Journal de Cendrine

Le retour, un mois après

Partir, voyager, découvrir, aller loin, là-bas au bout du monde, de notre monde, être dépaysée, être bouleversée, se créer des souvenirs, faire des rencontres fabuleuses, uniques, magiques, voire des paysages à couper le souffle, tout cela est fantastique, merveilleux mais un jour … il faut revenir !

Je viens de vivre tout cela. Cela fait un an que nous sommes en voyage autour du monde. Nous sommes partis le 2 janvier 2019 vers les États-Unis et sommes revenus le 20 décembre 2019 à Québec ! Entre-temps, nous n’avons fait qu’être époustouflés par les beautés de ce monde, par ces peuples et ces cultures. Nous avons visité pas moins de dix-huit pays. De Moscou à Chefchaouen, en passant par Oulan-Bator, Séoul, Samarcande, Berlin, Madrid, Petra, Tel-Aviv, Amman pour ne nommer que ceux-là. Nous en avons pris plein les yeux.

Aujourd’hui, je vous écris d’un appartement meublé que nous avons loué à distance, je crois que nous étions encore en Jordanie. Aujourd’hui, j’ai posé mon sac-à-dos. Je suis rentrée et je trouve cela difficile. Mes nuits, mes rêves sont encore remplis de tous ces paysages, de ces rencontres, de ces odeurs et ces sublimes couleurs.  Je n’arrive pas encore à atterrir. Pour mon chum, c’est plus facile. Moi, je suis en plein décalage. Mon cœur balance entre la joie d’être de retour, de revoir mes enfants, mes amis, ma ville, Québec, que j’aime tant et le désir furieux de repartir.

J’ai un problème. J’ai la bougeotte. Je dis toujours que je suis née dans une valise. Je hais la routine. J’ai une passion la découverte. Je suis amoureuse de la découverte. Je reviens et tout me semble pareil même s’il fait bon se balader sur la rue Cartier, d’aller voir un film dans son petit cinéma de quartier, d’admirer le fleuve de ma fenêtre, de faire de la randonnée au parc de la Vallée de la Jacques Cartier, de se réjouir de la première tempête de neige, de redécouvrir le street art de Montréal. Partir, rester, entre les deux mon cœur balance. Je sais que nous ne repartirons pas en tour du monde. On fait cela une fois dans sa vie mais je sais aussi que le voyage est devenu une obligation dans mon équilibre. Aller voir là-bas, ce que je ne connais pas. Pas que je suis déprimée, loin de là mais je pense que je suis en manque, le voyage ou plutôt la découverte est ma drogue. Il m’en faut une petite dose tous les jours. Pour ne pas tomber dans le post partum du globetrotter. Je me fais un devoir de regarder ma ville avec les yeux de celui qui la visite pour la première fois. Je me mets dans la peau du voyageur, celui qui vient de loin pour visiter notre beau pays. Tout comme moi, je suis allée voir ailleurs. On oublie souvent ce côté de la médaille. On veut partir et pourtant, nombreux sont ceux qui veulent venir.  Je réalise ainsi que le « là-bas » n’est pas forcément au bout du monde. Il y a tant à voir, explorer, admirer chez nous. C’est ma façon à moi de réatterir, de revenir. Voyager, si loin m’a permis aussi de comprendre que chez nous c’est bien aussi. C’est même très bien. Et souvent, il fait bon revenir pour mieux repartir. Le voyage c’est tout cela, c’est partir mais aussi revenir. L’un ne va pas sans l’autre et il faut accepter du mieux possible avec sérénité le retour. 

Je vous écris et cela fait exactement un mois que nous sommes rentrés… Plein de souvenirs mais surtout, cette fabuleuse aventure nous emporte vers d’autres découvertes : des projets vraiment trippants se profilent au loin. Rien n’arrive jamais pour rien !

« L’impulsion du voyage est l’un des plus encourageants symptômes de la vie. »

Agnès Repplier

10/12/2019 – 127

Nous revoici à Athènes pour 48 heures.  Nous avons choisi, via AirBnb, un appartement dans le quartier Omonia. Facile d’accès, central, le quartier est idéalement situé pour visiter Athènes et l’appartement, très bien … mais Omonia, c’est toute une expérience et pas forcément souhaitée. Je m’explique. Aujourd’hui, nous sommes partis tôt pour nous balader et aller découvrir deux nouveaux quartiers Plaka et Anafiotika. Deux coins d’Athènes que nous ne connaissions pas, au pied de l’Acropole et surtout, une ambiance de petit village grec et pas de grande capitale avec 3 000 000 d’habitants. Vraiment charmant. Mon chéri voulant écrire, est rentré avant moi à l’appartement. J’ai donc continué à trotter. J’adore me perdre dans les rues. Regarder, voir, observer, ressentir et tourner à gauche ou à droite en fonction de son instinct et généralement ça marche bien. Je me suis donc amusée à déambuler dans les ruelles de ces quartiers d’Athènes. Avant la tombée du jour, qui arrive assez tôt actuellement, vers 17h00, je voulais être de retour. J’ai donc pris le chemin de l’appartement seule avant la nuit. C’est assez rare mais, pas que je me sois sentie en insécurité, mais pas à l’aise du tout car dans Omonia, le décor : ce sont des prostituées, des junkies,  une ambiance glauque et de misère. Triste de se balader et de croiser des hommes et des femmes se piquer sur le trottoir, avancer quelques mètres de plus, et voir un gars préparer des doses entre deux poubelles ou être témoin du désespoir de ces gens et constater que le plus vieux métier du monde fait encore des victimes, des femmes de tous âges, s’offrant pas forcément au plus offrant. Que faire ?!?

Nous repartons demain… mais la misère ici restera. Tout cela me rend si triste. 

24/11/2019 – Jour 111

Nous venons de quitter Naxos, avec un réel pincement au coeur. Des quatre îles que nous avons faites, ce fut notre coup de coeur. Pas forcément pour sa beauté comparativement à la sublime Santorini mais pour son authenticité et sa simplicité. On s’y sent bien. Sur la plus grande île des Cyclades, la vie s’écoule doucement au rythme des arrivées et départs des ferrys, des champs à cultiver, à labourer, à préparer les terres pour les mettre en jachère et veiller au troupeau de chèvres et chevreaux ; au rythme des saisons, des récoltes, des arrivages des bateaux de pêche, de la météo. Ici, de notre notre petit nid, dans ce mignon studio sur les hauteurs de la ville, on observait, tel un spectacle, la ville vivre lentement. Et nous avons adoré, cela. De plus, ici, aussi, nos hôtes Nekatrios et Popi, furent tout simplement extraordinaires, dignes ambassadeurs de l’hospitalité grecque. Mille mercis à vous pour ce merveilleux séjour chez vous. Et si vous cherchez une bonne adresse, n’hésitez pas à le contacter directement sans passer par Airbnb sur leur site : www.naxosevilion.gr

À cette saison, la ville paraît presque endormie. Seules les cloches des églises nous font parfois sursauter et nous rappellent les priorités. La vie suit son rythme et nous, nous poursuivrons notre route.

C’est donc du ferry en direction d’Athènes que je reprends enfin le clavier. J’avais besoin de cette pause. Nous avions besoin de nous poser, de nous reposer, de ralentir le rythme. La Grèce, selon notre avis, est la destination idéale pour cela. Elle cumule ce qui, pour nous, est important et chacun à ses priorités selon ses destinations. La Grèce pour nous, c’est le calme, la gastronomie, les paysages, les randonnées, l’hospitalité, la chaleur des habitants et la douceur du climat. C’est aussi un pays européen sans contrainte vestimentaire ou religieuse. Nous sommes les premiers à nous adapter sans soucis aux pays dont les coutumes sont diamétralement opposées aux nôtres mais pour se reposer, c’est la Grèce qu’il nous fallait. 

J’ai pu finaliser quelques articles et mon chéri a repris la plume aussi. Nous avons visité, profité, au rythme des locaux. Sûrement mais lentement…

Il nous reste encore deux jours à Athènes avant de nous envoler vers Birmingham où mon chéri retrouvera un ami de longue date, de l’université, à la maîtrise en relations internationales et qui réside aujourd’hui avec sa famille au Royaume-Uni, et où nous fêterons avec eux son anniversaire. Entre vous et moi, c’est le 28 novembre 🙂

Paros fut une belle découverte. Cela est grâce à plusieurs d’entre vous, vos suggestions, il y a quelques temps demandées sur notre page Facebook, ont été écoutées et appréciées. Nous ne connaissions pas cette destination et incontestablement, cette petite île vaut la peine d’être visitée. Aliki, le village où nous étions était un petit coin de bonheur. Nos hôtes d’une grande gentillesse et soucieux de notre quiétude, nous ont permis dès les premiers jours de décompresser. 

Cela peut paraître étonnant pour certains, d’autres se diront : Ils voyagent, c’est la belle vie, et pas trop fatigant. Mais si ! Oui, c’est une expérience extraordinaire, unique, nous le réalisons et l’apprécions mais c’est aussi une constante adaptation, une logistique au quotidien. Nous avons soutenu un rythme assez intense, depuis des mois, peut-être trop. C’est pour cela que ces trois semaines en Grèce nous ont permis de recharger les batteries. Nous en avions besoin. Il ne nous reste plus longtemps sur les routes du monde, dans trois semaines, nous serons à Montréal. Nous retrouverons les nôtres. Ceux qui nous manquent, ceux qui nous réclament, ceux qu’on a envie d’embrasser, de serrer dans nos bras. Nous passerons les fêtes au Québec, dans notre chez nous et nous nous réjouissons de revoir la neige, de mettre nos manteaux et nos bottes d’hiver. Car ce que nous réalisons c’est que nous avons beau voir tous les plus beaux paysages du monde, goûter au plus savoureux plats et faire des rencontres extraordinaires, rien n’est plus merveilleux que de serrer ses enfants dans ses bras et de partager une bonne table avec ses amis. Ma fille et mon fils me manquent énormément. Pourtant ils sont grands, ils font leur vie mais ils ont encore besoin de nous et nous d’eux. C’est ce qui s’appelle la famille.

Mais avant de rentrer, nous avons encore quelques petites destinations sur notre liste. Après Birmingham, nous nous envolerons vers le Maroc pour découvrir Fès, Chefchaouen et Casablanca. Marrakech, Agadir, Essaouira, on connait, y étant allés déjà plusieurs fois.  Ensuite trois jours à Madrid où je retrouve à mon tour une amie. Youpi ! Et pour finir, on rentre, « presque » à la maison puisque nous passons en Allemagne, où nous avons habité une dizaine d’années. Retrouvailles avec les amis à Berlin et Munich. Le 17 décembre, nous serons dans un bel avion et je pense que ma joie de rentrer, l’emportera sur ma phobie de voler. 

Pour en finir, avec la Grèce, Santorini est magnifique, splendide, une carte postale mais si nous pouvons vous donner une conseil, évitez d’y aller en été, en haute saison. La carte postale de rêve risquerait de se transformer en cauchemar. 

Ravie de vous retrouver 🙂

06/11/2019 – Jour 93

Tel-Aviv est incontestablement ma ville préférée en Israël. J’avais déjà beaucoup aimé en 2013 mais je réitère mon choix. La pétillante, dynamique, vibrante capitale sait combiner business et art de vivre. La table y est bonne. La plage magnifique. Son côté bohème séduit et sa vie nocturne rassasie les plus festifs. Tout y est. Le coût de la vie y est vraiment vraiment cher pour nous, en tout cas. Tout coûte plus que chez nous et notre pauvre dollar ne vaut pas grand chose ici. On gère très serré. Nous repartons demain. Direction Athènes pour une nuit et ensuite si la température le permet, on prend le ferry pour les Cyclades. On vas se poser et se reposer… On est un peu à bout de souffle et une petite pause va nous faire le plus grand bien. 

Nous profitons donc pleinement de ces dernières heures en Israël. J’anticipe un peu le passage à l’aéroport demain. Mais je reste confiante. Si tout se passe aussi bien qu’à l’arrivée, rien à dire ! On verra.

Alors vous vous demandez comment fut notre nuit dans l’auberge de jeunesse. Et bien, super bien. Nous avions uniquement un co-chambreur qui était très tranquille mais, au petit matin, nous avions un nouvel ami. Une coquerelle dans la chambre et pas une petite, une énorme ! J’ai fait une meurtrière de moi et je l’ai écrasé. Je sais ce n’est pas bien mais mon instinct primaire a pris le dessus. J’ai commis un crime. Désolée. Je repense au sage bouddhiste qu’on avait rencontré en Mongolie et qui avait attrapé une petite fourmi pour la déposer dans le jardin au lieu de l’écraser. Ce matin, au réveil, je n’avais pas l’âme bouddhiste…

Très sincèrement, on ne sait pas d’où il est sorti mais l’établissement est propre et tout est vraiment très bien. Le petit-déjeuner de ce matin, inclus dans le prix de la « chambre » est digne de nombreux trois étoiles que nous avons fréquenté. Copieux et savoureux. 

Superbe ballade à bicyclette aujourd’hui le long des pages de Tel-Aviv, nous menant jusqu’à Jaffa et sa vieille ville fortifiée, connue pour ses galeries d’artistes, ses magasins d’antiquités et ses vestiges du XVIII ième siècle.

Le Vieux Jaffa est particulièrement apprécié à la nuit tombée lorsque l’air doux de la Méditerranée s’emplit d’embruns. Israéliens et  touristes aiment se balader dans les ruelles, s’arrêter dans un café, un restaurant ou une boîte de nuit. La ville de Jaffa est depuis des milliers d’années la porte d’entrée de la terre d’Israël. On parle souvent de Jaffa comme du plus vieux port du monde. Si son activité commerciale a toujours été intense, c’est aujourd’hui une marina pittoresque pour les pêcheurs locaux et les propriétaires de bateaux de plaisance. Vraiment un plaisir de flâner dans le quartier, qui regorge aussi de street art. J’adore. 

Nous sommes le 6 novembre et mon chéri et moi, n’en revenons pas de nous balader en T-shirt et short à cette date. On sait qu’au Québec, le froid est déjà bien installé. En décembre, nous y goûterons également… À suivre 

04/11/2019 – Jour 91

Haïfa est une ville portuaire qui n’a rien à offrir de très intéressant à part le Mont Carmel où se situe le mausolée Baha’i et ses jardins en terrasses.  18 terrasses monumentales sur les pentes du Mont Carmel autour du Mausolée du Bab.

Les jardins s’étendent de l’Avenue Ben Gourion, au pied de la montagne jusqu’au sommet du Mont Carmel, 9 jardins au dessus du Mausolée, 9 en dessous. C’est très beau à voir. Les visites de ce lieu spirituel ne se font qu’avec des guides. Impossible en tant que non croyant de se balader à travers les sublimes jardins.

La conception des jardins a été confiée à l’architecte canadien Fariborz Sahba. Ces derniers sont conçus comme des jardins suspendus sur les versants du Mont Carmel afin de créer un sentier jusqu’au Mausolée et de mettre en valeur ce lieu, l’un des lieux les plus sacrés pour les Bahá’ís.

Mais en fait ce n’est pas pour ce lieu saint que nous sommes venus. Nous avions une autre mission, celle de retrouver mon ange-gardien Yves. Celui qui m’avait aidé en 2013.

De ce personnage singulier, je n’ai plus que le prénom. Plus de nom, plus d’adresse, plus de photos. Il m’a fallu jouer au détective, « google mapper » une bonne partie de son quartier pour me retrouver. Et ce matin, éclair de génie, j’ai fouillé dans mes vieux vieux courriels de Couchsurfing sur ma boite hotmail que je n’utilise plus jamais et miracle … je suis tombée sur le message de l’hôte qui devait m’accueillir pour retrouver où était le point de rendez-vous et là, je retrouverais Yves.  

Après le petit-dej, nous voila en route vers le marché Talpiot sur les hauteurs de la troisième ville d’Israël, réputée pour sa tolérance. 

Nous arrivons exactement où en 2013, j’étais descendue du bus et avais si longtemps « poireautée ». Je me situe et en quelques minutes, je trouve mes repères. Je me dirige vers sa « boutique » qui ressemble en fait plus à un container aménagé et aperçoit une grand homme de dos. C’est lui, enfin ! L’homme se retourne et le visage que je vois apparaitre n’est pas celui de Yves. Le visage est souriant mais ce n’est pas celui dont j’ai rêvé si longtemps. Je lui demande si c’est sa boutique. Il me répond affirmativement. Je lui explique que je recherche l’ancien locataire our propriétaire de l’endroit. Un grand homme, prénommé, Yves, un costaud, avec une tâche de naissance rouge sur le visage. L’homme grimace. Oui, il se souvient de lui mais me répond que l’homme est question n’est pas BON. Il ne faut pas avoir de contact avec lui. Je ne comprends pas trop. Il me raconte alors que celui-ci a disparu depuis des années du quartier. Il a disparu soudainement en une nuit, pfiouf plus de Yves dans les parages. Il ne le connaissait pas personnellement et me pointe l’homme en face de la rue me disant que lui en saurait peut-être davantage. Nous traversons. L’homme en question nous répond qu’il ne veut rien savoir de ce Yves qui de toute façon n’est plus là depuis des années. Il nous tourne le dos et s’occupe à répondre à ses clients. De lui, nous ne tirerons pas d’autres informations. Nous revenons sur nos pas et le nouvel occupant des lieux, nous indique un homme qui s’occuper de gérer le stationnement à côté, celui-ci se rappellerait peut-être. Nous lui expliquons la situation. Mais il se souvient mais ne sait pas où il se trouve. Cela fait trop longtemps… La tristesse m’envahit. Moi qui rêvait de le revoir. On me dépeint soudain un homme que je n’ai pas connu. Je tombe des nues. Je suis sur le point de rebrousser chemin. Mais je veux encore essayer de savoir. Je rentre dans une épicerie et mon chéri explique la situation à la seule personne qui parle anglais… Celui-ci échange avec une jeune-femme qui nous dirige vers la boutique d’à côté. Un homme nous accueille gentiment, nous souhaitant la bienvenue. Une nouvelles fois, je raconte mon histoire et ma recherche et, à nouveau, l’homme me dit que cet homme est à oublier qu’il est mauvais. Il nous raconte alors que mon ange s’est un soir (ou plusieurs) transformé en démon, battant femme et enfant et jetant la mère de ce dernier à la rue avec tous les mots les plus vulgaires de la terre. Il serait encore à Haïfa vivant de petits larcins. Il aurait tout quitté, les aurait tous reniés. Je suis perdue. Ce n’est pas le Yves que j’ai connu…

Avant de repartir, le gérant du container me donne le numéro du propriétaire, celui-ci pourrait peut-être m’éclairer ou me donner au moins un nom de famille. Je n’ai pas retrouvé Yves. Je n’ai toujours pas de nom, d’adresse et je ne sais plus ce soir si je rêve encore de le retrouver … 

02/11/2019 – Jour 89

Hier visite de Bethléem. C’est à bord d’un bus palestinien que nous nous sommes rendus dans la cité mondialement connue pour être le lieu de naissance du Christ, car dès 14h00, à cause du Shabbat, les transports publics israéliens ne fonctionnent plus. Visite écourtée de la Basilique de la Nativité.

Nous étions étourdis par le nombre incroyable de visiteurs, débarquants par bus complets pour visiter ce site. C’en est fou et vraiment étouffant, aucun plaisir car on ne peut rien apprécier, la foule est trop présente.  Nous nous sommes donc concentrés sur les autres sites que la belle ville offre. Heureusement un peu plus calme. Le centre est relativement petit, on peut facilement en faire le tour en une demi journée. Nous avons fini par une triste balade au pied du mur de la honte. Ce que je n’avais pas eu le temps de faire en 2013. C’est tellement triste de longer cette immense paroi de béton dont le sommet est « décoré » de barbelés à travers les miradors. Toutes les oeuvres de street art de ce monde ne pourront jamais embellir ce mur. Commencé en 2002 et toujours en construction, le mur de séparation suit la “frontière” de Cisjordanie et sera, une fois terminé, une bordure de ciment long de 700 km. Critiqué par de nombreuses associations et diplomaties internationales, Israël continue de justifier sa création en avançant qu’elle permet de prévenir et d’empêcher l’intrusion sur le sol israélien de terroristes palestiniens. Je ne veux pas entrer dans un débat idéologique et politique mais la vue de ce mur a été assez dur et émouvant. Je me suis trouvée si petite face à ce géant de béton et si impuissante, démunie. Le mur est couvert de graffitis dont celui di célèbre Banksy, de poèmes, de témoignages, d’appels à la paix et la liberté.  Nous avons repris le bus. Nous avons repris notre chemin de la liberté… Nous sommes libres de circuler … Incroyable de voir qu’en 2019, des gens, des hommes, des femmes, des enfants vivent cloisonnés. Cela me bouleverse ! 

