah, j’oubliais … certains me connaissent déjà et devinez ce que j’ai cherché dans SF … et oui, le quartier du Street Art et bien évidement, il y en a un ! Dans le Mission Quarter, près de Dolores Street, sur la Clarion Alley.

Une rue entière de murales et d’oeuvres de la rue avec des messages engagés … tout ce que j’aime. C’est aussi un quartier très vivants, loin du coeur touristique.. la vraie vie !

Demain, on poursuit et finit notre séjour à San Francisco. Il me reste encore à voir les maison flottantes de Sausalito, rouler sur le Golden Gate Bridge, et finir par les vignes de Sonoma… Un magnifique programme, avant de reprendre la route tranquillement vers le nord en longeant la côte californienne. Pas de réseau ce soir … publication demain matin ! Belle journée

30/04/2019 – Jour 119

Non, non, non, je n’ai pas encore vu San Francisco mais nous n’avons pas perdu notre journée, au contraire. Débuter par la visite des vignobles de la région, pas si mal ! Nous avions planifié faire Napa et Sonoma mais manque de temps, nous n’avons fait que la vallée de Napa et effleuré celle de Sonoma mais avant de quitter la région, comme c’est sur notre chemin, nous y retournerons. Napa a un petit air de Toscane. La région est superbe. Les vallons parsemés de vignes soigneusement taillées, travaillées offrent un paysage pittoresque et romantique. Notre premier arrêt : le plus visité des vignobles de la région, reconnu pour la qualité de ses vins, le site enchanteur et son épicerie fine pour les fins palais : V. Sattui

Par bonheur, hors saison et en semaine, il y avait peu de monde. On a pu ainsi profiter du site en toute tranquillité. Moi, j’adore pour les photos. J’aime les gens mais pas sur mes photos… Je peux patienter longtemps avant de capturer une scène sans humain, un cadre enchanteur se suffit à lui même. Pas besoin, ni adepte de selfie (c’est d’ailleurs la raison de nos photos de dos), juste le lieu, l’objet, la fleur, la nature, la pierre, le monument… parfois le portrait d’une personne, d’un artisan, d’un enfant pour la beauté de l’âme qu’elle dégage… bon je pars sur un autre sujet …

V.Sattui a été fondé en 1885 à San Francisco à l’origine, par Dario Sattui alors détaillant de vins et boulanger. Cent ans après son petit-fils, passionné par le vin lui même, créé le vignoble V.Sattui à Napa.

L’autre vignoble incontournable appartenant d’ailleurs à la même famille est le Castello di Amorosa (le château de l’Amour) construit avec de véritables pierres de Toscane importées d’Italie et reproduit à l’identique d’un château médiéval italien… même la salle de tortures ! Il fallut 200 containers pour emporter les 8 000 tonnes de pierres toscanes. Sur 8 niveaux dont 4 sont souterrains, le château possèdent 107 pièces toutes différentes les unes des autres. Le cadre est aussi enchanteur que le premier. Les allées de Cyprès, les collines de vignes, les arbres odorants … tous nos sens sont en extases !

Le dernier fut le Château de la Marqueterie du Domaine Carneros, dont l’architecture est inspirée d’un vignoble champenois en France de la Famille Taittinger. Les petites bulles que j’aime tant. Pensée à ma meilleure amie, ici qui comme moi aime quand ça pétille ! La fin de journée arrivant, nous avons pris la route vers la parc où nous avons pris campement pour trois nuits. Le Anthony Chabot Regional Park, à 40 minutes de San Francisco. Nous n’avions pas vécu cela depuis un certain temps mais nous avons eu la joie de nous retrouver dans les grands embouteillages de la métropole. 

Le site où nous sommes est parfait. Situé en haut d’une montagne surplombant le Lac Chabot, le calme est assuré. Ce qui sera parfait après nos visites de la tourbillonnante cité. Les possibilités de boondocking et les BLM  sont rares ici.

Pour finir la journée, après un magnifique coucher de soleil sur le lac, nous nous sommes fait notre petit festin dans notre château à nous, une soirée vin et fromages. Un délice !

Demain, vraiment San Francisco, nous voilà !  

28/04/2019 – Jour 117

Nous roulons pour avancer et profiter de la Californie avant de reprendre la route vers la Côte Ouest du Canada. Nous allons retrouver notre fille vers le 20 mai… alors il ne nous reste plus beaucoup de temps pour finaliser notre tour des US, du moins pour cette fois-ci. Notre dernier grand objectif est San Francisco. Étant donné la complexité à trouver à faire du boondocking dans le coin, nous avons réservé dans un State Park, non loin de la belle San Francisco que j’ai vraiment très hâte de découvrir. En parlant de boondocking… Coïncidence amusante, ce soir, sur le site de BLM, où nous faisons du boondocking, au Nevada, le long de la I-80, nous tombons sur une plaque historique parlant d’un Québécois, Peter S. Ogden, né à Québec en 1790 qui fut explorateur, trappeur ici pour la Compagnie de la Baie d’Hudson. Le portrait n’est pas très élogieux, étant décrit comme un personnage violent ayant tué un Indien en 1816, laissant derrière lui, comme trappeur des territoires vides de gibier… C’était pour la petite coïncidence.

Nous avons donc visité Salt Lake City… jamais, je ne croyais venir un jour dans la cité des Mormons ou en d’autres mots, le siège de l’Église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours et encore moins assisté à une messe de cette confession. Autant celle à laquelle nous avions assisté à San Antonio au Texas avec ses chants  gospel, nous avons émus par la chaleur et la fraternité rencontrées, autant celle-ci nous a laissé de marbre.

Première impression, la ville est très jolie, très proprette, trop à mon goût. On y sent deux clans qui vivent en parallèle. 57 % de la population de l’Utah s’identifie comme « mormon ». Nous avons appris qu’il y a 16 millions d’adeptes dans le monde dont 6 aux USA. Je reste réservée quant à leur doctrine et l’explication de la genèse de cette « église », pour moi secte. L’histoire de l’origine  de cette dernière se confond avec celle de son fondateur, Joseph Smith (1805-1844). Il grandit dans l’État de New York, une région « incendiée » par la ferveur mystique des prédicateurs protestants. À l’âge de 14 ans, il aurait reçu de Dieu une mission : rétablir la vraie Église dans sa pureté primitive, afin de préparer le retour du Christ. Trois ans plus tard, un ange du nom de Moroni lui aurait révélé l’existence d’un livre en « égyptien réformé ». Smith aurait traduit ces tablettes d’or grâce à deux pierres magiques avant que l’ange ne les reprenne… No comment !

À Salt Lake City, les fleurs tapissent les parterres presque autant que les itinérants car si on observe bien, on y voit beaucoup de pauvreté. Le concept « Aide ton prochain » semble à désirer. Mon opinion, mes propos. Une secte qui autorise la polygamie est déjà, en mon sens, une hérésie ! 

En partant de Salt Lake City qui ne mérite pas plus qu’une journée de visite, nous avons longé le lac salé, pour contourner les montagnes, aboutir dans le désert du Grand Lac Salé et finir en beauté par Bonneville Salt Flats où l’eau est limpide et, mon chéri ayant goûté, très très salée. La route I-80 n’est pas identifiée comme panoramique mais elle est vraiment intéressante à prendre. Longer des kilomètres durant, ces espaces parfois assèchés, parfois recouverts d’eau ; ces parc salins et ces montagnes de sel blanc, tout cela est magnifique.

La nature est grandiose aux USA. Et quand j’y pense ce pays est petit par rapport au Canada. Il me tarde de découvrir la Colombie Britannique et l’Alberta que je ne connais pas. Ensuite, on refera un petit détour par le Wyoming qui était sur notre « À voir » avant de rentrer au Québec pour préparer la suite de notre aventure …

25/04/2019 – Jour 114

Finir en beauté à Denver par une de mes passions le street art. J’aime. J’adore. J’ai découvert cet art lorsque nous habitions en Allemagne, à Berlin. La ville est là-bas un bonheur pour les amateurs de cet art. Certains y voient du vandalisme. Moi, j’y vois l’expression de l’art nouveau, de l’art offert à tous, de l’art venu de la rue. Alors maintenant où que je voyage, j’essaie de découvrir les artistes urbains, ceux qui offrent leur art gratuitement sur les murs de la ville. Et si on observe bien, il y en a beaucoup, presque partout. L’art est enfin de retour dans la rue !

Nous avons ensuite pris la route vers deux petits villes sur notre liste des 10 plus belles villes du Colorado. La première, Breckenridge ne valait pour moi, même pas une photo. Une station de montagne à l’image du Mont Tremblant… rien que je ne considère comme valant le détour. Feriez-vous le détour pour aller voir Mont Tremblant au Québec ? La seconde, Georgetown est une vraie pépite.  N’oublions pas que nous sommes au Colorado et dans la région de la Ruée vers l’or…

Située entre deux montagnes, connue sous le nom de «Reine des Rocheuses», la ville historique de Georgetown est une autre destination montagneuse pittoresque, nichée dans le Clear Creek Canyon. La rue principale offre des devantures de magasins du temps d’avant, d’antan ; de petites maisons colorées, un lac aux eaux bleutées. Un train d’une autre époque qui ravit les touristes peu nombreux en ce mois d’avril où la neige vient de fondre.

Nous poursuivons par la route 40, encore des paysages panoramiques, vers le Rocky Mountains National Park que nous visiterons demain. Ce soir BLM en plein milieu de la forêt, non loin de Granby… petit clin d’oeil au Québec qui parfois nous manque. Ce soir, je pense à ma famille, mes amis. Ce soir, je m’ennuie de mes enfants, de ma soeur, de ma meilleure amie, de mes bonnes copines…  À bientôt, à cet été !

24/04/2019 – Jour 113

Quelle belle journée ! Quelle belle découverte !

Je dois être honnête. Je venais plutôt à reculons à Denver. Mon chéri sans savoir vraiment pourquoi voulait passer par cette ville, par la capitale du Colorado. Moi, je le suivais mais je n’avais pas envie de foule, d’embouteillage et de grande agglomération. Grande ville = retour à la réalité, loin de la nature et des grands espaces. Et bien, à la fin de notre première journée à Denver, je dois dire que j’aurai eu tort. Certes, il y a des embouteillages ; certes c’est une grosse agglomération. Il y a plus de 3 millions d’habitants dans la grande zone urbaine de Denver. Certes, il y a des buildings mais j’avoue, j’ai beaucoup aimé Denver. Et on n’y étouffe pas au contraire.

On s’y balade facilement à pied. Du State Capitol au Lower Downtown (LoFo), en empruntant la 16St Mall, on découvre plein d’art de rue dans les ruelles. C’est presque une chasse au trésor. Mon coeur d’enfant était rassasié. Le State Capitol vaut la visite. L’intérieur est splendide et l’escalier en laiton magnifique.

Petit cours d’histoire à moi-même : Denver a été fondée en 1858. La conquête de l’Ouest mais surtout la Ruée vers l’or a fait s’installer dans ce lieu au pied des Rocheuses, des pionniers. Denver est surnommée « Mile High City » car son élévation – 1,600 mètres au-dessus du niveau de la mer, correspond à 1 mile. 

J’y ai vu du street art à profusion mais en sortant de la ville grâce à la lenteur dans les embouteillages, j’ai pu repérer un coin avec plusieurs oeuvres que je vais aller explorer demain. 

Belle leçon de vie … aller voir plus loin pour découvrir et se laisser la chance d’être séduit. Denver forever !

22/04/2019 – Jour 111

Après une bonne nuit et un délicieux petit déjeuner au café – brûlerie de Buena Vista, nous avons pris le temps de voir ce que nous voudrions voir au Colorado. Nous avons googlé : « plus belles villes du Colorado » et c’est sous cet aspect que nous visiterons cet état. En fonction du lieu où nous sommes déjà, nous pourrons en faire 5 sur les 10 listées, déjà pas mal. Les autres sans doute magnifiques sont trop loin de notre route puisque nous remontons tranquillement. 

Avant tout Buena Vista qui n’est pas sur la liste est vraiment une belle petite surprise. Mignonne bourgade, l’atmosphère y est vraiment relax et l’ambiance ici est plein-air et pèche. Les bâtiments sont jolis et parfaits pour les photos. Si vous passez dans le coin, prenez le temps de visiter Buena Vista qui porte bien son nom.

Nous avons pris la route pour la première ville de notre liste Cripple Creek. Même sous la grisaille et sous la pluie, la ville est effectivement belle. Nichée au milieu des vallées, elle s’offre en couleur et en vieux bâtiments de briques rouges. Cette ancienne mine d’or où le mot ruée a pris tout sons sens puisque de partout les chercheurs d’or affluaient, est maintenant la ville des Casinos. En 1900, Cripple Creek comptait deux petits opéras, 75 saloons et 8 journaux. Elle produisait 21 millions onces d’or… Ça devait briller dans le coin.

Poursuivant notre route vers Manitou Springs, seconde ville sur notre liste, la pluie s’est mise à tomber de plus belle. Aucun moyen de faire des photos. Alors comme les BLM sont rares sur cette route, qu’il fallait faire une lessive et remplir le réservoir, nous nous sommes installés dans un camping pour le reste de la journée.

J’en ai profité pour finaliser mon prochain article pour le Magazine Nomade et rédiger un autre pour le Magazine Prestige. Productive Cendrine !

Demain, visite de Manitou Springs… rien que le nom fait rêver.

21/04/2019 – Jour 110

Le Colorado nous accueille en grand. Un spectaculaire début avec la visite ce matin du Black Canyon of the Gunnison. Une chaine de montagnes de roche noire dure et austère se dresse devant nous, en son creux coule la  rivière Gunnison qui tire son nom de l’explorateur qui l’a découvrit John Gunnison en 1850. Partout où l’on se promène on entend le chant de la rivière. Elle a même failli rendre fous, les hommes travaillant jour et nuit pour creuser le tunnel qui transperce la montagne. Black Canyon offre des gorges si profondes qu’on en voit pas les fonds. Étourdissant, éblouissant, phénoménal ! Les paysages ici s’admirent à la verticale, tellement les montagnes sont hautes et le canyon sans fin.

Le Colorado nous accueille en blanc. Et oui, la neige n’a pas complètement laissé la place aux bourgeons. Il ne fait pas froid. Un temps de ski de printemps… Je pense que vous avez plus chaud actuellement au Québec que nous. Il y a une justice tout de même, ha, ha, ha ! Nous avons ensuite emprunté la route 50 panoramique et mythique. On passe des majestueuses montagnes aux plaines infinies. On longe l’immense Blue Mesa réservoir. On traverse des pâturages sans fin où broutent sans stress, les bovins coloradiens et on finit sur la route sinueuse dans les Rocheuses du Colorado où la profondeur du ravin pourrait en effrayé plus d’une ou d’un.

Une autre route à mettre sur sa liste : la Elk Loop Road.

Ce soir, BLM le long de la rivière Arkansas non loin de Buena Vista… Nous ne sommes pas seuls. Le site est très beau, en arrière plan les Rocky Mountains. 

19/04/2019 – Jour 108

Nous avons quitté l’Utah. Cet état est incontestablement notre état coup de coeur depuis que nous sommes partis. Celui qui nous a accueilli en grand et qui nous a offert le plus de beautés naturelles. Nous avons été charmés par les cinq parcs nationaux : Zion, Bryce, Capitol Reef Arches et aujourd’hui Canyonlands et visité trois State Park : Red Canyon, Gobelin et Dead Horse State Park. L ‘Utah du sud est sublime. Moab, ville de villégiature, de plein air et d’art est à mettre sur sa liste et pour finir en beauté, nous avons pris la route pour le Colorado par la route panoramique 128. Quitter Moab par la grande porte, celle des beautés du fleuve Colorado nous menant vers l’état voisin du même nom.

Ce matin, nous avons quitté notre BLM sur les hauteurs des montagnes près de Dead Horse State Park pour finaliser la visite de cet état. Nous en avions eu un aperçu la veille, subjugués par le coucher du soleil sur le Colorado et le lever de lune au travers les pics de La Sal Mountains. Je voulais voir cela de jour et admirer la palette de bleus qu’offre les bassins de Potasse dans ce parc. Magnifique ! Dead Horse Point surplombe le Colorado et offre des points de vues panoramiques absolument fabuleux.  Le fleuve dessine des lacets dans ce paysage grandiose et par temps clair, la vue est presque infinie.

À 4 miles de là, se trouvait le Canyonlands National Park, impossible de ne pas y aller. Ce parc peu fréquenté comparativement à Zion, Bryce ou Arches est une pépite de beautés. La vue sans fin sur les canyons est spectaculaire. La Mesa Arch n’a en rien à rougir du parc voisin, sa beauté et la vue qu’elle offre en son milieu sur les canyons et les monts La Sal est époustouflante. En fait, s’il y a bien un endroit où l’on prend la pleine mesure de l’immensité de l’Ouest, c’est à Canyonlands … des canyons à perte de vue, de longs sillons creusés au fil des siècles par le Colorado et la Green River.

C’est avec un petit pincement au coeur que je quitte l’Utah. Je dois dire que je n’en savais pas grand chose et n’avais aucune idée de ce que j’allais y découvrir. Nous n’avons pas d’itinéraire planifié. Nous voyageons au gré des routes et des panoramas qui doivent faire wouah ! On est aujourd’hui en amour avec l’Utah.

Nous entrons ce soir au Colorado. La devise de l’état en entrant est « Colorful Colorado.» Il me tarde de découvrir cela…

17/04/2019 – Jour 106

Heureux de retrouver la civilisation … après des jours de nature, de paysages grandioses tous époustouflants les uns que les autres, nous sommes contents d’arriver en ville. Voilà des jours que nous cherchions un supermarché digne de ce nom. Dans le sud de l’Utah, les parcs nationaux et d’état sont nombreux et sublimes mais les épiceries rares. La dernière que nous ayons visitée le 7 avril fut celle de Kingman en Arizona, ayant après fait un saut de puce et vite demi-tour à celle de Springdale, près de Zion national Park où les prix étaient exorbitants et trouvé de misère un litre de lait et du pain à Escalante. Le frigo était devenu un désert lui-même et mon chéri n’aime pas cela du tout. Un frigo plein ça rassure mon homme.

Nous avons ces derniers jours vu tellement de beautés que nos yeux n’ont pas tout assimilé. Il nous faut une pause et c’est à Moab que nous la prenons.  Bien évidement, en arrivant la première excursion fut au supermarché. Une facture beaucoup trop salée à mon goût pas à cause des prix trop élevés mais parce que nous n’avions vraiment plus rien. D’habitude, on gère et répartit les dépenses… Mais comme dit mon chéri, nous n’avions rien dépensé ces jours derniers. Je suis celle qui gère et veille au respect du budget. Il a raison mais je n’aime pas voir de si gros montant s’affiché sur l’écran de la caisse enregistreuse. La seconde visite fut celle du lave auto car la Licorne noire méritait, elle aussi une méga et luxueuse douche. Nous lui avons donc refait une beauté et elle brille de nouveau… presque comme neuve.

Nous voulions de la ville et de l’activité. Nous sommes servis. Nous arrivons à Moab en pleine semaine du Jeep. Une fois par année, tous les fans de Jeep et d’off road, du monde entier, se retrouvent à Moab pour s’éclater sur les montagnes et sur les sentiers hors pistes. Mon chéri n’ayant jamais fait le deuil de sa séparation avec son Jeep, était heureux de faire partie de la « gagne » par procuration. Il y a des Jeeps partout, de toutes sortes de couleur, de tous gabarits, des lumières qui flashent et c’est à qui seraient montés sur les plus gros pneus et les plus hauts châssis. Il y a de la testostérone au pied carré ici actuellement.  Impressionnant tout de même de les voir dévaler des routes très accidentées et raides, presque à 45 degrés. Juste à les voir, j’ai ma dose d’adrénaline.   

Mais Moab, c’est plus que cela. Située le long du Colorado, c’est une jolie petite ville nichée au creux d’une verdoyante vallée entre des montagnes majestueuses. Le carte postale ! Moab est le paradis pour les amateurs de paysages sensationnels, d’activités plein air et même les amateurs d’art ne seront pas en reste. La ville est parsemée aux coins des rues d’oeuvre d’art. J’aime Moab.

La région étant envahie par les adorateurs de Jeep, les BLM sont même payants : 20 $US/nuit. Nous avons trouvé un site géré par le comté avec un site splendide pour 15 $US/nuit. Ce n’était pas prévu mais pas le choix. C’est vraiment la journée des dépenses. On verra si on reste ici demain ou si nous poursuivons notre chemin. 

16/04/2019 – Jour 105

Capitol Reef National Park vaut incontestablement le détour. Ce parc moins fréquenté, plus méconnu offre une paysage montagneux rougeoyant.  La terre de feu travaillée par l’érosion charme et époustoufle les visiteurs. Le parc est reconnu pour ses chemins de randonnées et pour les fanas d’escalade. Ce site fut habité par des Pueblans et on y retrouve des sculptures rupestres. 

