La fille qui n’aimait pas l’hiver !

Paysage d'hiver au Québec

Je viens d’une région où on ne voit de neige que sur les cartes postales, où l’hiver se conjugue avec la pluie, un ciel gris et des températures qui demeurent positives, une région de la planète où trois centimètres de neige suffisent à paralyser la ville, à fermer les écoles et à défrayer la chronique pendant des années…

Je viens de loin pour apprivoiser le froid et aimer l’hiver, cinq mois par année de surcroît, car mon quotidien, là-bas, c’était la plage, été comme hiver.

Puis un jour, le Québec entra dans ma vie. Une relation d’amour/haine ! Du bonheur sept mois par année et de la torpeur les cinq autres mois, car le froid, le « frette », je ne connaissais pas. J’ai longtemps maudit ces températures polaires, cette gadoue printanière, le souffle coupé à cause du froid, ces tempêtes où je m’encabanais, ces orteils gelés… Et je me demandais : « mais, que fais-je dans cette galère, pour ne pas dire dans cette glacière ? »

Puis un jour, le déclic se produisit ! Un miracle survint ! J’appris à aimer l’hiver.

Mais que s’est-il donc passé ? Comment est-ce possible, demanderez-vous? « Je veux y arriver moi aussi », se diront d’autres.

Mon histoire…

Un dimanche, il y a plusieurs années, ma fille m’a invitée à faire de la raquette. J’en avais déjà fait avec mon chum. Je me souviens encore de cette aventure, une balade hivernale dans un cadre féérique, certes, mais chaussée de vielles raquettes en babiche … J’étais déjà épuisée juste à les fixer à mes pieds et je marchais tel un vilain petit canard… rien de confortable ni d’agréable. J’ai détesté ! Bien des années plus tard, ce dimanche là, pour faire plaisir à ma fille, j’acceptai son invitation.

Elle me prêta des raquettes nouvelle génération. Ces raquettes étaient si légères, si confortables que j’avais l’impression de marcher simplement en bottes. J’ai vraiment eu du plaisir ! J’avais trouvé mon sport d’hiver ! Cette promenade dans les bois, à marcher dans des sentiers vierges, à écouter le crissement de la neige, à admirer la forêt gelée, à savourer chaque pas, fut mon coup de foudre pour l’hiver ! Depuis, je savoure la saison blanche et je peux à mon tour clamer, le cœur léger et le sourire aux lèvres, « mon pays c’est l’hiver » ! Bien sûr, quelques jours après cette balade, je suis allée m’acheter des raquettes et depuis, je trotte tout l’hiver, attendant avec impatience la prochaine tempête, heureuse de chaque bordée de neige pour pouvoir mettre le nez dehors, découvrir de nouveaux sentiers et admirer les superbes paysages hivernaux que le Québec sait nous offrir comme peu d’endroits au monde ! Mon activité rédemptrice fut la raquette, mais quelle sera la vôtre: le ski de fond, le fat bike, le ski alpin, la luge autrichienne, la motoneige ou le patin à glace ? Pour aimer l’hiver, il faut incontestablement trouver une ou plusieurs activités hivernales qui procurent du plaisir. Voilà, le mot clef !

Une autre prise de conscience salvatrice fut de comprendre que l’hiver peut s’apprivoiser et qu’il faut pour ce faire être bien habillé. Bien habillé ne veut pas dire emmitouflé dans un gros manteau tel le yeti sous sa fourrure, incapable de bouger. Non, mon second déclic fut d’apprendre à me vêtir adéquatement pour l’hiver : la technique de l’oignon fut ma seconde révélation ! Bon, je vous l’accorde, à -35 C avec le facteur vent, il est vraiment très difficile de sortir, mais comme dit l’adage : « Il n’y a pas de mauvaise température, il y a que des gens mal habillés.» Et voilà !

Voici quelques principes de base à appliquer pour jouer dehors par temps froid et apprécier la saison blanche :

Balade en fat bike au Saguenay

Jamais de coton, ni bas, ni chandail, ni caleçon long, ni « combine » de coton, et ce, sans exception ! Le coton est un matériau qui ne respire pas et surtout ne sèche pas rapidement. Vous transpirez… Vous êtes « cuits » et vous avez froid ! Privilégiez les matières synthétiques et, encore mieux, la laine de mérinos. Superposez les couches « en mode pelures d’oignon », afin d’avoir la possibilité d’enlever, d’ajouter ou de remettre vos vêtements au besoin pour garder la juste chaleur, la température corporelle idéale lors de votre activité. En bref, je résume la technique :

  • La 1ère couche doit permettre la circulation de la transpiration du corps vers l’extérieur et ainsi faire en sorte de rester au sec. 
  • La 2ième couche emprisonne la chaleur. La fibre synthétique de polyester (laine polaire) est très efficace. La laine peut être une seconde option.
  • La 3ième couche vous protège de l’eau, de la neige et surtout du vent. Pensez ample, respirant et imperméable !

Cette règle d’or si simple vous garantit des heures de plaisir et de confort en hiver! Pour ma part, pourtant, j’ai mis des années à la comprendre et à l’appliquer.

Aujourd’hui, je suis la fille qui aime l’hiver ! Celle qui ne peut rester enfermée par -10,-15, -20, celle qui se lève aux aurores pour aller photographier le lever du soleil sur les glaces du Saint-Laurent, celle qui grimpe aux sommets des montagnes enneigées pour en prendre plein la vue, celle qui explore, découvre, expérimente de nouvelles activités, telle la pêche blanche et le fat bike, et qui se prépare à vivre bien d’autres aventures hivernales!

Et, croyez-le ou non, l’hiver est désormais ma saison préférée !

3 commentaires sur “La fille qui n’aimait pas l’hiver !

  1. Moi aussi c’est la raquette qui m’a fait renouer avec l’hiver. Maintenant, j’ai hâte aux tempête pour me retrouver sur un sentier. J’y vais au moins 4-5 fois par hiver. 🙂

  2. Salut!

    Je viens de tomber sur ton site et je me suis identifiée à plusieurs situations listé dans ton texte. Particulièrement celle du yeti sous la fourrure. C’est moi, enchantée.
    haha
    Ce que tu disais en début m’a touché. Moi, en tant qu’immigrant, je te le dis.. aimer l’hiver ne vient pas naturellement. À chaque année je me redonne l’opportunité.
    Mais tes conseils pour bien s’habiller en couches m’ont apporté l’espoir. Je suis complétement perdue sur les types de vêtement pour chaque couche. Pourrais-tu faire une autre post en les expliquant, en donnant des exemples?
    Merci pour le beau récit!

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