Aujourd’hui visite du Vieux Jérusalem, de ces quartiers : celui des Juifs, des Chrétiens, des Musulmans, des Arméniens. Tous cohabitent … par obligation plus que par choix.

Au programme aussi : Mur des lamentations, Mont des Oliviers … Le constat est que cette ville est encore sous tension. Rien n’a vraiment changé depuis 2013. Tristement …

Nous sommes samedi et ici c’est Shabbat, c’est le jour où les Juifs s’arrêtent de travailler pour pratiquer leur culte. C’est le jour de repos rituel.  À partir donc du vendredi jusqu’au samedi soir, plus rien ne fonctionne. La ville se recueille, du moins, la partie de confession judaïque.  En tant que touriste, il est important de le savoir et de s’informer des horaires et des autres moyens de se déplacer. Il y a des taxis mais les prix sont plus chers. Heureusement, les transports palestiniens eux fonctionnent. Ouf ! 

Demain, on part vers Haïfa au nord du pays. J’ai une mission. Je dois retrouver Yves, mon ange gardien. Je lui avais fait une promesse que je n’ai pas pu tenir et je veux lui dire de vive voix pourquoi. J’espère le retrouver… après six ans.

Pour comprendre lire mon journal du 28 février 2013 que j’avais rédigé sur Tumblr.

Flash back … Mon ange gardien s’appelle Yves

La vie est incroyable et tellement surprenante. J’ai une bonne étoile. Je dois être une bonne personne …

Je vous raconte ma nouvelle aventure.

J’arrive hier à Haïfa, ville côtière au Nord d’Israël, ma dernière destination avant de repartir le 2 mars pour Erevan en Arménie.

Vous le savez maintenant, je voyage via Couchsurfing. J’ai donc rendez-vous avec mon hôte près de chez lui, non loin d’un pittoresque marché dans les hauteurs de Haïfa près du quartier Carmel. Tout est organisé, il arrivera vers 17:00 : point de rendez-vous : l’arrêt de bus. Ok, tout est beau, j’y suis. Je suis même en avance car j’arrive de Tibériade et ne connaissant pas exactement le temps qu’il me fallait, je suis plus tôt que prévu, presque une heure. Peu importe, rien ne presse, j’ai le temps et je m’assois pour observer la vie de quartier qui se déroule devant moi. 

Après 45 minutes, un grand gaillard, une armoire à glace dont la tâche de naissance sur le visage en effraierait plus d’un, se dresse devant moi et me demande si j’ai besoin d’aide. Il a vu que j’attendais depuis longtemps et s’il peut m’aider alors avec plaisir.

Je lui explique que j’attends une personne et que j’ai rendez-vous avec lui vers 17:00. La notion du temps étant toujours relative pour certains, n’oublions pas 🙂

Tout heureux, il me répond en français. Cela fait tellement longtemps qu’il n’a pas parlé français. Il parle très bien.

Il m’explique qu’il a sa boutique et si jamais j’ai besoin, je peux aller le voir.

Je le remercie, lui disant que mon hôte devrait arriver. Il repart.

17:15, le soleil a disparu derrière les immeubles et il commence à faire plus frais. J’enfile un pull, histoire de me garder au chaud. 

On m’observe. 

Deux minutes après, apparaît de nouveau ce colosse. Il m’invite à sa boutique pour que je me réchauffe. Elle est de l’autre côté de la rue. Je pourrai voir mon hôte, Sarig, arriver. Je le suis. J’ai froid. Un thé à la menthe et des biscuits m’attendent. Que demander de plus. 

La conversation s’enclenche. Il s’appelle Yves, me parle de sa vie, de sa boutique, de son fils de 4 ans.

17:30, pas d’hôte à l’horizon.

Yves me rassure. Ce géant est très gentil. Je n’ai rien à craindre et si mon hôte ne vient pas. Pas de problème, il est là. J’ai confiance. Je sais, ce que j’écris ne fera rien pour rassurer mes proches mais je continue de suivre mon intuition et j’ai confiance. Croire en la bonté des gens plutôt que de les suspecter toujours du pire, est davantage ma philosophie. Ne craignez rien, je ne suis pas naïve non plus.

On discute, rit. Le moment est agréable. Il me dit que même si mon hôte arrive. Il le renvoie. Je reste avec lui. Il est vraiment sympathique.

17:45, aucune trace de mon hôte CS.

J’appelle au numéro que Sarig m’a donné pour le rejoindre en cas de problème. Mauvais numéro !! Pas de Sarig en vue.

Je n’ai même plus envie de partir. Yves sourit. Sa prière est exaucée.

18:00, on ferme boutique. Il habite à 15 secondes de sa boutique dans un appartement. Je suis la bienvenue.

Je le suis. 

Il sera mon hôte. 

Soirée au resto du quartier, dans un boui-boui local. Match de foot avec ses copains du coin… Bonne soirée.

Retour chez lui, il m’installe un matelas par terre et voilà mon lit pour cette nuit.

Mon ange gardien s’appelle Yves et parle français. Il ressemble à un ogre sorti d’un conte de fée, tout pour effrayer mais ne vous fiez jamais aux apparences.

La vie est belle et extraordinairement surprenante.

Croyez aux anges !

31/10/2019 – Jour 87

Israël, jamais je ne pensais revenir ici. C’est même ce que j’avais dit en 2013. J’avais eu à cette époque une très mauvaise expérience en arrivant et en repartant à l’aéroport international de Tel-Aviv :

flash black … en 2013 (journal rédigé en 2013) : Aéroport de Tel-Aviv – sincèrement, je n’ai jamais vu un personnel si peu accueillant, une colonie d’air bête. Sans doute, cela doit faire partie des qualifications requises. Bonne humeur et sourire s’abstenir !

Déjà mon arrivée, il y a quelques jours, ne fut pas des plus agréables. Je me doutais bien qu’avec un tampon du Liban dans mon passeport, je serais interrogée et fouillée. Ce fut le cas, mais j’assumais et jouais le jeu sans problème, avec grande sérénité. Arrivée à 23:00, je ressortis de l’aéroport vers 01:30 sans aucun “Bienvenue en Israël”. Cela aurait au moins adouci les formalités.

Aujourd’hui, je ne pensais pas revivre le même scénario, voire même pire. 

Le trois heures règlementaires pour les vols internationaux, ici, est de l’utopie.

Je fais la file comme tous les passagers pour passer le premier contrôle de sécurité : présentation du passeport et petit interrogatoire … Ok, tout le monde y passe. Rien à dire. 

Mon sac à dos est passé aux rayons X. Je me dis que cette fois ci, je devrais être épargnée. Je quitte Israël . Quelle réjouissance trop hâtive !

De l’autre côté, on m’attend déjà…

Et là, ça commence ! Pourquoi suis-je venue en Israël ? Pourquoi suis-je allée au Liban ? Qui ai-je rencontré ? Des noms ? Des adresses ? Pourquoi je vais en Arménie ? Et bien évidemment pour essayer de trouver la faille, les questions sont posées plusieurs fois sous des formes différentes. 

On me demande de suivre un agent, un haut gradé dans les airs de bœuf ! Je sais, je pourrais être une dangereuse terroriste, une espionne malfaisante.

Mon sac est vidé au complet, passé aux rayons X, une seconde fois, des prélèvements sont faits sur mes affaires. Cela dure une heure.

Mais ne croyez pas le contrôle fini. Je dois suivre maintenant une femme qui a au moins l’amabilité de me dire “bonjour”.

Nous passons dans les coulisses de l’aéroport. Je rentre dans une pièce et l’instant de la fouille débute. Pas la standard, non, la totale, celle qui humilie bien le voyageur, celle qui fait qu’on ne reviendra pas en Israël parce que j’ai le droit, moi, de voyager où je veux sans subir vos haines, vos peurs, votre paranoïa.

Cela dure une éternité.

Une fois rhabillée, on me dit que tout est correct.  Ah merci, j’étais vraiment inquiète que cela ne le soit pas !!!

On m’escorte au guichet d’enregistrement et au “ixième” contrôle de passeport où le King des airs de c.. m’étampe le seau de l’au revoir. 

Je suis libérée. Je cours dans les couloirs pour arriver à temps à la porte d’embarquement … j’ai failli rater mon vol 

Je me réjouis de m’envoler vers d’autres cieux. 

2019 : Nous sommes rentrés en Israël à Eilat, au point le plus sud d’Israël. À pied, après avoir été déposés en taxi par un sympathique chauffeur jordanien, nous nous sommes dirigés vers la frontière jordanienne. Contrôle des passeports, tampons de sortie apposés. Merci et à la prochaine … Inch Allah. Mon chéri est un peu anxieux à la suite de mon expérience en 2013 pour le passage de la frontière en Israël… Je suis aussi un peu tendue mais comme à l’époque, je n’ai rien à me reprocher. On traverse un long corridor extérieur. Premier point d’entrée, contrôle du passeport, deuxième étape, passage au scanner des sacs. Aucune fouille ! Ni pour moi, ni pour mon chéri. Tout se déroule bien. Troisième étape : re contrôle des passeports et interrogatoire. Claude passe en premier.  5 minutes après, c’est à mon tour. Je m’avances vers la dame souriante qui m’interroge. Juste le sourire fait du bien à mon coeur. Questions usuelles : d’où venez-vous ? Connaissez-vous des gens en Israël ? Voyagez-vous par vous même ? Que faites-vous comme profession ? Et celle que j’attendais : « Êtes vous déjà venue ? ». « Oui, en 2013 ». Elle me regarde et me rend mon passeport : « Bienvenue en Israël ! »

Wow, quel contraste avec ce que j’avais vécu, il y a 6 ans maintenant. Le tout fut réglé en 20 minutes et avec de la chaleur humaine. 

Notre séjour débute bien… Merci pour cet accueil !

30/10/2019 – Jour 83

Encore plein de péripéties. Avant tout la suite de notre histoire d’hôtel à Petra. Pour mettre en contexte, la situation. Un, nous voyageons en planifiant au jour le jour, mais cela nous joue parfois des tours ; deux, nous sommes tombés dans le pic de la saison touristique en Jordanie, en pleines vacances scolaires européennes. Nous avons tellement décrochés du calendrier que nous ne savons plus vraiment quels jours et quelles dates nous sommes. Donc dans ce contexte, il était difficile de trouver une chambre d’hôtel à Petra, qui est le site le plus visité de la Jordanie. Imaginez donc en plein pic, deux Québécois, naïfs, arrivés en espérant trouver un petit coin paisible et abordable. Euh, surtout pas à Petra 🙂 Donc, l’agence a sans doute fait de son mieux dans le contexte… Et je dois dire que celle-ci nous a réservé un camp à Wadi Rum, une centaine de kilomètres au sud de Petra, qui était extraordinaire, site grandiose et nourriture exquise, avec une excursion dans le désert inoubliable…  Donc, notre fameux hôtel « Oscar », dont le logo n’est rien d’autre que la grossière reproduction du célèbre Oscar du cinéma… Bienvenue au royaume du kitsch et du plus mauvais goût… Mais bon, on est là pour deux nuits. M’ayant vu prendre des photos, et les nouvelles se propageant très vite, la gentille réceptionniste, lorsque nous quittions pour aller visiter Petra, nous a demandé s’il y avait un problème. Avec calme et diplomatie, j’ai expliqué la situation et montré les photos de notre chambre. Les ayant « tagués » dans mon « post » sur Facebook, ceux-ci ont sans doute vu le nombre d’amis que nous avions. Ils nous ont dit que nous serions changés de chambre. Voulant éviter de compliquer la situation, nous avons accepté et, à notre retour, la chambre proposée était au moins propre, le minimum que nous demandons. Mais, pour 100 $CAD/nuit, on s’attend normalement à plus que de la propreté. Autre pays et saison touristique à son summum, l’inflation fait des ravages… C’était sans doute à nous de nous renseigner au sujet des prix, car nous ne sommes pas riches et un voyage de longue durée comme le nôtre demande une stricte gestion de budget. En Jordanie, tout explose ! Nous sommes donc restés une seconde nuit. Et tout était réglé… pensions-nous … Le matin, donc au check-out, on voit inscrit sur une feuille qui n’existait pas la veille « Sorry, our Visa Terminal doesn’t work. » Nous, dans les hôtels, on paie par carte, comme nous faisons depuis des mois et toujours sans souci. Des fois, on dirait que, quand ça va mal, ça va mal, et par une espèce de loi naturelle, on dirait que les pépins s’accumulent souvent aux mêmes endroits ! Bienvenue chez Oscar ! On explique que nous n’avons pas l’argent liquide pour payer… et pas de guichet à l’horizon !! Devinez quoi ? Le gérant nous a simplement dit : Ok, vous êtes nos invités, c’est à nos frais. » Nous étions estomaqués, mais, devant le niveau plutôt pitoyable de la prestation d’ensemble, nous avons accepté cette générosité. Croyez le ou non, nous sommes repartis de là sans payer ! (Entre vous et nous, cela a vraiment fait du bien à notre porte-monnaie mais, jamais nous ne nous attendions à cela). Incroyable !

Autre sujet, le site de Petra est simplement extraordinaire ! Très (trop) touristique, mais juste exceptionnel. On comprend pourquoi il s’agit d’un site du Patrimoine de l’Unesco. Majestueux, colossal, grandiose…mais le dire ou l’écrire n’est rien. Le vivre est incroyable. Nous sommes si minuscules devant ce travail gigantesque effectué par des hommes de leurs mains, à creuser une ville entière dans la pierre, pendant plusieurs décennies, il y a des milliers d’années. 

Nous avons ensuite pris la route de Wadi Rum, le désert de Jordanie. La route est incroyable. On traverse des contrées arides et des paysages grandioses. 

Wadi Rum est lui aussi, exceptionnel. J’ai l’air d’utiliser de grands qualificatifs impressionnants, mais c’est tout simplement la réalité. Nous ne nous attendions pas à un tel décor aussi beau, aussi grandiose, aussi époustouflant !

Le campement situé au pied des falaises offre un coucher de soleil sublime. Le sable rouge devient ocre. La terre presque couleur feu. Le silence de la nuit et le ciel étoilé sont juste magiques. Pour finir en beauté, nous avons fait une excursion en jeep à travers le désert dont je me souviendrai toute ma vie. Nous avons fait déjà quelques déserts, mais celui-ci est unique par ses paysages, ses montagnes de pierre et son patrimoine. Nous avons pu en apprendre un peu plus sur la vie des Bédouins. Impossible de venir en Jordanie sans venir dans le désert de Wadi Rum !

Nous voilà, ce soir à Aqaba pour notre dernière nuit en Jordanie. Nous avons trouvé un appartement à prix abordable par l’entremise d’Adam, le jeune Irakien qui nous avait guidé de Trabzon (Turquie), et d’un de ses amis d’Aqaba. Sur booking ou Airbnb, les prix étaient exorbitants ! Et, cette fois-ci, nous avons payé sans souci … ouf ! Quelle histoire ! Demain, nous passerons la frontière vers Israël … À suivre !

26/10/2019 – Jour 82

Nous avons pris la route, quittant Amman pour tranquillement nous diriger vers le point le plus au sud vers la frontière avec Israël à Eilat. Nous y serons dans quelques jours. Une belle et surprenante journée. Mon chéri a pris le rythme de la conduite du pays. Il klaxonne à tout bout de champ pour simplement dire, on est là, on passe. Ici, on oublie nos règles du code de la route, ça zigzague n’importe où du moment que cela passe. Alors le seul moyen de s’annoncer c’est de klaxonner. Ça marche comme ça et ça semble bien fonctionné. Je ne suis pas peureuse sur la route et j’aime conduire mais ici parfois, j’ai des petits frissons car à travers cela, il y a les piétons qui traversent également n’importe où. Il faut être alerte à 200 %. Mon chéri est le pro du volant ! Premier arrêt, le Mont Nebo, lieu biblique, à une trentaine de kilomètres d’Amman. Sur le sommet d’une haute colline à plateaux se dressent les vestiges d’une église et à cet endroit se trouverait la tombe de Moïse. Le temps était couvert mais par une journée claire, on peut voir le cours du Jourdain, et les terres israéliennes jusqu’à Jerusalem de l’autre côté de la Mer Morte. Les vestiges de monastère et d’une basilique byzantine abritant de magnifiques mosaïques constituent le Mémorial de Moïse.

Après cette enrichissante visite, c’était l’heure de la baignade : direction la Mer Morte. Pour cela il faut emprunter une route sinueuse qui descend, descend et descend durant des kilomètres. Sur le chemin, au milieu de nulle part, quatre jeunes garçons font du stop. Des enfants. Je dis à mon chéri : On les prend. On s’arrête. Ils nous regardent avec de grands yeux surpris. Je souris et tout le monde sourit. La petite troupe embarque et on continue le chemin. On essaie de converser. On comprend qu’ils vont en ville, qu’ils ont entre 10 et 13 ans. Ils rigolent. J’adore ces moments qui resteront gravés dans nos mémoires, à nous et à eux. Ils se raconteront plus tard ou à leurs copains, famille, la fois où des touristes les ont pris en stop. Et nous de nous souvenir de ces beaux sourires. On fait quelques kilomètres et ils nous disent « stop » alors tout le monde sort. Bye, bye les garçons. Merci pour ce moment.

Nous arrivons donc au bord de la mer. En tant que tel, le coin, n’est pas très beau du moins la ville qui n’en est pas une puisque pas de nom, n’a rien d’attrayant. Il y a une enfilade de grands hôtels dont le prix des chambres est exorbitant. Nous pensions séjourner une nuit ici mais ce n’est pas dans notre budget de globe trotter. Autour de cela des maisons qui poussent à travers des baraques et des campement de tentes (sont-ce des habitants, sont-ce des réfugiés, nous ne savons pas). Nous cherchons donc un endroit pour se garer et aller se baigner. Nous apercevons un panneau : Dead Sea, Tourist Beach. On se dit alors voir … Nous sommes touristes ! On se gare. C’est LA place, tous les autobus et minibus de touristes sont là. On entre et on demande le prix : 20 dinars jordaniens ce qui correspond à 40$CAD. Ils sont fous !! 40$ pour me baigner dans la Mer Morte qui appartient à tous. Jamais de la vie. Nous faisons demi-tour et on reprend la route. Quelques kilomètres plus loin, on se gare et on voit des gens se baigner, des locaux. Ils n’ont assurément pas payé 40$. Le premier constat est que les plages pour touristes sont nettoyées et que le reste des bords de la Mer Morte est une poubelle à ciel ouvert. Mais les gens se baignent et ne voient pas cela. Je me souviens que de l’autre côte en Cisjordanie, en Israël, les rives de la mer étaient propres. Question d’éducation, de mentalité. Cela viendra un jour. Je rêve de cette prise de conscience mondiale comme quoi, il faut protéger notre terre, notre petite planète bleue qui nous accueille le temps d’une vie et que nous devrions transmettre aux générations futures dans un bel état et non pas comme une poubelle. Triste.

Je veux tout de même vivre l’expérience car en 2013, lorsque je suis allée en Cisjordanie, je n’avais pas pu me baigner. Mon chéri passe son tour. Il le fera sur les rives de l’autre côté quand nous y serons.  On « s’installe » donc sous une petite baraque bancale au toit de paille. Un peu plus loin les gens nous observent… Que font donc deux étrangers ici ?

Je me lance à l’eau dont la température est parfaite. Celle du corps, ni trop chaude, ni trop froide. Je me glisse dans l’eau et tout simplement je flotte. On ne ressent plus du tout la pesanteur de son corps. L’eau est limpide et, selon les courant, bleue turquoise, verte ou marine. Magnifique. La boue et le sel se marient et créent un joli fond de mer. J’ai eu une goute d’eau dans les yeux et cela brûle. Il faut donc faire très attention. Pour ce qui est des bactéries, rien à craindre puisque rien ne survit dans cette mer. 