Au sortir du parc, nous avions envie de luxe … alors nous nous sommes payés un camping avec tous les services possibles… Alors vous savez quelle fut le programme de ma luxueuses soirée … lavage ! Mais ces petits gestes du quotidien qu’on ne remarque même plus sont un vrai bonheur lorsqu’on vit en nomade. J’ai pu prendre aussi une longue douche chaude et me laver les cheveux, pas une, ni deux mais trois fois, tellement ces derniers jours le sable et la poussière de la terre avant envahi ma chevelure ! Pas très glamour tout cela mais c’est aussi notre quotidien… se réjouir d’une douche et de faire sa lessive.

Après une belle nuit de repos, nous nous sommes réveillés sous un ciel gris et des vents très forts au point que nous doutions de prendre la route. Le Gobelin State Park n’étant pas loin, à quelques 28 kilomètres, nous nous sommes dit que dans le pire des cas, nous reviendrions au camping pour rester en sécurité et prendre la route demain. Mon chéri tenait bien les rennes de la Licorne noire et nous sommes bien arrivés au pays des Gobelins.  Le parc d’état n’est pas très grand. Toutefois, le paysage est étonnant. On a l’impression d’être entourés de petits personnages de pierre rouge se dressant pour mieux nous observer. Un décor à la fois amusant et magique, unique. Les cheminées de fée, que j’ai vu déjà en Turquie, deviennent ici presque humains. Le vent toujours intense ne nous a pas découragé pour la visite.

Au retour à la Licorne noire, était placé sur la poignée de porte du chauffeur un paquet de bonbons avec une carte indiquant que nous venions d’être victime d’une Attaque de gentillesse ! Un geste gratuit sans signature, sans publicité et pas seulement pour nous. En observant, les autres véhicules avaient tous un petit quelque chose avec cette même carte. Alors, à « je ne sais pas qui » nous disons merci. Une petit geste qui nous a fait sourire et qui a ravi la dent sucrée de mon chéri. 

En repartant nous avons emprunté la flamboyante route 95, panoramique et grandiose !

J’ai l’impression d’être à court de qualificatifs pour parler des routes que nous prenons. Hier la 12 était phénoménale sur une partie, celle-ci, la 95 est durant plus de 100 miles un spectacle extraordinaire. La route serpente des immenses montagnes d’un rouge intense. Plus loin la vue sur le fleuve Colorado et les canyons qui s’enchainent nous en mettent plein la vue. En arrivant, ce soir, nous avons eu l’impression d’être gavés de beauté. Des kilomètres d’émerveillement, de paysages hors normes, presque d’un autre monde, d’une autre planète. Des kilomètres d’immensité presque déserte où les vaches sont reines car elles se promènent au gré du vent, sur la route ou dans les champs. La circulation y est rare et il est mieux d’avoir rempli son réservoir d’essence car il n’y a rien de rien, pas une âme qui vive sur cette fabuleuse route. À ce jour, l’Utah est mon état préféré pour les beautés et la diversité des paysages qu’il nous offre. 

Aujourd’hui, notre fille prenait la route, elle aussi, de Québec pour l’Ouest canadien, où elle démarrera sous peu sa saison de contremaître d’une équipe de planteurs. Un travail éprouvant physiquement et moralement. Nous allons la retrouver dans un peu plus d’un mois… Il nous tarde de la serrer dans nos bras. Cet été, nous retrouverons, notre fils à Montréal. Mes enfants me manquent. 

On est ce soir, dans un BLM, près de Blanding et sans réseau … mon journal sera donc publié demain. Je vais faire le tri de mes photos … tant de beautés photographiées.

14/04/2019 – Jour 103

Bon nous voilà arrivés dans une autre BLM en Utah, juste quelques kilomètres après Escalante en direction de Capitol Reef National Park … On remonte le temps … Je vous parle d’hier, de notre visite dans la seconde partie de Zion National Park et surtout des belles rencontres du Québec que l’on a faites.

Pour clore le chapitre Zion, personnellement j’ai moins apprécié cette partie du parc. Je n’enlève rien à la splendeur du site mais cela est moins venu me chercher et m’éblouir que la partie Est, celle près de Kanab, celle au montagnes roses de lave stratifiée et de travail d’érosion digne des plus grands peintres. Cette partie est aussi beaucoup moins visitée donc beaucoup plus calme… même si la seconde est fort bien organisée pour le transport. Mais heureusement, nous y sommes arrivés tôt et repartis en début pm car lorsque nous sommes avons pris la route, la file pour prendre les navettes était interminable et ça, je déteste. On dit que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt … un monde beaucoup plus tranquille.

Mais notre belle journée fut celle du Québec. En effet, pas un, ni deux mais trois Québécois ou groupe de Québécois ont traversé notre route hier. La première fut Josée avec son amie qui nous a interpelé sur une trail. Ce fut un réel plaisir de prendre le temps de discuter avec elles. Ensuite de retour à notre Licorne noire, un autobus de vacanciers du Québec était nos voisins. Mon chéri a pris le temps de papoter avec eux alors que moi, je popotais car nous étions affamés. Et pour finir, un autre Québécois, Thomas, avec sa belle petite famille dont une amie commune nous avait la veille «tagué» sur Facebook car elle voyait que nous étions au même endroit. Et le hasard a fait que nous nous rencontrions. Merci la vie. On a donc ensuite repris la route vers Bryce Canyon en passant par une splendide route panoramique au décor hivernal. La neige nous attendait, petit clin d’oeil au Québec. C’était vraiment la journée Québec. 

Aujourd’hui, levés tôt pour arriver tôt à Bryce Canyon. Comme il a neigé avant hier, toutes les routes n’étaient pas ouvertes mais celles des sites principaux étaient disponibles. Autant Zion ne m’a pas séduit, autant Bryce Canyon est un enchantement pour les yeux et pour les photos. Belles randonnées avec mon chéri et ensuite grande randonnée seule, plus escarpée, plus difficile. Magnifique ! D’une superficie de 145 km2, le parc est  célèbre pour ses formations géologiques composées de roches colorées aux formes coniques et présente un ensemble d’immenses amphithéâtres naturels parsemés de nombreux hoodoos produits par l’érosion. Cela me rappelait beaucoup la Cappadoce en Turquie.

Arrivés tôt, partis tôt et heureusement ! Car à la station de vidange et remplissage, petit pépin de tuyauterie ! La pression d’eau où nous étions était trop forte et cela a engendré un problème avec le renvoi d’air. Mon chéri m’a vraiment impressionné. Lui, que je connaissais jusqu’à présent si peu manuel, très intellectuel, m’épate. Il a su, avec l’aide d’un super technicien de New West, Marc-André, réglé le problème. Il prend son temps mais il fait cela comme un professionnel. Mon chéri, mon héros.

Nous pensions faire l’épicerie en chemin à Escalante, vers Capitol Reef Canyon, mais c’était sans compter que un, nous sommes dimanche et qu’ici, c’est fermé et que deux, une épicerie, telle qu’on la conçoit, nous a-t-on dit, est à 3 heures et demi de là. Nous avons donc acheté le strict minimum à la station service du village : du pain, du lait et de la bière… les essentiels ! Trève de blague, nous avons besoin demain de remplir le garde-manger surtout pour nos petits déjeuners. Heureusement que j’avais cuisiné un peu cette semaine. On a des petits plats tout prêts mais ce sera toasts au beurre d’arachide demain matin … pas de grand choix. On devrait survivre, ha, ha, ha ! 

12/04/2019 – Jour 101

Quand on dit que le nomadisme est un ajustement de jour en jour, une vie au jour le jour, c’est bien vrai et c’est surtout la beauté de la chose … avoir le temps et la liberté de modifier les plans. Nous ne sommes toujours pas à Zion national Park, du moins sa seconde partie que nous n’avions pu visiter hier car le tunnel Mount Carmel est fermé à cause des intempéries. Alors qu’en distance la seconde entrée à Springdale, n’est qu’à 26 kilomètres par le parc, nous avons du faire plus de 150 kilomètres de détour pour arriver par un autre chemin. Nous y sommes presque. Effectivement, nous sommes à 15 kilomètres tout au plus de la fameuse entrée. En route, la météo s’annonçant pluvieuse, mon chéri m’a dit qu’il passerait bien l’après-midi à écrire… cela ne me dérangeant en rien, le parc et les montagnes seront encore là demain. Nous avons donc trouvé un BLM. Nous sommes installés et durant que mon chéri rédigeait moi, je popotais. Avoir quelques repas d’avance, c’est facilite encore plus la vie. 

J’en ai profité également pour replacer les photos de mes amours et mes amis sur mon pare-soleil, celui que j’appelle mon mur des célébrités, les miennes, celles qui sont mes vedettes à moi. 

J’ai également écrit quelques cartes postales alors les copains, surveillez vos boites aux lettres … J’ai dit quelques-unes car écrire à tous en même temps, je me ruinerais, non pas en cartes postales mais en timbres ! C’est fou ces derniers coûtent le double des cartes postales. 

Je suis encore de la vieille école, de ceux qui aiment écrire et envoyer des petits mots, juste une petite pensée mais je sais que cela fait plaisir et c’est toujours une belle surprise.

Demain, pour de vrai, on va enfin la visiter la seconde partie du Zion national Park.

Ce soir, lecture et coloriage, car la pluie est sur le point de se montrer le bout du nez… pas de promenade à l’horizon.

11/04/2019 – Jour 100

100ième jour de notre aventure et le bilan n’est que positif. 100 jour de route, de découvertes, d’imprévus, de liberté, d’ajustements, de spontanéité, de rencontres, de nomadisme. 100 jours de bonheur … On poursuit la route …

Arrivés au Zion National Park, on nous informait que le tunnel principal reliant les deux parties du parc est fermé et que seul une dizaine de kilomètres était disponible par ce point d’entrée…. Quitte à être là, découvrons au moins ce petit bout de parc. Et bien, je dois vous dire que juste ce que l’on a vu est superbe. La couleur des montagnes, ce rose entrelacé aux milliers de couches de pierre stratifiées jaune et orangée est impressionnant. La nature fait des chefs d’oeuvre. Nous avons pu faire la overlook trail canyon. Le point de vue est majestueux. On se sent minuscule et moi j’aime ça.

En chemin, nous avons rencontré une famille vraiment très sympathique : des Danois en vacances pour quelques temps aux États-Unis : Klaus, Dalila, Benjamin et Jasmine. Tellement sympathique que nous avons diné avec eux le soir. Moment très très agréable que ces rencontres. Toujours riche et intense car si courte et si éphémère… on se parle de l’essentiel et on apprend sur d’autres cultures. Nous espérons les recroiser un jour … qui sait !

Comme nous avions fait le tour du parc, j’ai proposé à mon chéri de faire une randonnée équestre. Ce fut une première pour moi. Je n’étais jamais monté sur un cheval … peut-être un poney quand j’étais petite et ce dont je ne me souviens même pas ; mais faire une randonnée à cheval jamais. Mon chéri, mon cowboy d’un jour était beau à voir à l’aise sur sa monture sur les flancs de montages rosées près du parc national de Zion. Près des ravins, je n’étais pas trop à l’aise mais je me suis dit qu’il fallait que je fasse confiance à mon cheval qui tout comme moi n’avait sûrement pas envie de tomber de haut. Nous étions huit dont la guide et bien évidement le seul petit coquin de cheval qui voulait s’arrêter pour manger était le mien. J’ai du apprendre à manier les rennes et les talons pour le faire avancer… Je ne suis pas très autoritaire avec les animaux, je pense que je serais une piètre maitresse de quelques animal que ce soit car je ne sais pas lever le ton. Notre guide m’a même donné un petit fouet pour donner des coups sur la croupe de mon cheval mais tout le monde riait de me voir à peine effleurer la peau de la bête… peur de lui faire mal mais surtout pas envie… même si la guide m’expliquait que je ne lui en ferai aucun, que c’est une relation à imposer au cheval : lui montrer qui dirige, qui est le chef … Tout s’est très bien passé et ce fut un très très agréable après-midi. Nous avons en plus eu la chance de voir des bisons en liberté non loin dans un champ, un bon troupeau … à regarder de loin.

Nous avons donc ensuite retrouvé nos amis d’un jour et partagé un autre excellent moment au Thunderbird restaurant à Mount Carmel. Si vous êtes servis par Joyce, moment amusant assuré : une serveuse fort sympathique et pas sa langue dans sa poche. J’aime ces personnalités là : humour et caractère !

Nous avons retrouvé notre BLM et prendrons la route demain pour aller à la seconde entrée à 100 miles de là pour faire la suite du Zion National Park

10/04/2019 – Jour 99

Réveil enneigé et mini tempête jusqu’à 9h30 et ensuite le ciel c’est dégagé pour nous faire apprécier notre dernière journée au Grand Canyon. Nous y avons fait la dernière partie du South Rim en direction de la 64 Nord. La partie nord est encore fermée … trop de neige ! Pas de soucis … direction Zion National Park. Nous avons fini en beauté, enfilant les points de vue tous plus époustouflants les uns que les autres : le Grandview Point, le Moran Point, le Lipan Point, le Navajo Point et pour terminer le Desert View avec sa tour de garde.

Les vents très fort ont presque fait s’envoler la Licorne noire mais nous avions, à tour de rôle, le volant bien en main ! Le route 89, route panoramique, est une vrai bonheur pour les yeux. Un décor majestueux aux couleurs rouge feu et vert forêt, le tout saupoudré de flocons de neige … Magique !

Nous sommes ce soir encore dans un BLM à 17 miles de Zion National Park que nous découvrirons demain.

À suivre ! 

08/04/2019 – Jour 97

Fait ! Oui, fait la visite du Grand Canyon. Aujourd’hui je n’ai pas roulé mais marché, marché, marché. Outre le côté très touristique du site, qui m’a fait un peu moins aimé le parc en lui même, je comprends vraiment, que ce dernier soit le plus visité des États-Unis par la majesté de ces paysages. Le Grand Canyon est grandiose. Les couleurs sont sublimes et les wouah, wouah, wouah fusent. Nous allons demain poursuivre l’aventure dans les sentiers du site. 

Longue journée d’excursion les batteries vides mais la tête et le coeur rechargés à bloc par des images exceptionnelles.

Et pour moi, aujourd’hui est un grand jour… nous avons acheté nos billets pour la Russie pour débuter une autre partie de notre aventure de l’autre côté de l’Atlantique. Nous débuterons par mon grand rêve, prendre le Transibérien jusqu’en Mongolie pour ensuite entreprendre une visite de plusieurs pays dont certains encore inconnus pour moi, nous… Youpi !

Il reste encore les détails de logistique de visa à régler mais voilà une grande étape de faite. Je vais dormir comme un bébé en rêvant non pas au Grand Canyon mais aux grands espaces de Mongolie. 

07/04/2019 – Jour 96

Encore un bel endroit BLM pour profiter du lever du soleil. Pas grand chose à raconter à part notre très instructive visite du barrage Hoover érigé sur deux états, la Nevada et l’Arizona. C’était la première fois que je visitais un barrage. Mon chéri a déjà visité celui de Manic 5 au Québec.  C’est vraiment impressionnant. Cette infrastructure témoigne du génie de l’homme mais aussi de l’audace de vouloir domestiquer la nature. Le Hoover Dam est long de 380 mètres et haut de 221 mètres. Sa construction, débutée en 1931 s’est achevée quatre ans plus tard, tandis que son exploitation industrielle a démarré en 1936. Une fois érigé, le barrage a engendré la création d’une retenue d’eau en amont, le Lake Mead. Aujourd’hui, destination très prisée des résidents de Las Vegas et des touristes en mal de rafraichissement. Ce barrage fut le plus important ouvrage hydroélectrique de son époque et demeure le second plus haut barrage aux États-Unis. Bravo la technologie des années 30 !

Nous avons ensuite pris la route pour avancer vers le prochain parc national, celui du Grand Canyon. En chemin, il a fallu faire des arrêts pour l’essence, les courses … ce sont des étapes que je n’aime pas trop faire mais sans cela, ni la Licorne noire ni nous n’aurions assez d’énergie pour poursuivre la route. Même au Québec, je suis la fille qui ne veut pas aller faire l’épicerie. J’aime cuisiner, manger mais je n’aime pas faire les courses … bizarre ! En fait, j’aime les courses à l’européenne quand tu vas chez le boulanger, le poissonnier, le boucher, etc. Alors imaginez combien, je ne suis pas fan de visiter les Walmart de ce monde et ses concurrents étalant dans un lieu, royaume de la surconsommation,  sur des pieds carrés, les victuailles et tout plein de trouvailles si tentantes car pas cher, pas cher …

Sur le chemin, nous avons fait une petite pause au bord du magnifique fleuve Colorado dans le parc national récréatif Willow Beach où mon chéri a fait saucette et piqué une tête dans la frisquounette eau émeraude du fleuve.

Nous avons ensuite emprunté la mythique route 66, route panoramique parallèle à l’I40, ancienne route américaine qui reliait Chicago à Santa Monica entre les années 1926 à 1985. Pendant la Grande Dépression des années 1930 et la vague de sécheresse du Dust Bowl  c’est par la route 66 que les fermiers à la recherche d’un emploi migrèrent vers la Californie. Voilà la minute historique du jour !

Fatigués, nous nous sommes arrêtés sur un autre BLM avant d’entrer demain dans le parc du Grand Canyon.

06/04/2019 – Jour 95

Death Valley m’a enchanté. Nous sommes ressortis aujourd’hui, de la Vallée de la mort qui porte mal son nom car elle regorge de vie bien au contraire. Nous en avons profité pleinement ! Nous avons admiré la vue spectaculaire qu’offre le Dante’s View, pris la route étroite et sinueuse des Twenty mules Canyon ; parcouru le Golden Canyon pour atteindre sous un soleil de plomb, la cathédrale rouge ; été éblouis par les couleurs que nous présentaient les montagnes le long de la Artist Drive. Puis nous avons dansé sur le Badwater Bassin, à 86 mètres sous le niveau de la mer, un phénomène unique ; mais aussi escaladé les dunes de sable au milieu du désert et été stupéfaits par l’immensité du cratère Ubehebe. Nous avons parcouru la vallée du sud vers le nord, aller/retour. Je comprends maintenant que ce parc soit parmi les préférés des visiteurs mais entre vous et moi, jamais je ne le ferai en été. Sans doute aucun plaisir à supporter la chaleur… enfin la canicule ! 

Je suis repartie ravie de cette visite, de cette découverte. Je m’attendais à un lieu hostile et aride mais il est tout autre… vivant et éblouissant !

Nous revenons donc en Arizona pour poursuivre notre itinéraire des parcs nationaux et sur la route se trouvait Las Vegas au Nevada… On aime ou on adore. Je suis de celle qui à priori détestait LV. Comme je n’y étais jamais allée, je voulais vérifier si c’est ce que je pensais était si horrible que cela. Nous avons même planifié d’y passer la nuit. Arrivés à notre « spot » proposé par IOverlander, nous sommes partis, clopin clopant, pour découvrir la mondialement reconnue strip de Las Vegas. Après 20 minutes de marche, je n’en pouvais plus. J’avais déjà du convaincre mon chéri de passer par cette ville car je voulais voir de mes yeux, les lumières de LV. Mais j’ai détesté cette ville. Elle est aux antipodes de mes valeurs. Elle représente pour moi : la surconsommation, la ville qui ne vit jour et nuit que pour l’argent, le kitch, la décadence, l’exploitation du corps de la femme comme objet de vente de produit, le mauvais goût … quand on pense au célèbre … « tout ce qui se passe à Las Vegas reste à Las Vegas » Cela en dit long ! Derrière les paillettes et les néons éblouissants se cachent en coulisse les l’exploitation économique des plus pauvres. Comment le développement d’une ville construite au milieu du désert peut-il être durable ? L’eau est une ressource rare et précieuse … Mais les fontaines du Bellagio doivent éblouir … Je ne juge pas ceux qui y viennent. D’autres me trouveraient incongrue de faire un tel voyage que le mien, le notre… chacun ses plaisirs et ses bonheurs …mais je suis heureuse d’y être venue car cela me conforte dans  l’idée de ce que je m’en faisais. Je reste du clan de ceux qui déteste Las Vegas.

Nous avons donc repris la route vers l’Arizona et ce soir, nous dormons au calme près du barrage Hoover que nous verrons demain puisque nous sommes arrivés de nuit. Surprise du matin donc pour voir où nous avons atterris … 

Il est tard mais je veux avancer dans mon montage alors je vous quitte.

04/04/2019 – Jour 93

Rouler encore mais je réalise combien ne serait-ce que rouler est un vrai bonheur. Des milliers de kilomètres durant sur des routes fabuleusement sublimes. Voilà des jours que nous avalons les kilomètres dans des paysages tout simplement époustouflant. Des routes linéaires, à l’horizon si lointain, que nous nous sentons minuscules, traversant des montagnes aux sommets enneigés, des déserts blancs et arides, des forêts de pins verdoyants et odorants. Un vrai spectacle en soi. Des panoramas à couper le souffle. Nous sommes arrivés à Death Valley en fin de matinée débutant par le Dante’s View… un mot : Wouah ! Il n’y a que cela qui pouvait sortir de ma bouche toutes les dix secondes. Sublime, gigantisime, grandiose, spectaculaire … Rien de moins. Une vue panoramique s’offre à nous, sur les hauteurs de cette montagne, sur la vallée de la mort. Une vue phénoménale ! J’aime ces paysages qui nous permettent de prendre conscience combien nous ne sommes qu’une nano particule dans cet univers. Nous passons. Les montagnes resteront.