En repartant, un groupe d’hommes installé quelques baraques plus loin, nous fait signe de venir et invite Claude à fumer le narguilé. Il hésite et je lui dis « go », tu n’as jamais essayé. Nous voilà donc assis avec eux. Je reste discrète, par respect. Je ne fume pas et je les observe. Ils sont très accueillants. Il s’agit de deux adultes, deux adolescents et un garçon, le fils d’un des hommes. Claude parle avec eux. Un des jeunes et le garçon parlent assez anglais pour se comprendre. Ça rigole. C’est merveilleux à voir : cette fraternité, le temps d’un moment autour d’un narguilé à discuter de leur vie, de leurs projets. Un des jeunes souhaite devenir dentiste mais les autres se moquent gentiment de lui car il ne semble pas se forcer trop trop à l’école. L’ambiance est vraiment bon enfant et on rit. Je fais des photos et grâce à What’s App qui est beaucoup plus populaire en Europe et Ici qu’en Amérique du Nord, je lui transfère leur portrait. Ils sont vraiment contents.  Quelle belle surprise encore une fois de la vie. Jamais nous aurions vécu un tel moment sur la « Tourist Beach ». On se quitte le coeur rempli de bonheur et de reconnaissance.

On reprend la route vers Madaba qui sera notre destination finale pour la journée. Soudain, on se fait arrêter par un policier en bord de route… Rien à se reprocher, Claude conduit comme un pro, je vous l’ai dit 🙂

On se demande alors pourquoi ? Je pense à un petit pot de vin mais que nenni. Il ne parle pas anglais du tout mais grâce à Google Translate, il nous demande où nous allons. Madaba. Il nous demande d’attendre. Un autre policier se présente qui ne parle pas plus anglais. Il nous regarde et repart. Puis reviennent nos policiers avec un jeune homme qui lui parle anglais. Un touriste du Chili, perdu et abandonné par son groupe avec qui il était aujourd’hui. Il aurait été trop longtemps aux toilettes et le groupe serait reparti sans lui, sans s’apercevoir de son absence. On comprend donc que le policier nous demande si on veut le prendre puisqu’il va aussi à Madaba. Pas de problème, c’est notre journée auto-stop 🙂 Le policier nous sourit et nous remercie. Il serre la main de Claude avec un beau « shukraan » – merci en arabe.

Nous devons prendre la même route alors cette fois-ci, on monte, monte et monte encore. La petite Toyata tient la route. Le jeune homme nous raconte son voyage, sa vie. Il étudie en médecine, fils de diplomate, il voyage avec un passeport diplomatique. Il ne trouve pas les gens partout accueillants. Il faut se méfier. Méfier de quoi ? Je ne sais pas… Je ne dis rien car notre expérience est toute autre. Arrivés à destination, il nous remercie : « Vous m’avez sauvé la vie » euh non, pas à ce point … juste rendu service. Ciao et bonne suite de voyage ! 

On dépose nos affaires dans l’appartement que nous avons loué.  Affamés, nous cherchons un resto et nous tombons que sur des sites à touristes dont les prix sont gonflés. On décide de trouver quelque chose à ramener à l’appart. Il se fait tard. Une soirée relaxe est un bon plan. On trouve un boui-boui qui fait des falafels. On entre et là encore l’accueil est incroyable. On nous fait goûté et c’est vraiment bon. On finit par discuter et les deux propriétaires sont égyptiens. Ils sont ici depuis plusieurs années car les affaires et la situation politique sont plus prospères et stable en Jordanie. On repart avec un festin pour 3 dinars (6$CAD) alors que dans un resto touristique cela nous aurait coûté au minimum 10 fois plus !!! Alors n’est-ce pas une belle et surprenante journée ? 

25/10/2019 – Jour 81

Bon alors, avant tout,  suivi de dossier : j’ai bien reçu mon remboursement royal 🙂

Hier, découverte de la vieille ville d’Amman. Son architecture est vraiment étonnante avec sa kyrielle d’immeubles cubiques beiges ou blancs. On dirait une ville lego. C’est la première fois que je vois ce style urbain. C’est le cachet de la capitale. La ville est un des plus anciennes cités du monde encore habitée. Il y a des temples grecs, des ruines romaines, des églises chrétiennes, des synagogues enfouis dans des sites archéologiques millénaires. Rome semble bien jeune par rapport à ici. Mais tout comme la bella italienne, c’est un musée à ciel ouvert. Visiter Amman, c’est découvrir la citadelle qui domine la ville, aller au théâtre antique, arpenter les souks du centre d’Amman. C’est aussi l’occasion d’aller dans les marchés bien évidemment.

Mais je sais ce que vous voulez savoir, c’est comment ont-ils fait pour finir dans un mariage jordanien ? Je vous explique. Voyages CAA Québec offre un circuit Jordanie-Israël (ou l’inverse, je ne sais pas trop), pour nous conseiller si nous avions besoin d’aide, ils nous ont donné le nom de leur agence partenaire ici. Le directeur de l’agence lui même nous a écrit pour nous dire que si nous avions besoin de quoique ce soit, il serait heureux de nous aider et de nous renseigner et dans la foulée, il nous annonce que c’est le mariage de sa fille ainée. Un taxi sera à notre hôtel à 19h30 pour nous emmener à ce grand évènement. Nous sommes ses invités. WOW ! Comment refuser ? Je dois dire que j’ai vraiment douté pour y aller car 1) nous ne sommes absolument pas habillés pour un mariage et 2) nous n’avons aucun cadeau à offrir. Aucun problème, il est heureux de nous faire vivre cette expérience, et toute une !

Le chauffeur est là, ponctuel ! Nous récupérons en route Wafa, une employée de l’agence qui parle parfaitement le français. Son histoire est touchante. Palestinienne de naissance, elle a grandit en Algérie avant de venir en Jordanie. Touchante … par l’histoire de sa famille : son père, Palestinien, né à Jérusalem, parti étudier en Syrie quelques années, voulait revenir chez lui après ses études. Il lui a été interdit, comme beaucoup d’autres, de rentrer en Israël. Il a dû s’expatrier, bien qu’il soit né, tout comme ses parents, à Jérusalem. Ils ont habité longtemps en Algérie, c’est là que Wafa est née et, après les difficultés dans ce pays, ils sont venus en Jordanie. Ils sont très heureux d’y vivre, mais la blessure est présente : Ne jamais pouvoir retourner chez soi, un chez-soi si proche, juste de l’autre côté de la mer morte…

Notre chauffeur, un vrai fou du volant, comme beaucoup ici, a failli nous faire « emplafonner » du côté où Wafa et moi étions assises par une voiture qui a réussi à freiner in extremis. Et il a ri !!! Bon, à part cela, il était vraiment sympathique et je lui ai demandé de ralentir, car je tenais à la vie et voulais poursuivre mon voyage et voir le mariage…

Wafa, nous a expliqué l’étiquette concernant la soirée. Bien évidement nous ne resterons pas toute la soirée. La fête s’éternise ici. Lors des mariages, les hommes et les femmes sont séparés. Claude partira donc avec Notre Jacques Villeneuve jordanien et moi, avec Wafa. Claude a pu rencontré Salameh, le père de la mariée et notre hôte. Chez les hommes, rien de bien folichon. Les hommes boivent le thé, fument, discutent, félicitent le marié et offrent de l’argent. Il n’y a aucun alcool. Du côté des femmes, c’est la fête, ça danse, ça chante, ça « youyoute ». Bien évidement, vous vivez vous douter que j’étais une bête curieuse. Que faisait cette touriste dans cette soirée ? Les femmes m’observent, mais dès que je leur souris, la glace est brisée. La mariée n’est pas encore là. Les femmes sont belles dans leur robes aux couleurs chaudes et dorées. Il faut que cela brille… mais tout ce qui brille n’est pas d’or. Du côté des femmes donc, c’est décoré. Il y a des arches de fleurs, un trône et des lumières de discothèque. Soudainement, tout le monde s’assoit et les mariées entrent. Ils passent sous les arches. Ensuite, le marié offre, devant toutes, les bijoux en or, beaucoup de bijoux à sa future épouse. Il lui met les colliers, les bracelets, les boucles d’oreilles, pour finir par l’échange des anneaux. L’or est précieux dans les mariages. Ensuite, ils font deux danses ensemble et le marié disparait pour le reste de la soirée chez les hommes. Une fois le chat parti, les souris se remettent à danser. La belle mariée s’assoit sur sont trône et assiste au party… J’ai félicité la belle et sa maman. C’est une gros mariage. Il y a environ mille personnes aux dires du père de la mariée. Une fabuleuse expérience. J’ai même dansé. J’adore danser. Nous sommes repartis, tellement reconnaissants d’avoir vécu cette tranche de vie. Nous sommes parfois si étonnés de ce qui nous arrivent durant ce voyage. Merci la vie !

Aujourd’hui, journée culture et patrimoine. Nous sommes allés à Jerash, voir le site archéologique extraordinaire de la cité romaine extrêmement bien conservé. Nous y avons passé 4 heures ! Fabuleux ! Mon chéri a repris le volant et direction Ajlun, pour visiter son château. Ce dernier est une forteresse musulmane du XIIe siècle située sur une colline appartenant au Jabal Ajloun qui offre une vue magnifique sur les montagnes et vallées des oliveraies. 

Sur le chemin du retour, nous avions un petit creux et nous nous sommes arrêtés dans un « boui-boui » sans savoir ce qu’on mangerait. Nous avons appris que nous étions dans un restaurant yéménite. Le jeune propriétaire, surpris  de voir deux étrangers débarquer, nous a fait gouté quatre variétés de riz. Toutes succulentes, mais j’ai choisi celle que le chef préférait et que j’aimais aussi et mon chéri, une autre tout aussi savoureuse. Le poulet était succulent. Nous avons pu échanger un peu avec Baellid. Il voulait savoir ce que nous faisions et on lui a expliqué notre aventure. Je lui ai montré notre petit vidéo et il nous suit maintenant. Merci Baellid pour ce petit festin. On se dit des fois qu’on aimerait tellement emmener des gens découvrir tout cela, sortir des sentiers battus et déguster des plats succulents dans des « boui-boui » au bord d’une route. Rien d’attrayant mais pourtant … juste extraordinaire !

En rentrant à Amman, nous voulions prendre un petit verre (d’alcool) pour célébrer cette magnifique et enrichissante journée. Trouver de l’alcool, on sait que c’est possible, mais la chose peut s’avérer compliquée… Après 45 minutes à chercher et à demander où se trouve la « SAQ » jordanienne (des commerces privés, ici) la plus près, on a fini par trouver… Alors, je vous écris, de notre chambre d’hôtel, en savourant un petit verre de vodka jordanienne… 

Belle journée ou belle soirée ! Demain, on reprend la route vers de nouveaux horizons… À suivre !

23/10/2019 – Jour 79

Lever tôt pour finir nos sacs, petit déjeuner à l’hôtel et se rendre à l’aéroport d’Ankara qui se trouve à 34 kilomètres de la ville. Logistique parfaite, nous arrivons à 8h30 à l’aéroport pour un décollage à 10h50. Premier passage de sécurité en entrant dans l’aérogare. Enregistrement des bagages. Là, nous avons un petit stress, vite dissipé, car nous entrons en Jordanie avec un billet aller simple et on craignait des difficultés comme à Séoul, mais rien du tout. Tout va picco bello ! Nous allons au contrôle des passeports : réglé en deux minutes. Second contrôle de sécurité pour aller dans la zone des passagers. No problem. Là, nous attendons. Il n’y a pas grand chose à faire. Cette partie de l’aérogare est assez petite et vide. Il y a un duty free et une boutique souvenirs. Moi, qui fait la collection des mains de Fatima, je fouille pour en dénicher et je succombe pour quelques-unes mais je n’ai pas fait de folie car je n’ai surtout pas la place pour en acheter beaucoup. L’embarquement approche. Nous passons un troisième contrôle de sécurité dans la salle de pré-embarquement. Mon chéri passe et moi, bien évidement, je me fais contrôler et fouiller. Maintenant, j’en ris car systématiquement je me fais fouillé. Depuis des années, j’ai le taquet gaggnant du « fouillage ». Que ce soit aux USA, en Allemagne, en Israël, partout j’y ai droit. Mon chéri me dit que c’est parce que sous mes airs de gentille pourraient se cacher une dangereuse 🙂

Je vide mon sac de voyage au complet. J’enlève mes bottines. Ils prélèvent des échantillons partout. Je suis très zen car je n’ai absolument aucune crainte qu’ils trouvent quoique ce soit. Ça dure 15 minutes et c’est fini. « Merci et bon voyage madame. »

Le vol dure à peine deux heures alors j’ai décidé de prendre une petite dose de calmant, juste pour me détendre pas pour perdre conscience 🙂

Une merveilleuse fan m’avait recommandé de la musique de détente à écouter dans l’avion et bien c’est ce que je fais. Cela m’aide beaucoup. Je vous recommande tout simplement pour des moments de détente en avion ou ailleurs, Jean-Michel Blais et Alexandra Streliski.  En écoutant ces beaux morceaux, j’étais détendue, j’admirais les cieux et j’ai même fait des photos. Je progresse. Je suis fière de moi de travailler sur ma phobie.

Un vol avec quelques petites turbulences mais rien d’effrayant. Passage au contrôle des passeports, réglé en 10 minutes. Nous avons reçu notre visa sans souci.  Bienvenue en Jordanie !

Nous avons décidé de louer une voiture pour nous déplacer dans le pays. On va donc récupérer notre carrosse chez Budget. Formalités remplies, mon chéri est au volant de la toyota grise qui nous a été allouée. Nous avons eu un petit surclassement, plus de place. Merci Budget. Avant de partir, je télécharge l’itinéraire pour aller à l’appartement réservé pour trois nuits.

La description de l’appartement était élogieuse et jusqu’à présent tous les appartements réservés sur AirBNB étaient parfaits. Celui-ci une catastrophe ! Annoncé comme « the royal luxury superior Queen », on s’est dit qu’on allait se sentir comme le roi et la reine de Jordanie. (bon le prix était un chouia plus cher que notre budget mais rien de fou). En arrivant on descend dans un sous-sol, fenêtres donnant sur des murs, lit douteux, salle de bain salle. appartement sombre. La royauté vient d’en prendre un coup ! C’est l’assistant du propriétaire qui est là. Je lui dis que je suis absolument déçue de l’endroit et qu’il n’est nullement décrit que l’appart se trouve dans un sous-sol, que les images ne reflètent pas la réalité. Je lui montre une photo présentant une belle terrasse fleurie avec une vue splendide sur la ville. Ce dernier me dit que c’est comme dans les magasins, on met une belle image pour attirer … Euh quoi ? Non pour AirBNB, on met les images qui représente la réalité ! Il téléphone au propriétaire. Je discute avec lui pour exprimer ma déception et que ce qu’il offre sur le site ne correspond pas à ce que je vois. Celui-ci essaie d’argumenter mais nous n’avons pas du tout envie de passer trois jours dans un sous-sol d’Amman, pas à ce prix. Je rajoute avec un peu de culot et à la blague, que nous n’avons pas la même définition du luxe royal et je place également que je vais faire une recommandation réelle sur AirBNB et que je vais publier sur mon blogue cette mésaventure, ce qui ne lui fera sûrement aucune bonne publicité. Il me dit alors qu’en Jordanie, on respecte les gens et qu’on ne veut pas de problème. Il va me rembourser en totalité et nous pouvons quitter. Bon, un peu de pression, ça fait déboucher les tuyaux des fois ! Nous revoilà au point de départ : à se trouver un endroit pour se loger. Pas de réseau. On trouve un petit resto qui a du wifi et en grignotant leur bonne petite pizza, je me mets en quête de trouver un endroit. Pas trop difficile avec Booking.com 

On reprend donc la route et on y arrive. Check-in fait. L’endroit est impeccable !

Ce que je ne vous ai pas dit c’est que mon chéri a une ancienne collègue qui est actuellement à Amman et elle repart demain. Madame Germaine. Vous ne connaissez pas Madame Germaine et bien vous vous devez ! Anne, de son prénom, est une jeune femme pétillante et qui vit aujourd’hui de sa passion : voyages et cuisine. Madame Germaine a ouvert un lieux à Lévis où elle offre des ateliers de cuisine qui allient voyage, découverte et saveurs. Elle parcourt le monde pour peaufiner ses recettes car elle va apprendre les méthodes chez les habitants. Nous avons donc la chance et le plaisir de la voir ce soir dans une de ces familles. Après une petite pause à l’hôtel, nous repartons pour Madaba, à une trentaine de kilomètres d’Amman. Nous avons bien fait de louer une voiture. Nous sommes donc accueillis par Anne qui nous présente la famille. Nous passons un agréable moment. Notre hôte nous emmène déguster les meilleurs Falafels et on visite un magasin d’épices car Anne n’a pas fini ses achats avant de décoller demain matin pour Montréal.

Nous nous quittons avec des odeurs merveilleuses plein les narines et nous rentrons. Grosse journée, belle journée… Et je suis de prêt mon compte en banque pour vérifier mon remboursement royal … À suivre !

22/10/2019 – Jour 78

Nous sommes arrivés à Ankara, hier matin par autobus et tout s’est très bien déroulé. Une nuit sans problème avec une compagnie fiable : Metro. Cette dernière est la plus réputée de toute la Turquie. Elle couvre tout le territoire et offre une service professionnel à coût très abordable puisque cela nous a coûté 30 $CAD/deux pour le trajet de 12 heures Trabzon/Ankara avec un réseau wifi impeccable et des sièges confortables ! WOW. Si vous venez en Turquie, c’est le meilleur moyen pour se déplacer à travers le pays et surtout la meilleure compagnie. 

Nous avons débarqué dans l’immense gare d’autobus et pris une navette gratuite pour le centre ville. Celle-ci est tentaculaire.  5 millions d’habitants peuplent la capitale. Gigantesque ! Certes, Ankara n’a pas le charme, ni la réputation de la fabuleuse Istanbul. On ne fait pas le voyage pour Ankara mais, nous, dans notre itinéraire pour un 48 heures, nous en sommes satisfaits. Capitale du pays depuis 1923, Ankara est l’oeuvre de Mustafa Kemal Atartük, le fondateur et premier président de la République turque. La ville a conservé de beaux vestiges du passé, tout en accélérant sa modernisation. Nous avons pu visiter le Mausolée d’Atatürk, Anitkabir, mort le 10 novembre 1938.

Également la Citadelle d’Ankara, situé sur les plus hauts sommets de la ville, a conservé le charme d’un vieux village ottoman, qui datent de la période byzantine. 

Pour finir la journée, une balade dans le bazar et marché. J’adore les marchés et les bazars.

Cette petite pause à Ankara, nous a permis de goûter le meilleur de la ville car les Turcs eux-même trouvent la capitale très ennuyante. C’est la ville de l’administration, des bureaux du gouvernement, des ambassades. Nous sommes prêts à décoller demain matin pour la Jordanie. 

J’aime beaucoup la Turquie. J’aime leur hospitalité, leur simplicité, leur nonchalance, leur nourriture, leur musique, leur diversité. Il est vraiment intéressant de constater leur vénération pour leur premier président. Son visage est partout et pas seulement à Ankara mais dans toute la Turquie. C’est Atatürk qui a crée la Turquie moderne.

Nous sommes passés par Ankara, pour la visiter un peu mais surtout pour prendre le temps de préparer un peu notre séjour en Jordanie. Nous avons décidé de louer une voiture pour être plus autonomes car tout n’est pas facilement accessible. Je n’ai pas beaucoup lu sur le pays car j’aime me laisser surprendre. J’y suis allée avec le minimum pour le moment : réservation d’un appartement à Amman, la capitale pour trois jours et location de voiture. Une fois sur place, nous verrons les incontournables. Évidemment Petra est une de nos destinations mais il y a aussi le désert et la mer morte. Dans quel sens et quel ordre … à suivre

19/10/2019 – Jour 75

Nous voici en Turquie. C’est mon septième voyage dans ce pays que j’aime énormément. Ma ville est Istanbul, je m’y sens comme chez moi. Mais ici, nous sommes à l’opposé de pays, à l’extrémité d’Istanbul. 

Nous sommes rentrés par la frontière terrestre en autobus et ce fut encore une belle anecdote. 