Ce fut une journée fabuleuse allant d’émerveillement en émerveillement. Le Twenty Mules Canyon est lunaire. Un décor d’une autre planète. La licorne noire se faufilant entre les dunes dorées de terre sablonneuse. Magique et unique ! J’étais au paradis des photographes, m’extasiant à chaque instant, devant ces paysages extraordinaires. La Death Valley n’a rien de mort ! Elle respire la beauté, la vie. Les couleurs des paysages y sont surprenantes et sublimes. les montagnes nous offrent du rose, du bleu presque turquoise, du vert forêt, de l’ocre au noir en passant par le kaki et le rouille. Rien de mort… même la végétation, plus rare est riche en couleur. Je concède que nous y sommes au printemps avec qu’un petit 30 degrés Celsius le jour en comparaison au 47 degrés durant l’été. À cette température, tout s’assèche et se déshydrate. Tout devient aride et sec.

La journée passait et il était temps de nous trouver un lieu pour la nuit. Avec émerveillement, nous avons trouvé un endroit près de Dante’s View, où il est possible et autorisé de boondocker. Nous sommes quelques-uns à occuper ce vaste territoire libre de campement. Le prochain voisin est loin. 

J’ai vécu une journée magique. Un vrai bonheur, ce soir, je prends conscience que tous mes rêves sont en train de se réaliser. Un autre moment magique : danser à Death Valley en regardant le soleil disparaître derrière les montagnes. La danse est dans mon ADN. Je pleurais de joie. Je ne suis que gratitude et reconnaissance. 

Je suis en santé, je voyage dans des lieux sublimes avec mon amoureux. Mes enfants sont à la fois si loin mais si proche grâce à la beauté de la technologie… Même si ce soir, il n’y a pas de réseau, pas de connexion. Nous sommes connectés l’un avec l’autre et avec l’immensité du monde. Une journée inoubliable dans la petite vie de Cendrine. 

Après mon cancer, je me suis promis de profiter de la vie au maximum. Ce soir, je remercie la vie de ce merveilleux cadeau, de cette seconde chance : être encore là pour voir tout cela et réaliser mon rêve, découvrir les beautés du notre planète.

Nous vivons chacun des épreuves. Elles  doivent nous permettre de faire des prises de conscience et de ressortir plus forts et plus vivants. La vie est trop courte… profitez-en ! Ne perdez pas de temps… on ne sait pas quand il s’arrête. Je vous souhaite sincèrement la réalisation de vos projets, quelqu’ils soient.

Suis déjà impatiente à demain … à ce que Death Valley m’offrira.

03/04/2019 – Jour 92

J’écris moins actuellement car nous roulons, roulons, roulons … donc une fois quitté notre petit coin BLM, si beau, si exotique et si paisible, nous avons repris la route pour se rendre enfin au Joshua Tree National Park en Californie. Nous quittons l’Arizona mais pour y revenir plus tard… Nous faisons les parcs nationaux de bas en haut … essayant de suivre la logique de leur emplacement… Ce matin, cela ne me tentait pas. Je trouve qu’actuellement nous faisons beaucoup de route. Un, cela est fatiguant et deux, cela pèse aussi sur le budget car la Licorne noire a souvent soif et remplir le réservoir surtout en Californie est une vraie souffrance pour notre porte-monnaie. Le 3,59 $US le gallon alors que dans les autres états, le prix avoisine 2,79 $US. J’ai roulé une bonne partie de la journée. Aujourd’hui, encore. J’aime conduire mais un peu moins passé à la pompe…

Nos premières impressions du parc étaient teintées de déception car la première zone désertique, en arrivant par le Cottonwood Visitor Center, près de I10, ressemble à Big Bend National Park mais moins majestueux. Cependant, une fois entrés dans la seconde partie du désert de Mojave, celui où se trouve les fameux Joshua Tree, cela est vraiment beau et unique. Nous étions heureux d’y passer quelques heures. Nous avions à l’origine pensé dormir là mais le parc se fait très bien en une journée, à moins que vous ne soyez férus de randonnées. Le parc est idéal pour les adeptes de hiking et climbing. On y retrouve des sentiers pour tous les niveaux. Le temps est idéal à cette saison. Je ne voudrais pas visiter ces parcs en été… une vraie fournaise. En passant par l’épicerie, en entrant en Californie, le jeune commis, nous disait qu’il pouvait faire jusqu’à 120 fahrenheit, l’été, ce qui équivaut à 48,80 degrés celsius !! J’ai vécu cela en Inde et je fondais à vue d’oeil même en ayant non stop une bouteille d’eau à la main. 

Nous sommes ce soir encore sur des terres publiques, non loin de Death Valley, que nous ferons demain…

01/04/2019 – Jour 90

Nous n’étions pas certains si cela valait la peine de voir le parc national de la forêt fossilisée … Mais comme nous n’étions pas si loin, nous avons décidé de rebrousser chemin de quelques kilomètres pour aller le visiter. Nous ne repasserons sans doute pas par là de si tôt…

Le parc est petit et faire le circuit « découverte » dure deux heures. Nous n’avions donc pas vraiment à perdre. Nous avons emprunté la mythique route 66, sans vraiment le savoir mais comme la vie fait bien les choses, nous avons trouvé amusant de réaliser que nous étions sur cette fameuse route que tant de personne viennent parcourir alors que nous nous ne la cherchions pas et qu’elle se présentait à nous. Belle surprise !

Le parc vaut vraiment le détour. Les deux parties du parc le Petrified Forest et le Painted Desert sont deux univers différents dont les couleurs naturelles sont spectaculaires. La nature fait si bien les choses.

Tout a commencé, il y a 225 millions d’années. Cette région de marécages et de cours d’eau était couverte d’imposants conifères. Ouragans, pluies diluviennes, gel, plissements et craquements de la croûte terrestre ont renversé, englouti et malaxé ces arbres qui ont fini par regagner la surface avec les fossiles marins, métamorphosés en blocs de « pierre ».

Le parc est une vraie splendeur de couleurs !

Nous avons ensuite repris la route vers Phoenix, par la route panoramique 180 et 60, que nous atteindrons demain. Ce soir, encore un camping gratuit State Park au bord d’un joli lac. Nous sommes trois sur le terrain joliment boisé dans la petite ville de Show Low. Merci Campedium !

31/03/2019 – Jour 89

Nous sommes rendus en Arizona, après des heures et des heures de route partis de Taos, au Nouveau Mexique, ce village amérindien millénaire dont les quelques habitants vivent encore selon les traditions et leur mode de vie ancestrale sans eau courante et sans électricité. Certains ont osé la bonbonne de gaz mais la plupart se chauffe encore au bois.  Une visite guidée débute dans les cinq minutes de notre arrivée, nous nous présentons au point de rencontre et seuls, nous ferons le tour du village avec une jeune fille de Taos Pueblo, née dans ce village et nous expliquant les coutumes. Un secret est cependant bien gardé et intentionnellement non partagé aux étrangers, ce sont leur rîtes spirituels. Dans l’église du village, nous comprenons que le village a deux lieux de spiritualité l’église en lien avec la conversion obligée à la religion catholique lors de l’invasion par les Espagnols et la nature où Mère Nature, en dehors de l’enceinte de l’église, reigne dans la foi et la spiritualité des Pueblos, cette communauté autochtone. Les maisons à l’origine n’avaient ni portes, ni fenêtres pour se protéger des mauvais esprits. On y entrait grâce aux échelles, encore présentes par les toits ; mais avec la colonisation et la culture espagnole sont apparues de petites fenêtres et des portes à l’entrée des maisons construites en adobe, faite à base de terre rouge, de paille et de bois.  On y sent un grand respect des éléments de la nature, la terre, le feu, l’eau. Un petit ruisseau traverse le village provenant d’une source secrète, permettant aux Pueblos de se ravitailler en eaux.

C’est sous la neige que nous avons visité ce village typique et c’est sous la neige que nous avons roulé, roulé et encore roulé. En fait côté météo, nous avons aujourd’hui tout eu. La neige sur des kilomètres durant et comme les gens ici, ne sont pas habitués et circulent en pneus d’été, sur les routes, les autos et camions sont à surveiller. J’ai conduit la majorité du temps aujourd’hui et je suis arrivée épuisée d’avoir eu à me concentrer toute la journée sur la conduite des autres véhicules. La neige, ce n’est pas cela qui m’inquiétait surtout que la Licorne noire est chaussée comme il se doit pour affronter tous les temps. La pluie s’est ensuite imposée. Et enfin, le soleil est apparu de nouveau avec un beau 16 degrés lorsque nous sommes arrivés à ce petite village où nous passerons la nuit avant de reprendre la route demain. Nous sommes en transition. Nous allons maintenant au Joshua Tree National Park …. encore une bonne journée de route … presque sept heures. Nous ferons cela sans doute sur deux jours.

Soirée et nuit à Winslow, petite ville près de la I40, qui offre un camping gratuit aux voyageurs. Jolie vue et tranquillité assurée pour un bon dodo.

30/03/2019 – Jour 88

Toujours au Nouveau Mexique, il y a des villes qui nous retiennent comme cela sans que l’on ne sache vraiment pourquoi. Nous sommes arrivés à Santa Fe, avant hier, pensant y rester 24 heures et nous voilà encore dans le coin. Même si ce soir, nous sommes à Taos, pour visiter demain matin le pueblo Taos, village amérindien millénaire habité par des Indiens, ou plutôt des Pueblos. Un village ouvert au public, mais préservé, avec les montagnes en toile de fond. À suivre …

Hier, nous avons passé une bonne partie de la journée chez Mercedes-Benz pour faire la vidange et la révision de la Licorne noire. Elle se porte à merveille ! Mais c’était long, c’était long ! J’ai pu heureusement profité de quelques heures pour visiter Meow Wolf, que j’ai adoré. Ce concept de collectif artistique créant un univers à la fois psychédélique, féerique et magique, est unique, du moins plus pour très longtemps puisque d’autres Meow Wolf vont être crées à Las Vegas et Denver. 

Une fois l’enchantement terminé, ce fut soirée lessive dans un lavomat de Santa Fe. Moins magique …

Ce matin, avant de reprendre la route, nous voulions poursuivre notre découverte de la capitale du Nouveau Mexique puisque notre journée d’hier ne nous l’avait pas permis. Visite de la Cathédrale basilique Saint François d’Assise, balade dans les rues bordées de maison au design en adobe et découverte du Museum of Contemporary Native Arts, petit mais des collections riches et mettant en valeur – enfin – les arts autochtones.  Nous avons eu la chance d’avoir un guide juste pour nous puisque nous étions les seuls pour la visite guidée ouverte à tous. Nous avons passé plus de deux heures à découvrir des artistes des premières nations tant américains que canadiens.  Quel talent !

Après 90 km sur une route offrant un décor grandiose comme fond de décor le canyon du Rio Grande et les Rocheuses enneigées, nous sommes arrivés à Taos. On visitera demain … à suivre

28/03/2019 – Jour 86

Après un lever de soleil magnifique sur le Rio Grande, au State park Elephant Butte que nous recommandons fortement, notre routine de vidange et remplissage de la Licorne noire, nous avons pris la route vers Santa Fe. 

Nous avons roulé, roulé et encore roulé.

Première destination à Santa Fe, Mercedes-Benz pour prendre rendez-vous pour une vidange d’huile. La Licorne noire ayant déjà avalé près de 30 000 km. Rendez-vous pris pour demain matin 10h20… 

Croyez-le ou non, nous avons vu de la neige aujourd’hui ! Nous sommes allés sur les hauteurs de Santa Fe où se trouve une station de ski. Il y faisait 19 degrés et le sommet était encore enneigé. 

Ensuite visite du coeur de la ville, la Plazza et ses rues voisines, où la température estivale nous réchauffait avec ses 26 degrés. C’est une petite ville assez chic, plutôt tranquille en apparence, mais qui fourmille d’activités culturelles avec des influences espagnoles, amérindiennes, mexicaines et même western. Billy the kid a été arrêté et emprisonné à Santa Fe … C’est aussi l’une des plus anciennes villes des États-Unis, plus vieille que Boston… Qui l’eut cru … on est quand même loin, loin ! 

On poursuit la visite demain …

27/03/2019 – Jour 85

Nous sommes au Nouveau-Mexique et nous avons maintenant deux heures de décalage horaire avec le Québec. Il est ici deux heures plus tôt… S’en souvenir quand on appelle au Québec le soir et que notre interlocuteur est déjà dans les bras de Morphée et qu’on le réveille … pardon.

La journée a commencé par une grande déception … un petit deuil pour moi. La Licorne noire ne pourra pas être de la seconde partie du voyage en Europe. Après des semaines de recherche et tentatives de trouver des solutions. Il ne nous sera pas possible de faire envoyer par cargo notre sprinter. Pourquoi ? Parce que selon les lois canadiennes, il faut que le véhicule soit entièrement payé pour pouvoir être envoyer en Europe/Asie ou Afrique. Notre véhicule est neuf et comme nous ne sommes pas riches, nous n’avons pas payé notre belle Licorne noire en intégralité mais comme n’importe quel quidam avec une partie en prêt. Sur le coup, lorsque j’ai appris la nouvelle ce matin, j’ai vu mon rêve s’écrouler ! Mais après réflexion mon rêve est de conduire sur les steppes de Mongolie… et bien je vais aller le faire mais pas avec notre Licorne, ce sera sa cousine ou son cousin, un véhicule que nous louerons là-bas. Nous devons prendre le temps de réorganiser peut-être notre itinéraire, nos destinations mais il est certain que les Deux Québécois autour du monde vont poursuivre leur aventure. J’y vois même, ce soir, certains aspects positifs. Le budget est grandement allégé et nous pourrons aller en Iran et en Jordanie, des pays qui n’acceptent pas les véhicules étrangers comme le nôtre. 

Les voyages, c’est surtout ça : l’adaptation, faire face aux imprévus, savoir contourner les embûches pour arriver à destination quitte à faire des détours et rebrousser parfois chemin. Je conduirais en Mongolie.

Mais nous avons encore des kilomètres de découverte au pays de l’Oncle Sam.

Nous avons quitté l’affreuse Carlsbad pour le sublime White Sands National Monument. Un lieu magique et unique. White Sands National Monument est un désert de sable blanc, le plus grand désert de gypse au monde. L’oeil du photographe en moi était ébloui cette couleur blanche, presque immaculée, aveuglante mais époustoufflante. Le site est l’un des plus spectaculaires du Nouveau-Mexique: il s’agit d’une vallée emplie de dunes de sable blanc fait de cristaux de gypse. Le désert couvre au total 710 km² et le parc en couvre une grande partie, 581 km² en tout. 

Après cet extraordinaire spectacle, nous avons repris la route pour Santa Fe que nous atteindrons demain. Ce soir, croyez-le ou non, dans le registre des villes au nom improbable, nous nous reposerons à Truth or Consequences (vérité ou conséquence), surnommée T ou C. La petite histoire de ce nom si particulier est la suivante : « La ville a été fondée sous le nom de Hot Springs mais elle prit le nom d’une émission de radio en 1950, quand l’animateur du jeu Truth or Consequences,  Ralph Edwards, annonça que l’émission se tiendrait dans la première ville qui prendrait son nom. Ralph Edwards vint dans la ville le premier week-end de mai pendant les 50 ans qui suivirent. Cet événement, appelé la Fiesta, comprenait un concours de beauté et une parade. » (Wikipedia) Comme si Guy A. Lepage lançait l’idée et qu’un village du Québec deviendrait « Tout le monde en parle ». Inusité comme idée !

La bourgade se donne des airs hippie. Les vieux du coin regardant cela par dessous leur chapeau, à bord de leur gros pick-up, avec désinvolture. Ici c’est le Far West, chacun vit sa vie et fait ce qu’il veut du moment que ça ne bouscule pas le territoire de l’autre. Nous avons mangé dans le meilleur resto de la ville recommandé par un cow boy du coin. Mon chéri s’y est dirigé en premier car je faisais mes photos. Lorsque j’y suis arrivé, mon chéri était attablé, se désaltérant en écoutant les locaux chanter du karaoké. Wouah, un vrai show ! J’aime les karaokés. Mon chéri savait que ça me plairait. Nous étions en immersion complète. Des familles complètes du grand-père au petit-fils passaient chacun leur tour au micro pour pousser la chansonnette, la majorité du temps totalement inconnue pour moi. Nous avons diné là et ce fut tout simplement … pas bon. J’ai pris un plat de tacos sans saveur, fade à mourir accompagné d’un riz couleur brune qui goûtait l’eau… beurk. Ce n’était pas faire honneur à la cuisine mexicaine qui est savoureuse et délicieuse !

Pour finir, nous avons déniché au petit coin de paradis au coût de 10 $, le Elephant Butte State Park, l’autre alternative était un stationnement de Walmart… Notre choix fut vite fait même si cela a été une petite dépense dans notre budget.

La Licorne noire se repose ce soir au bord du Rio Grande avant de reprendre la route vers Santa Fe, demain.

26/03/2019 – Jour 84 pm

Nous sommes après des kilomètres de route au Nouveau Mexique, à Carlsbad précisément. La ville est moche, même en googlant vous ne trouverez pas de jolies photos ! Mais ce qui nous a amené ici, ce n’est pas la ville mais ses cavernes. Les cavernes de Carlsbad sont simplement époustouflantes et gigantissimes ! Les photos que je poste sur Facebook, ne représentent pas l’immensité du lieu. La visite dure 2h30. On descend dans les profondeurs de la terre durant une heure et on parcourt les cavernes spectaculaires durant une heure trente. C’est vous dire l’immensité des lieux ! Mes mots ne sont pas assez fort… Il faut le voir pour le croire comme dit l’autre ! Claustrophobe et chiroptophobe s’abstenir … car on commence par l’amphithéâtre aux chauve-souris.

Nous avons ensuite rempli le frigidaire, fait la vidange, le plein d’eau du réservoir et acheté notre carte prépayée pour le Wifi avec Verizon. Nous avons fait le plein de réservoir d’eau au Whites City Carlsbad Caverns RV Parks pour 10 $. Ce moment fut un petit bonheur … j’ai pu me laver les cheveux. J’ai tout une tignasse. Me laver les cheveux, même dans les meilleures conditions, a toujours été à planifier. Voyager ainsi dans un espace réduit et en autonomie la majorité  du temps fait savourer ces moments qu’on ne remarque même plus dans le confort de notre quotidien. Si vous saviez comme il est délectable de pouvoir se laver les cheveux et de se sentir propre après des jours dans le désert où la poussière a recouvert toutes les parties de votre corps, de la tête au pied jusqu’à la pointe de vos cheveux ! 

Première pour nous, nous sommes, ce soir, sur les terres publiques du Nouveau-Mexique. Ces terres sont gérées par le BLM, bureau of land management . Il est permis d’y camper et d’y boondocker sans problème. Ces terres sont inexistantes au Texas et très rares sur la côte Est des États-Unis. Nous ne sommes qu’en transit dans la région reprenant la route dès demain matin pour de nouveaux horizons

26/03/2019 – Jour 84 am

5 jours dans le désert, 5 jours dans un lieu unique rassemblant des montagnes époustouflantes, le noble et frontalier fleuve Rio Grande et des plaines désertiques à perte de vue.

Nous sommes rentrés le 21 mars au Big Bend National Park. Le premier jour fut exténuant. Nous sommes partis vers 13h30 de Marathon situé à 63 km de l’entrée du parc pour arriver à l’emplacement de notre site, back country camp, à 90 km de là, vers 22h00. 8 heures pour faire 153 km !!!! Arrivant en pleine dernière semaine de Spring Break qui aux États-Unis s’étale tout le mois de mars, il ne restait qu’un campement au bout de parc au bord du Rio Grande. Le site en lui même était idyllique, la vraie carte postale d’un film de Sergio Leone, mais la route pour s’y rendre fut un cauchemar. Le territoire du parc est couvert par trois sortes de route : paved road, unpaved road et primitive road. Observant la carte pour s’y rendre, nous devions faire un petit bout de route asphaltée et ensuite de route dite « primitive » dont une partie, identifiée comme « non entretenue », la seule de tout le parc. Nous avons un véhicule adapté, un 4×4 qui sait avaler la poussière et les bosses. Mais cette partie là n’était pas pour la Licorne noire… La dénivellation de la route, ses crevasses et son étroitesse nous aurait amené directement dans le ravin. La route trop périlleuse, était un réel danger. Pour ceux qui viendront, à moins d’avoir un pick-up ou un jeep adapté, ne vous aventurez pas sur le Black Gap Road ! À la moitié du chemin jusqu’à notre campement, il nous a fallu faire demi-tour dans des conditions risquées. La route primitive est une telle planche à laver sur laquelle, notre Licorne ne pouvait parfois faire plus que 10km/heure et notre centre de gravité pour de telles routes, beaucoup trop haut pour ne pas être mortellement dangereux. C’est exténués, stressés et sous le choc du risque que nous avions encouru que nous sommes arrivés. Lors de l’attribution des sites, certes, on vous demande si vous avez un 4×4. À cette question, la réponse est oui ! Mais pas quelle sorte de 4×4 et surtout aucun avis sur la dangerosité de cette route. À vos risques et péril. 