Non, cette fois-ci, je ne me suis pas battue mais mon chéri a failli finir écrasé dans une intersection à Batoumi. Je vous raconte. Nous avons acheté nos billets de bus à la gare routière de Batoumi. La plus grande compagnie de bus en Turquie se nomme Metro. Nous pensions partir avec cette compagnie mais comme le seul bus partait à 2 heures du matin. On a choisi une autre… Golden, une autre compagnie turque. La jeune fille ne parle pas anglais, le chauffeur de taxi qui nous accompagne (on ne sait pas pourquoi), ne peut guère nous aider mais on comprend qu’il y a une bus qui part à 18h00 et que nous arriverons vers 20h30 (heure de Turquie, soit heure de 21h30 de Batoumi) Super, c’est mieux que deux heure du mat. On reçoit nos billets : deux vulgaires petits morceaux de papier sur lesquels sont inscrits nos noms. Ça fait vraiment amateur. On s’assure que tout sera ok et qu’il n’y aura pas de problème. No, no, Mister, NO PROBLEM ! Ha, ha, ha, la blague… Nous nous présentons donc à 17h15. On nous avait dit 17h30 mais à l’étranger vaut mieux prévoir. 17h30, le bus est censé arrivé. 17h45, toujours pas de bus. Et soudain, la jeune fille de la veille arrive et me tend un téléphone. Une personne me dit, en anglais, au téléphone que le bus ne viendra pas à cette gare mais qu’un taxi va nous emmener là où le bus se trouve et que la jeune fille va le payer. On monte donc dans le taxi, le chauffeur pas très souriant nous emmène, on ne sait où… Il fait soudain demi-tour. Il est 17h50. Le bus doit partir à 18h00. On revient au point de départ la jeune-fille nous donne de l’argent et on comprend que c’est pour le chauffeur du bus. On en sait pas pourquoi mais je me dis que si maintenant on a de l’argent, le bus va assurément nous attendre. On repart et 1 kilomètre de la gare sur une intersection à la circulation folle, le taxi s’arrête et on voit le bus de l’autre côté du boulevard à deux voies. Mais ici, le concept de voie n’existe pas. La circulation est vraiment du grand n’importe quoi. Le chauffeur ouvre vite le coffre, siffle après le bus et pousse mon chéri au milieu de l’intersection pour qu’il aille vite au bus. Je me retrouve avec tous les sacs. Claude ne comprend pas ce qui lui arrive et a été a deux doigts de se faire écraser. Je me suis mise à crier (encore) après le chauffeur. Ai appelé Claude qui est vite revenu et pris le temps de mettre nos sacs. J’ai dit ce que je pensais au chauffeur. On a réussi à traverser le rond point à travers les camions, les bus et les autos. Une scène de fou ! Claude était vraiment fâché… avec raison car c’était vraiment dangereux. Quel abruti de chauffeur de taxi, quel inconscient ! Nous sommes montés dans le bus, donné l’argent au chauffeur et nous sommes assis. L’hôtesse du bus s’est excusée et nous avons pris enfin la route pour Trabzon. 

Vous pensiez que c’était fini … et bien non ! Nato, le prénom de l’hôtesse du bus nous demande à un moment si nous avons des cigarettes à déclarer. Nous répondons que non et que nous ne fumons pas. Je trouve la question étrange mais je me dis autre pays, autre moeurs… Nous arrivons à la frontière. Nous descendons du bus avec nos sacs à dos. Nous passons la frontière géorgienne. Impeccable. Entre les deux frontières, il y a une grand passage avec un duty free. Avant d’arriver à la frontière turque, nous voyons Nato, et celle-ci nous tend chacun un sac. Sans réfléchir nous le prenons. Nous regardons dedans et voyons trois cartouches de cigarettes par sac. Elle nous dit avec un beau sourire : « No problem, just to help me » et on voit que chaque passager du bus se retrouve avec un sac de trois cartouches chacun. Beau traffic de cigarettes ma Nato. Mais mon chéri prend mon sac et lui redonne les deux. Naton est beaucoup moins souriante. La base première de tout passage de douane ou frontière est de ne JAMAIS passer ou prendre des affaires qui ne nous appartiennent pas. Avec raison, il lui a redonné les sacs. Aucune envie de participer à cette petite magouille. Nous passons la frontière turque avec nos affaires et tout se passe très bien. Nous avons repris la route et sommes arrivés avec une heure de retard mais mieux vaut tard que jamais.

Voilà donc pour nos aventures d’hier.

Aujourd’hui nous sommes allés découvrir la nature de la région au bord du lac Uzun (Uzungöl). Je connais pas mal la Turquie, mais je n’avais pas encore fait cette région. Les paysages sont complètement différents de ce que j’avais vu jusqu’à présent. Des montagnes immenses, couvertes de forêts denses et des plantations de thé.

Nous avons pris un minibus et l’ambiance était des plus joyeuses et musicales. J’adore. Un jeune homme dans le bus, Adam, nous a expliqué qu’il est réfugié iraquien. Son rêve : être envoyé au Canada. Il nous a montré plein de photos qu’il a dans son téléphone. Des drapeaux du Canada, des photos de Justin Trudeau, sa famille avec des T-shirts avec la feuille d’érable. Il attend du Haut Commissariat des Nations Unis pour les réfugiés de savoir dans quel pays, il sera envoyé. Il a du quitter l’Iraq, il y a deux ans pour demander asile en Turquie, pour éviter la guerre et la mort. C’est effroyable et terrible d’entendre ça. On se sent si impuissant. Terrible de penser devoir fuir son pays, ses racines pour sauver sa vie et celle de sa famille. Quelle chance, nous avons de vivre dans un pays libre. On a nos problèmes mais en comparaison, on relativise vite… 

Nous lui avons donné nos coordonnées. Nous lui avons souhaité la meilleure des chances. Que pouvons nous faire de plus… Nous espérons juste une jour avoir un message de lui … du Canada. 

Soirée dans Trabzon. La ville est pleine de vie. Il fait encore doux et les gens, les familles sont en terrasses ou dans les parcs, se baladent en amoureux ou entre amis. Les rues sont animées.

Avant de rentrer à l’hôtel qui se trouve en plein centre, petit arrêt gourmandise. Mon chéri est fou des baklavas, moi pas dut tout. On en achète donc et moi, je me laisse tenter par deux ou trois biscuits que je ne connais pas…. À suivre

17/10/2019 – Jour 73

Billets de bus achetés pour Trabzon. Nous partons demain pour la Turquie, pour l’Anatolie. Tranquillement, on se rapproche de l’Europe.

Excellente nuit et grasse matinée pour récupérer un peu. Programme matinal : lessive et logistique pour la suite de notre itinéraire qui change actuellement presque tous les jours. Nous y allons vraiment à la dernière minute. Mais on adore ça comme ça. J’ai réservé notre billet d’avion pour la Jordanie. Youpi ! Je rêve depuis longtemps de visiter ce pays. Bientôt, encore quelques dodos.

Depuis 2013, Batoumi s’est développé à vitesse grand V. C’était déjà une station balnéaire plus huppée pour les riches Russes et Géorgiens mais là, les tours de complexes hôteliers et appartements luxueux ont poussé comme des champignons. Et je dois dire le tout avec une certaine harmonie et un souci esthétique. À travers ces nouvelles tours, dans ce nouveau paysage urbain résiste les immeubles des années soviétiques, des blocs moches et gris.

La ville est toujours aussi jolie. La promenade le long de la mer est vraiment agréable. De notre appartement dont la vue est époustouflante, nous nous sommes rendus au coeur du vieux Batoumi, un petit quatre kilomètres. Nous avons bien trotté aujourd’hui, sans doute un 10 kilomètres en tout.  La particularité de la ville sont ces sculptures avec des coeurs que l’on retrouve dans les parcs et le bord de mer. La ville est faite pour les amoureux. D’ailleurs rien qu’aujourd’hui, nous avons vu au moins six cortèges de mariage, les voitures klaxonnant abondamment. Le cadre de la ville et ses parcs se prêtent parfaitement pour les photos des amoureux et jeunes mariés. La ville se visite en deux jours maximum. Nous avons fait le tour de pas mal toutes les attractions. Il nous reste encore à visiter la Cathédrale. 

Côté un peu moins charmant, Batoumi est surnommé « Las Vegas de la Géorgie ». Il y a effectivement beaucoup mais vraiment beaucoup de casinos… remplis de Turcs car les casinos sont interdits en Turquie, et la frontière turque se trouve seulement à 15 kilomètres. Les turcs viennent de chez eux avec plein de sous passer la soirée, dépensent dans les casinos, et repartent chez eux dans la nuit ou au petit matin. Comme il y a une forte demande des turcs, de plus en plus de casinos sont construits. C’est un cercle vicieux. En dix ans, Batoumi, fleuron assoupi du tourisme géorgien post-soviétique, s’est métamorphosée en capitale du divertissement pour attirer les ressortissants des pays voisins, là où ces jeux sont interdits. 

La tour emblématique de Batoumi, c’est l’Alphabetic Tower, haute de de 130 mètres sur laquelle on peut lire les 33 lettres de l’alphabet géorgien. On la voit de loin, un point de repère mais peut-être plus pour longtemps car les buildings sont de plus en plus hauts. 

Le plat de la région que nous nous sommes fait un honneur de goûter, c’est le Khatchapouri. À base de pâte à pain, en forme de bateau, avec des bords relevés, garni au centre de  fromage et d’un oeuf, avec beaucoup de beurre. Rien de léger ni diététique mais miam, miam que c’est bon, le tout accompagné d’une bonne bière de la région.

On a décider de rentrer à pied pour éliminer le tout. 

Soirée détente à admirer le coucher de soleil… 

16/10/2019 – Jour 72

Quelle nuit ! Nous avons à peine fermé l’oeil. Nous devions partir à 20h00. Le départ fut à 20h30 et nous devions arriver vers 7h00, à Batumi pour en réalité y être à 10h00. Ça ne coûte pas cher mais ça ne vaut pas cher. En fait, c’était le moyen le plus court et le moins onéreux pour vernir au bord de la mer noire avant de continuer vers la Turquie. 

Un cousin de notre Licorne noire, un minibus mercedes, géré par la compagnie « Comfort Armenia » nous emmenait vers la Géorgie. La compagne porte très mal son nom car pour un trajet de nuit, le bus était tout sauf confortable avec un système de d’aération complètement « kapout » puisque les uns suaient de chaleur et les autres gelaient de froid. Nous étions dans ceux qui suffoquions de chaleur et mon chéri déteste ça. Moi, je supporte un peu mieux. 

Notre chauffeur se prenait pour Schumacher dans les virages tortueux des montagnes de Géorgie. Il faut lâcher prise sinon c’est la panique. Et pour finir, je me suis presque battue avec un homme derrière moi ! Je vous le dis : Quelle nuit !

Pourquoi ? J’explique. Les deux hommes devant moi ont baissé le dossier de leur siège pour s’installer plus confortablement pour dormir. Ce que je comprends très bien puisque c’est un long trajet de nuit ! Je fais donc de même, en baissant un peu mon dossier, pour être à l’aise également. Une dame derrière commence à rouspéter et à pousser mon dossier. Un homme, son voisin, m’interpelle : « Señorita, problem, problem ». Un pourquoi, me parle t’il en espagnol et deux, je me retourne et ne vois pas le problème. J’explique en montrant les sièges devant et que je veux dormir aussi en position plus inclinée. Il commence à crier et à pousser le siège. Ils échangent leur place et celui-ci avec ses pieds poussent mon siège. Ni une, ni deux, je me lève et lui enlève les pieds de là. (Je pense que sur le coup, il était surpris, n’étant sans doute pas habitué qu’une femme lui réponde et qu’une touriste ne se laisse pas faire). Il me crie dessus et sans aucune crainte, je lui réponds sur le même ton. Je ne comprends pas ce qu’il dit mais peu m’importe, je lui dis ce que j’ai à lui dire. J’extériorise mes frustrations. La quinzaine de passagers est subjuguée par la scène. Les passagers devant moi, ont vite remonté leur siège. Pourquoi ? Aucune idée car ils ont raison de se mettre à l’aise. Le chauffeur s’arrête. Il me demande de remonter un peu mon siège pour calmer l’énervé. Ce que je concède à faire mais l’homme veut que je remonte au complet mon siège tout droit. Ce que je ne ferai pas. Il se calme et comprend qu’il aura beau hurler cela ne changera rien. Il peste contre moi. Peu me chaut… Je ne considère pas une seconde que j’ai pu empiéter exagérément sur l’espace de ma voisine arrière.  Tout ça pour absolument rien, car un peu plus tard eux-mêmes baisseront leur dossier et moi, également à nouveau pour dormir confortablement … ou essayer car la nuit fut très très courte. Bien évidement mon chéri a levé le ton aussi et l’énervé s’est calmé. Durant tout le voyage, nous avons compris qu’il râlait sur tout car c’était le seul à parler constamment. Il avait peut-être besoin d’une victime mais il est mal tombé. Histoire à mettre aux oubliettes !

Nous sommes donc maintenant bien arrivés à Batoumi, station balnéaire courue sur les rives de la mer Noire. Cette ville géorgienne au climat doux est prisée par les bourgeoisies géorgienne et russe et s’ouvre de plus en plus au tourisme venu d’ailleurs. Le soleil est radieux. On va se reposer aujourd’hui. Enfin presque, pour moi, je viens de rédiger mon article sur Tbilissi pour Nomade Magazine et mis à jour mon journal. On doit aller à la gare d’autobus pour gérer la suite de notre itinéraire vers la Turquie. J’ai tenté online mais je n’ai pu finaliser le tout n’ayant pas de téléphone turque !! 

13/10/2019 – Jour 69

Nous voici depuis deux jours à Erevan et je me réjouis d’y être revenue. Sincèrement, entre vous et moi, la capitale de l’Arménie n’est pas incroyablement belle ni bluffante, mais elle a tout pour plaire à ceux qui, comme nous, aiment flâner et découvrir mille et un petits détails. Elle n’a d’ailleurs pas beaucoup changé depuis 2013. Elle est toujours aussi accueillante. L’atmosphère y est décontractée et très familiale. Elle offre des allées où il fait bon se promener des terrasses pour paresser, des parcs pour se reposer et une gastronomie qui nous ravit. 

Hier, balade et « grimpage » des 572 marches du parc « Cascade » le lieu emblématique de la ville. Flânage dans la ville au gré de vent sans réel itinéraire. Nous avons fini sur les hauteurs de la ville pour apercevoir le mont Ararat, mais celui-ci était à peine perceptible. Il se faisait timide, caché derrière les nuages.  Cet impressionnant et majestueux volcan recouvert de neiges éternelles, se dresse au sein d’un massif de 23 kilomètres de long pour 18 kilomètres de large. Il est en fait constitué de deux sommets et se situe en Turquie, selon la légende, l’arche de Noé s’y serait posée après le  Déluge. On y croit ou pas…

Les frontières entre l’Arménie et la Turquie sont fermées et pourtant si proches. Le passé et l’histoire a creusé un fossé -symboliquement- immense entre ces deux pays. Triste.

Aujourd’hui nous sommes sortis de la ville. En 2013, lorsque j’ai fait mon périple en solo durant cinq mois, j’avais été accueillie ici par un jeune couple très sympathique : elle, Française, Maéva et lui, Arménien, Narek. Ils étaient sur le point de se marier. Au cours des ces années, nous avons toujours gardé contact. Aujourd’hui, ils sont installés en France et ont deux petits garçons. Hier, j’ai donc écrit à Maéva, si elle avait une personne à nous référer comme chauffeur pour aller où nous voulions aujourd’hui. En cinq minutes, super Maéva, m’a référé Méri, une ancienne élève – Maéva enseignait le français au lycée franco-arménien à l’époque.  Méri nous a trouvé un chauffeur et s’est gentiment proposé de l’accompagner pour avoir la chance d’exercer sont français. Nous étions comblés.

Nous sommes donc partis aujourd’hui à Khor Virap, situé dans la région d’Ararat, non loin d’Erevan, pour visiter son monastère qui est le premier lieu saint de l’Arménie chrétienne, situé à l’emplacement de l’ancienne capitale de l’Arménie antique. 

Ensuite, destination Noravank, à une centaine de kilomètres de la capitale. Noravank est aujourd’hui l’une des cinq attractions touristiques majeures du pays.  Depuis 1996, il est inscrit sur la liste indicative arménienne du Patrimoine mondial de lUNESCO.

Retour en ville. Au revoir à Méri et Murad, notre super chauffeur.

Repas chez Dolmama, une table réputée de la capitale pour ses spécialités arméniennes. Succulent !

Demain, on sera encore en excursion … à la découverte des trésors de l’Arménie.

11/10/2010 – Jour 67

Bon, j’ai enfin un peu de temps pour reprendre mon journal. Depuis que nous sommes arrivés, le tempo n’a pas arrêté et c’est très bien comme cela. 

Retour en arrière, le passage des frontières c’est très bien déroulé. Nous sommes arrivés vers 9h00 à Tbilissi, capitale de la Géorgie.

C’était pour moi des retrouvailles et pour mon chéri, une découverte. En 2013, Tbilissi m’avait beaucoup plu et j’étais curieuse de voir comment elle avait évolué. Les gens, je peux le dire dès maintenant, étaient et sont toujours d’une grande hospitalité. Ici, tout le monde vous accueille avec le sourire et en anglais. Tout est facile. 

Nous avons donc pris possession de notre appartement dans le vieux Tbilissi. Une vue magnifique sur la ville. Nous l’avons réservé pour trois nuits mais nous resterons deux nuits seulement dans la capitale puisque le train que nous voulons prendre pour Erevan part le 11 ou le 13, soit les jours impairs. Deux jours pleins pour visiter la ville, c’est suffisant. 

En arrivant, lessives et petite épicerie. Ensuite, mon chéri était fatigué alors je suis partie trotter seule et j’ai découvert deux endroits qui n’existaient pas en 2013 : la Fabrique, un espace d’art de rue où le street-art est roi. Youpi ! Et le quartier « Nouveau Tbilissi » avec ses petites rues charmantes pleines de cafés et terrasses et joliment décoré de lampions pour le soir. Tbilissi, c’est vraiment embelli !

Hier fut une journée mémorable, inoubliable, fantastique et magique ! Certes la visite des vignobles de Kakheti, les palais, les monastères furent très interessant à visiter mais ce qui restera à jamais gravé dans notre mémoire et dans notre coeur c’est la fin de journée passée avec Tengo, Glakho, Merab et ses copains. En route, vers un monastère, j’ai aperçu le long de la route de campagne, des hommes plumant leurs poulets et dépeçant un mouton. En arrivant, notre formidable guide Tamuna, leur a demandé si je pouvais prendre des photos et sans souci, ils ont accepté. Il ne fallait pas avoir le coeur sensible car, la tête décapitée de la bête était encore là, le sang recouvrait le vert de l’herbe et les entrailles déposées dans un vieux carton. Mais peu importe, c’est la vie, c’est la réalité des campagnes, de leur vie. Nous avons échangé un peu et pour finir nous étions chaleureusement invités à participer à leur pique-nique pour célébrer l’amitié et une fête religieuse orthodoxe très locale l’Alaverdoba, une fête qui célèbre le monastère Alaverdi. 

Nous avons continué notre circuit de visite, leur promettant que nous viendrons à la fin de celui-ci. Nous sommes donc partis vers les vignobles de la région. La Géorgie est un pays de vin. Il ya des des vignes dans tout le pays mais la région de Kakheti, à une centaine de kilomètres de la capitale, propose un sol et un climat idéal pour le vin. La technique vinicole diffère de celle des Européens. Ici c’est une technique ancestrale où le raisin, une fois pressé est, des mois durant mis dans des jarres qui sont elles-mêmes, enterrées dans le sol. Après dégustation, nous avons été très agréablement surpris par la qualité et le niveau de vin produit. Rien de comparable avec de grands vins français ou italiens mais un vin très agréable pour le palais tant blanc que rouge. Personnellement, le vin rouge mi-sucré de la région n’est pas pour moi mais tous les goûts sont dans la nature et les Russes et les Chinois semblent adorer. 

Après notre dernière visite du Palais du poète aristocratique du XIXe siècle, Alexander Chavchavadze, nous avons pris la route pour nos amis qui nous espéraient. 

Dans un champ au milieu de nulle part, était dressé une table remplie de plats. On retrouve le mouton, les poulets, des tomates , du pain et bien évidement du vin, fait maison. La fête avait commencé. Nous avons été accueillis avec une telle générosité, chaleur et gentillesse. Bouleversant. Grâce à Tamuna, nous avons pu discuter et comprendre le déroulement de la soirée. Il y a une personne de désignée par le groupe qui tout au long de la soirée se lève et porte un toasts pour souligner, par exemple, l’amitié, les personnes seules, malades, les familles vivant à l’étranger, les parents, les visiteurs du Canada, la terre, les récoltes … toutes les occasions sont bonnes. Le hic c’est qu’à chaque fois, il faut boire le vin versé.  Moi, petite filou, je faisais semblant de boire, une fois sur trois, j’avalais une gorgée. Sinon, j’aurais été vraiment très très saoule. Mon chéri a bien festoyé et bu avec ses nouveaux amis. Nous étions très émus de nous quitter car la soirée fut exceptionnelle. Ce groupe d ‘hommes de tout âge, ces amis de toujours, nous ont partagé leur vie, le temps d’une soirée. Nous avons vraiment ri beaucoup, beaucoup. Nous savons que ce moment était unique et c’est sans doute ce qui en a fait sa richesse et son intensité. Retour vers la capitale. Jamais nous n’oublierons.