En pleine nuit et dans le désert, seuls éclairés par les étoiles, nous sommes arrivés enfin sains et saufs. Comme disait Molière, on se demandait « Mais que diable, allaient-ils faire dans cette galère  ? »

Heureusement les jours qui ont suivis ne furent qu’émerveillement, plaisir, excursion, découverte et détente. Big Bend signifie « la grande courbe », celle que fait le fleuve Rio Grande à cet endroit du sud des Etats-Unis. C’est un site unique qui rassemble sur son territoire : trois écosystèmes dans le désert de Chihuahua. Mais quand je parle de désert ici, oubliez cette image stéréotypée des vastes étendues plates, avec trois cailloux et un cactus assoiffé qui essaie de survivre. Big Bend, au contraire, c’est le désert où la vie est reine. La faune et la flore sont d’une richesse spectaculaire. Nous y étions au moment idéal pour admirer l’éblouissant spectacle du désert nappé de fleurs multicolores, des cactus en fleurs aux célèbres Blue Bonnets. Les montagnes Chisos, si particulières et difficilement descriptibles sont à couper le souffle. Selon la légende,  les Indiens pensaient qu’après avoir construit la Terre et le Ciel, le Créateur avait jeté là ses rochers inutilisés. Nous avons traversé ce parc du nord au sud et de l’est à l’ouest. À perte de vue les paysages sont phénoménaux, la nature majestueuse, les canyons grandioses. Lors d’une randonnée dans les montagnes de Chisos, ouvrant le chemin cette fois là, j’ai eu la chance d’arriver face à face avec un ours … je peux vous dire que le plus calmement possible, j’ai parlé tout doucement à mon chéri et en lui disant : demi tour, il y a un bébé ours et qui dit bébé dit maman pas loin et surtout maman potentiellement très protectrice donc agressive ! Mon chéri à la rigolade m’a demandé si je ne voulais pas le filmer ou le prendre en photo ! Alors désolée, vous devrez me croire sur parole. Visitez Big Bend, c’est aussi faire face à la richesse de sa faune … aux petits oiseaux colorés, aux road runners, aux jackrabbits mais aussi aux ours, serpents, tarentules et scorpions … disons que cela me donnait quelques frissons. 

Voici la partie du voyage que nous attendions avec impatience, celles des visites des parcs nationaux. Nous savons que nous serons encore époustouflés par d’autres décors et paysages magnifiques mais ce que j’ai aimé de Big Bend c’est sa singularité, ses trois écosystèmes et surtout cette découverte d’une vie si riche dans le désert. J’ai démystifié bien des idées préconçues sur la notion de désert. Voyager, c’est nous permettre de changer nos idées et d’en apprendre toujours et encore… 

Être sans réseau, sans connexion, à part les quelques minutes, en passant par le visitor center, nous a permis de profiter à 100 % de ce site, de jour et de nuit, admirant le ciel étoilé qu’aucune pollution des lumières de la ville vient ternir. Des milliers et milliers d’étoiles brillaient de leur feu pour le plaisir de nos yeux d’enfant. Juste spectaculaire ! Avant un tel tableau pas besoin de Netflix de ce monde…

Nous avons donc quitté le parc et en passant la guérite et, en pensées, je l’ai remercié de nous avoir si bien accueillis, de nous avoir offert toutes ces beautés. Ce furent cinq jours inoubliables, gravés à jamais dans nos coeurs.

En route pour le Nouveau Mexique ! 

20/03/2019 – Jour 78

Hier en passant à travers Marfa pour aller à notre site de boondocking, nous nous demandions ce que nous ferions à Marfa et ce qu’il y avait à voir… Ce soir, nous repartons charmés par cette ville. La petite histoire de Marfa, devenue une ville quasi fantôme après la fermeture de la base aérienne de US Air Force en 1946. Le pionnier du minimaliste et sculpteur, Donald Judd, tombe amoureux de la ville et la transforme en temple du modernisme américain. Depuis 1972 et après des années de transformation, Marfa est devenue bohème, et le lieu de pèlerinage des amateurs du minimalisme et d’art contemporain. Lorsqu’on arrive à Marfa le temps s’écoule différemment. La ville, comptant quelque 1.900 habitants, semble ne rien avoir à offrir à ceux qui lui rendent visite en coup de vent (comme nous hier soir). Mais ici, on est en communion avec la nature, les étoiles et le paranormal. D’ailleurs nous avons vu les lumières de Marfa… Tout comme beaucoup, mon chéri et moi, cherchions des explications… mais depuis 1883, beaucoup ont essayé avant nous… alors mystère, mystère tu demeuras. 

Pendant que mon chéri réglait à la poste, le paiement d’une contravention (crotte et crotte) que nous avons eu à San Antonio pour un 30 centimètres de dépassement sur un coin de rue, je parcourais la ville pour le plaisir des yeux et de celui de mon iPhone. La ville se bobohise et les bâtiments si longtemps à l’abandon sont rénovés et les galeries abondent. Mais l’art se trouve aussi en plein désert. Sur les bords de la route 90 apparaissent de nombreuses œuvres originales, avant-gardistes voire déroutantes … Comme l’improbable  « Marfa Prada », sculpture d’Elmgreen et Dragset, qui représente « le luxe, l’errance et l’époque » : une vitrine luxueuse irrésistible mais impénétrable et la reproduction d’une scène du film Giant avec James Dean et Elisabeth Taylor. Le film fut tourné dans la région. La nature offrant un décor majestueux. Nous avons d’ailleurs emprunté la route 166. À faire absolument ! Et sur la route, nous avons rencontré Johanne, cette femme exceptionnelle qui parcourt le sud des États-Unis en vélo. Pour moi, c’est de l’ordre de l’exploit. Je suis vraiment impressionnée par tant de détermination et de volonté. Une véritable aventurière !

Et pour finir, une amie nous a recommandé de faire un tour au camping El Cosmico… j’ai adoré. Ce lieu emblématique s’est installé à Marfa en 2009 avec, pour philosophie, l’idée que « la vie est un savant mélange d’aventure et d’oisiveté ». Alors, si vous voulez pleinement vivre Marfa, passez la nuit dans un de ses trailers, tipis, yourtes ou tentes. 

On a donc repris notre route en fin de journée pour Marathon, dernière ville avant le parc national Big Bend. Le paysage est sublime, un éternel émerveillement des kilomètres durant.

Demain direction la nature sauvage… Nous savons que nous n’aurons plus de réseaux et comme c’est loin, loin, loin, je vous donnerai des nouvelles dès que nous ressortirons.

19/03/2019 – Jour 77

Se réveiller dans un cadre magnifique, avec une vue panoramique à perte de vue  et savoir que là où on va sera encore plus beau. Je n’ai que gratitude de pouvoir réaliser mon rêve. Là où on va effectivement c’est loin, c’est au bout du Texas. Mais qu’est-ce que loin pour nous, qui sommes sur la route depuis déjà presque trois mois ?

Nous avons donc pris la route en direction du Parc national Big Ben. Enfin, nous nous approchons des parc nationaux, de ceux qui font rêver, de ceux dont les paysages sont à couper le souffle. Nous en avons fait quelques-un en Floride et sur les Outer Banks mais bien que beaux, ils ne sont pas Wouah ! Nous avons donc rouler, rouler et rouler pour arriver, ce soir à Marfa que nous n’avons pas eu encore eu la chance de découvrir.

La ville traine derrière elle une aura de ville mystère et d’aficionados d’un nouvel art de vivre bohème. La ville serait entourée de phénomènes paranormaux : les lumières de Marfa. Le long de la route 67 sur laquelle nous dormirons ce soir, se trouve un lieu d’observation de ces « étrangetés ». À la nuit tombée, apparaitrait à l’horizon des points lumineux, observés pour la première fois en 1883, mais depuis leur apparition toujours inexpliqué à ce jour… À suivre

17/03/2019 – Jour 75

Réveil matinal pour se rendre à San Antonio mais surtout en ce dimanche matin pour aller à la messe, dans une église gospel. J’en rêvais. Je l’ai fait. Un ami nous a recommandé cette église, la Mount Zion Fisrt Baptist Church. La messe débutait à 10h00 mais nous étions déjà sur place une heure avant … trop tôt mais pas pour rien … Ne sachant pas comment nous allions être accueillis, deux inconnus et de surcroît blancs, rôdant autour d’une église surveillée par la police car ici, comme partout aux États-Unis, les lieux de culte sont devenus des cibles. Triste. Nous sommes arrivés avec la possibilité de ne pas être acceptés, plus par mesure de sécurité qu’autre chose. Bien au contraire, nous avons fait face à une hospitalité, une générosité, un accueil qui  nous a beaucoup touché. Deux inconnus du Canada venaient assister à la messe dans ce petit quartier de San Antonio, quelle drôle d’idée ! Nous avons été invité à partager le petit déjeuner servi à ceux qui le souhaitent. Des démunis aux nantis de la ville et deux touristes perdus, réunis autour d’une table. Des univers si différents partageant le temps d’un petit déjeuner, leurs vies avec empathie et gratitude. Au delà de tout choix de croyance, j’ai ressenti, tout comme mon chéri, une vague d’amour, de générosité et d’ouverture incroyable. La messe gospel ne correspond en rien à nos messes traditionnelles. Le chant est le moteur du message. L’atmosphère y est plus humaine et en lien avec la réalité. Je ne suis d’aucune religion ou plutôt de toutes les religions, dirais-je, surtout prête à prendre le meilleur de l’Homme et de ses convictions. Une rencontre et une expérience bouleversante. Nous sommes repartis de là, très émus par cet accueil. Si vous avez la chance de vivre une messe gospel, vous vous offrez un merveilleux cadeau.

Nous sommes ensuite allés visiter la ville de San Antonio, surnommée la petite Venise du Texas, grâce ses canaux émeraudes de la mythique River Walk, qui traversent la ville. Mais c’est aussi, celle de Davy Crockett et du Fort Alamo, cette ancienne mission devenue Fort, prise et reprise maintes fois par les Mexicains puis les Texans. On y comprend le contexte plus global de la révolution mexicaine, dont l’instabilité du pays, alors sous domination espagnole, se ressentit jusqu’au Texas.  Le siège du Fort Alamo, dura treize jours où périt le légendaire Davy Crockett. 

En ce 17 mars, la ville était de vert vêtue, fête des Irlandais. La parade se déroulant dans les canaux sur des pontons décorés aux couleurs de l’Irlande. À chacun son char allégorique.

Retour dans notre petit coin, Boerne, pour passer une excellente et dernière soirée avec nos hôtes.

Demain, nouvelle destination, nouvelle aventure !

16/03/2019 – Jour 74

Une nuit des plus calmes où le silence des lieux étonne. Un vrai silence.

Ce genre de lieu où tu peux laisser toutes tes fenêtres ouvertes sans rideaux baissés, où tu te réveilles en observant le le lever du soleil de ton lit. Un bonheur. Ça débute bien une journée.

Après le petit-déjeuner, direction Fredericksburg, reconnue comme étant une des plus jolies villes du Texas. Située dans la vallonnée et pittoresque région du Texas Hill Country, Fredericksburg est texane jusqu’au bout des bottes. On y croise des cowboys, des vrais, l’arme à la ceinture ! Ça glace le sang. On y entant de la music live dans les bars et saloons. Fait amusant, on y retrouve un air de Bavière avec ses Biergarten et son mât de Mai. La Main Street est même surnommée la Hauptstrasse. Une boulangerie allemande fait venir les curieux de loin et nous y avons acheté un excellent pain allemand dont je m’ennuyant tant, un Kürbiskernbrot (pain aux graines de citrouille).

Nous avons flâné le long de la rue principale, visité les églises, admiré les chapeaux et bottes de cowboys et cowgirls, écouté de la musique western et nous sommes recueillis au jardin japonais de la paix.

La région est celle de nombreux vignobles que nous n’avons pas dégusté. Mauvais timing …

Pas très loin de Fredericksburg, se trouve une plus petite ville, Comfort. À voir, moins touristique, plus authentique, moins commercial. On aime.

De retour, dans notre petit coin silencieux. Soirée repos.

15/03/2019 – Jour 73

Une journée qui ne s’est pas du tout déroulée comme nous le pensions …

Ce matin au réveil, une petite lumière orange, le « check engine »,  est apparue sur le tableau de bord de la Licorne noire. Ces petites lumières que l’on n’aime pas voir briller. Alors, ce matin, priorité concessionnaire Mercedes-Benz pour veiller à ce que tout soit en ordre. J’ai donc demandé à mon ami Google où se trouvait ledit garage le plus proche. Nous avons donc pris la route après avoir laissé une carte de remerciements à notre hôtesse Lolly.

Arrivés chez Mercedes-Benz, service top classe où un un valet nous accueille directement à notre véhicule, pour nous expliquer gentiment que ce garage ne fait pas de réparation sur les sprinters. Crotte ! Je google à nouveau et vois qu’à San Antonio, il y a un autre concessionnaire ouvert le samedi. Par prudence, je demande à mon chéri d’aller vérifier auprès du service à la clientèle (notre gentil valet s’étant déjà envolé vers d’autres clients) si là-bas, ils gèrent des sprinters. Et bien, re crotte ! Non, il faut aller à Georgetown en direction opposée de là où nous dirigeons pour le service sprinter. Fort aimable et serviable, Mercedes-Benz Austin, nous a pris un rendez-vous dans les quarante minutes suivantes. Le garage n’étant pas si loin…

Nous voilà donc à Georgetown. En pleine rénovation du bâtiment, pas de servie top classe. Mon chéri va donc chercher l’info.  Nous étions attendus. Nous laissons les clés et allons attendre dans la salle d’attente où collations et café Starbuck sont à disposition à volonté pour les clients ou futurs clients. Ils sont censés nous appelés pour nous informer de la situation. Après une heure, no news ! Claude est donc allé voir ce qui se passait. Quelques minutes ensuite, je vois mon chéri apparaître tout sourire et me dire qu’on peut repartir. En fin de compte, il n’y a rien. Une matinée perdue … ou presque parce que la Licorne noire a eu une belle toilette extérieure et tout cela pour rien du tout. Deux fois que nous passons chez Mercedes-Benz et deux fois, super service !

Une fois, ce problème réglé, nous en avions un autre encore à gérer : trouver un site de vidange. C’est une des préoccupations régulières de la vie de boondocker ! Après deux visites de station essence qui selon notre application, avaient des « Dump station », nous avons fini par trouver un site de camping qui acceptaiet moyennant quelques dollars de nous alléger le réservoir. 

Il était déjà 15h30. Et là, pour moi, enfin ma journée commençait. Nous avons visité, en mode express, le coeur historique de New Braunfels. Ayant vécu plusieurs années en Allemagne, nous avons été étonnés de voir combien l’histoire de cette petite ville était reliée à ce pays puisque la ville compte une importante communauté de descendants d’Allemands. Comme à Munich, nous avons bu de la Weissbier, manger des Schnitzels et Bretzels dans un Biergarten. Cependant, nous n’avons pu exercer notre allemand, la langue ayant, comme le français en Louisiane, disparue au cours des siècles.

À une heure de là, Boerne, nous attendait. C’est là que nous boondockons, chez de nouveaux hôtes. Le site est magnifique. La vue sur le petit village est charmante. Lorsque nos hôtes sont arrivés, nous les avons invités à venir visiter notre mini mini maison. Ils sont arrivés en nous offrant un verre de vin rouge. Une excellente soirée fort sympathique. Jusqu’à présent, nos expériences avec Welcome Boondockers ne sont que positives et très enrichissantes, de magnifiques rencontres humaines.

Il est 22h30 et ils viennent de rentrer chez eux. 

Hier encore, ces gens là n’existaient pas dans ma vie. Maintenant, ils y resteront à jamais.

La beauté du voyage. Merci 

14/03/2019 – Jour 72

Plus de 15 kilomètres à galoper aujourd’hui sous un ciel bleu parsemé de quelques rares petits nuages blancs.

Sans savoir nous arrivons à Austin en plein festival South by Southwest. Décidément, nous sommes doués pour arriver là où l’action se passe. Le centre-ville est fermé et l’animation bat son plein. 

J’ai fait trotter mon chéri toute la journée à la recherche de street art. Il est adorable. Nous avons dix ans de différence alors cela commence à se faire ressentir dans ces articulations après six heures de balade du nord au sud et de l’est à l’ouest. Ce soir, je vous dis, il va dormir comme un bébé.

Austin, étant la capitale du Texas, nous en avons profité pour visiter le Capitole et appris que celui-ci a été intentionnellement construit plus haut que celui de Washington D.C. Pourquoi ? Nous n’avons pas eu de réponse. Dessiné par Elijah E.Myers, le Capitole, siège de la législature du Sénat et des bureaux du Gouverneur, fut construit entre 1882 et 1888 sous la direction de l’ingénieur Reuben Lindsay Walker.

Visite du musée Blanton, qui était, en plus, gratuit aujourd’hui ! On aime ça et notre porte-monnaie encore plus.

Le fleuve Colorado est le terrain de jeux nautiques de nombreux Austinois et Austinoises. Kayaks, canots, paddles et pédalos se croisent et s’entrecroisent sur ces eaux émeraudes. Un joli ballet.

Pour finir notre tournée, coup d’oeil sur l’oeuvre de Ai Weiwei et flânage dans le downtown à travers les buildings de verre de la ville.

J’ai aimé Austin car la ville m’a offert du street art à volonté mais pour mon pauvre chéri les oeuvres sont à travers la ville éparpillées, journée éreintante.

On est de retour chez notre hôte Lolly et nous savourons la quiétude de leur fermette.

Demain, nouvelle destination, demain repos pour mon chéri.

13/03/2019 – Jour 71

Courte nuit ! 

Sur la plage de Galveston, les vents furent très très intenses au point que vers 4 heures du matin, j’ai jeté un coup d’oeil sur la mer et je trouvais que celle-ci montait vite, que les vagues étaient fortes … Nous avions durant la journée regardé et observé les marées là où nous étions.  La Licorne noire était en sécurité. Mais les vents houleux ne m’inspiraient pas confiance à 4 heures du matin. Mon chéri dormait encore. J’ai avancé le véhicule de plusieurs mètres. Je suis restée éveillée longtemps observant le flux des flots. Là où nous étions, à moins de grandes inondations, il n’y avait plus de risque. J’ai pu me rendormir. Vers 8h00, lorsque je me suis réveillée et que j’ai observé là où nous étions auparavant, je me suis dit, merci Cendrine d’avoir écouté ta petite voix qui disait : « Ne reste pas là ! ». La Licorne noire aurait eu les 4 pneus dans l’eau, rien de bien grave mais sans doute fort désagréable. On aime l’aventure mais nous ne sommes pas non plus des téméraires insouciants ! La force de la mer m’a toujours inquiétée. Il y a des éléments contre lesquels l’Homme est impuissant ! Je respecte trop Dame Nature pour m’effacer et partir quand elle s’annonce tourmentée.

Celle-ci nous a tout de même offert un magnifique quinze minutes de soleil pour que je puisse prendre quelques jolies photos avant de repartir.

Petit déjeuner au resto préféré de mon chéri … IHOP de Lake  Jackson. 

Encore une fois, tout cela est tellement copieux pour moi, qu’il est 21h15 et que je n’ai toujours pas faim. Dans un sens, très rentable trois repas en un ! C’est bon pour notre budget.

Épicerie et plein d’essence pour prendre la route vers Austin, capitale de l’état du Texas.

Nous traversons la campagne texane, des champs de coton, malheureusement pas encore en fleur, des rizières, des pâturages, etc. Très jolie campagne. En cours de route, pour nous souhaiter la bienvenue, le soleil a enfin pointé son nez et le thermomètre a vite grimpé. Il fait, ce soir, encore 26 degrés. 

Nous expérimentons notre deuxième visite chez des hôtes « Welcome Boondockers ». Lolly, travaillant encore à notre arrivée, nous a indiqué comment se rendre chez elle et nous a invité à nous installer comme chez nous. Un coin champêtre où les poules et les coqs se baladent librement et picorent au son des grillons. Belle vie de gallinacés ! À son arrivée, nous avons discuté et, avec gentillesse, elle nous a donné mille et un conseils pour la suite de notre voyage au Texas, les impératifs à voir. Génial ! On a même décidé de modifier notre itinéraire. On voudrait tout voir mais on doit choisir. On veut être Alaska en juin. Le temps passe si vite !

Demain, nous visiterons Austin. Aucune idée à quoi ressemble la ville. J’aime me laisser surprendre.

À suivre …

12/03/2019 – Jour 70

Réveil sur une plage presque déserte sous une brume lourde et collante. 

Nous passerons la journée sur la plage. 

Début de journée par une grande promenade pour ensuite rester tranquilles dans la Licorne noire. Nous devons finaliser le dossier assurance et logistique de l’envoi de notre jolie maison en Europe. On approche la fin du dossier et nous serons bientôt prêts à remplir les papiers. Lentement mais sûrement !  

Sinon rien à signaler. Le soleil n’a pas réussi à percer la couche épaisse de nuages qui recouvre la mer depuis ce matin. 

J’ai enfin fini mon roman et mise à jour le tableau budgétaire. Rien de palpitant mais un jour tout de même fort plaisant. 

On reprend la route demain mais on reviendra assurément visiter cette plage lorsque le soleil brillera de ses feux. 

11/03/2019 – Jour 69

Hi, Ha, nous voilà au Texas ! Nous avons quitté la Louisiane ce matin avec un petit pincement au cœur. Nous avons beaucoup, beaucoup aimé. Son histoire reliée aux Acadiens (Cajuns), nous fait sentir chez nous. Ce français que certains essaient encore de sauvegarder malgré cette cruelle interdiction de parler la langue de Molière. En 1921, les autorités de Louisiane avaient interdit l’enseignement du français, des générations d’enfants francophones ont été punis à l’école pour avoir osé parler en français. Cet interdit a été supprimé, heureusement mais tardivement, en 1967 et depuis une minorité essaie de la faire revivre. L’Homme est parfois déconcertant. 

Nous avons donc quitté le Palmetto Island State Park, que nous recommandons fortement pour le second état des États-Unis, le plus vaste après l’Alaska, « The Lone Star State ». 

Une demi-journée de route pour arriver sur les plages du Golfe du Mexique, une route panoramique traversant la campagne louisianaise, les marécages, apercevant par ci par là mes grands amis les alligators et une kyrielle d’espèce d’oiseaux. Une très belle route jusqu’au Texas où la première ville qui nous accueille est Port Arthur. Affreux ! On arrive droit dans un décor de fin du monde où les industries pétrolières et les raffineries pullulent des kilomètres et des kilomètres durant. C’est moche et ça pue ! C’est déprimant ! Au milieu des cheminées et des centaines de conduites métalliques, un quartier résidentiel apparait. Une horreur environnementale. Hi, Ha, on est au Texas, état de l’industrie pétrochimique ! Mais heureusement, on quitte vite cette zone et je dois dire que ce soir, nous sommes dans un petit coin merveilleux, directement sur la plage à se faire bercer par le bruit des vagues. Mais je ne peux pas vous en dire davantage, nous sommes arrivés de nuit. Il me tarde demain matin pour voir où nous sommes et profiter du panorama. Merci IOverlander ! 

09/03/2019 – Jour 67

Plus on avance dans le voyage, plus on perd la notion du temps et plus on fait la grâce matinée. 

Quel luxe de pouvoir se réveiller en douceur, se lever quand on est prêt quand tous nos sens sont éveillés et prêts à démarrer la journée en prenant son temps. 

Après un petit déjeuner copieux et notre petite routine, nous avons regardé l’heure. Il était déjà 11h30. 

Sur le state park où nous sommes, le Palmetto Island State Park, on nous avait informé que le second samedi du mois, des locaux viennent faire à manger pour les campeurs afin de faire découvrir et déguster la cuisine cajun et louisianaise. Nous nous sommes rendus à la place où avait lieu l’évènement mais bien que tout avait l’air délicieux, nous n’avions aucunement faim. Nous sommes donc repartis vers la Licorne noire pour prendre la route vers Saint-Martinville. Une petite ville fort intéressante à découvrir. La légende d’Evangéline est partout présente, souvenir du passé des nombreux Acadiens déportés dans cette région. Une triste histoire, celle de deux amoureux séparés lors du Grand Dérangement et qui ne se retrouvèrent qu’à la fin de leur vie dans de tristes circonstances, elle, infirmière, finit par le retrouver malade, mourant. Il s’éteignit dans ses bras. Triste à mourir.

Les arbres de cette petite bourgade sont immenses. On s’y sent fourmi.

Comme nous avions raté la chance de déguster la cuisine locale, ce midi. Un ami nous a référé un restaurant familial, dans la région à Jeanerette, le Yellow Bowl, où nous avons pu savourer crabe et écrevisses sous toutes ces formes. 

Le nom du restaurant viendrait du temps de la prohibition quand le mot Bowl signifiait des établissements qui servaient clandestinement de l’alcool, c’était un nom de code.

Les assiettes délicieuses mais trop copieuses, nous sommes repartis avec notre doggy bag. Miam, miam

 Demain, on ne bouge pas. Journée écriture !

Il est 21h15, ici. Je reviens d’une balade où les lucioles nous ont éblouis de tout leur feu ! Incroyablement beau !

08/03/2019 – Jour 66

Je reprends le journal aujourd’hui. J’avais besoin de repos et rien de spécial à signaler. Hier, routine ménage, lessive et montage vidéo à finir. Mais dans cette journée bof, nous avons fait une belle rencontre avec des Québécois qui connaissaient les Deux Québécois autour du monde, suivent notre aventure et avec qui nous avons passé un petit bout de soirée. Généreux, ils nous ont partagé plein d’informations qui nous seront fort utiles pour la suite de notre voyage. Serge et Michelle ont fait presque notre circuit en sens inverse alors, en connaissance de cause, ils nous ont donné des trucs et des recommandations sur des sites à voir ou pas. Je trouve toujours merveilleux cet esprit de partage qu’il y a chez les voyageurs. Le plaisir de donner des informations, d’être utiles à l’autre, d’offrir, de partager. Mes valeurs. Merci Serge et Michelle.

Aujourd’hui, journée excursion. J’avais un rêve, celui de faire une balade en bateau dans les bayous, dans les marécages ce que l’on appelle ici les swamp. Après une grâce matinée, nous sommes allés faire nos courses, car il faut bien manger et remplir le frigo pour ensuite prendre le chemin du Lac Martin où nous avions rendez-vous avec Bryan. J’ai contacté Bryan ce matin et ce dernier nous attendaient à 15h00 pour faire un tour de Swampboat sur le lac. Bien évidement nous n’étions pas seuls, Bryan avait d’autres invités pour remplir le bateau de 12 passagers. Ce paysage est unique. Pour nous Québécois, tellement « exotique », hors de l’ordinaire.  Les cyprès enracinés dans l’eau. Les hérons, les grues, les canards peuplent les marécages partageant l’eau stagnante avec les alligators, stoïquement installés ou camouflés pour attendre la proie insouciante du danger. Nous avons eu la chance d’en apercevoir quelques uns. Ils sont dans la région les plus gros d’Amérique. Je m’en réjouis … et frissonne juste à les regarder.

Nous sommes ensuite allés faire un saut de puce à Lafayette qui ne vaut pas le détour… Le coeur de la ville se résume à la Jefferson Street et la Vermillon Street. Amusant par contre de constater tous les noms français des commerces, des rues, des places. Nous sommes au coeur du pays cajun mais ne vous attendez pas forcément à vous faire répondre en français. Ici, on est aux USA !

De retour au State Park où nous prévoyons, repos et écriture jusqu’à dimanche.

Sur ce, je finis, en vous souhaitant à toutes et tous une belle soirée de Journée de la Femme !

06/03/2019 – Jour 64

Une semaine. La Nouvelle-Orléans valait bien une semaine de notre temps. C’est l’endroit où nous sommes restés le plus longtemps depuis que nous sommes partis de Québec, le 2 janvier 2019. Il y a tellement à voir et à apprendre. Nous ne pouvions justement repartir sans avoir fait une visite guidée du coeur de la ville, de son quartier fondateur, le French Quarter. Amérindienne, française, espagnole, puis finalement américaine, La Nouvelle-Orléans a célébré en 2018, ces 300 ans.  Une histoire riche mais compliquée et torturée, une ville qui a fait face aux épidémies de fièvre jaune, aux inondations et aux ouragans en tous genres, dont Katrina détruisant 135 000 habitations. Plus léger, on a appris aussi que le jazz y a été inventé.

Le saviez-vous ? La Nouvelle-Orléans a été fondée par un Montréalais, Jean-Baptiste Lemoyne de Bienville, jeune frère de Pierre Lemoyne d’Iberville. En 1718, il a convaincu le régent Philippe, duc d’Orléans, membre de la famille royale, de préférer ce site à Biloxi et Mobile pour y installer ses quartiers et pour le remercier de ses largesses, il nomma la cité « La Nouvelle-Orléans » en son honneur. On y apprit également que le jazz a été créé à La Nouvelle-Orléans, on a même vu le lieu exact ! On repart très heureux de cette belle rencontre avec la ville et ces habitants chaleureux et festifs. Nous devons encore remercier le shérif de sa grande hospitalité. Nous avons été traités aux petits oignons. Une semaine où la Licorne noire était bien encadrée et en sécurité. Mais la petite ombre au tableau, en discutant avec noirs et blancs de New Orleans, c’est de faire le constat que même encore aujourd’hui, il y a deux villes, deux mentalités, deux vitesses, deux façons de parler et de penser, même deux organisations pour les parades du Mardi Gras : les Zulu et les Rex, la noire et la blanche ! Ça cohabite assez bien mais le faussé est encore grand pour une réelle unité et égalité…

Nous avons donc pris la route vers la région des Cajuns, près de Lafayette que nous visiterions certainement. Nous avons toutefois besoin de calme et de repos alors ce soir, nous sommes au Palmeto Island State Park. Nous avons réservé pour deux soirs mais peut-être resterons nous plus… à 20$US/ nuit, cela entre dans notre budget et nous devons avancer quelques projets : écriture, article et montage vidéo.

Le site est magnifique et la randonnée sera aussi de la partie. Marcher en ville et marcher en pleine nature, l’effet n’est pas le même. Ici c’est la quiétude. J’en avais besoin. J’ai adoré La Nouvelle-Orléans mais le silence de la forêt me ressource. 

La vie est un éternel équilibre !

04/03/2019 – Jour 62

Hier soir installés au bord de la mer dans le Golf du Mexique après avoir été virés du State Park, nous avons eu quelques frissons lorsque les messages météo annonçaient de grands vents, des risques de montée des eaux fulgurante et de dommages potentiels. Apprenant du même fait en écoutant les informations que déjà une dizaine de morts avaient succombé à la tornade en Alabama, nous avons douté de notre emplacement, nous demandant même si nous ne devions pas reprendre la route vers le continent. Devant prendre un pont de plusieurs kilomètres, avec le vent intense, nous avons décidé de rester où nous étions mais nous déplaçant un peu plus sur les quais, loin des flots. Il y a eu du vent, pas mal. Nous nous sommes réveillés souvent mais pas de bris à l’horizon au petit matin.

Fort déçus de Grand Isle, ce coin de pays qu’on nous avait « vendu » comme très joli, nous avons décidé de reprendre la route vers la Nouvelle Orléans.  Cette région est celle, aussi des raffineries de pétrole qui font office de skyline à l’horizon de la mer. On ne l’ébruite pas trop pour ne pas faire fuir le touriste mais c’est moche. Certes, il y a un State Park au bout du boute mais il ne vaut pas le déplacement.

Nous avons donc quitté cette région de maisons à pilotis souvent malmenées par les ouragans et les tornades.

Petite pause repas sur la route du retour dans un kiosque de cuisine cajun, j’ai testé la saucisse à l’alligator et mon chéri, le boudin aux crevettes. tout était délicieux !

De retour, à New Orleans, nous sommes allés au Parc Louis Armstrong, en l’honneur du jazz et du célèbre musicien pour ensuite flâner dans le quartier Tremé, un des plus vieux quartiers de la Nouvelle-Orléans, jouxtant le quartier historique du French Quarter.  À l’époque de l’esclavage, il est le quartier des personnes de couleur libres. Considéré comme le plus ancien quartier afro-américain des États-Unis, il est un lieu symbolique de la culture afro-américaine et créole louisianais.

Nous sommes tombés sur une parade où les habitants du quartier se déguisent, créant leur costume avec des fèves rouges. De toutes beautés et bravo la créativité !

Demain, c’est le dernier jour, le réel mardi gras. Nous sommes invités à y assister dans une zone VIP, par le Shérif de la Nouvelle Orléans, qui ouvre la grande parade. La parade débutant à 8h00, nous ferons un dodo tôt surtout avec la nuit houleuse que nous avons eue. 

La Nouvelle Orléans est vraiment la ville des milles parades car il y a aussi celle des Indiens qu’on ne doit pas manquer demain ! 

Vivement le mercredi des Cendres ! 

03/03/2019 – Jour 61

Hier soir avant de s’endormir, on s’est décidé. Petite pause de la Nouvelle Orléans. C’est très bien mais c’est intense. Des parades, des défilés, du monde, des excès, des embouteillages, à petite dose c’est parfait ! Je me demande comment vivent les gens d’ici pour endurer cela si longtemps. À Québec, c’est merveilleux, deux fins de semaines et une semaine, assez pour être satisfait mais pas lassé, voire écoeuré. En discutant avec les gens de New Orleans, à part les commerçants et les touristes, tous ont hâte que cela se termine et que la tranquillité se réinstalle. Je comprends.

On a donc décidé de prendre l’air et rien de mieux que l’air du large, de l’air marin. Nous avons pris la route vers le bout du bout de la Louisiane, vers Grand Isle. Pas si loin, deux heures de route. Ça se fait bien.

Arrivés à quelques kilomètres du State Park de Grand Isle, on tombe le long de la route unique mais principale sur la parade de Mardi Gras… encore des chars et des colliers à profusion … on en rit ça valait bien la peine de fuir pour se trouver dans l’unique embouteillage de la région au milieu de tous les spectateurs installés en bord de route.  La région où nous sommes est faite de peu de terre et de beaucoup de mer et marais. On se demande même si les terres dans quelques années seront encore là. Toutes les maisons sont sur pilotis. Il y a ici la saison des tornades et des inondations, en juillet et août. Ça fait presque partie du quotidien. Pas trop inquiétant à cette période de l’année.

On finit donc par passer à la fin du défilé sur la route 1, celle qui mène au State Park juste à cinq minutes de là.

On arrive donc et on prend possession de notre lot « emplacement 2 », un peu trop entassés les uns sur les autres à mon goût. Aucune intimité pensable. Pas d’arbre, vue directe sur les voisins, alignés comme des moutons. Mon chéri installe les branchements et je pars faire un tour sur la plage. Le premier mot que me vient est déception.  Des blocs de béton, sans doute de protection, sont dans la mer. Idéal pour les goélands mais affreux pour les photos. En fait une plage comme tant d’autres, rien d’extraordinaire. Un cadre quelconque, déception pour ce State Park. Jusqu’à présent, nous avions été ravis des State Park visités.

De retour au bout de ciment « emplacement 2 » qui nous a été alloué et je vois mon chéri discuter avec plusieurs personnes et un autre véhicule derrière la Licorne noire. 

Que se passe t’il ?

Mon chéri m’explique la situation. Les personnes avaient réservé la place par internet depuis deux jours et la « cocotte » de l’accueil a fait une erreur et nous a donné le même site, apprenant du même coup que depuis notre arrivée, le State Park est complet. Un bénévole du camping vient nous dire que peut-être nous pourrions avoir un site de tente puisque nous sommes autonomes. Après avoir pris le temps de remplir le réservoir d’eau, nous retournons à l’accueil où nous nous faisons répondre «  Sorry, I made a mistake but we are full and you have to go ! ». Pardon ! Ben oui, on a bien compris. On doit partir ! On est au bout du bout de la Louisiane et parce que la cocotte a fait une erreur et bien qu’il y ait encore « physiquement » de la place pour notre belle Licorne, c’est n’est pas permis. Tous les emplacements sont occupés et se mettre sur le stationnement n’est pas permis ! Service à la clientèle zéro et amabilité plus que nulle. Je suis la première à louanger mais là, service exécrable. Quand on fait une erreur, on essaie de la réparer pas de se désintéresser complètement du client avec une réponse de robot « Non, ce n’est pas permis, non, ce n’est pas permis » !

On a donc repris la route, fait un tour dans le village et finit par trouver un coin au port des pêcheurs avec une vue magnifique. 

Encore une fois, fataliste, je me dis qu’il n’arrive jamais rien pour rien. 

Je n’aimais pas cet endroit …

La vie a fait en sorte que la Licorne noire s’envole ailleurs. Merci la vie !

02/03/2019 – Jour 60

Fatiguée ! Nous avons marché aujourd’hui toute la journée pour explorer la ville, du moins trois de ces quartiers, le French Quarter, la City et le Faubourg Marigny. Chacun ayant son l’identité et son architecture créant des  ambiances différentes.

J’ai beaucoup aimé le Faubourg Marigny qui fait partie du quartier français mais ces petites maisons colorées lui donnent un caractère unique, un cachet authentique et surtout est un peu moins fréquenté. Ce quartier a été celui des gens libres de couleur et a aujourd’hui une atmosphère de petit village. J’ai préféré, de loin, la mythique Frenchmen Street à la trop touristique et excentrique Bourbon Street.

Le French Quarter ne se limite pas à cette rue, heureusement, il regorge de galeries d’art, de restaurants, de magasins, de clubs de musique et du célèbre Café du monde, où la file ne désemplit pas pour goûter aux succulents beignets. Ensuite, en manque de calme, nous sommes allés nous reposer au bord du Mississippi où voguent encore quelques bateaux à vapeur à travers les navires de marchandises. Les bords du fleuve Mississippi offrent une vue majestueuse sur la cité. Hier le brouillard était de la partie, aujourd’hui, le ciel bleu et dégagé nous permettait de voir le skyline de la ville.

Au coeur du centre des affaires, au milieu des buildings et des tours, nous avons pu assister à un autre défilé, celui-ci beaucoup plus familial. Les chars et les marching bands (fanfares), toujours plus colorés les uns que les autres font le bonheur des petits et des grands en offrant aux spectateurs divers petits objets.

On ne peut pas être à la Nouvelle-Orléans et ne pas écouter de la musique… ce que nous avons fait. Pause swing, on trépigne du pied, tellement le rythme est bon !

Voilà ! J’ai pris des photos, fait des vidéos et suis comblée par notre journée. Mais comme je l’écrivais, je suis ce soir épuisée… beaucoup marché mais tant appris et vu ! 

Soirée repos à la maison !

01/03/2019 – Jour 59

1er mars, c’est mon anniversaire. Ce n’est plus un secret. Mon mari chéri vous l’a dévoilé. Un anniversaire extraordinaire. Je suis en cette journée, comblée. Je me pince. Je suis bien à la Nouvelle-Orléans à célébrer mes quelques bougies. L’année dernière, à cette même date, je n’y aurais jamais cru. Notre aventure n’était même pas un projet.

Nous sommes arrivés hier mais n’avons pas eu la chance de se balader des détails logistiques à régler avec le shérif du coin. Rien de grave, c’est juste notre hôte ! Pas de souci à se faire pour la sécurité de notre belle Licorne.

Aujourd’hui, en ce jour de MA fête, nous sommes allés à LA fête, aux festivités du Mardi Gras. Nous jetant carrément dans le bain, dans le French Quarter, entrant par la Bourbon Street. Pour ceux qui ne connaissent pas, tout comme moi, il y a quelques jours, le synonyme que j’associerais à cette rue est décadent ! C’est la rue du tout est permis. C’est la rue des excès, de la débauche, le tout dans une ambiance musicale et festive assurément, pas une rue pour les enfants. Une des particularités du Mardi Gras à la Nouvelle-Orléans, ce sont les colliers de perles de couleurs que les participants offrent aux spectateurs, une pratique qui remonte au XIXième siècle. Le principe est simple : C’est à qui aura, autour du cou, le plus de colliers de perles, ceux-ci variant de toutes tailles et de toutes couleurs. Mais pour cela, le principe est simple : Les hommes sont aux balcons et nombreuses femmes montrent leurs seins pour recevoir en échange les fameux colliers de perles colorées. À l’origine, ce sont les français qui introduisirent la célébration du Mardi Gras en 1699 à la Nouvelle-Orléans. Et déjà à l’époque, les festivités furent plusieurs fois interdites en raison de leurs débordements mais les habitants ne tenant pas compte de ces interdictions, le Mardi Gras devint rapidement la fête la plus populaire de la région.

Mais heureusement Mardi Gras, ce n’est pas que beuveries et déballages de poitrines pour obtenir des colliers, c’est aussi des parades par dizaines pendant près d’un mois avant la date fatidique.

Les parades, il y en a donc des dizaines, des grandes et des plus petites, avec des chars allégoriques, ou des personnages masqués jettent aux spectateurs des colliers, des verres en plastiques et même des peluches. Mais contrairement à Mobile pas de Moon Pie.

Après avoir assisté aux joyeuses folies de la décadente rue, nous avons continué dans le French Quarter, devant la Cathédrale Saint-Louis. Il y a même une petite rue des Ursulines comme à Québec.