Étonnamment, mon chéri s’est réveillé sans mal de tête mais complètement déshydraté. 

Nous avons la journée pour poursuivre la visite de Tbilissi : Vieux Tbilissi, Bains thermaux, mosquée, églises, etc. La ville s’étend sur des collines. On monte, on descend… Comme dit mon chéri : « Parfait pour éliminer les toxines ». La ville est vraiment très agréable à visiter. Elle s’est bien épanouie, la belle capitale. Tbilissi est l’une des plus charmantes villes d’Europe : des maisons brinquebalantes, des vieux balcons de bois, des influences sans doute un peu turques et russes, des petites églises orthodoxes ici et là…

Nous la quittons ce soir pour Erevan… Une autre capitale, une autre retrouvaille pour moi et découverte pour Claude… À suivre !

08/10/2019 – Jour 64

Nous revenons d’une excellente journée d’excursion. Nous avions demandé à la réception de l’hôtel qui est maintenant aux petits soins avec nous, de nous trouver un chauffeur pour aller visiter les alentours. Anar s’est présenté à 10h30 comme prévu. Le jeune homme de la réception lui a indiqué ce que nous désirions voir et nous voilà partis dans sa Lada blanche d’une autre époque. Nous nous dirigeons vers Helenendorf, à 12 kilomètres de Ganja, une ancienne ville allemande aujourd’hui rebaptisée « Göygöl » en raison du lac Göygöl, le célèbre « Lac Bleu », par décision du Parlement d’Azerbaïdjan en 2008.

Ayant vécu 12 ans en Allemagne, cette petite bourgade nous intéressait. Alors un peu d’histoire …Les tous premiers colons allemands sont arrivés en Azerbaïdjan en 1818. Deux cents familles se sont installées dans la ville qui s’appelait alors Elisabethpol et qui porte aujourd’hui le nom de Ganja. Un an plus tard, un peu plus loin, quelques 120 familles fondaient Helenendorf. 

Malheureusement après l’invasion de l’Union soviétique par l’Allemagne en 1941, Moscou publie un décret forçant tous les ressortissants allemands de quitter le Caucase. En moins d’une semaine, les Allemands sont sommés de quitter sans délai le pays. Une vague de départs forcés qui a porté un coup terrible à cette communauté qui était implantée depuis plus d’un siècle en Azerbaïdjan.

Aujourd’hui, le centre-ville compte encore plus de 300 maisons construites dans le plus pur style allemand. Vraiment curieux de voir cela si loin de l’Allemagne !

Les paysages de la région sont très beaux et les vignobles très présents. Anar et mon chéri « discute » avec les mains dans un drôle de charabia, une langue inventée par eux avec des mots de russe, d’anglais, d’allemand. Mon chéri me fait vraiment rire. Je suis ici plus effacée car les hommes parlent entre eux. D’ailleurs le réceptionniste de l’hôtel à présenter Claude au chauffeur : « Mister Trudelle » mais un, ne m’a pas présenté et deux, ne sait même pas mon nom alors que je gère toutes les réservations et les communications de logistique. Alors mon nom, il a du le voir plus d’une fois… Autre pays, autre statut de la femme …

Revenons à notre superbe journée. Quelques 60 kilomètres plus loin se trouve un parc national. Le Parc national de Göygöl. La zone de Göygöl est presque entièrement couverte de forêts et possède une flore riche avec plus de 420 espèces végétales, dont 20 sont endémiques à la région. Il a également une faune riche, avec des mammifères tels que les ours bruns, le cerf rouge du Caucase, le chevreuil, le lynx, etc. On était un peu en manque de nature. Nous avons été gâté surtout avec les belles couleurs de l’automne. Certes rien de comparable à chez nous mais très joli.

Dans le parc se trouve un magnifique lac, le Lac bleu et la maison du Président. Quand celui-ci se trouve dans cette résidence (car il en a de nombreuses à travers le pays, a-ton appris), le parc est fermé. 

Magnifique endroit et on comprend pourquoi, ce lac est reconnu comme le plus beau du pays. 

Anar et Claude continue leur bavardage, discutant cette fois-ci de chasse et de pêche. Étonnant de voir combien, on peut se comprendre sans parler la même langue. 

Notre chauffeur connaissant la région comme sa poche nous emmène dans un petit resto local. On a dégusté des « entrecôte Kebab », une viande de mouton succulente et grillée à la perfection avec un assortiment de salade et des Qutabs. Ici, dans la région de Ganja, le Qutab s’appelle « Kete » et il est beaucoup plus grand que celui qui est cuit à Bakou. Kete comprend des verdures (persil, fines herbes etc.) et du fromage à l’intérieur de la pâte. Miam, miam. 

Après ce festin, retour en ville.

Nous prenons le train cette nuit vers Tbilissi. Autre pays. Géorgie nous voilà et retrouvaille pour moi… À suivre !

07/10/2019 – Jour 63

Notre arrivée à Ganja … quand ça va mal, ça val mal ! Les choses sont allées de mal en pis.

Nous arrivons à destination à la gare de Ganja. Notre plan : aller directement à la gare d’autobus pour acheter notre billet de bus pour se rendre en Géorgie, à Tbilissi, le 8 octobre et ensuite aller à l’hôtel. Il y a également l’option du train mais celui-ci passe à 2h30 du matin… pas trop envie de cette option.

Ayant demandé à Khayyam, notre guide à Bakou, qui vient de la région, le prix de la course, celui-ci nous dit qu’au maximum, cela nous coûterait 10 Manats (soit 8$CAD). Nous sortons le nez de la gare et les chauffeurs de taxi approchent. Mon chéri commence à discuter avec un et je sens déjà le problème poindre à l’horizon. Intuition, intuition, toujours suivre son intuition. Le chauffeur ne parle pas un traitre mot d’anglais mais mon chéri poursuit la conversation et décide de lui expliquer ce que nous voulons avec quelques mots de russe et d’anglais. Pourquoi ? Parce qu’il semblait sympathique. J’adore l’argumentation de mon Ti Chouchou parfois. Pour le prix, je négocie et il fait une première baisse à 15 Manats pour finalement accepter le 10 que je propose. On monte en voiture. Au début, on met les sacs à dos dans le coffre mais je décide de les prendre avec moi sur le siège arrière. J’anticipe. Claude monte devant. Nous partons vers la gare d’autobus… en chemin mon chéri essaie de lui expliquer plus clairement que nous allons à la gare pour acheter les billets de bus pour Tbilissi et ensuite, nous allons à l’hôtel. En entendant, le nom de la capitale géorgienne, celui-ci nous propose soudainement de nous y emmener pour la modique somme de 100 $US. Même pas en rêve ! Il commence à passer des coups de téléphone. On fait un arrêt à un guichet automatique pour retirer de l’argent. On poursuit mais le chauffeur tourne et tourne, ne semblant pas savoir où aller pour les billets. Il finit par comprendre que nous allons ensuite à l’hôtel à Ganja. Nous lui montrons l’adresse et là, encore, il ne semble pas savoir où se trouve l’endroit. Il s’arrête une fois, deux fois, trois fois pour aller parler à des gens. On ne sait pas trop pourquoi. On finit par comprendre qu’on n’ira jamais à la gare d’autobus. Le cirque a duré une heure ! À bout de patience, mon chéri lui dit de nous emmener à l’hôtel. On finit par y arriver. Nous descendons et le 10 Manats négocié, deviendra un 5 Manats. Le chauffeur n’est pas content. Nous, non plus. Bon réflexe d’avoir gardé nos sacs à dos avec nous et pas dans son coffre.  Nous entrons dans l’hôtel qui est nouvellement ouvert. Ils sont en train de finaliser l’installation de l’enseigne. Nous sommes sans doute parmi les premiers clients. Le chauffeur nous suit dans le hall d’entrée et commence à baragouiner avec le jeune homme à la réception. Toute une arrivée ! Nous ne paierons pas pour ce que nous n’avons pas eu. Le chauffeur part en pestant et le jeune s’excuse de son comportement. Notre séjour pouvait commencer enfin … Et bien non ! Pour aller en bus, en Géorgie, cela se fait mais pas de trajet tous les jours, c’est un peu selon la demande… On finit par abandonner l’idée et je réserve le train … On fera donc une courte nuit mais pour alléger la situation, je nous ai réservé une cabine à deux lits pour la somme de 70 $CAD pour deux. Mais voilà que je rentre le 8/10 comme départ … mais une fois payé, je réalise que le train part de Bakou, le 8 en soirée et arrive le 9 au matin à Ganja…. Crotte de bique, zut de zut ! On repart à la gare pour essayer de changer la date. On apprend là que la course du taxi coûte aller/retour plus attente du taxi à la gare : 4 Manats. Le chauffeur était vraiment un escroc. Malheureusement pour le train, pas de possibilité de changer les dates ! Il faudrait acheter un autre billet. On relativise et pas de stress. On restera une nuit de plus ici. Il y a des choses à voir dans Ganja et aux alentours, entre autre un superbe lac et un village allemand, anciennement appelé Helenendorf, aujourd’hui nommé Göygöl… intriguant. 

Nous avons donc pris une nuit de plus. Notre réservation, à l’origine, était du 6 au 8, donc deux nuits. Nous resterons une troisième nuit, du 6 au 9. Pas de problème. Nous sommes les seuls dans l’hôtel !

En arrivant hier, dans notre chambre, il y avait une petite odeur d’égout dans la salle de bain. On s’est dit que c’était simplement parce que les tuyaux n’avaient pas beaucoup servis et qu’après la douche, cela passerait. Ce matin, l’odeur était insupportable … au point que nous avons du changer de chambre !! Quand ça va mal, ça va mal ! Et plus l’hôtel nous explique qu’ils  ne nous chargeront pas une quatrième nuit !!!!! Ils nous l’offrent puisque nous partons dans le milieu de la nuit ! Chez eux la nuitée débute à minuit !!! Jamais vu cela. Je leur explique et démontre que les réservations d’hôtel sur booking.com ne fonctionne pas comme cela et que jamais nous avons vu ça ailleurs. Mais pour eux, ils nous offrent la nuit !! Du 6 au 9, cela fait trois nuits et nous les paierons normalement avec un check out jusqu’à midi bien que nous quittions la chambre en plein milieu de la nuit du 8 au 9… Bizarre de système. Malgré tout une bonne nuit de sommeil et nous profitons d’une autre belle journée ensoleillée pour découvrir la ville. Espérons maintenant que la fin du séjour se finisse sans anicroche… À suivre !

06/10/2019 – Jour 62

Dans le train vers Ganja, la seconde plus grande ville de l’Azerbaïdjan, je repense à ces quatre jours à Bakou. 

Une ville qui m’a vraiment surprise. Pour être honnête, je n’avais aucune idée, aucune image de la ville et je ne m’attendais absolument pas à tant de modernisme, de beauté et de richesse. L’économie du pays repose sur l’industrie pétrolière et depuis 2000, après l’indépendance de la domination russe, le pays a pu enfin réinvestir dans ses infrastructures les bénéfices liés à la vente du pétrole.  

Les plus grandes compagnies telles BP, Aral, Exxon sont partenaires de SOCAR, la société d’état gérant le pétrole en Azerbaïdjan. 

Nous sommes partis en excursion, en dehors de la ville, pour voir ce que la région offre comme attraits. Le Parc national de Gobustan, inscrit au patrimoine de l’UNESCO, avec ses  nombreuses peintures rupestres, ses pleines désertiques et ses volcans de boue est unique. Dommage qu’il faille traverser un dépotoir à ciel ouvert pour admirer ce trésor si ancien. 

Ensuite, nous avions entendu parlé de la montagne de feu, une montagne qui brûle depuis des siècles. Nous sommes donc allés sur la péninsule d’Absheron pour constater du phénomène naturel. Il y avait à l’origine trois montagnes, que nous qualifierons de collines, de feu. Deux sont exploitées et le gouvernement a décidé de laisser la troisième à l’état brut, en faisant un site touristique. C’est vraiment impressionnant à voir et la chaleur qui se dégage est intense. La site est toujours très venteux. Le vent joue avec le feu, faisant tournoyer les flammes pour l’émerveillement de tous.

Voilà une heure que nous roulons, longeant une rivière et les puits de pétrole sont très, très, très nombreux ! On en retrouve même dans le centre de Bakou, où est situé également le plus vieux puit de pétrole au monde. Incroyable !

La gastronomie azerbaïdjanaise est aussi délicieuse. J’aime ses saveurs orientales. Les légumes mijotent avec la viande et donnent des plats savoureux. Les grillades sont un délice et mon chéri a fait une cure de baklavas. Nous sommes certes dans un pays musulman mais ici, l’état est laïque et les moeurs très « européens ou nord-américains ». On boit de l’alcool sans soucis sur les terrasses des cafés ou restaurant sans jugement. 

Visite également de la Tour Mardakan. J’y suis montée seule. Mon chéri ayant le vertige. Le site n’est pas vraiment ouvert au public mais nous avons eu la chance grâce à notre guide Khayyam de pouvoir le visiter. Je comprends pourquoi il n’est pas ouvert à tous car c’est à nos risques et périls. Pour profiter de la vue panoramique sur la péninsule, il faut monter dans des escaliers colimaçons de pierre, pas éclairés et surtout passer par des étages où le sol est effondré. Une planche par ci, par là résiste et fait le chemin. Il faut faire attention mais la vue vaut les petits frissons.

Retour en ville.

Nous avons profité de notre dernière soirée à Bakou en se baladant sur la grande promenade (7 km) le long de la mer Caspienne. Il faisait doux et les lumières de la ville offrent un romantique cadre. Les trois « Tours de feu » illuminées sont la signature de la ville de Bakou, de l’ère moderne tournée vers l’avenir et la prospérité.  Bye, bye Bakou, bonjour Ganja … À suivre.

04/10/2019 – Jour 60

Bakou est une véritable découverte. Une ville dynamique, moderne, propre, jeune, gaie, vibrante, accueillante, éclatée et sans stress. Le pays a su retrouver son identité étant passée, à travers le passé, sous le joug des Arabes, des Perses et des Russes. L’Azerbaïdjan est indépendant depuis 1991. Grâce à l’industrie du pétrole, l’économie est prospère et les infrastructures modernes. Ce pays laïque, où vivent plus d’une vingtaine de nationalités différentes, est ouvert sur le monde, tolérant et respectueux de toutes les religions. Les jeunes amoureux se baladent main dans la main et les jeunes femmes, cheveux au vent. 

Ce qui nous a étonné, c’est la diversité architecturale. On passe du vieux Bakou, avec ses caravansérails, au quartier des affaires, où les tours modernes frôlent le ciel, en passant par des hôtels particuliers très faubourg Saint-Honoré. Le tout s’harmonise et donne un cachet unique. 

Nous avons eu la chance, aujourd’hui, de visiter avec un guide. Comme en Mongolie, Voyages CAA-Québec, offre un circuit en Azerbaïdjan, Géorgie et Arménie. Nous avons pu vivre, grâce à notre partenaire, une journée de ce que les voyageurs vivront en 2020. Notre guide parle très bien français et est une source formidable d’informations sur l’histoire, les coutumes et le patrimoine du pays. 

Programme de la journée : l’Allée des Martyrs, la vieille ville, le Palais Shirvanshah, la Tour vierge et l’extraordinaire musée d’Heydar Aliyev. 

En nous baladant dans le vieux Bakou, nous avons entendu parler québécois. Deux personnes, un homme et une femme conversaient. Ni une, ni deux, je suis allée leur parler. Dominique et Daniel font partie d’un groupe. Ce sont deux agents de voyage du Québec qui font un tour d’horizon pour éventuellement offrir l’Azerbaïdjan comme destination voyage. Courte rencontre mais fort sympathique.

Ensuite, heure du lunch … miam, miam la cuisine est délicieuse et savoureuse. 

Une journée bien remplie comme on aime. On a apprit plein de choses et ouvert un peu plus notre esprit sur le monde. 

01/10/2019 – Jour 57

Nous avons survécu à 28 heures de train et pour être honnête ça n’a pas été très difficile. Certes, il faut être prêts à accepter cette promiscuité, cet inconfort mais en fin de compte c’est une super tranche de vie qui nous fait apprécier encore plus les découvertes et expériences du voyage. Nous nous sommes donc installés sur nos couchettes du haut et fait particulier, dans ce train, il n’y avait pas de rambarde de sécurité pour les chutes éventuelles durant la nuit. Pour mon chéri, tout un défi car dormir avec sa taille sur une tablette d’étagère sans tomber c’est de la prouesse ! Les pieds dépassant déjà en hauteur à la moitié du couloir. Drôle à voir. Le secret pour bien dormir : des bouchons d’oreille et un masque de nuit ! Avec ça, on dort presque comme un bébé ! Les couchettes, pour ceux qui aiment, comme nous, les matelas fermes, sont très bien. Il faut aussi accepter le va-et-viens constant durant le jour des vendeurs de bébelles qui apparaissent dont ne sait où et qui changent durant le parcours. On est spectateur, on est témoin aussi de trafic de marchandises. On voit passer des caisses et des caisses dont ne sait pas trop quoi. Les caisses de vodka transitent aussi de wagon régulièrement comme si il y avait un jeu de chat et souris. Chaque espace du train est utilisé pour placer quelque chose : des pastèques, du stock de marchandises, des sacs emballés à double et triple tour de ruban adhésif. Des billets s’échangent, des commentaires à voix basses aussi.  Il faut sortir de sa zone de confort et de nos critères de nord américain : quand ta voisine du dessous, une vielle dame rote fortement et régulièrement et que personne ne semble moindrement être perturbé par cela, et bien tu fais avec même si à chaque fois, cela t’interpelle. La seule chose qui m’a vraiment choqué et attristé : c’est de voir que les déchets de poubelles et des toilettes finissent soit jetés par la fenêtre le long de la voie ferrée et soit évacués par un trou sur les rails. Alors que de grandes manifestations ont lieu dans nos chers pays occidentaux, ici, on est à des années lumières de la prise de conscience environnementaliste. Sujet à réflexion …

Les passagers au début intrigués, ont certains osé nous parler. Toujours la même question : d’où venons nous ? et avons nous aimé l’Ouzbékistan ? Ils connaissent le Canada, le froid et le hockey mais sont intrigués de nous entendre parler français. Un des douaniers ouzbeks pensait d’ailleurs que nous venions de France car c’est en France que l’on parle français 🙂 À ce sujet, quelle gentillesse de la part des agents de frontière des deux pays, les uns nous remerciant d’avoir visité leur pays et les autres nous souhaitons un excellent séjour dans leur pays. Cela me permet de changer un peu d’opinion concernant l’accueil au Kazakhstan. En 2013, j’y étais venue seule et je n’avais pas eu de belles expériences très chaleureuses avec les locaux et les autorités, bien au contraire. Il fallait à l’époque se méfier de la police corrompue, prête à vous alléger de quelques billets pour n’importe quelle broutille. Serait-ce en voie de disparition ?  En 2013, le tourisme était inexistant et l’étranger était considéré comme suspect. Que venait faire une femme seule dans ce pays et surtout s’elle ne parlait ni kazakh ni russe. 

Aujourd’hui, je suis heureusement surprise par l’hospitalité et les sourires affichés sur les visages. 

Nous sommes donc arrivés, après malgré tout, une bonne nuit, à Aktau (je dois vous dire que je ne sais plus vraiment l’orthographe des villes que nous visitons : entre la graphie du pays, celle en anglais et ensuite en français, je suis un peu perdue). Un taxi nous attendait à la gare et mieux que cela, une femme taxi ! Malheureusement celle-ci ne parlant pas un mot d’anglais et nous pas un mot de kazakh, je n’ai pas pu savoir comment cela était de faire ce travail en tant que femme au Kazakhstan. Ce que j’ai pu constater c’est que beaucoup de femmes, contrairement à l’Ouzbékistan sont au volant. Un bon signe.