Nous y retournerons demain matin quand la foule sera moindre et que je pourrais prendre des photos en toute tranquillité.

J’ai donc fêté mon anniversaire dans cette ambiance festive et joyeuse.

Je fais ici un petit clin d’oeil à Carol Ann, nous avons goûté au Po Boy, ce sandwich fait de pain baguette et fourré de poisson frit ou crevettes frites. À mon étonnement, c’était bon. J’étais un peu septique devant le concept pain et friture mais je recommande. Ce fut mon repas d’anniversaire avec un délicieux plateau d’huîtres au French Market.

Demain, ça continue. Quelle belle journée, elle sera mémorable. Je fus extrêmement gâtée. Vos mots sur la page Facebook m’ont beaucoup touché et la journée avec mon chéri fut parfaite. Mes ami(e)s, ma famille, je vous aime et merci d’être présents et j’aime faire démentir l’adage : « Loin de yeux, loin du coeur » … Bien au contraire, vous êtes avec moi plus fort que jamais.

Merci encore !

26/02/2019 – Jour 56

Ça y est, nous voilà en Louisiane. C’était notre premier grand objectif du notre voyage. Nous y sommes enfin et si les jours prochains s’annoncent comme aujourd’hui, ce sera fabuleux ! À peine entrés en Louisiane, nous avons voulu visiter une plantation. Et par hasard, nous sommes arrivés à Rosedown Plantation et je peux vous dire que visiter celle-ci c’est instantanément, un voyage dans le temps, au temps, d’« Autant en emporte le vent ». Le site est tout simplement un joyau, une pépite peu connue. Je rêvais d’allées de chênes majestueuses, avec la mousse espagnole ornant les branches, une grosse maison blanche, avec des colonnades. J’ai tout eu et plus. Le jardin de roses, de camélias et de magnolias embaume les allées de l’immense propriété. La Rosedown Plantation est située à Saint Francisville, une des plus vieilles villes de Louisiane (1809), au bord du Mississippi. La plantation date elle de 1835 et fut fondée par la famille Turnbull. Les Turnbulls exploitèrent le coton  sur plusieurs terres où 400 esclaves travaillaient, certains devinrent métayers après la guerre de Sécession, jusque dans les années 1950. Un décor de film, certes, les jardins sont splendides, la demeure est raffinée et magnifiquement sauvegardée et restaurée mais il y a un petit hic : On apprend tout de la famille Turnbull mais rien ou peu sur les esclaves. On nous fait tout juste mention de l’étroitesse de l’escalier de service, et qu’il était un peu dangereux et que certains avaient dû tomber et se blesser… Voilà en résumé ce qui est partagé sur la vie de ces esclaves, rappelons-le « pas employés », esclaves !

Nous avons ensuite repris la route pour Prairieville. Pourquoi cet endroit et bien pour rencontrer nos hôtes. Comme nous aimons rencontrer des gens et partager, nous avons décidé de devenir membre de Boondockers Welcome (je ferai une fiche pour expliquer comment ça marche). Ce soir est notre première expérience et quelle belle rencontre ! Maria et Timmie, nous ont donc accueilli chez eux, sur leur terrain, gratuitement. Nous sommes au bord du bayou, accueillis par des Cajuns… On ne pouvait rêver mieux pour notre première journée en Louisiane. Comme nous posions des questions sur les bonnes adresses pour découvrir la cuisine locale, ils nous ont proposé de nous emmener dans ce que j’appelle un boui boui : une gargote qui ne paye pas de mine mais où les locaux vont et se régalent pour pas cher. Nous avons ainsi pu manger crevettes et écrevisses à satiété et même visiter la cuisine et découvrir certains secrets du chef que nous ne révèlerons pas bien évidement.

C’est exactement ce que j’appelle une journée de rêve, de la culture, des rencontres et de la bonne bouffe. Je suis au paradis à Prairieville. À suivre…

25/02/2019 – Jour 55

C’est au tour de mon chéri d’avoir des petits soucis de santé. Il a un gros rhume. Il tousse. Il renifle. Il bougonne. Un vrai gros rhume… Il a presque plus d’appétit … rien ne va plus !

Fort et courageux, il a fait une petite balade avec moi ce matin pour ensuite venir se reposer et écrire quelques lignes. 

Moi, j’ai trotté presque toute la journée. Natchez n’est pas très grand mais assez pour que je puisse encore découvrir et faire des photos. Je suis allée me balader le long du Mississippi. Ce fleuve mythique qui pour moi, me rappelle des contes d’enfant, les histoires de Tom Sawyer et Huckleberry Finn, l’école buissonière. Aujourd’hui, je flâne et contemple les eaux tourbillonnantes des romans de ma jeunesse. 

Je me promène dans les rues de Natchez admirant ces maisons centenaires. Si on y pense, encore si jeunes par rapport au Vieux Continent. L’histoire est ici sombre. Les traces de l’esclavagisme sont encore présentes mais heureusement plus tabou. Le nom de la ville vient du nom de la tribu indienne Les Natchez qui furent capturés et vendus comme esclaves à Saint-Domingue par les colons français, engendrant ainsi l’extinction des Natchez comme tribu organisée. Triste passé… dans cette jolie ville.

De retour de ma journée, mon chéri est au clavier. Bientôt, il va s’allonger. Demain, ça ira mieux. Il est fait fort mon homme ! Ce soir, on va papoter avec notre fils qui vit à Montréal. Vraiment, on profite au maximum de l’application Fongo grâce au hot spot de Verizon (aucune commandite ici, juste de la satisfaction).

Demain, nous reprendrons la route vers la Louisiane. Un nouvel état à découvrir, de nouvelles rencontres à faire ! 

Passez une belle soirée. Je vais aller soigner mon chéri et surtout le réconforter. 

24/02/2019 – Jour 54

Ça y est nous sommes sortis des bois. Nous avons fait la Natchez Trace au complet, 444 miles, à peu près 715 km de route. Nous avons eu essentiellement de la pluie, des inondations et un avertissement de tornade, rien que ça, mais aujourd’hui pour notre finale, nos derniers miles, nous avons eu droit à un soleil radieux et un ciel azur. Magnifique. 

À cours de ravitaillement, le réservoir d’eau vide et la toilette pleine, il nous fallait s’occuper de certaines priorités. Natchez est une ville très friendly RV puisque nous avons pu tout faire au Visitor Center où nous passerons la nuit assurément puisque des emplacements sont réservés à cet effet. Course au super marché du coin, celui que je déteste le plus Walmart mais quand on n’a pas le choix, on n’a pas le choix. 

Pour faire ensuite le tour de Natchez, très jolie petite ville, assez désertique en ce dimanche après-midi. D’ailleurs, je n’ai toujours pas compris où sont les gens… Natchez donc est une ville pionnière du Mississippi puisque c’est la plus ancienne de l’État. Natchez était un poste français sur le Mississippi, au nord de la région de la Nouvelle-Orléans. La ville de Natchez est aujourd’hui, un musée à ciel ouvert. De très nombreuses constructions antebellum ont résisté à la guerre et au temps qui passe et sont aujourd’hui des lieux d’intérêts pour tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur l’histoire de cette région. D’ailleurs, saviez-vous que « antebellum » veut simplement dire « avant la guerre » en latin ? Moi, non plus avant cet après-midi. Les maisons antebellum sont donc des demeures datant d’avant la guerre civile américaine. Apprendre, apprendre, une des plus belles richesses des voyages.

Voilà déjà la fin de notre journée. Je vais aller admirer le coucher de soleil. 

Je vous souhaite le meilleur où que vous soyez.

23/02/2019 – Jour 53

Nous ne bougerons pas aujourd’hui… aurait-on du ?

Mon chéri doit écrire. Il veut avancer dans son projet d’écriture et il se sent bien là où nous sommes, au creux de la forêt, sans aucun réseau, sans distraction.  Nous resterons là pour la journée. Avant de s’attarder à la tâche, nous partons faire une belle balade dans la nature. Au bout du sentier emprunté, nous découvrons les vestiges d’un village disparu où il ne reste que l’église et un coffre-fort au milieu des bois, au milieu de nul part ! C’est Rocking Springs. 

En revenant vers le campground, nous prenons le Natchez Trace originel, celui par lequel sont passés, il y plus de 200 ans, ces marchands d’un autre temps descendant le Mississippi avec leurs marchandises vers La Nouvelle-Orléans, vendant jusqu’au bois de leur radeau pour remonter cette piste à pied afin de retourner dans leur foyer, après avoir empocher leurs gains…

Rentrés à la maison, dans la Licorne noire, mon chéri s’est mis à écrire et moi à faire le compte de nos dépenses créant un nouvel outil plus efficace pour mieux visualiser le respect de notre budget. En sourdine la radio locale, nous proposait des artistes country que nous découvrons. Heureux, tranquilles et plongés dans nos occupations, nous fûmes sortis avec torpeur de notre bien-être par une alarme agressante venue directement de la radio avisant la venue d’une tornade, le risque de dommages importants et les consignes de  sécurité obligées. On se regarde … Que faire ? Premier réflexe, partir. Oui, mais pour où ? La tornade toucherait le centre du Mississippi. Nous sommes juste à la limite plus vers le sud. Les alertes se répètent à la radio, avisant de se mettre à l’abri. Après les inondations d’il y a quelques jours, nous voilà dans les tornades. Merci Dame Nature. Nous écoutons plus précisément les alertes. Nous sommes le county d’à côté celui pour lequel l’alerte est enclenchée. Environ une centaine de kilomètres nous sépare. Nous décidons de rester. L’orage s’annonce. L’orage tonne. Les éclairs apparaissent. La pluie diluvienne lave la Licorne qui en avait plus que besoin… La cime des arbres se balance de gauche à droite… Et puis ça se calme. L’alerte est en vigueur jusque vers 20h00. Nous restons alertes. Claude a repris le clavier et moi, je rédige. Il est 17h00. 

17h30, les grenouilles se sont remises à chanter. Je crois que nous sommes en sécurité. Mais comme nous sommes au creux de la forêt, loin, nous verrons demain sur les infos locales, les dégâts engendrés par Dame Nature, parfois capricieuse. 

22/02/2019 – Jour 52

On roule, on roule, il pleut, il pleut tel est le résumé de la vieille.

Ce matin il fait froid, il pleut alors on roule. Mais malgré la pluie, le Natchez Trace Parkway est une route splendide. Nous roulons, à cette saison, dans un paysage d’automne. Les arbres feuillus sont dénudés permettant aux conifères de mettre en valeur le vert de leurs aiguilles. L’asphalte mouillée se transforme en miroir. L’ombre des arbres s’y projette c’est de toute beauté. On avances, on roule et la température monte. Les bourgeons apparaissent aux arbres et les premières fleurs osent se pointer le nez. On sent le printemps arriver.

La réalité du quotidien nous fait dériver par Jackson, capitale du Mississippi, pour aller faire la lessive. Un peu moins pittoresque. C’est notre première visite à la buanderie, ayant jusqu’à présent bénéficier de la gentillesse de nos hôtes ou des machines à laver dans les State Park. J’aime bien ce moment au lavomat. Je pense à toutes ces personnes qui se croisent, qui ne se connaissent pas mais qui pourtant partage une intimité. Laver son linge, plier ses bobettes, s’asseoir et échanger quelques mots. Un court instant nos vies se croisent. Le temps d’une lessive, ils sont entrés dans ma vie.

Durant que nos vêtements virevoltent dans la sécheuse, mon chéri est dans le Licorne noire devant régler quelques technicalités administratives de jeune retraité. Allô, Québec, ici, Mississippi !

Nous reprenons la Natchez Trace, sous la pluie jusqu’à la première halte de camping gratuit qui jalonne la route. On y passera la nuit. Tout au long du Parkway, il y a des infrastructures accueillantes et réfléchies permettant à ceux qui font la route au complet du point 0 au point 444, afin de se reposer en sécurité. Le réseau internet est rare, souvent très faible ou inexistant alors je ne pourrai vous partager mon récit ce soir mais demain, lorsque nous repartirons, je vous posterai cela, vous racontant le train train de mon quotidien.

En attendant, je vais lire au son du chant des grenouilles. 

20/02/2019 – Jour 50

Hier soir, une fois rentrés au State Park et installés pour la nuit, le Ranger est venu toctocquer (je sais ce n’est pas un mot mais c’est joli) aux portes de la Licorne noire pour nous aviser qu’il serait préférable de changer d’emplacement vu que nous étions proche de la rivière et que la nuit s’annonçait très pluvieuse et orageuse.  Seuls ou presque sur le site, mon chéri a choisi le meilleur terrain pour nous mettre à l’abri en cas de montée des hauts rapide. Au matin, nous avons constaté qu’il y avait eu plus de peur de que mal mais je dis quand même chapeau au Ranger venu faire de la prévention en pleine nuit… Effectivement, il vaut mieux prévenir que guérir.

Ce matin, le temps était moche, vraiment moche. Ce genre de temps humide, froid, terne et gris ; ce temps de novembre où on a hâte que les premiers flocons tombent pour égayer le paysage. Ce matin, c’était novembre à Nashville. Nous avons donc pris la route. Bye, bye Cowboy !

La Natchez Trace, route pittoresque et historique relie Nashville à Natchez, 715 kilomètres d’asphalte où tout véhicule commercial est interdit. Sur ce chemin, on prend le temps. La vitesse est limitée à 80 km/heure. Ici, on admire. La route est jalonnée de sites historiques.  Nous avons fait une pause à l’un d’eux et Charles est arrivé. Charles voyage seul avec son chien. Il part deux mois l’hiver pour faire une coupure dans l’hiver du Québec. Il était interpellé par notre logo, nous abordant avec « Vous débutez ou vous finissez votre tour du monde ? » On lui raconte, on se met à jaser. Charles prend, à peu près la même direction que nous. On se recroisera… Bonne route Charles ! 

Mon chéri reprend le volant… Il fait tellement moche qu’après quelques miles, apparaît des indications pour un camping (gratuit) dans le National Park,  nous décidons de nous arrêter pour aujourd’hui. Je dois écrire et Claude aussi. Le temps s’y prête. On décide de se poser. On vient à peine de finir de s’installer et qui voilà ? Charles, ayant eu sans doute la même idée que nous. Et bien pendant que j’écris, mon chéri et Charles se racontent leur vie, bien à l’abri dans la van de son nouveau copain. Voilà presque une heure que mon chéri est parti chez notre voisin. Je les laisse. Une soirée entre homme, un petit verre à la main, ça fait toujours du bien. Merci Charles d’être venu nous parler. 

Ça me permet d’avancer mon article sur Nashville et de vous écrire. Il pleut encore. La nuit est tombée et c’est toujours moche. Belle soirée

19/02/2019 – Jour 49

Nashville Jour 2 nous voilà ! Nous avions fait hier un petit tour d’horizon, de repérage. Aujourd’hui, nous étions prêts à découvrir la ville. À chaque fois que je visite une ville, je regarde s’il y a du Street art et bonheur même la capitale de la Country Music a son quartier de murales, le East Nashville Mural ! Ayant consulté, Mme Météo, le soleil était de la partie en matinée mais les gros nuages et la pluie allaient se pointer le nez en après-midi. Nous avons donc planifié la journée en conséquence. Activités extérieures en priorité ! Je fus ravie de ces œuvres murales que Nashville m’offrait. Pour moi, c’est à chaque fois, une chasse au trésor. Il faut ouvrir les yeux, chercher, fouiner, aller dans les ruelles. Le street art a aussi cet aspect, il se démocratise de plus en plus, et n’est plus, enfin, reconnu comme du vandalisme. Les artistes aiment trouver le coin qui surprend et moi, comme une enfant, je cours et je cherche mes trésors graffités.

Retour ensuite sur Broadway pour s’imprégner de l’ambiance country. La pluie s’annonçant nous avons pris le chemin de Country All Of Fame Museum, pour repartir un peu moins inculte sur le monde du Western et de sa musique. Après presque trois heures, nous sommes sortis un peu moins ignorants. Mais le monde du country, son histoire, ses pionniers, sa diversité, ses artistes est si vaste qu’il nous faudrait y retourner pour se rappeler de toutes les infos. Vraiment intéressant !  

Goûter chez Goo Goo dont je vous parlerai dans la fiche des incontournables sur Nashville que je vais préparer sous peu et pour finir la journée, puisque la pluie était vraiment installée, petite balade avec la Licorne noire au pied du Parthenon pas celui d’Athènes mais de Nashville, copie conforme dudit monument en Grèce … c’est quoi l’idée ! avant de se rendre au Blue Bird Cafe, une institution pour écouter de la musique country, en dehors du centre-ville, là où vont les initiés. J’écoutais les artistes et je me disais “Cendrine, pince-toi ! Tu es en train de siroter une bière à Nashville avec ton chéri, en écoutant des artistes de country renommés (mais entre vous et moi, que je ne connais pas).

Des fois, je crois que je rêve d’avoir cette chance si extraordinaire de réaliser mon rêve de décider où j’ai envie d’aller et de le faire. Il y a quelques années, on m’aurait dit Cendrine, un jour, tu iras à Nashville en road trip… je ne l’aurai pas cru moi-même. Il faut croire en la vie. Nous savons tous qu’elle n’est pas un long fleuve tranquille mais après les tempêtes, les nuages finissent toujours par se dissiper et le soleil réapparait. Je savoure mon soleil. Un jour, je vous raconterai mes tempêtes… Nous venons de rentrer au State Park et nous avons aujourd’hui tant appris et découvert. J’aime même swinger mes bottines au Wildhorse Saloon. Hi, ha ! 

18/02/2019 – Jour 48

Réveillés aux aurores, je crois que nous étions trop impatients de voir Nashville. On a pris la route à 6h00 ! Fait une pause à 7h30, pour prendre le petit-déjeuner et à nouveau redémarrer. En route, au volant, je demande à mon chéri de googler “plus belles villes d‘Alabama” et il sort un, Greenville, où nous sommes passés hier en chemin et une autre petite ville de 53 habitants, à quelques miles devant nous, et directement sur notre chemin. Il n’en fallait pas plus pour que nous fassions une petite pause découverte. Ce village se nomme Mooresville – AL. Comme, il y a plein de Mooresville aux États-Unis, c’est important de spécifier pour qu’on ne soit pas mêlés ! Au sortir donc de l’autoroute 65, juste au bout de la sortie, se dresse un joli écriteau de bois indiquant “Mooresville”. C’est tellement petit qu’on pourrait presque passer à côté… Et là, on remonte dans le temps. On découvre donc que nous venons d’arriver dans la plus ancienne municipalité de l’Alabama. Ses maisonnettes, sa poste et ses deux églises lui confèrent un caractère typique du XIXe siècle et un cachet unique. Encore une fois nous sommes seuls pour admirer l’ensemble du village qui est inscrit au registre national des lieux historiques.  C’est une ville que le temps à oublier mais une destination incontournable si vous passez par là, vous manqueriez quelque chose.  

La journée ne faisant que commencer, je reprenais le volant… chemin faisant petite sieste matinale pour mon chéri jusqu’aux abords de la capitale du Country : Nashville. Je ne suis nullement une adepte de ce genre de musique. J’aime écouter quelques balades. J’aime le Country, une fois par … euh, en fait quand je viens à Nashville ! Comme tout le monde, j’avais déjà entendu parler de cette ville du Tennessee, qualifiée de « music city » ou de « berceau de la country music » mais je reste néophyte en la matière. Ce que j’ai découvert, c’est que peu importe qu’on aime ou pas le Country, à Nashville, c’est l’ambiance et l’énergie que la ville dégage qui l’emporte sur le reste. Les gens sont gentils et accueillants. Pour exemple : pour m’amuser, je voulais essayer des bottes de cowgirls mais pour ne pas faire travailler le vendeur pour rien, je lui ai dit c’était just pour le fun, pour faire une photo et bien la réponse fut : Cool, no problem ! Et il m’a laissé m’amuser. Génial, non ? On le sait c’est la ville de la musique, tout court ! Elle est omniprésente peu importe le lieu, que ce soit dans la rue ou dans les pubs qui jalonnent Broadway Street. En fait, ici, c’est la ville qui unit car la musique n’a pas d’âge, de couleurs ou de sexe. On poursuit la visite demain tant à voir… Ce soir, fatigués, on profite des installations du Montgomery Bell State Park pas très loin de Nashville. Belle soirée, hi, ha ! 

17/02/2019 – Jour 47

On dit que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, je confirme. Nous étions ou avions le sentiment d’être seuls ce matin dans les rues de Mobile.  J’ai ensuite réalisé qu’ici en Alabama, les églises se remplissent toutes et elles sont nombreuses. Les traditions sont respectées. On s’endimanche pour aller célébrer sa foi, quelle qu’elle soit : baptise, luthérienne, épiscopale, méthodiste ou évangélique, ici il y a l’embarras du choix de ses croyances, allant de la secte aux églises traditionnelles, chacun y trouve son chemin vers l’au-delà !  

Après un petit-dej chez IHOP, où mon chéri s’est régalé, nous avons donc visité la ville, heureuse de pouvoir faire mes photos sans chercher à éviter les badauds.  