Pour faire une surprise à mon chéri et surtout le remercier de me suivre dans mes folies et de m’accompagner dans la réalisation de mon rêve, je lui (nous) ai offert une nuit dans un palace sur le bord de la mer Caspienne. 

Mon chéri, si ce n’était que de lui, s’épargnerait certains inconforts mais il est extra et me suit dans l’aventure. Vivre des « clashs » de situation, comme cela en 48 heures permet de savourer les deux. Alors, nous savourons ce 24 heures dans une belle suite avec une vue magnifique, dans un lit immense et une grande baignoire avec plein de bain moussant ! Chez nous, quand on avait encore un chez nous, je ne voyais pas ma baignoire, objet du quotidien. Actuellement, la vue d’une baignoire me réjouit 🙂 Je savoure mon « trempatouillage » et me délecte de ce moment de détente. 

Nous sommes accueillis comme des rois car dans cet hôtel, très peu de voyageurs occidentaux viennent. Il y a des Russes et des Kazakhs mais très rarement des Européens et encore moins de Nord-Américains. On nous fait visiter l’hôtel. On nous explique que le propriétaire est amoureux de Paris et a basé sa décoration là-dessus. Un petit côté kitch … Je vous écris du lobby renommé « Avenue des Champs Élysées. » La tour Eiffel sert de logo et l’effort est là pour essayer de donner une petite touche française. Comme quoi la France reste, encore, avec cette image de luxe et de raffinement… 

Moi, ce qui m’a étonné et impressionné c’est l’immense bassin extérieur, que je croyais être une piscine, qui est en fait une sorte de pisciculture d’esturgeons, seconde passion du propriétaire, et la salle privative et réceptive au sous-sol, un immense aquarium. On marche sur un sol de verre sous lequel les poissons se baladent. Nous avions réservé la salle pour souper en tête-à-tête et faire une dégustation de caviar dont nous n’avons jamais vu la couleur noire et brillante !

On nous  raconté qu’il y avait eu une mauvaise communication, qu’il faut commander le caviar et que là c’était trop tard. Difficile à comprendre quand tu te trouves dans une salle remplie d’esturgeons … Vraiment déçue mais un si petit problème… L’esturgeon grillé que j’ai mangé, était excellent.  Pour finir la journée magnifique coucher de soleil. Alors, je peux relativiser ma petite déception car quand même … je suis sur la mer Caspienne avec mon Ti Chouchou à admirer le coucher de soleil ! 

29/09/2019 – Jour 55

Matinée logistique : lavage, préparation de la suite du voyage au Kazakstan.

Noukous n’offre pas grand chose  comme attrait touristique mais ce qu’elle offre est de grande qualité. En effet, le musée des Beaux-Arts de Karakalpakstan possède une collection unique de tableaux de l’avant-garde et post-avant-garde soviétique rassemblée par Igor Savitsky. Ce grand amateur d’art, au risque d’être dénoncé comme anticommuniste, durant la période stalinienne, et d’être déporté en Sibérie, réussit à sauver plus de 90 000 oeuvres d’artistes réprimés, oeuvres qu’il entreposa dans les archives du musée de Noukous. Noukous est loin de Moscou et de son pouvoir totalitaire… Les tableaux furent oubliés du monde, tel un trésor enfoui dans les sables du désert. Ils ne réapparurent qu’avec la Perestroïka. Nous y avons découvert des grands artistes de cette période tels Robert Falk, d’Evguenni Lyssenko, de Liubov Popova, de David Chterenberg, d’Alexandre Volkov, de Sokolov lors de ses années passées au goulag etc. Pour les amateurs d’art, c’est un trésor qui justifie à lui seul le déplacement jusqu’à cette ville peu attrayante au fin fond de l’Ouzbékistan. 

Il nous fallait trouver ensuite un guichet automatique pour retirer un peu d’argent pour notre dernier 24 heures en Ouzbékistan et pour payer le chauffeur qui nous a emmené la veille au cimetière des bateaux. Nous pensions régler ça en cinq minutes et ensuite aller manger. Cela nous a pris plus de deux heures pour réussir à trouver un guichet où retirer avec une carte de crédit ! En Ouzbékistan, nous le savons payer avec une carte est rarissime. Nous avons jusqu’à présent toujours trouvé un guichet qui prenait le cartes mais à Noukous, difficile. Après plusieurs visite de guichet qui ne font pas de service avec Visa, Master Card ou Amex, nous avons fini, après 45 minutes, par trouver une banque ouverte en ce dimanche. Nous pensions avoir trouvé la solution, celle-ci acceptant de prendre la carte et de nous donner l’argent en échange. Cela aurait été trop facile ! La banquière étant derrière une vitre, elle a pris notre carte l’a insérée dans le terminal – nous y étions presque – et nous demande d’écrire notre code sur un papier pour qu’elle le rentre elle-même !!! Pourquoi ?? Parce que le fil de son terminal est trop court et ne peut passer dans le tiroir qui nous séparer… Euh, c’est une vraie blague !! Où a t’on jamais vu donner son code et de surcroit l’écrire ? Toutes les banques de ce monde disent le contraire : NE JAMAIS DONNER SON NIP ! Pour parodier Astérix ; « Ils sont fous ces Ouzbeks .»

Un jeune homme derrière nous nous explique en anglais (youpi) qu’il y a un guichet qui prend accepte les cartes Visa. Mon chéri sait où il se trouve. Nous nous dirigeons en direction de la boite au trésor. En chemin, nous apercevons un hôtel plus « luxueux », je dis à Claude que peut-être, il y aurait un guichet dans le hall. C’était le cas dans les autres villes. Nous entrons et malheureusement pas de guichet à l’horizon. Mon chéri demande si le guichet en question est proche et les deux jeunes gens à la réception nous renvoient en sens inverse de notre chemin. Mon chéri était un ti peu « pardu » dans la ville, ha, ha, ha. Cela fait juste une heure déjà qu’on cherche un sacré moyen de retirer de l’argent. 

J’active google maps : 12 minutes à pied effectivement en sens inverse. Demi tour toute et let’s go ! Nous voilà devant la machine à bidous. Claude essaie de retirer des SUMs mais joli message « Out of money ». Nooooon ! Il essaie une seconde fois en essayant de retire des dollars puisqu’il y avait une option $. Il veut des billets de 20 pour payer notre dû au chauffeur. Et que reçoit-il ? Un beau billet tout neuf de 100 $ !! Renooooon ! Comment faire la monnaie ?? Nous retournons donc à la banque pour voir si cela est possible. En faisant bien attention de ne pas froisser le dit billet car ici, ils ne prennent que des billets non froissés, pas abimés ni écornés. Mon chéri s’est fait refuser à l’aéroport de Tachkent un billet neuf car il était un chouia écorné … Ouf et enfin, après plus de deux heures de dédales, de retour à la banque, nous finissons par avoir ce que nous voulons.

Digne de Kafka ! Las de se balader à travers la ville et plus envie d’aller au restaurant. On s’achète un poulet grillé, des concombres, on fait des courses pour le trajet en train demain et on part manger à la chambre. 

Un lever encore très tôt, nous partons à 4 heures pour Aqtau sur le bord de la mer Capsienne au Kazakstan. 28 heures de train en classe Quart ! … À suivre … quand nous aurons du réseau ! 

28/09/2019 – Jour 54

Non seulement nous avons chauffeur (qui ne parle pas anglais) mais en plus, le jeune homme de la réception, parce que lui aussi veut exercer son anglais, nous accompagne.  Un guide local et un chauffeur, nous sommes comme des rois !

Aziz étudie lui aussi l’anglais pour devenir interprète et rêve, comme Abdourassoul, de découvrir le monde…

Avant de quitter la ville, nous passons par la gare pour acheter nos billets de train pour la prochaine destination : Aktaou, au Kazakstan. 28 heures de train en classe Quart ! Une véritable expérience … ouh, la, la !

Nous débutons notre journée d’excursion par un cimetière… Ce sera le thème de la journée !

En faisant la route de Noukous à Mouïnak, on passe par la ville de Khodjeïli, « la ville des hajji (pèlerins).  Il ne s’agit pas simplement d’un cimetière, mais d’une nécropole, la Mizdakhan, et d’un site plein de mystère et de légendes, où les pèlerins se recueillent encore aujourd’hui. En effet, chaque personne venant dans ce site doit faire une colonne de sept pierres. La quantité de pierre correspond au nombre de coupoles du mausolée de Chamoun-nabi, un des saints les plus vénérés de l’Asie Centrale, ayant eu sept filles.  On lui adresse ainsi une demande et le saint exhausserait nos voeux. Nous n’avons rien fait de cela mais admirer le site. Impressionnant.

À quelques mètres, les vestiges d’une forteresse sont encore présents. 

On poursuit le route …

Autrefois la mer d’Aral se trouvait à Mouïnak, là où nous allons à deux et demi de route de Noukous. Autrefois, il y avait une industrie de la pêche prospère à Mouïnak. Et la catastrophe se pointa le nez tranquillement, sournoisement : la mer fut vidée, contournée pour arroser les plants de coton de tout l’Ouzbékistan. Aujourd’hui, la mer est morte mais pas l’industrie du coton. 

La route est mauvaise, vraiment mauvaise au point que plusieurs fois, mon chéri se cogne au plafond à cause de trous dans l’asphalte. Moi, je vole presque dans la voiture … comme une plume. On en rit au lieu d’en avoir peur. On arrive enfin au cimetière des bateaux.  Il en reste une quinzaine. De gros bateaux de pêche rouillés, brûlés par le soleil sont là échoués sur le sable au milieu de nulle part, là ou en 1960, il y avait encore la mer. C’est tragiquement beau !

J’aime ces endroits, ces lieux abandonnés, ces épaves échouées…

Retour vers Noukous. Soirée à l’hôtel. Gros luxe, il y a une baignoire et j’ai pris un bain dans une eau délicieusement chaude et aromatisée. Un vrai petit bonheur ! Programme du soir : rien faire !

27/09/2019 – Jour 53

Bye Bye Khiva !

Nous revoilà vraiment sur le chemin de l’aventure. Dans le train pas un touriste à l’horizon et nous étions une dizaine dans le wagon. Vraiment tranquille. Ça fait du bien, une accalmie de foule. Le train s’arrêtant à deux ou trois gares avant notre destination Noukous, le bal des vendeurs de toutes sortes est un spectacle en soi. Le temps de l’arrêt, variant de 10 à 20 minutes, chacun essaie de vendre ses bébelles : des fruits, des magazines, des jouets en plastique, des bijoux en toc, des vêtements. Wow ! Pour une fois, personne ne nous proposait quoique ce soit. Pas de sollicitation. Nous étions observateurs, spectateurs de ce commerce, des négociations.

Arrivés à Noukous, on monte dans un taxi et pas de surenchère dans les prix. Pour faire 11 kilomètres, il nous en coûtera 10 000 SUMs soit 1 $US. C’est le tarif. À Samarcande, Boukhara et Khiva, un essaim de chauffeurs de taxi, vous tourne autour et certains osent même demander 10 à 15 $US pour la même distance. Évidement, peu informés, beaucoup de touristes tombent dans le panneau comparant le prix avec ce que cela leur coûterait chez eux. Mais ce n’est pas comme cela qu’il faut penser. 

Une fois, nos affaires déposées, nous sommes partis nous balader. La ville en soi n’est pas aussi sublime et attirante que les dernières que nous avons faites mais je ne suis pas là pour ça. Je suis là pour la mer d’Aral, pour le cimetière des bateaux que nous verrons demain. À la réception de l’hôtel, nous avons demandé un chauffeur pour demain. Le tout devrait s’organiser. 

En se baladant au marché, où mon chéri a fait réparer une ganse brisée de son sac à dos, soudain, un jeune homme nous a abordé, tout heureux semblait-il de trouver des touristes avec qui parler en anglais. Très poliment, il nous a expliqué qu’il étudie, à l’université, les langues : l’anglais et l’arabe, mais qu’a Noukous, il y a peu de touristes et qu’il serait heureux de se balader un peu avec nous pour papoter. Avec plaisir nous acceptons. Nous déambulons dans le marché et après 15 minutes, le trouvant sympathique, nous lui proposons d’aller prendre un verre. Nous passerons la soirée ensemble, échangeant sur nos vies et ses rêves. Ceux de partir découvrir l’ailleurs. Comme beaucoup de jeunes ici, il souhaite voyager et travailler en Europe pour une meilleure vie. Il nous parle de lui et de son amour non déclaré pour sa jeune professeure d’anglais, une Américaine de son âge qu’il trouve si belle. Abdoulrassoul voudrait lui avouer ses sentiments mais il est top gêné. Ah l’amour !

Nous nous quittons et nous lui souhaitons le meilleur. Une belle soirée totalement inattendue où nous avons ri et beaucoup échangé. Voilà ce que j’adore en voyage : les rencontres fortuites. 

En rentrant à l’hôtel, la journée du lendemain est organisée. À 9h00, le chauffeur sera là. Impatiente de voir enfin cette mer d’Aral…

26/07/2019 – Jour 52

En arrivant hier, nous avons décidé de sortir de la ville aujourd’hui et de visiter les alentours : les forteresses du désert. Au nombre d’une dizaine dans un rayon d’une centaine de kilomètres de Khiva, nous en avons fait trois, les plus importantes et imposantes. Le chauffeur était au rendez-vous, Atanar, souriant de toutes ces belles dents en or et bredouillant trois mots d’anglais. Parenthèse hygiène buccale : il parait qu’il en coûte encore de nos jours moins chers, ici, de se faire mettre des dents en or que d’utiliser les nouvelles technologies. Beaucoup, tant femmes que hommes ont les dents en or. Bling, bling 🙂 Certains rappeurs devraient venir faire leur « golden smile » et leur plombage ici 🙂

L’excursion dure à peu près six heures. Nous montons dans la Chevrolet blanche et c’est parti mon kiki ! Nous avons remarqué le nombre incroyable de Chevrolet en Ouzbékistan. Nous avons appris aujourd’hui que les voitures sont construites ici et ensuite exportées. Ces dernières ici, toutes marques confondues, sont un, blanche à cause de la chaleur et deux, au gaz naturel soir méthane, soit propane. Et fait intéressant, lors du plein, seul le conducteur doit entrer sur le site de la station faire le plein de gaz. Tous les passagers doivent attendre à l’extérieur, par mesure de sécurité. Il y aurait des accidents parfois … Boum, boum !

Sur le chemin, nous traversons des champs et des champs de coton. C’est le temps de la récolte. C’est la première fois que je vois de visu un champs de coton. Bien évidement, je dois photographier.  Nous apprenons par le fait même que cette culture a eu pour conséquence, une grande catastrophe écologique, l’assèchement de la mer d’Aral. Nous nous y rendrons pour constater du désastre et visiter le cimetière de nombreux bateaux de pêche. Désolant et consternant !

Journée archéologique des forteresses de Toprak-Kala et d’Ayaz KalaLa forteresse de Toprak-Kala était la résidence du roi de l’empire perse Khwarezm au 1er siècle. La ville fortifiée avait une forme rectangulaire entourée de tours carrées. La galerie inférieure servait au logement et au repos des guerriers, et la galerie supérieure au combat.La forteresse d’Ayaz Kala (2ième siècle) profite d’un emplacement unique perché sur sa butte dominant le désert ! Point stratégique pour observer les éventuels dangers. Sortir de la ville, ça fait du bien

Nous avons lunché avec Atanar dans un restaurant local, le long du chemin du retour. Mon chéri et lui communiquait grâce à Google translate. Comprenant le russe mais qu’en cyrillique, Claude traduisait ses phrases du français en russe et voilà… Merci la technologie quand même. 

Depuis, que je suis arrivée en Ouzbékistan, j’ai découvert le Plov, plat national. Base de riz aux légumes avec de la viande soit du boeuf, soit du mouton. C’est succulent, savoureux … J’ai donc mangé un Plov, mon chéri des Shashliks, des grillades, avec salade de tomates et concombres frais, frais, frais.

De retour, à Khiva, nous constatons avec étonnement que notre chambre a été faite, impeccablement, que la toilette est réparée et que nous avons droit à 20% de rabais au restaurant si nous décidions de souper là. Voilà, ce que j’appelle savoir réagir professionnellement et être à l’écoute des clients. Nous souperons effectivement sur la terrasse pour assister au sublime coucher de soleil. C’était planifié avec ou sans rabais. Nous quittons demain matin. Khiva m’aura laisser un goût mi amer – mi sucré. La ville est incontestablement sublime et vaut le détour mais l’atmosphère très (trop) touriste lui fait perdre son charme. Khiva est à vivre au petit matin quand la foule est encore endormie. 

25/09/2019 – Jour 51

Réveil en plein milieu de la nuit pour prendre le train qui nous mène vers Khiva.

Notre train part à 4h14. Selon notre hôtesse, il nous faut partir à 3h00 pour arriver à la gare qui se trouve à 15 kilomètres en dehors de la ville afin de ne pas stresser et d’avoir le temps de passer la sécurité et le contrôle des passeports. C’est le mari de Lola, dont je vous ai déjà parlé, Javlor qui doit nous emmener. Réveil donc à 2h30 pour finaliser notre sac. À 2h50, nous sommes dans l’entrée. À 2h55, personne ! À 2h58, toujours personne, à 3h00, pas de Javlor en vue… Les chambres donnant toutes sur la cour intérieure, j’ai repéré la leur. Il semblent vivre là, ou du moins lorsque l’hôtel est plein. Comme il faut réveiller un homme, je dis à mon homme d’aller frapper. Toc, toc, toc, Javlor ronflait encore dans les bras de Morphée ! En deux secondes, il est debout et à 3h05, nous sommes dans son auto en route vers la gare. 20 minutes plus tard, nous arrivons. Les gardes contrôleurs de passeports dorment dans leur guérite à point fermé. Nous n’allions pas les déranger. Dans la gare, passage de sécurité fait. Je fais sonner le système en passant sous la porte de contrôle. On ne me regarde même pas et me laisse aller sans problème. Il faut croire que je n’ai pas l’air trop dangereuse. Contrôle du billet de train et voilà le tout est réglé. 

Ce dernier entre en gare et il est temps de monter. Wagon 11 et là, tadam, belle surprise, nous sommes dans un wagon lit. C’est un train de nuit venant de loin. Un train de nuit avec des wagons classe Quart, c’est-à-dire, un wagon dortoir. En Russie, nous savions qu’il y a 54 lits dans ce genre de wagon. Cela semble y ressembler.  Presque plein, tout le monde dort ou ronfle et nous découvrons que nos places sont les deux couchettes du haut au dessus de deux dames profondément endormies. Nous suit un petit groupe d’Italiens qui semble en état de choc. Ils sont grands et comme mon chéri, la montée devient loufoque et un fou-rire collectif nous prend car les hommes non vraiment pas le format local. Mon chéri a les pieds qui dépassent et un de nos voisins a toute la difficulté du monde à grimper sur sa couchette. Après plusieurs pirouettes, tout le monde a trouvé son nid. le train redémarre. La lumière s’éteint et nous pouvons poursuivre notre nuit. 

Arrivée prévue à 10h52. Vers 8h00, nous comprenons qu’il nous faut rendre les draps et descendre sur la couchette inférieure pour finir le trajet assis. Les dames dessous ne sont nullement accueillantes. Deux touristes, comme nous, venant de Russie. Nous ne pouvons rien aux règlements. Ça a l’air de fonctionné ainsi. Quelle que soit la nationalité, l’amabilité n’est pas donné à tout le monde. Dommage…

Nous voilà, arrivés à Khiva. Notre hôtel, référé par le grand dormeur Javlor est au coeur de la vieille ville, à près d’un kilomètre de la gare. Google, auquel il ne faut pas toujours se fier, nous indique 2,9 kilomètres et un itinéraire vraiment étrange. Nous y allons à la fois avec notre pif, à la fois avec le GPS, essayant de me repérer grâce aux photos vues sur le web. Nous finissons par arriver, avec difficulté, dans de petites ruelles, non loin de la Citadelle où le Mirza Boshi devrait se trouver. Après avoir demandé à trois personnes qui chacune nous donne une direction différente, nous tombons sur une maison avec un vieux panneau de bois indiquant Mirza Boshi B&B. Nous frappons. Nous entrons. Nous demandons. On nous répond que ce n’est pas là mais à cinq minutes à pied. On commence à en avoir marre de tourner en rond… Par chance, une jeune-fille, nous accompagne au bon endroit. Le Mirza Boshi est aussi, nous le découvrons, un restaurant en plein coeur d’Itchan Kala, la vielle ville. Le propriétaire nous reçoit « bofement », sans bonjour, juste « C’est vous qui êtes référés pas Hélène Oasis ? ». Notre chambre est dans la maison familiale à côté. Il nous conduit à la chambre. Je lui dis que je suis un peu étonnée par son accueil, jusqu’à présent partout où nous sommes passés si chaleureux… Il ne dit mot. Nous prenons possession de la chambre. Deux lits simples, une baignoire pleine de cheveux et une lunette de toilette brisée mais vraiment brisée. La chambre est malgré tout propre. Nous n’avons pas dormi ou presque pas. Il fait très chaud. Nous prenons la décision de rester au moins pour la nuit. Pas du tout envie de passer la journée à chercher un autre hôtel surtout que nous venons de constater que la ville est très très très touristique. Trop ! Ça commence mal ! 

L’Ouzbékistan est, depuis deux ans, en plein essor touristique. Le gouvernement a fait enlever les obligations de visa pour 45 pays et depuis les touristes affluent. Le problème : les infrastructures ne sont pas encore là. La demande est maintenant plus importante que l’offre. Nous n’avions pas ressenti cela à Tachkent, car ce n’est pas une destination touristique. Les groupes y atterrissent pour les villes phares telles Samarcande et Khiva. À Samarcande, nous l’avons déjà ressenti. Des kiosques, des échoppes vendant un peu trop le même inventaire et le « made in china » prend trop de place … Ici, après deux heures de visite de la vieille ville, nous constatons que c’est pire ! Nous sommes à l’inverse de ce que nous pensions. Naïfs, nous avions cru que plus nous nous éloignerions, moins il y aurait de monde mais c’est le contraire. Cela n’enlève cependant rien à la beauté de la ville. C’est un musée à ciel ouvert. Flâner dans les rues d’Itchan Kala… on se croirait dans un décor des mille et une nuits. La ville fortifiée par laquelle on accède par 4 portes reliées aux point cardinaux, est ceinte de murailles de briques beiges de 10 mètres. Je comprends pourquoi elle est, depuis 1990, ajoutée à la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.  Des échoppes, des mosquées, des médersas, de nombreux musées font vivre la vielle ville. Ça fourmille. Ça grouille de touristes, d’accents du monde !

Je tapuscris et je lève les yeux, admirant les minarets et les dômes turquoise et vert de la cité. Il est 17h39, l’ancienne ville se vide tranquillement… Le calme s’installe.

Le propriétaire est venu nous présenter des excuses…

23/09/2019 – Jour 49

Réveillée affamée… alors quand l’appétit va, tout va !

Nous avons papoté avec des clients français qui venaient de faire un « trek » près de la frontière du Tadjikistan et de l’Afghanistan. Un peu trop téméraires, ils se sont fait dire de « vite » s’éloigner et de retourner vers le centre… Il faut être aventureux mais pas imprudents. Malheureusement, il y a des coins du monde où il ne fait pas bon se pointer le nez même avec la meilleure volonté et le sourire aux lèvres… Peu leur chaut (et j’ai ici une pensée toute particulière pour mon ami Robert… qui se reconnaîtra car nous sommes les seuls au Québec, je crois à utiliser encore cette vieille expression).

Il y a à voir et à découvrir à Boukhara. Ce qui est merveilleux dans notre cas et on le savoure, c’est de pouvoir y aller mollo, tranquillo ! Nous ne sommes pas « vraiment » pressés par le temps. Nous avons pris les jours qui suffisent pour visiter à notre rythme, c’est-à-dire, balade, pause, balade, contemplation, balade, admiration, etc… « No stress at all ! » 

D’ailleurs avant de repartir pour la soirée, mon chéri fait la siesta et moi, je rédige. Je suis juste un peu frustrée de ne pas pouvoir illustrer mon journal mais ce sera fait dès que le réseau le pourra. 

Nous avons entendu parlé d’une médersa ou madrassa, Tchor Minor, signifiant en persan : « quatre minarets ». Un peu plus excentrée du coeur historique, elle est encore peu visitée. Et tant mieux pour nous. Les quatre minarets, tous décorés simplement mais différemment m’ont beaucoup touché. J’ai aimé ce lieu. Moins de dorure, plus de simplicité, à taille humaine et surtout excentrée. Un petit moment de bonheur et là, je pensais (journée dédicace) à notre ange, celle qui nous avait tant soutenu pour le visa russe, Annie, et qui aime autant que nous l’Ouzbékistan. Une rencontre brève mais importante. Encore merci Annie !

À l’autre bout de la ville, le marché local. Comme la température a beaucoup baissé avec un petit 25 degrés venteux. Il est fort agréable de marcher. En chemin, totalement imprévue, petite folie … arrêt chez le coiffeur. Je reste coquette, du moins, j’essaie avec ma garde-robe minimaliste, et j’avais envie d’un shampoing et brushing pour laisser mes cheveux au vent. Après un gros 4 dollars, j’étais plus que satisfaite. J’ai même osé une petite touche « punky », cheveux courts rasés au niveau de la nuque. Je sais vous voulez voir … Je vous mets une photo bientôt !

Donc femme ravie, chéri ébloui… on continue vers le marché. Tout aussi exotique que celui de Tachkent et de Samarcande avec les mêmes produits. Nous y avons acheté du miel succulent pour le quart du prix que nous payerions au Québec. Mais il ne sert à rien de comparer… le coût de la vie et les salaires le sont sans doute autant. Incomparable.

Je vais aller réveiller mon chéri car, nous allons visiter un atelier de broderie … À suivre!

22/09/2019 – Jour 48

Je vais mieux beaucoup mieux après une longue nuit de 12 heures. Plus d’instabilités gastriques et surtout une nuit de réhydratation. Aujourd’hui, j’ai un seul mot d’ordre de mon chéri « boire ».  J’ai pris un petit déjeuner léger mais délicieux et nous sommes partis galoper dans Boukhara. Direction donc inverse de la veille, celle d’une imposante citadelle, nommée Ark. « Ark » est un terme persan que l’on peut traduire par « cœur de l’état », la ville dans la ville.

Ceinte de remparts hauts de 16 à 20 m, érigée au 7ième siècle en continuel agrandissement jusqu’au 16ième siècle, et couvrant une superficie de 4 hectares, la citadelle est le plus ancien bâtiment de la ville. La forteresse fut plusieurs fois détruite et reconstruite, au hasard des guerres ou de l’usure du temps, mais fut toujours le centre du pouvoir politique et culturel de la région. De nombreux émirs y ont habités jusqu’en 1920.

Aujourd’hui, se trouve un musée, mais également un endroit particulier, la mosquée Ul’dukhtaron, conservée malgré les destructions. Selon la légende, 40 jeunes filles y furent torturées puis jetées dans un puit par Nasrullah Khan, émir de 1827 à 1860. L’émir, très cruel, était par ailleurs connu sous le surnom de « boucher » par les Ouzbeks, donnant beaucoup de crédit à la légende. Horrible !

Émir Alim Khan – crédit photo Prokoudine

Non loin de là, de l’autre côté de la grande place, un monument tout aussi impressionnant : la mosquée Bolo Khaouz. Elle est d’ailleurs inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Ses piliers ornés de majoliques sont magnifiques. 

La « fraîcheur »  (25 degrés) s’est installée et nous avons mangé en soirée sur une terrasse avec une petite laine ha, ha, ha comme quoi, nous comprenons que la notion de froid se relativise…

21/09/2019 – Jour 47

C’est du train vers Boukhara, que j’écris. Un train où l’air climatisé n’existe pas et où chacun sue à grosse goutte. Dans deux heures, nous serons à Boukhara où il fera encore plus chaud qu’à Samarcande. Boire, boire et encore boire. Cela me rappelle un peu mon voyage en Inde où il faisait tellement chaud à Varanasi (env. 45/48 degrés) que je fondais à vue d’oeil alors que je buvais non stop. Nous traversons une région très aride, presque désertique. Des champs verdoyants apparaissent par surprise sans doute le travail d’un bon système d’irrigation pour l’agriculture. Les champs de blés et coton parsèment le paysage. Les vaches et les ânes cherchent l’ombre. L’été doit être suffocant ici. 

Nous venons donc de quitter Samarcande. C’est un réel trésor pour les amoureux d’histoire mais aussi de mosquées, de mosaïque et de majolique. Nous avons appris ce terme ici. Ce sont des mosaïques en trois dimensions. Un travail minutieux et superbe.

Découverte et visite du Chah-i-Zinda où se retrouvent 11 mausolées, tous aussi sublimes et ornementés les uns que les autres. Moi qui adore le turquoise, j’étais ravie. C’est phénoménal de voir le travail des ouvriers. Ce sont à mes yeux de réels artistes. 

Mon chéri ne se sentant pas très bien, sans doute à cause de la nourriture et de la grande chaleur s’est reposé à l’hôtel. Moi, j’ai continué à trotter. Comme nous étions hier avec la guide, je n’ai pas pu savourer le marché à mon rythme alors, j’y suis retournée et là, j’ai découvert la vraie face du marché, pas celle présentée aux touristes avec ses boutiques de gadgets et de souvenirs. Plutôt, celle des échoppes de tissus presque cachées au fond des ruelles. Les petits boui-bouis où tout le monde se presse pour manger. Les kiosques de jouets « made in china » pour les petits, les boutiques d’articles de cuisine. Pas grand touriste à l’horizon mais voir la vraie vie, reste mon réel plaisir. Voir de mes yeux, le quotidien. Tout simplement ! C’est aussi enrichissant que de voir les musées et les mausolées.

Soirée pizza pour permettre à l’estomac de mon chéri de se remettre. Ensuite, nous devions assister à un spectacle de danse folklorique recommandé par notre guide mais nous ne l’avons jamais trouvé. Même en demandant, trois fois, à des locaux le lieu, chacun nous renvoyant à des endroits différents. Heureusement, nous n’avions rien avancé comme argent. Deux billets étaient censés être réservés à notre nom… J’espère que deux autres personnes ont pu y assister et en sont ressortis satisfaits. De notre côté, comme il ne se passe jamais rien pour rien, nous avons pu voir le spectacle de son et lumières au Régistan, arrivant pile poil, par hasard au début du spectacle. Wow ! J’en avais la chaire de poule. Magnifique et envoutant. La musique nous transporte dans un autre univers, celui de l’Orient, des milles et une nuits ! Nous avons terminé en beauté, en admirant Samarcande de nuit et tout cela gratuitement ! Merci la vie. 

Le réseau internet est vraiment mauvais globalement en Ouzbékistan, alors j’écris mon journal mais je ne sais pas quand je pourrais le publier tout comme le précédent. Inch Allah … 

Je reprends le clavier de l’hôtel où nous sommes. Il est préférable en Ouzbékistan d’être à l’hôtel et non, avec AirBnb ou Couchsurfing, car chaque personne ou établissement qui vous héberge doit vous enregistrer sur une plateforme auprès du gouvernement et vous émettre un reçu. À la sortie du pays, il y a un contrôle à ce sujet. Voilà pourquoi nous sommes surtout en hôtel actuellement. Donc c’est de Hélène Oasis que je vous écris. Un établissement dont la propriétaire, une Française, porte bien son nom. Calme et fraîcheur dans le quartier juif de la ville de Boukhara. La propriétaire, Hélène, est une femme très accueillante, et qui nous a raconté son histoire… et toute une  ! Après plusieurs voyages fait en Ouzbékistan plus sous l’initiative de sa soeur que de son propre intérêt, elle est tombée sous le charme. Sans jamais pensé venir un jour y vivre mais la vie en décida autrement … De retour, en France, cette belle cinquantenaire, fait fasse soudainement à un divorce, une retraite anticipée, un peu obligée et la vente d’une maison. Un tsunami ! Elle s’interroge alors sur son avenir, sur ce qu’elle veut. Elle a quatre grands enfants, tous adultes et eux même sur le chemin de leur vie. Elle décide alors de changer de vie et de partir loin, là où elle est bien : à Boukhara. Elle quitte sa carrière de professeur de musique et part acheter une petite maison dans un quartier calme. Mais encore là, la vie en décide autrement car elle tombe en amour avec une grande maison dans la vieille ville de Boukhara et décide d’en faire alors un hôtel, sa maison à elle, dans laquelle elle recevra ses amis et des touristes. Déterminée et insouciante, dit-elle elle même, elle est passé à travers des jours et des mois de procédures administratives pour régler le tout et remettre en état l’établissement, ancienne résidence privée d’une grande famille juive. Elle a su s’entouré d’une belle équipe, de femmes extraordinaires d’ici à qui elle permet de travailler. Amusant de voir comment elles communiquent entre elle en « langue facile », allégée dans un français où les verbes sont à l’infinitif. Hélène baragouine quelques mots d’ouzbek. Sa précieuse Lola, son adjointe sait gérer et négocier fermement avec les hommes d’ici. Une belle équipe. Cette histoire est un beau cadeau. J’en retire que malgré les épreuves de la vie, il ressort toujours quelque chose de positif. Son chaos, lui a permis de changer de vie et d’être aujourd’hui, heureuse et indépendante. Elle partage sa vie maintenant, depuis 2009, entre la France et l’Ouzbékistan, avec ses enfants et petits-enfants et comme elle dit, sa seconde famille ici. 

Ce soir, c’est moi qui suis un peu mal en point, un mélange de deshydration et de gargouillement d’estomac. Je suis allée me coucher coucher tôt, exténuée et très faible. Je ne bois pas assez. Demain, cela ira mieux …

19/09/2019 – Jour 45

Alors avons-nous bien dormi dans notre petit oasis ? Absolument comme des bébés. Le quartier est calme et bien que l’hôtel familial soit plein, la nuit fut paisible. C’était un peu notre crainte car les chambres donnent toutes sur la cour intérieure. Les maisons sont ici ainsi construites. Les diverses pièces s’ouvrent sur la cour principale gardant ainsi la fraîcheur. Les températures sont encore élevées. Le « froid » commence à se pointer le nez en octobre. J’avoue que je ne pensais pas avoir de si belles températures encore en septembre. Au plus froid, ici, il fait -6 degrés et en été, 40 à 45 degrés. Rare est la neige. 

Et pour bien débuter la journée, rien  de tel qu’un copieux petit déjeuner !

En arrivant au coeur de la ville, de l’ancienne ville, on comprend pourquoi elle a été proclamée en 2001 par l’UNESCO carrefour des Cultures et site du Patrimoine mondial. 

Samarcande est une des plus anciennes villes de l’Asie Centrale et se trouve sur la mythique route de la soie, cette ancienne route commerciale qui reliait la Chine à la Méditerranée. 

Première journée hier à visiter, le site le plus proche mais non le moindre, le Régistan. Cette monumentale place, autrefois haut lieu d’échange du commerce de la célèbre route est maintenant un site touristique. Le lieu est tellement immense que même les nombreux touristes semblent des fourmis sur les photos. Il regroupait trois médersas, anciennes universités théologiques musulmanes et une mosquée du vendredi. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un site historique et touristique. Certains râlent de ce fait, moi, je m’en réjouis, ne serait-ce que pour admirer les sublimes dômes, les mosaïques.

Ce matin, relax et surtout écriture de mon dernier article sur Séoul et comme le réseau est ici mega, mega lent, cela m’a juste pris la matinée pour télécharger mes photos sur WordPress. 

Comme toujours, nous voulions en apprendre sur l’histoire de la ville. Aziz, le fils du propriétaire qui est aux petits soins avec nous, nous a déniché une guide francophone, Rouchana. À 12h54, j’avais enfin fini la mise en ligne de mon article pour Nomade Magazine et à 13h00, nous débutions la visite du coeur historique. 

Petit retour vers le Régistan, où nous avons mieux compris l’utilité du bâtiment et son histoire. Ensuite direction : Gour Emir, mausolée et lieu de sépulture d’Émir Timour, grand conquérant ou redoutable guerrier selon les avis, du 14ième siècle. Lors de ses conquêtes, il n’aurait pas hésiter à massacrer la totalité de la population des villes qui lui résistait, à l’exception des artisans qu’il déporta à Samarcande, sa capitale. C’est à ce titre qu’il se montra protecteur des arts et des lettres qui firent la grandeur de Samarcande.  “Timour disait souvent : “on peut voir la puissance de mon Empire rien qu’en regardant les édifices que je fais construire,” nous indique notre guide…

Nous avons pour le plaisir des yeux fait également deux autres mosquées et le marché de la ville où nous nous sommes régalés d’un pain encore tout chaud  «Osiyo» et de figues fraiches et succulentes.  

Ce soir, dîner dans notre petit oasis. On nous a servi un festin de roi fait de spécialités ouzbek, tels le hanoum (sorte de lasagnes aux tomates et agneau), une variété de salades et le tout accompagné d’un vin du pays, du village non loin de Samarcande, Venezia. 

Nous ferons assurément encore un beau dodo…

17/09/2019 – Jour 43

Nous sommes donc arrivés en Ouzbékistan, cette république d’Asie Centrale, indépendante de la Grande Russie depuis 1991. Et nous sommes arrivés à l’aéroport après 7 heures 30 de vol, accueillis à la douane sans aucun souci alors que Korean Airlines, nous avait mis un peu de stress. Aucune question sur le sujet de billet d’avion de sortie… et un très chaleureux bienvenu. Nous avons donc quitté l’Extrême Orient. Séoul fut le point le plus éloigné de notre route. Cet imprévu restera gravé dans notre coeur. Troisième mégalopole, on s’attendait à du monde et de la cacophonie ! Du monde, il y en a mais on ne sent pas le poids de cette telle densité. Tout est ordonné et très bien organisé. Un exemple : nous avons pu faire notre check-in et laisser nos sac-à-dos à la Gare de Séoul en plein centre-ville, l’aéroport se trouvant à 27 kilomètres de la ville. C’est avec notre petit sac-à-dos, allégés que nous avons pris le train grande vitesse (TGV) pour nous rendre à l’aéroport. Tout était pris en charge par Korean Airlines. D’autres compagnies offrent le même service. Un peu comme si de Place Ville Marie (Montréal) ou Gare du Palais (Québec), on vous transportait vos bagages, n’ayant à vous soucier que de votre transfert. Super service. Tout est efficace comme cela. Nous avons beaucoup à apprendre sur la gestion urbaine et du savoir-vivre en collectivité. Simple, ordonné et efficace !

L’Ouzbékistan, de ce que nous en avons vu jusqu’à présent, est en plein essor et se modernise. Payer avec des cartes de crédit relève de l’exploit et il y a enfin de nos jours des guichets automatiques, avant, il fallait arriver avec des liasses de dollar pour gérer les frais et souvent changer cela au marché noir. Cette époque est révolue. Les banques offrant un meilleur taux que le marché noir, ce dernier est mort de sa magouille.

Ici, nous sommes à nouveau millionnaire. Comme le « cash » est plus courant. Mon chéri a retiré 1 500 000 ! WOW et oui, 1 500 000 SUM ! 1 Sum = 0,14 cents CAD ! 

Question dodo, nous avons enfin pu tester (pour mon chéri) et refaire pour moi, du Couchsurfing. Le concept est simple, créer un profil sur la plate forme du même non et accepter de recevoir des hôtes du monde entier en échange être hébergé chez les locaux.  Durant mon voyage en solo en 2013 pendant cinq mois, de l’Algérie à l’Inde, je n’avais voyagé que par ce moyen. De belles rencontres et des moins belles … Saïd nous a donc accueilli chez lui. Nous devions y rester trois nuits. Mais Saïd travaille beaucoup, donc peu de temps à partager et surtout l’hygiène n’était pas du tout au rendez-vous. Nous avons tenu deux jours pour ne pas l’offusquer. Comme nous prenons le train tôt demain matin, nous avons prétexté, prendre un hôtel près de la gare pour ne pas le déranger et ne pas avoir à se lever aux aurores. Tout est passé comme une lettre à la poste.  Et savez-vous ce que mon chéri et moi, avions comme objectif en arrivant à l’hôtel ? Prendre une douche ! Un vrai délice quand on se sent un peu crasseux …

Hier, nous avons fait le marché, l’immense bazar de Tachkent, le Chorsu Bazaar. On pourrait y passer la journée. Il y a de tout et plus encore. Nous avons assisté à un petit spectacle de cirque. Une animation pour les enfants du marché, du coin, des rues. En fait, un spectacle pour tous, car nous nous sommes assis sur les marches et comme les enfants, nous avons fait des wow, des ha, des « bravo » et des « encore ».  J’avais plein de petits amis autour de moi qui étaient émerveillés. C’était beau à voir ! La naïveté et l’innocence des enfants.