Avant de repartir pour notre nouvelle destination … Nashville, nous sommes allés faire l’épicerie et fait cocasse, nous avons dû attendre deux minutes devant la caissière lors de notre paiement car nous avions acheté deux bouteilles de vin et avant 12h00 (midi), il est interdit, le dimanche, en Alabama, d’acheter de l’alcool… 11h58- 11h59 .. 12h00 ne passez pas par la case départ et payez ! 

L’autoroute 65 s’offrait à nous. La Licorne noire s’envolait vers la capitale du Country Nashville. On the road again mais nullement pressé, nous nous sommes arrêtés à Greenville, listée comme une des plus belles petites villes de cet état… Vaut le coup d’oeil mais pas le détour.  

Quelques miles plus loin, la Capitale de l’Alabama, Montgomery, connue pour son rôle pendant la guerre de Sécession (1861-1865) et le mouvement des droits civiques des années 1950-1960, qui lutta contre la ségrégation raciale, notamment par le célèbre boycott du réseau de bus de la ville. Rappel : le 1er décembre 1955, dans un autobus de la ville, la couturière Rosa Parks refuse de céder son siège à un Blanc. S’ensuit alors un boycott des bus de la ville par la communauté afro-américaine locale avec à sa tête le pasteur Martin Luther King Jr.  La ville était déserte … mais où sont-ils tous ? Mon chéri, féru d’histoire, était heureux, il y avait à lire et à découvrir à chaque cinquante mètres. 

Une dernière chose et non la moindre, en ce 17 février, nous avons téléphoné à notre fille. C’est son anniversaire aujourd’hui. Vive la technologie ! 

Ce soir, dodo sur une area en transit vers Nashville ! 

16/02/2019 – Jour 46

Bye, bye Florida, Viva Alabama !  

Au petit déjeuner, plan de match pour la journée : nous reprenons la route ! Faisons un saut de puce par Seaside- FL, ville où tout est parfait, où tout est beau, où rien ne dérange… La plage est sublime ! On y fait nos photos et on continue la route. Nous nous sentons usurpateurs quand nous sommes dans ces villes dont le cadre est idyllique mais qui ne nous correspond pas. Nous n’avons pas la moitié du compte en banque des vacanciers et assurément pas le même budget pour le resto. Seaside, ville cossue où les rues sont privées, les accès publics à la plage sont rarissimes et surtout bien cachés. Si tu n’as pas les moyens de te payer une maison dans le coin, ne viens pas piétiner notre sable blanc… Pas de problème, nous avons fait nos photos et ciao, sommes allés quelques miles plus loin, près de Destin, explorer le Henderson Beach State Park. Encore une fois la plage est magnifique. Longue promenade sur ce sable si blanc et si fin qu’on croirait marcher dans la farine. Pas prêts à se poser, nous avons repris la route pour un autre parc plus loin, au bout de la Floride, dans le golfe du Mexique, le Gulf Islands National Seashore, sublime ! Toujours et encore ce sable blanc, ces petites dunes dont le vert des arbustes s’allient si bien avec l’émeraude de la mer. Un tableau naturel. 

Et comme nous n’étions toujours pas prêts à nous poser, nous avons continué et quitté la Floride. 

Je suis heureuse. Il me tardait d’aller voir ailleurs. Nous y sommes. Nous voilà en Alabama, à Mobile, plus grande municipalité de la côte du golfe du Mexique entre La Nouvelle-Orléans et St.Petersburg, celui de Floride et non de Russie ! 

Le hasard a fait en sorte que ce soir, nous allions poser nos pénates à Mobile, première capitale de la Louisiane en 1702, qui doit son nom aux Amérindiens mobiliens que les colons français trouvent dans la baie de Mobile.  Pendant cent ans, la ville fut une colonie française, puis britannique et enfin espagnole. Fin de la parenthèse historique mais début de la parenthèse culturelle. Nous y sommes arrivés en ce second jour de Mardi Gras. Il s’agit de la plus ancienne célébration annuelle de carnaval aux États-Unis, lancée par le Français Nicholas Langlois en 1703, alors que Mobile était la capitale de la Louisiane. C’était quinze ans avant la fondation de la Nouvelle-Orléans ce que les gens d’ici aiment à vous répéter. Le premier carnaval vient de Mobile ! Cela ne ressemble en rien à notre Carnaval, certes au-delà du climat, les défilés publics au cours desquels des membres de la société locale souvent masquées, du haut de leur char, lancent des cadeaux au grand public tels des colliers de perles en plastique, des pièces de monnaie doublon, des gobelets en plastique décorés, des bonbons, des gâteaux emballés connus sous le nom de Moonpies, des peluches et plus encore. Tout cela est très bon enfant. L’ambiance est très festive. Chacun est heureux de repartir bardés de colliers et sacs remplis de divers objets attrapés au lancer. Rien de Wouah artistiquement, c’est tout autre chose mais très amusant. Mon chéri se démenant pour que j’ai le plus de collier au cou. Heureusement qu’il est grand pour attraper cela au vol. Voilà encore une belle surprise de la vie. Jamais ce matin en me levant, je n’aurai cru me balader ce soir avec autant de bijoux de pacotilles au cou. C’est la fiesta, Viva Alabama !  

14/02/2019 – Jour 44

J’ai dormi ! Oui, j’ai très bien dormi. Pas de douleur !  

Bonne élève, j’ai fait mes exercices de rééducation pour que je puisse rapidement relever mon bras et retrouver mon agilité et mon autonomie. 

Nous sommes partis de Gilchrist Blue Springs après en avoir pleinement profité. Cette source dont les couleurs sont presque surnaturelles, peu connue vaut assurément le détour. Il faut cependant réserver pour s’assurer d’avoir une place dans ce State Park. 

Nous sommes maintenant sur la côte Ouest de la Floride sur la Côte Émeraude que nous quitterons dans quelques jours pour enfin nous diriger plus loin, vers l’Alabama. Je suis rassasiée de la Floride. Mon chéri, en voulait encore un peu. Ça y est, il est comblé et moi, un peu tannée. Les plages sont belles, le sable est chaud, mais j’ai envie de voir autre chose et le pays est si vaste qu’il faut bien avancer. 

Comme j’aime trouver des moyens de voyager à moindre coûts, j’ai déniché à nouveau des sites en Floride du Nord où l’on peut camper gratuitement comme ceux que nous avions découvert en Floride du Sud. Nous avons donc une réservation pour le Cotton Landing à Vernon. Après plusieurs heures de route, sur l’autoroute 10, nous sommes arrivés devant un paysage dévasté. Des kilomètres et des kilomètres durant, les arbres couchés, coupés, abimés par la dernière tornade ou ouragan sa faisait ramasser par la voirie. La nature peut être si belle, mais aussi si violente ! À la fois impressionnant, désolant et effrayant. 

Monsieur GPS qui nous dirige jusqu’à présent très bien. Nous a mené vers l’adresse indiqué sur le site du campement. Nous sommes tombés sur une barrière avec indication « Propriété privée, souriez, vous êtes filmés ». Vernon est un trou, trois maisons, deux églises et une station essence font office de ville. Claude faisant le plein de diesel de la Licorne, a demandé à la caissière si elle connaissait l’adresse du Campground. Elle n’en avait jamais entendu parler ni d’Eve, ni d’Adam … 

On s’est regardé et on s’est dit : « Non, on ne cherche pas plus, on va ailleurs ! »  

N’étant pas loin de la Côte, nous avons pris la direction de l’air marin et sommes arrivés vers Panama City Beach.  Nous avons tourné, tournoyé pour enfin demander à notre Fée du Dodo où nous pourrions faire reposer la Licorne noire pour un jour ou deux : le Primitive Camp de Point Washington State Forest ! Camping sauvage pour la modique somme de 9 $ par nuit ! Ça va, ça rentre dans mon budget 🙂 

Nous y sommes arrivés de nuit et aucune idée du cadre dans lequel nous sommes. Nous venons de faire un peu plus de 7 kilomètres de route de brousse. Disons qu’après 5 heures de routes aujourd’hui, mon chéri commençait à être impatient d’arriver. Moi, il me tarde demain matin car je suis certaine que ce sera un wouah ! Nous sommes ce soir, seuls sur le campground et la lune nous éclaire de tous ces feux ! Ça finit quand même bien une journée. 

Je vous souhaite : Bonne fête de la Saint-Valentin ! Amour, toujours, à tous et chacun. 

13/02/2019 – Jour 43

C’est une journée de soulagement ! Je sais ce que j’ai et j’ai eu un traitement. Je reportais pour éviter les complications, les démarches administratives avec les assurances que je croyais compliqué et en fin de compte tout fut d’une facilité. 

Nous sommes donc arrivés à clinique déterminée par notre assureur à Gainesville. Quelques petites formalités à régler et le médecin fut rencontré. Très aimable, très gentil mais j’ai juste voulu lui arracher la tête quand il me bougeait le bras pour voir où étaient les douleurs afin de bien déterminer le diagnostic et cibler le point pour l’injection de cortisone à me donner. Un rayon X pour confirmer le tout et me faire dire que j’avais une tendinite à l’épaule et une calcification itou ! Un mal assez standard du, dans mon cas, au mouvement répété de la fermeture de la porte latérale trop lourde pour moi de la Licorne noire. Je peux vous assurer que je ne vais plus y toucher !  

Consultation terminée. 

Passage obligé par la pharmacie pour récupérer les anti-inflammatoires d’une prescription donnée.  

Passage obligé par le supermarché du coin pour nous ravitailler … depuis quelques jours, je n’ai pas fait grand chose en cuisine. 

Passage obligé par un site de vidange pour vider notre petit coin d’aisance… c’est aussi la réalité ! 

Alors en arrivant au State Park où nous sommes, petit saut de mon homme dans les eaux translucides et turquoises pour décompresser et savourer enfin la journée. 

Je ne jouerais pas encore les sirènes aujourd’hui mais bientôt, je barboterai aussi dans l’eau. 

On a fini la journée au coin d’un joli feu.  

Je suis soulagée de savoir ce que j’ai. 

Je suis soulagée grâce à quelques comprimés. 

C’est une question de temps et tout sera réglé.  

Je vous remercie sincèrement pour votre support. Cela fait chaud au coeur. 

Demain est une autre journée et bientôt tout cela sera du passé. Prenez soin de vous ! 

12/02/2019 – Jour 42

Il y a des journées moins faciles que d’autres. Je me suis « réveillé », épuisée et déprimée. C’est rare mais là, je suis à bout de mon énergie et de mon manque de sommeil. Cela fait six jours que je combats la douleur en me disant chaque matin … ça va passer ! Mais ce matin, j’ai vraiment réalisé que sans diagnostic, cela ne passerait pas, au contraire, cela pourrait être dommageable. Fatiguée, au point de pleurer de douleur et de découragement. J’ai fait le constat qu’il me fallait aller consulté, et sans plus attendre. Je suis déjà passer par ce que l’on appelle une grave maladie, un cancer, et là, je me disais qu’un petit bobo musculaire, ce n’était rien. Mais quand la douleur l’emporte sur tout, pas une nuit mais six, il est temps d’arrêter de niaiser. Mon chéri était content qu’enfin, je capitule !  

Chemin faisant, nous avons donc trouvé un hôpital mais arrivé à la guérite, on nous a expliqué que celui-ci était pour les patients avec des problèmes mentaux … Je n’en suis pas encore là et une fois l’anecdote bien ri, la préposée nous a indiqué l’hôpital régulier à quelques miles de là. Nous nous y sommes présentés, enregistrés. J’ai signé une multitude de formulaires leur ouvrant presque mon compte en banque pour l’éternité et avons poireauté plus d’une heure pour finir par me faire dire qu’il n’y avait pas d’orthopédiste et que s’ils me faisaient une prescription pour des anti inflammatoires, ils devraient me facturer malgré le fait qu’ils ne pouvaient me soigner. Fairplay, l’infirmière nous a conseillé d’aller ailleurs et que rien ne serait facturé. Elle m’a juste conseillé de doubler ma dose d’ibuprofène ! 

Découragée et nullement soulagée, Claude a fait un post sur Facebook et a demandé conseils et recommendations.  

Et mille mercis car grâce à vous, nous avons parlé à notre assureur et en 15 minutes, nous avions une autorisation de prise en charge des frais et un rendez-vous pris pour le lendemain matin. 

On critique souvent les réseaux sociaux mais depuis que nous sommes partis, un vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre su Facebook mais vous nous partagez des informations qui nous ont été utiles plusieurs fois ! Nous ne sommes pas avares de trucs et conseils et j’aime ce partage, cette entraide. Les petits de chacun, même si, je ne vous connais pas personnellement, sont des baumes sur la douleur. Merci ! 

Ce soir, pour nous reposer, nous sommes au state parc … Le lieu est splendide, reculé.  Petit bémol, nous sommes un peu trop prêts des voisins mais le cadre en vaut le « sacrifice ». Vous aurez vu les photos sur notre page. 

Il n’y a pas internet, donc je sais que vous ne me lirez pas ce soir.  Je finis ce journal rédigé avec une main et je vais écouter le chant des criquets. 

À demain ! 

11/02/2019 – Jour 41

La nuit fut courte car nous devions pour la deuxième fois depuis notre départ nous lever à 6h30 pour aller faire une balade dans un cimetière… Nous avions une mission : retrouver les pierres tombales d’Angélique et Firmin Le Roy, ancêtres d’un ami qui nous a demandé, comme nous passions par Charleston, si nous pouvions rendre visite à la famille et prendre quelques photos. À l’heure de la messe, nous étions là, à chercher Angélique et Firmin, notre balayette à la main pour faire de jolies images. Une chasse au trésor particulière mais fort intéressante et instructive : de la fin des années 1700 à 1850 environ, de nombreux Français se sont installés à Charleston une partie en provenance de Saint-Domingue, aujourd’hui Haïti et une autre, les Huguenots, protestants fuyant à l’époque la France. 

Notre mission accomplie et le temps gris et pluvieux, nous avons décidé de faire un tour guidé de la ville, à l’abri et au chaud, soit par minibus. Rendus au Visitors Center of Charleston, nous avons opté pour une jeune et dynamique entreprise Pineapple Tour ! Une heure trente de culture, d’histoire à travers les rues et ruelles de Charleston.  

Comme Charleston, est un musée à ciel ouvert, nous avons continué la journée en visitant la Nathaniel Russell House imposante par son style néoclassique. La demeure de trois étages et de briques rouges est d’ailleurs un monument historique depuis 1973. Le propriétaire de l’époque, Monsieur Russell, l’a fait construire pour y loger sa petite famille… et ses 18 esclaves. 

Reprenant le volant de notre Licorne, nous avons traversé le petit quartier français, niché au cœur de la vieille ville. Créé au 17ème siècle par les Huguenots (ceux du cimetière) qui quittèrent la France après la révocation de l’Édit de Nantes, le quartier est facilement reconnaissable par ses maisons typiques. Le coin est très touristique on doit le dire, mais il vaut le détour. Il est délimité par Cooper River à l’est, Broad Street au sud, Meeting Street à l’ouest et Market Street au Nord 

Et pour clore la journée et avant de reprendre la route, rien de tel que de goûter une spécialité culinaire locale la SHE CRAB SOUP ! Un délice ! Cette bisque faite de crème et de crabe et de bouillon de poisson a la particularité d’être élaborée avec des crabes femelles uniquement.  

Nous sommes maintenant sur la route en direction de la Floride !!!! C’est à croire que ce ne sera pas “Deux Québécois autour du monde mais autour de la Floride” … autodérision! 

Quelle belle journée et peu importe la pluie et le gris, on repart de Charleston, la tête remplie d’Histoire !  À demain, pour de nouvelles aventures. 

10/02/2019 – Jour 40

Un matin sans vague, grâce matinée pour mon chéri, mise à jour de my maps pour moi. Au petit-déjeuner, en discutant, la décision est prise de retourner un peu vers le sud en direction de la côte ouest de la Floride que nous n’avons pas assez explorée pour continuer vers le golf du Mexique se dirigeant ensuite vers la Louisiane. Cette journée est celle de l’émerveillement, pourquoi ?  

1/Découverte d’une ruelle d’oeuvres de street-art par pur hasard à North Charleston. Mon œil hagard mais à l’affût a aperçu le long de la route ces mûrs colorés, ces graffitis à admirer. Petite pause art de 20 minutes avant de continuer vers Charleston.   

2/Un immense Wouah pour Charleston. J’ai adoré Charleston. Nous y sommes arrivés en ce deuxième dimanche du mois où le cœur de la ville : la King Street devient piétonne et les kiosques de street-food foisonnent. On sent l’ambiance bourgeoise de cette ville aisée, vivante et animée.  Certes son passé est sombre : l’enrichissement par l’esclavage, la cause confédérée pendant la guerre de Sécession. Mais son présent est flamboyant : dans le centre historique de Charleston : les rues bordées de belles maisons de type « antebellum », le quartier français, la Meeting Street sont absolument splendides et époustouflants ! 

Grâce à ses lois patrimoniales très sévères et à ses résidants d’une rare fierté, la petite ville de Caroline-du-Sud a su préserver son héritage architectural unique.  

Ce premier coup d’oeil de quelques heures nous a donné l’eau à la bouche pour notre deuxième réelle journée de visite demain où je vous en dirai plus avec davantage de détails. 

Encore une fois, nous avons rencontré sur un stationnement des Walmart de ce mon Georgette et Jean-Claude, deux followers de notre page Page. Le monde est petit et on s’en réjouit.  

Il me tarde de faire plus ample connaissance Charleston demain ! Et Bonne nuit à toutes et tous ! 

09/02/2019 – Jour 39

Après les nuages, le soleil …  

Les éclaircis sont apparues ce matin lorsque le conseiller de Mercedes nous a informé que la Licorne noire pourrait être réparée aujourd’hui et sans doute libérée en fin de journée … si tout allait bien. 

Comme nous avions une voiture de location offerte par le concessionnaire, nous en avons profité pour découvrir Savannah. Ville dynamique, estudiantine chargée d’histoire et surtout magnifique, située au bord de l’eau, de la Savannah River, à la frontière de la Caroline du Sud. L’envoutement est total : les vieilles maisons cachées derrière la végétation touffue sont sublimes, les gens à l’accent du sud nous saluent dans la rue. Ici la courtoisie prime. La ville de Savannah en Géorgie est la plus vieille de cet état, et dispose de nombreux sites historiques en son centre et en périphérie. Fondée à l’origine en 1733, il s’y dégage une atmosphère très particulière, mystérieuse, L’Historic District est un étonnant concentré des styles architecturaux des XVIIIe et XIXe siècles : on y croise des résidences néoclassiques, victoriennes, de style fédéral, Régence ou Greek revival, ainsi que des monuments historiques aux couleurs chatoyantes entre Broughton et Bull Streets, ainsi que des entrepôts en briques restaurés. Les galeries d’art, boutiques branchées, restaurants à la mode et bars-clubs sont nombreux. C’est une ville très animée, en journée comme en soirée. En un mot, on a adoré. C’est un coup de cœur, plus que cela un coup de foudre ! 

Côté bras, cela va mieux mais je dois prendre mon mal en patience …  

Côté humeur, bye-bye somnifère, j’ai retrouvé mon sourire et ma joie de vivre naturelle. 

Côté Licorne noire, tout va pour le mieux.  Je lève mon chapeau à l’excellence du professionnalisme du garage Mercedes- Critz qui nous a pris en charge depuis hier. Un service impeccable et sans avoir à débourser un cent !  Le problème : un collet brisé sur le tuyau de la conduite assistée qui causait la perte d’huile. Problème courant chez les sprinters … bon à faire savoir !

Savannah est une destination incontournable : un petit bijou. 

Nous sommes ce soir sur Hilton Head Island, en transit vers Charleston … dodo sur un stationnement de Walmart … la Madame est contente ! 

08/02/2019 – Jour 38

Il y a des jours vraiment caca. Celui-ci en était un ! Couchée très tard pour identifier mon problème de journal sur notre blogue que j’ai fini par régler sans jamais comprendre d’où il était venu ! Mal dormie à cause de ma douleur au bras, j’ai fini par prendre un cachet, ce que je ne fais jamais pour m’aider à dormir. Malgré ladite pilule, je fus réveillée tôt, je me sentais d’une humeur marabout tout comme mon chéri qui ne voulait pas tant quitter la Floride, désirant bien y rester un jour ou deux de plus. Moi, impatiente de partir, lasse de la plage. En un mot, comme en deux, nous étions tous deux bougons. On le sait la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Aujourd’hui ça faisait des vagues. Claude a conduit. Je me suis endormie. Le cachet de la vieille pour dormir, que j’ai pris ne me convient pas du tout : je suis comme un zombie, insastisfaite de tout, ne désirant rien et bougonnant sur tout. Une vraie enquiquineuse… heureusement mon mari sait que je ne suis pas dans mon état normal. Je ne suis pas râleuse, bien au contraire, je cherche le bonheur partout. Éternelle optimiste. 