À Tachkent, les distances sont longues pour aller des points d’intérêts l’autre. Il y a le métro et le taxi. Alors qu’à Séoul, le chauffeur de taxi est intègre, honnête et a un compteur officiel. Ici, le chauffeur de taxi est filou. Aucune course ne coûte plus de 10 000 à 20 000 SUM, soit entre 1 et 2 $US, pas cher mais il y a le principe. Deux fois, deux coquins, nous ont donné leur prix 20 000 SUM pour la course et en plein milieu, il demande à revoir la carte que je leur présente et nous font croire qu’ils se sont trompés et doublent le prix. Avec moi, cela ne marche pas. Je dis non, je dis stoppe et j’ouvre la  porte.  Ça amuse toujours mon chéri, car il sait qu’en matière ne négociation, je suis la reine. J’adore les bazars et les marchés pour cela. Je préfère marcher que de me faire prendre pour une idiote. Le coût est ridiculement bas mais une entente c’est une entente ! Les deux fois, les chauffeurs ont bougonné et ensuite ri car ils ont compris que je ne me laisserai pas faire. Mais globalement, une fois le prix établi, il n’y a pas de problème. 

Sinon, la pépite du jour, c’est la découverte du métro de Tachkent. Magnifique ! Certaines stations n’ont absolument rien à envier à Moscou. Juste superbes. 

Aujourd’hui, journée donc bien remplie puisque nous avons fait les principaux monuments. 

La Médersa Koukeldach

Le Musée Amir Timur 

La statue de Skver Im. Amira Temura

La Place de l’Indépendance

L’ensemble Hazrat Imam 

Le Canal Ankhor

Le cirque de Tachkent et bien plus…

On peut vous dire que ce soir, nous sommes crevés mais comblés.

Demain, le train, encore le train et j’aime ça ! Direction Samarcande connue pour ses mosquées et ses mausolées. Elle se trouve sur la route de la soie… À suivre

14/09/2019 – Jour 40

Plus nous découvrons la ville, plus nous l’aimons.

Hier, mon chéri et moi, comme nous n’avons pas toujours les même centres d’intérêts et surtout que nous n’avons que cinq jours ici, avons décidé de faire notre journée en solo pour mieux se retrouver. Mon chéri adore les musées, il peut y passer des heures à lire toutes les indications. Il s’en est donc donné à coeur joie au Musée de la Guerre qui porte principalement sur la guerre de Corée. En ce qui me concerne , j’aime également les musées mais  s’il faut choisir, je préfère flâner, découvrir les quartiers pour sentir l’âme de la la ville et avoir un aperçu de la vie, du quotidien, des beautés des villes et observer les gens. J’ai débuté la journée en allant acheté les billets de train, du TGV, à la gare principale, la Seoul Station. Ce serait bête de ne pas sortir un peu de la ville pour jeter un coup d’oeil sur la côte Est de la péninsule. En deux heures, avec le train grande vitesse, nous traverserons le pays d’Ouest en Est pour nous rendre sur la mer du Japon. Histoire de prendre l’air et de sentir les embruns. 

Donc revenons à hier, vendredi 13. Après les détails logistiques de transport, je me suis balader dans le quartier de la gare et malheureusement comme dans beaucoup de pays, quartier où les sans abris ou ceux éprouvés par la vie se retrouvent. Mais on ne ressent aucun sentiment d’insécurité et la Police n’est pas loin pour garder un oeil ouvert. Comme à New-York, Séoul a créée en plein centre-ville une passerelle végétalisée passant au dessus des voies ferrées. Un très beau concept et parfaitement aménagé. En ce jour férié, les touristes et les Coréens se promènent dans cet oasis de fraîcheur. La ville offre même gratuitement des ombrelles ou parapluies verts pour se protéger des ardents rayons de soleil. 

Ensuite comme une grande et sans difficulté, j’ai repris le métro pour me rendre dans le quartier des arts, à la Place des Marronniers. Je remarque à quel point la ville est organisée et propre. Par contre trouver une poubelle publique relève du défi…

Dans le métro, les toilettes sont impeccables. Puisqu’on est dans le sujet… Je suis passée par toutes les sortes de toilettes, des plus modernes, avec petits jets, aux plus rudimentaires, à la turque, mais toujours très propres. 

Le parc des Marronniers est le lieu idéal pour flâner. À vocation culturelle de la relève, le quartier offre pour les amateurs de théâtre, de danse, de musique,  des spectacles de nouveaux artistes qui se présentent généralement  pour la première fois au public. Quelques peintres y exposent aussi leurs tableaux. Enfin, des concerts et divers spectacles en plein air contribuent à faire du parc Marronnier un haut lieu culturel qui se veut un peu le Montmartre de Séoul.

Un peu plus haut, et avec un peu d’effort car la montée est rude par grande chaleur, se situe le Mont Naksan, le panorama sur la ville vaut les gouttes de sueur ! Magnifique ! Et pour finir en beauté et en couleur, je me suis baladée dans le quartier de Ihwa Mural Village où 70 ­artistes ont peint les murs et installé des ­sculptures un peu partout. ­J’adore car c’est une vraie ­«chasse aux trésors». Ici, l’art mural, ça se mérite car comme à Montmartre, ça grimpe sec. Les escaliers sont raides, l’ascension lente mais ça permet de prendre son temps… et ça tombe bien puisque plein de fresques et peintures ponctuent la montée.

Vous pouvez m’imaginer … des photos à la pelles !  L’endroit est vraiment inspirant, hyper coloré et surprenant. On retrouve même Le Petit Nicolas sur un des murs du village ! Très frenchy !

J’y ai dégusté une délicieuse salade. La nourriture est vraiment succulente et savoureuse depuis que nous sommes arrivés.

Avant hier, comme le temps était maussade nous avons fait un tour de ville en bus/trolley « Hop on, hop off » Un beau tour d’horizon et belle balade dans le centre urbain, dans le coeur des affaires, là où les édifices se font compétition sur leur nombre d’étages !

Une journée bien remplie encore une fois. Mon chéri et moi, nous sommes retrouvés dans le quartier Myeong-Dong.

Le quartier est extrêmement bondé et devient très animé lorsque la nuit tombe avec toutes ses affiches illuminées. Séoul, la ville aux milliard d’enseignes ! C’est le quartier parfait pour la street food, vraiment un autre lieu à ne pas manquer à Séoul. Ça grouille de partout et moi, j’adore !

À suivre …

11/09/2019 – Jour 37

Voilà notre première journée de découverte de Séoul. Nous avons décidé de commencer par l’aspect culturel et historique puisque demain et pour trois jours, les musées et palais seront fermés pour les jours fériés. 

Nous avons débuté par le sanctuaire Jongmyo et le palais Changgyeonggung. Pour y arriver nous avons emprunté le Cheonggyecheon, un agréable cours d’eau, au coeur de la cité, aménagé en une promenade de presque 6 km de long. L’eau y est limpide et les poissons, comme des rois.

Séoul est pour moi un immense « shopping center » comme ils disent ici. C’est la ville aux milliards d’enseignes et de néons. C’est phénoménal ! Lorsque nous sommes allés au centre d’informations touristiques, l’agent ne nous parlait que de centres commerciaux à visiter, à voir… Et nous en avons cure ! Nous sommes là pour découvrir la ville pas les boutiques… surtout qu’en sac-à-dos, difficile de gérer. Je me serais certes laisser tenter par deux trois bricoles mais pas de place ! Donc pas de place, pas nécessaire ! J’ai parfois l’impression dans cet immense marché de me retrouver à Istanbul. Dans ces quartiers entier dédiés à un produits : l’allée des vendeurs de luminaires, de boutons, de câbles, d’or. Chaque coin de la ville à son commerce spécifique ! On sait où aller pour trouver ce qu’il nous faut !

Séoul est une ville vraiment très agréable. Bien que troisième mégalopole du monde, on ne ressent pas la densité de la population. On y respire et comparativement à Oulan-Bator, on ne ressent pas la pollution. Il fait actuellement encore très chaud, 27 degrés mais en hiver, selon nos sources coréennes, en décembre/janvier, il y a de la neige et il peut faire jusqu’à moins 10 degrés Celsius.

Le Sanctuaire de Jongmyo, patrimoine de l’Unesco, est dédié aux membres de la famille royale de la dynastie Chosŏn. C’est le plus vieux sanctuaire royal confucéen. Interessant de noter qu’il y a une route dédiée aux esprits. La Corée du Sud semble avoir une grande spiritualité.

Ensuite, pause lunch et poursuite vers Changdeokgung ou Palais de la Prospérité. C’est l’un des cinq grands palais construits par les rois de la dynastie Joseon. Magnifique !

Nous avons trotté, trotté pour nous rendre dans le pittoresque et très photogénique village traditionnel de Bukchon Hanok. Beaucoup de touristes mais en y allant en fin de journée, c’est beaucoup plus agréable. Il faut savoir que ce quartier est réellement habité alors, il est demandé discrétion, voire même silence. Ce que je comprends tout-à-fait !

Retour dans notre quartier, Le centre DDP (Dongdaemun Design Plaza), gigantesque complexe multifonctions, qui se veut un quartier branché et touristique situé près de la porte Dongdaemun.

Nous sommes ensuite retourné à notre cantine, toujours aussi délicieux et typiques ! Ce soir, spécialité de Séoul, le Bibimpad, mélange de riz, de légumes, de bœuf émincé, le tout recouvert par un œuf au plat et des graines de sésame, accompagné de Kimchi, plat froid est composé de chou fermenté et mariné, assaisonné d’ail et de piment rouge. Impossible de passer à côté de cette spécialité.

Ce soir, nous sommes fatigués. Morphée, nous attend déjà … À suivre !

10/09/2019 – Jour 36

C’est avec un peu de nervosité que je prenais le vol ce matin pour Séoul avec la compagnie Mongolian Airlines, compagnie qui ne vole pas en Europe … Je dois avouer que j’ai pris une toute petite dose de pilule magique qui m’a permit de faire un beau dodo durant le vol de trois heures et surtout de rattraper le sommeil manquant étant donné la courte nuit. C’est notre formidable Bagui qui nous a amené à l’aéroport. Après un vol avec de petites turbulences, nous sommes arrivés à Séoul, capitale de la Corée du Sud. Au sortir de l’aéroport, on sent l’humidité et une chaleur de plomb nous tomber dessus. Différence de climat ! Autre grande différence, les infrastructures et la ville est ultra modernes. Un train grande vitesse dessert le centre ville de l’aéroport. Tout est impeccablement propre. 

Nous arrivons en milieu d’après-midi à notre appartement. Prenons le temps de nous reposer un peu et partons explorer les environs. Le petit appartement au dixième étage est très bien situé, en plein coeur de la ville. 

Nous y serons jusqu’au 15 septembre, préférant explorer la ville de nord au sud et de l’est en ouest plutôt que de partir dans les environs. Nous nous offrons une pause de route… 

C’est vraiment la grande surprise que de passer ces quelques jours dans cette mégalopole. Nous ne l’avions vraiment pas prévu mais nous sommes comme deux gamins vraiment curieux de découvrir Séoul. Nous tombons aussi à point nommé puisque ce sont les festivités de « Thanks Giving », ici qui débutent jeudi matin.

Nous nous sommes donc plongés dans la cuisine locale en allant découvrir le marché et en y mangeant une délicieuse soupe épicée, des dumpings succulents et fraichement frais. Nous avons aussi goûté le Mung Bean Pancake, la spécialité de Séoul que les locaux aiment boire avec l’alcool de riz ! On a testé et on a aimé. Le marché est à dix minutes à pied de l’appart. Ce sera notre cantine. Nous avons beaucoup aimé l’ambiance et spotté encore plein de trucs à goûter. Demain, on s’offre une grasse matinée après ces 10 jours intensifs d’excursion dans la sublime Mongolie.

Nous avons très hâte de découvrir la ville…. À suivre 

09/09/2019 – Jour 35

C’est d’Oulan-Bator que je reprends le clavier. Nous venons passer la nuit ici avant de s’envoler tôt pour Séoul. Nouvelle destination. C’est le coeur un peu tristounet que je quitte la Mongolie. Le pays qui m’a tant fait rêver et celui qui vient de me combler de bonheur. La réalité fut encore plus merveilleuse que le rêve.  Car dans la vraie vie, il y a eu le contact avec les gens, les nomades, leur hospitalité, leur sourire, leur générosité, leur simplicité et leur sagesse.

Hier encore, au détour d’un virage, au milieu de nulle part, derrière les montagnes de Tsagaan suvarga, aux couleurs pastels naturelles, un petit air de Cappadoce ou de la « Artist Valley » du parc de la Vallée de la Mort,  nous sommes arrivés à une fête locale, la fête des nomades chameliers. Tous les nomades de la région se retrouvent avant les grands froids, car ici c’est déjà l’automne selon le calendrier lunaire, pour célébrer la fin de la saison. Les célébrations se résument en concours de plus beau couple de chameliers, lutte mongole, course de jeunes chameaux, chants et danses folkloriques. Un vrai bonheur de pourvoir assister à cela. 

Le site, idéal pour camper et la température assez clémente pour ne pas frigorifier… Nous étions très bien équipés.

Test sac de couchage réussi ! Merci Latullipe 🙂

C’est dans un paysage d’imposantes formations granitiques que nous roulions hier. Le cadre est impressionnant. Une source thérapeutique spécifique aux yeux offrirait des miracles. Commençant, avec l’âge, une presbytie, je n’ai rien à perdre de tester et de me mettre quelques gouttes dans les yeux. Mon chéri m’a fait bien rire. Commençant à être un peu sourd, il s’est mis des gouttes dans les oreilles. Bon, on y croit pas trop mais on s’est prêté au jeu.

Nous avons fini la journée sous la yourte avec un petit 8 degrés. Sans poêle à chauffer, nous étions bien emmitouflés dans nos sacs de couchage. Nous avons terminé cette aventure sur un site enchanteur.

En revenant à Oulan-Bator, les embouteillages et encore les embouteillages mais nous avons fini dans un excellent restaurant où la nouvelle cuisine mongole n’a rien à envier à nos grands chefs.

En roulant vers l’appartement où nous passerons la nuit, nous avons croisé le cortège du mariage d’une grande vedette ici, Anu, qui rêvait sans doute d’être un jour une princesse 🙂

Mais voilà donc c’est la fin. La Mongolie restera à jamais gravé dans mon coeur et j’emporte avec moi tant de souvenirs, la mélodieuse voix de Nyamaa, notre guide, la sérénité de notre chauffeur Bagui et sa chanson préférée que nous avons entendu à peu près une centaine de fois durant dix jours, le sourire des enfants, les yeux complices des femmes et la pudeur des hommes, et bien évidement la beauté et la diversité des paysages.

La Mongolie, c’était surtout mon rêve, celui d’une gamine qui ne croyait jamais un jour pouvoir le réaliser. La femme que je suis, à l’aube de la cinquantaine, retrouve son coeur d’enfant en le réalisant. J’ai chevauché un magnifique cheval dans un cadre idyllique, le soleil m’offrant ses plus beaux rayons et les vents me chantant aux oreilles. 

C’est avec une immense gratitude et le sourire aux lèvres que je quitte le pays. Merci Mongolie !

06/09/2019 – Jour 32

Vraiment pas sérieuse Cendrine ! Me voilà qui doit rattraper plusieurs jours de journal. Pourtant, hier, comme vous l’avez vu sur la belle photo, je m’étais attablée pour travailler, pour écrire et mettre à jour mon journal.

Mais soudain deux sympathiques londoniens, un homme et son épouse ont commencé à papoter avec nous ; nous avons pris l’apéro et le temps est passé tellement vite que je n’avais plus une seconde pour écrire car il était temps de grimper sur les dunes de Khongor pour assister au coucher du soleil. Le lieu est une fois de plus sublime. Khongoriin Els, surnommée la dune chantante, n’est pas la plus grande du pays mais la plus visitée par la beauté des lieux. Ses dunes s’étalent sur 180 km de long et de 8 à 12 kilomètres de largeur. La plus haute dune culmine à 200 mètres de hauteur. Nous aimons l’effort mais pas la souffrance alors nous en avons monté une déjà pas mal haute pour pouvoir admirer la vue et l’immensité du paysage et surtout s’amuser à la redescendre en courant.  En haut, c’est tout simplement spectaculaire. Le vent souffle intensément. À 300 kilomètres à vol d’oiseau se trouve la frontière de la Chine. 

Alors pour revenir au jour précédent, nous avons découvert une autre région de la Mongolie, Bayanzag, région réputée pour ses sites de fouilles paléontologiques. Dans les années 1920, un explorateur Roy Chapman Andrews, un genre d’Indiana Jones a découvert dans la région des oeufs de Dinosaures … On se croirait dans le décor de Jurassik Park. 

Les imposantes falaises rouge ocre offrent des couleurs intenses lors du coucher de soleil. On se sent minuscule. 

Soirée au Gobi Tour… Voyager en Mongolie, c’est accepter d’autres normes de restauration et d’autres standards d’hébergement. Les fruits et légumes se font rares parfois. Difficile de respecter le guide alimentaire canadien, ha, ha, ha ! Simplement comprendre que les nomades mangeaient essentiellement de la viande et du gras l’hiver avec des produits laitiers car c’est ce qu’ils avaient et l’été, moins de viandes mais plus de dérivés de produits laitier. En ville, l’alimentation a changé, un peu, mais la viande reste l’élément essentiel. Les végétariens seront avertis. Mais la Mongolie, c’est surtout accepter de faire de la route, encore et encore pour découvrir le pays. La poussière avalée en vaut la peine.

Aujourd’hui, nous avons donc quitté la région des Dunes de Khongor pour explorer la vallée de Yol. Ce parc national, le plus grand de Mongolie, est tout-à-fait magique. À chaque coin de montagnes, on croirait voir apparaitre Gengis Khan et ses cavaliers. Le lieu est épique et grandiose. Le parc est reconnu aussi pour pouvoir observer des gypaètes barbus, d’immenses oiseaux charognards plus grands que les aigles. Nous avons appris qu’ici, il y a trois façons de « gérer » le corps des défunts après leur mort. Le moine exprime à la famille comment le mort doit « finir » : enterrer, incinérer ou manger par les charognards. Selon la tradition bouddhiste, ceci est une noble façon de rendre à la nature, ce qu’elle a offert. À son tour le défunt nourrit. Et ce dernier doit être mangé par un charognard plutôt qu’un autre animal. L’oiseau est plus pur qu’un quadrupède. Fascinant de découvrir tout cela. Voilà donc pourquoi le gypaète barbu est honoré.

Ce soir, était soir de camping ! Mais crotte de bic, dame Nature en a décidé autrement puisque la pluie s’est imposée. Retournement de situation … Le camping sera reporté. Nous dormons dans l’appartement d’un ami de notre chauffeur Bagi, le héros fort. Un appartement modeste qui nous mettra à l’abri des intempéries. Nous sommes donc ce soir à Dalanzadgad, chef-lieu de la province du Gobi du Sud…et mon chéri a même pu regarder TV5 pour se mettre un peu à jour des nouvelles internationales. Malheureusement, pas de Wifi, donc pas de Journal … dès que je peux, je mets tout cela en ligne … À suivre !

03/09/2019 – Jour 29

Nous avons quitté la sublime Vallée d’Orkhon, ses verts pâturages, ses cratères endormis, sa rivière bleu marine et surtout nos formidables hôtes.
Après une très, trop longue journée de route de 260 kilomètres de piste, nous sommes arrivés dans la région la rivière Ongi.


Nous avons pu admirer en route des peintures rupestres datant de l’âge de bronze.
Mais la journée a consisté à avaler de la poussière et à se faire brasser la cage. Un vrai mystère pour moi de comprendre comment il est possible de se repérer. Ici, il n’y a aucune indication, aucun panneau routier. On se repère aux montagnes… Bagi, notre chauffeur est le héros des routes !


En fin de journée, nous voilà au lodge. Un grand complexe entouré de petites montagnes. Le site est joli. Le lodge moins. On y sent la machine à touristes. L’accueil est ordinaire alors que depuis que nous sommes partis, l’accueil qu’il soit dans les écolodges ou chez l’habitant fut extraordinaire. Ici, au Secret of Ongi, on ne ressent aucune hospitalité. Nous sommes clients. On ne sent aucune authenticité, la yourte est meublée d’un lit et d’une commode, pas de poêle au centre de la pièce, pas deux colonnes porteuses symbolisant l’homme et la femme, maîtres des lieux.