Nous sommes arrivés à Savannah où Claude à fait le constat qu’il y avait un problème avec la direction du côté de la roue avant gauche. Illico sur mon Iphone, j’ai déniché le concessionnaire Mercedes le plus près pour s’y rendre sur le champ. Nous avons été accueillis gentiment. Le bris pourra être réparé et sur la garantie mais uniquement : Lundi !! Nous voilà donc à coucher dans la Licorne noire sur le stationnement de Mercedes. Pour la journée, nous aurons une voiture de courtoisie offerte jusqu’à lundi par ledit concessionnaire.  

Je suis exténuée. Je ne rêve que de rejoindre les bras de Morphée… 

Demain sera une autre journée…  

06/02/2019 – jour 36

Il y a des journées parfaites et des nuits cauchemardesques ! 23h00, toc, toc Police ! J’avais lu comme quoi à Saint Augustine, les autorités étaient devenues moins “friendly” envers les Vans et VR mais le site sur lequel nous étions était recommandé par IOverlander en étant spécifié que la police municipale pouvait parfois débarquer … et bien ce fut notre tour. Même si nous connaissons le risque, cela est juste désagréable. Nous avions un autre point de chute que nous savions assuré mais certes moins idyllique. Entre un bord de plage et une aire Flying J, le choix et le risque sont vite pris. 

En fait tout cela couronnait une fin de journée pénible pour moi. Voilà, deux jours que j’ai de grosses douleurs au bras gauche. Au point que je ne pouvais plus le bouger. Je pense que la porte latérale de la Licorne noire est trop lourde pour mes petits bras. Cela m’est arrivé, au début de nos sorties avant notre grand départ mais comme je ne suis pas tendre avec mon corps, je pensais cela du passé. Et bien, non, la douleur nous ramène à la réalité et si je ne comprends pas à la première occasion, je peux dire que maintenant, j’ai compris ! Mon mari chéri va devoir jouer les galants en m’ouvrant la porte. Je ne fus pas capable de dormir allonger tant la douleur était forte et lancinante. En position assise, mon bras pendant, la douleur s’estompait. J’ai donc passé la nuit sur le siège passager à somnoler sans réussir à dormir entre deux soubresauts dus à la douleur.  

Je me suis installée un foulard pour bloquer mon bras et j’ai pu redormir deux heures. Me réveillant avec une douleur à la nuque ! C’est tout ou rien ! 

À 7h00, nous sommes repartis vers la sublime plage de la veille, sur le Dondanville Rd Beach Ramp. Petit déjeuner au son des vagues, belle rencontre de Québécois attirés par la Licorne noire et belle visite d’une follower Ginette avec qui nous fumes heureux de discuter. Après une autre grande balade sur le sable chaud à admirer les dauphins jouant au travers des vagues, nous avons pris la route de Saint Augustine.  

Avant la découverte, les douleurs à estomper et les bobos à calmer : arrêt au CVS, le Jean Coutu de Floride. J’y ai trouvé une attelle et des ibuprofènes !  

Saint Augustine est un musée à ciel ouvert. Tout est qualifié de plus vieux ou vieille … La vieille ville, la plus vieille école des États-Unis, le Castillo San Marco, édifié par les Espagnols, est le plus ancien fort construit aux États-Unis. Sa construction a duré 23 ans, ce qui en fait le plus grand fort espagnol des Etats-Unis, avec des murs allant jusqu’à 6 mètres d’épaisseur ; Le Flagler College, était à l’origine un hôtel, le « Ponce de Leon » décoré par Tiffany.  Près de la plus ancienne prison, se trouve le quartier des antiquaires et des boutiques vintages. La plus vieille maison de la ville, Gonzalez Alvarez House qui date de 1720 se situe au 14 St Francis Street. Comme vous voyez, il y a à voir et à apprendre et pour tous les âges car j’ai remarqué beaucoup de groupe scolaire.  

Et comme mon chéri n’est pas encore prêt à quitter la Florida et voulant nous assurer une nuit en paix. Nous serons pour deux nuits au Anastasia State Park.  

Voilà… tout est bien qui finit bien. Mon bras ce soir ne fait presque plus mal et aucun policier ne viendra nous déranger dans notre dodo… Sur ce “bonne nuit” à toutes et tous !  

05/02/2019 – Jour 35

Il y a des journées parfaites, celle-ci en est une !  

Après le petit déjeuner, nous avons pris la direction vers Saint Augustine dont on nous avait tant parlé. 

En route, j’ai aperçu une rue indiquant Dondanville Rd – Beach ramp, intriguée, j’ai demandé à mon chéri de bifurquer. Je suis de nature curieuse. 

Pour notre plus grande joie, nous sommes arrivés au bout d’une rue donnant accès librement à la plage. Sans avoir à payer 20 $. Un rêve allait pouvoir se réaliser rouler sur une plage. Et pour couronner le tout, elle était presque déserte.  

Nous avons donc paressé toute la matinée. Claude a écrit. Moi, ayant mal dormi, la nuit dernière, j’ai refait un petit dodo sur le sable chaud et la Licorne rechargeait ses batteries au soleil. 

Mes énergies retrouvées, nous avons fait une grande balade pieds nus sur la plage à faire clapoter nos orteils dans l’eau salée de l’océan. 

Vers 14h00, nous nous interrogions encore si nous allions bouger ou bien rester.  

Nous nous sommes décidés à aller visiter Saint Augustine. 

Et là, je dois avouer : un gros coup de cœur ! On a adoré. Saint Augustine est une ville pionnière dans l’histoire des États-Unis. Son charme et son architecture sont uniques. Se balader à pied dans le quartier historique de Saint Augustine reste le meilleur moyen de découvrir la ville et d’en apprécier l’atmosphère. Demeures centenaires, échoppes et boutiques ancestrales, et les vieilles enseignes toujours présentes témoignent d’une restauration attentive et méticuleuse du quartier historique – Spanish quarter Village. 

C’est un retour aux temps des conquistadors dans la plus ancienne des colonies européennes des Etats-Unis. 

Nous y avons vu, au numéro 14 de la Rue Saint George, la plus vieille petite école des Etats-Unis ainsi que la plus vieille prison. De l’extérieur, le bâtiment ressemble davantage à un hôtel, l’ensemble situé au 167 San Marco Ave a été rénové dans un souci fidèle du lieu de l’époque. On peut visiter les cellules, le quartier de « haute sécurité ». 

Nous n’avons pas eu le temps de tout voir cet après-midi, alors assurément, nous y retournerons demain. Il y a tant à voir. C’est une ville pour le plaisir des yeux et de l’esprit. 

Je finis ce journal par un petit clin d’oeil à Martine, une follower de la page Facebook des Deux Québécois autour du monde, que nous avons rencontré par hasard et avec qui nous avons un peu papoter. Bonne route et ce fut un plaisir de vous croiser ! 

Une journée parfaite : Une plage idyllique, une ville riche en patrimoine et un rêve réalisé! 

04/02/2019 – Jour 34

Nuit de silence. Nuit loin, isolés dans le parc Kicco au bord de la rivière Kissimmee où pataugent quelques alligators et serpentent des Black Rat Snake. Tranquillité assurée car peu de visiteurs en ces lieux déserts bien que gratuits. 

Nous pensions y rester plus longtemps mais l’envie de reprendre la route nous démangeais et en toute honnêteté, je n’avais pas envie de grande balade à faire sachant nos amis les animaux, sur le site bien présent. Nous avons repris le chemin cahoteux de la vielle, traverser un ranch et nous sommes dirigés vers la côte vers Daytona Beach : objectif y passer la nuit, voire plus. 

Monsieur GPS nous amena sur l’autoroute I-4, traversant le monde fantastique des parcs du merveilleux, ceux de Disney, Hollywood, Universal et tous les autres que je ne connais pas. Personnellement, je n’ai aucun intérêt pour ces sites. Aucun attrait mais je n’y suis jamais allée alors … je ne peux pas juger.  Je peux juste constater en passant sur l’autoroute qui traverse ces complexes combien tout est orienté, adapté, facilité et penser pour faire consommer ! Même les pylones électriques sont en forme de Mickey pour le bonheur des grands et des petits. 

Arrivés à Daytona Beach, le mythe de conduire sur la plage fut vite dégonflé lorsque nous avons constaté qu’il nous faudrait débourser 20 $US pour rouler dans une allée encadrée par des cônes en plastique entre les plagistes et les goélands. La plage bordée de complexes hôteliers et de manèges bariolés, ne nous attiraient pas davantage alors comme rien ne nous obligeait à camper là – et voilà la beauté de notre nouvelle vie – la Licorne noire nous a conduit vers de plus beaux cieux vers le nord de Daytona Beach longeant la côte magnifique de l’atlantique et atterrissant par hasard au parc Bing’s Landing, dans la municipalité de Palm Coast où nous avons pu assister à un sublime coucher de soleil. En transit, nous dormirons ce soir sur une Rest Area ou un truckstop Flying G… 

Je suis fatiguée alors bonne nuit et portez-vous bien d’ici demain ! 

03/02/2019 – Jour 33

Impatients de reprendre la route pour de nouveaux horizons, nous avons levé le camp assez tôt. Belle découverte que ce coin de Floride, un peu plus reculé et que ce site de campement gratuit. 

Dans notre esprit, nous partions ce matin, directement vers notre second camp gratuit dont nous voulions faire l’essai, prévoyant demain nous rendre à Lake Placid. Mais en étudiant, la carte et les kilométrages à faire, nous avons décidé de passer aujourd’hui par Lake Placid, pas celui de l’état de New-York, mais celui de Floride, petite ville dans le comté des Highlands. 

Claude et moi, nous regardions, heureux de cette liberté de pouvoir, à notre gré, changer de cap, tourner à gauche ou à droite selon nos humeurs. Vive la spontanéité! 

Et ce fut une bonne chose ! Cette ville est intéressante si vous passez par-là, que vous aimez les murales et l’histoire ! Sinon, entre vous et moi, le lac n’est pas des plus beaux et la ville en soi n’est pas jojo. Nous avons eu la chance de tomber sur la journée du County Fair, une sorte de plein-art où le cercle des fermières cohabitent avec des kiosques de marchés aux puces ! En fin de compte rien qui ne vaut le détour !  Mais comme il n’arrive rien pour rien, en reprenant la route vers Kicco, notre destination du jour, nous sommes passés par des Orangeraies, des kilomètres durant, les plantations offrent ces arbres fruitiers au parfum d’agrume. Et soudain, une de ces plantations, nous offrait un spectacle magnifique, un contraste de couleurs fantastique, des routes de terre orange et le ciel tourmenté contrastait si bien, si intensément avec un gris lourd et profond. Une photo parfaite ! Une photo rare où la nature nous offre tout ce qu’il y a de plus beau, le naturel ! 

Après la pause photo, nous avons repris la route pour notre site Kicco. C’est au milieu de nulle part, isolé. Pour nous, c’est parfait ! Mais le site, contrairement au Campground Dupuis, n’est pas accessible à tous. En effet la route est cahoteuse et surtout, il n’y a aucun service. Comme nous sommes autonomes, et que nous avons fait le plein d’eau avant de repartir, nous pourrions y camper plusieurs jours sans souci. Mais nous verrons un jour à la fois. 

Le soleil est en train de se coucher et je rédige ce billet en contemplant le ciel. Mon chéri nous prépare de la grande gastronomie, ce soir : Hot Dog à la Claudio ! Tout ça avec un petit verre de vino et nous serions au paradisio. Alors ciao les amigos et hasta luego ! 

02/02/2019 – Jour 32

Ouh, là, là ! J’ai dormi jusqu’à 8h30 ! Ouh, là, là, cela ne m’était pas arrivé depuis des lustres. Le site sur lequel nous sommes, le Dupuis Campground, est tellement tranquille et les invités, comme nous, tellement respectueux que le calme est là du matin au soir. Vraiment, si vous êtes des amateurs de nature et de calme, venez campez ici !  Ce matin, mon chéri a fait le petit déjeuner. Youpi, la vie ! Et il a même fait des crêpes. Un régal !  

Nous sommes ensuite allés explorer les alentours et surtout voir le lac Okeechobee, deuxième plus grand lac situé complètement à l’intérieur du pays, après le lac Michigan, et plus grand du sud des États-Unis. À l’intérieur du lac, on trouve le quintipoint où se rejoignent cinq comtés de Floride : Okeechobee – qui en tire son nom, Martin, Palm Beach, Hendry et Les Glades. 

J’ai pris des images, fait des photos afin de vous préparer un petit vidéo. Ce site en vaut vraiment la peine. Nous sommes au cœur de la Floride, dans les terres. Il y a moins de touristes mais on aime ça. Mon chéri a écrit. 

Petite routine de ravitaillement : lait, œufs, pain, etc. 

À la petite ville de Okeechobee, 18 miles plus loin que le lac, en nous baladant, nous avons aperçu un marché aux puces, un flea market. Comme notre agenda n’est pas trop chargé, nous y avons pointé notre nez pour, un peu, fureter. Les bebelles sont à peu près les mêmes que celles au Québec mais quelques kiosques sont tenus par de vrais cowboys et rien que cela vaut le détour.  Aucun achat… aucune place dans la licorne noire ! Ça aide à ne pas surconsommer !  

Nous sommes ensuite retournés au bord du lac pour savourer le coucher de soleil… 

Il est 19h45, je m’attable pour finir mon petit vidéo afin de le publier avant de reprendre la route demain vers KICCO, un autre site de camping gratuit qui nous permettra de découvrir les environs du Lake Placid ! 

Bonne soirée et vive les nouveaux horizons ! 

01/02/2019 – Jour 31

Voilà un mois que nous sommes partis. Un mois si vite passé, déjà si vite arrivé, tellement de kilomètres parcourus, de paysages vus mais pas encore rassasiée de découvertes et rencontres. Un mois, ce n’est que le début. Je suis dans mon élément. Je suis installée dans ma nouvelle vie, dans ce nouveau rythme, à vivre au jour le jour sans savoir de quoi le lendemain sera fait, quelle route nous prendrons, quel temps il fera, dans quel site nous dormirons. Me voilà enfin, dans cette vie tant rêvée mais nullement dorée : le quotidien comporte son lot de compromis : espace, imprévus, promiscuité mais jusqu’à présent, tout roule, tout coule. La patience et la communication sont les clés du succès d’une vie à deux dans env. 75 pieds carré. Le défi est de préserver nos moments personnels. Nous vivons 24h/24 ensemble mais la bulle de chacun doit être aussi préservée. J’y veille. 

Journée rythmée de petites activités. Belle promenade à deux ce matin dans la réserve du Camp Dupuis, à papoter entre les palmiers veillant à ne croiser aucun reptile égaré… Nous n’avons dérangé que deux ratons laveurs… ça change des alligators.  

Je me suis installée, ensuite, à l’ombre des arbres pour faire quelques galets peints, essayant une nouvelle technique de collage sur ces jolies pierres ramassées à Key West. 

Un peu de média sociaux, un post partagé sur une information fort utile aux voyageurs. Je me réjouis de dénicher des trouvailles et de les partager.  On m’a dit dernièrement : “Cendrine, pourquoi tu ne gardes pas ça pour toi ? Si tu donnes tous tes trucs, tu n’auras plus l’exclusivité, d’autres pourraient prendre ton site pour dormir.” Mais de quelle exclusivité aurais-je le droit ? Je me réjouis de communiquer nos trucs et conseils. Je ne suis pas ce genre de personne. Je partage et quand je vois les noms tagués de vos ami(e)s et bien je suis heureuse car je me dis que ma petite personne peut permettre à d’autres de faire de beau voyage aussi. Le monde appartient à tous et je serai égoïste de ne pas distribuer les bons tuyaux dénichés. Vive le partage ! 

Quant à mon chéri, il s’est occupé de la licorne noire, lui a fait une beauté et s’est ensuite installé à lire, à écouter la radio. Une journée détente, repos. Notre seul souci se protéger des moustiques… quel du labeur ! 

Nous terminerons la journée, par un beau feu de foyer à moins que la pluie ne pointe le bout de son nez. Alors nous nous mettrons à l’abri et finirons collés, collés. 

Belle soirée ! 

30/01/2010 – Jour 30

Une nuit plus que reposante dans un lit immense et fort confortable. Un petit déjeuner copieux en excellente compagnie, voilà qui commençait bien la journée.  

Nous avons quitté nos hôtes, pris la direction du premier Verizon pour faire une petite mise au point de notre Jetpack, continué vers Publix, devenue notre épicerie, pour quelques ravitaillements et repris la route vers de nouveaux horizons, vers le centre de la Floride, vers le lac Okeechobee. 

Il y a quelques jours, j’avais partagé une trouvaille sur notre page Facebook : un site sur lequel on retrouvait plusieurs campings gratuits dans le sud-est de la Floride. Il fallait réserver impérativement en ligne, ce que nous avions fait. Nous voilà donc ce soir sur un des sites offerts « Dupuis Campground » pour trois nuitées. Le site est vaste, bien qu’affiché “complet”, nous respirons et ne sommes pas entassés les uns sur les autres. Le calme est assuré. Une partie du camp est réservé aux détenteurs de chevaux car il y a ici des écuries. C’est aussi le paradis des chevaux.  

Nous en profiterons pour découvrir les alentours, en ayant tous les soirs un point de retour, une place de dodo assurée. Nous donnons congé à note fée du dodo ces prochains jours. 

La nuit est tombée. Mon chéri est en train de préparer le feu.  

Les jours prochains, ce sera randonnée, écriture et création. Je vous prépare une petite fiche sur nos incontournables à faire à Key West. 

Sur ce, belle soirée où que vous soyez ! 

30/01/2019 – Jour 29

Toc, toc, toc, Police de Key West ! Voilà comment nous avons terminé notre magnifique journée du mardi 29 janvier 2019 

Nous faisons du boondocking et nous savons que cela pouvait arriver. Notre fée du logis nous propose des lieux sur l’application des sites qui ne sont pas indiqués comme “interdits” mais que nous venons d’apprendre ne sont pas forcément autorisés. À Key West, il est interdit de dormir dans son véhicule que ce soit une fiat panda ou la Licorne noire ! Le policier qui à 23h30, nous a gentiment demandé de dégager, nous a expliqué pourquoi. Au bout du bout, il y a trop de personnes qui viennent se réchauffer et qui viennent squatter les plages de cette petite ville. Trop de personnes qui n’ont pas de respect. Trop de “vieilles minounes” qui restent des jours et des mois durant sur des stationnements considérés comme des appartements de bohème. Alors solution radicale, plus personne n’est autorisée à dormir dans les rues de Key West même dans le plus grand respect des lieux. Alors nous avons compris que c’est un jeu de chat et souris que les “vanneux” changent de place de nuit en nuit pour ne pas se faire attraper. Ne voulant aucunement contrevenir aux règlements, nous avons décidé de quitter le comté ainsi réglementé. Nous avons donc fini la nuit au refuge de chevreuils qui nous avait si bien accueilli. Bye bye Key West, nous t’avons aimé mais, ainsi va la vie, nous devions te quitter. 

1h00 du mat enfin dodo 

Vers 7h30, ledit dodo fut terminé. Nous avions prévu, à l’origine, passer une dernière journée de visite à Key West, Je voulais montrer à mon chéri, ce que j’avais vu la veille car il avait passé une bonne partie de la journée à écrire. Mais quelque peu échaudé, Claude était prêt à reprendre la route vers de nouveaux horizons. Je suis plus bohème, moins nerveuse, pas trop stressée par l’existence. La vie m’a éprouvée. Plus grand-chose peut me stresser même pas un policier de Key West pour dire : “Allez oust partez !”. Nous avons donc changé nos plans.  Vive la vie et ses imprévus.  

La licorne noire s’est donc envolée vers Boynton Beach. Pourquoi ? Pour visiter la cousine de Claude et son mari, Lise et Guy. Mon chéri, ce matin, leur a téléphoné : nous remontons vers la Caroline du Sud, si on passait aujourd’hui, est-ce que cela vous irait ? Je vous rassure, nos hôtes, nous avaient précédemment invités. Nous ne nous serions jamais imposés.  

Alors, ce soir, nous voilà, chez nos hôtes, avec grand plaisir. Une cousine que Claude n’avait pas vu depuis huit ans et moi, depuis une quinzaine d’années.  

À vous deux, Lise et Guy, je vous dis merci pour votre hospitalité spontanée, pour votre gentillesse. J’écris, ce soir, mon journal dans votre salon après avoir eu le luxe de faire mon lavage chez vous. Ce sont des petits cadeaux de la vie, des petits riens du tout pour certains mais pour moi qui valent beaucoup. 

Demain, on continue la route mais ce soir, nous vivrons un beau moment en votre compagnie. Avant de fermer mon ordi, je vous dis à tous, belle soirée et je dis merci à la police de Key West, de nous avoir renvoyé sinon nous ne serions pas là ce soir ! 

Au fait, nous avons, avant de quitter les Keys, goûté la Key lime pie et nous avons adoré. Miam, miam ! 

29/01/2019 – Jour 28

Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt … leur permettant surtout de pouvoir admirer de sublime lever de soleil