L’Isle-aux-Coudres, 23 kilomètres de blanche beauté !

Emmitouflée dans son manteau de neige, l’Isle-aux-Coudres mérite indiscutablement d’être visitée en hiver ! Franchissons les glaces du fleuve Saint-Laurent et entrons dans le décor enchanteur de l’île charlevoisienne aux paysages immaculés…

L’escapade débute à Saint-Joseph-de-la-Rive, non loin de Baie Saint-Paul. La traversée gratuite dure environ vingt minutes, selon l’humeur du fleuve, des vents et des glaces. On s’éloigne du continent pour débarquer sur la terre des «Marsouins», gentilé officieux des gens de l’Isle, officiellement nommés «Coudriers ». Mais d’où vient donc ce surnom donné aux insulaires ? Voici l’explication pour la petite histoire : l’activité principale de l’Isle-aux-Coudres fut longtemps la chasse aux bélugas, communément appelés «marsouins». Selon la rumeur, l’odeur suivait les pêcheurs jusqu’au marché de Québec, où les citadins aux nez fins les accueillaient par un « Tiens, v’là les Marsouins qui arrivent!». Et ce gentil sobriquet resta !

Le traversier, géré par la Société des traversiers du Québec, offre plusieurs allers-retours journaliers, permettant de visiter sans stress ce trésor insulaire. Mais à 23h00, « finito », on quitte ou on reste … quel dilemme !

En hiver, quelle paix, quelle sérénité, quelle tranquillité pour explorer les attraits de l’Isle-aux-Coudres ! Certes, tout n’est pas ouvert, mais nous vous assurons qu’il y a pas mal à voir, même durant l’étrange période que nous traversons.

Au sortir du bateau, on prend la route, on tourne à droite pour parcourir les 23 kilomètres de route qui ceinture l’île, 23 kilomètres de bonheur.

Notre premier stop se veut gourmand et nous amène à une adresse incontournable, celle d’une institution fondée en 1945, la Boulangerie Bouchard, renommée pour ses célèbres et délicieux « pâtés croches ». Selon les dires des habitants, les « traverseux » du début du 20e siècle, bravant les flots souvent agités du fleuve, retrouvaient alors, au fond du canot, leur encas en piteux état. Les femmes de l’Isle-aux-Coudres auraient sur ce fait, ingénieusement inventé des petits chaussons à la viande, repliés en forme de demi-lune, qui avaient la vertu de s’engloutir d’une seule main. Voilà l’histoire des pâtés croches, spécialités de l’Isle-aux-Coudres ! Mais, depuis, les tablettes de la boulangerie en sont garnies de bien d’autres, telles les pains à l’anis, les pains blancs ronds, les tartes grand-mère (diablement bonnes…) et les brioches fraîches du jour. Ah! les brioches de l’Isle, on en rêve encore … La magnifique vue sur le massif de la Petite-Rivière-Saint-François est, bien sûr, la cerise sur la brioche !

Un peu plus loin, à l’écart de la route, se trouvent, non pas un, mais deux moulins à ne surtout pas manquer : un moulin à eau datant de 1825 et un moulin à vent de 1836. Après avoir été désaffectés en 1948, puis classés monuments historiques, ces bâtiments patrimoniaux ont été restaurés au cours des années 1980. Aujourd’hui les Moulins de l’Isle-aux-Coudres sont convertis en écomusée de la Farine, ils sont désormais ouverts aux visiteurs et consacrés à l’histoire des moulins et des meuniers. Il est même possible de se procurer la farine de l’île à la Boulangerie Bouchard.

Visiter l’Isle-aux-Coudres en hiver, c’est aussi se laisser séduire et envoûter par les paysages enneigés, c’est écouter les caresses du vent sur la plaine, la complainte des glaces qui craquent au rythme des marées, c’est assister à des couchers et des levers de soleil magnifiques auxquels les photos de Francis Gagnon rendent admirablement justice (car nous n’avons pu capter ces instants lors de notre passage). 

Tout au long du Chemin des Coudriers, on ne peut qu’admirer le patrimoine bâti : de charmantes chapelles, l’église Saint-Louis dont les clochers encadrent la statue de Saint-Louis, et bon nombre de vielles fermes de bois, fières ambassadrices du temps d’avant. Une petite pause au Havre musical de l’Islet permet d’admirer la majesté des montagnes de Charlevoix.

L’Isle-aux-Coudres, en plein hiver, s’avère une évasion poétique, une escapade romantique inoubliable, un écrin de blancheur virginal où le temps s’écoule au gré des marées éternelles. 

Le découvreur de la Nouvelle-France lui-même, Jacques Cartier, avait bien senti la poésie de ce lieu unique quand il écrivit, le 6 septembre 1535 : «… et entre autres, il y a plusieurs coudres, que nous trouvâmes fort chargés de noisettes. Et pour cela, la nommâmes Isle-aux-Coudres…» Telle est l’origine du nom de cette île magnifique! Le SAVIEZ-VOUS?  

Et si vous voulez en savoir encore plus, consultez le site de l’Office du Tourisme de l’Isle-aux-Coudres !

8 commentaires sur “L’Isle-aux-Coudres, 23 kilomètres de blanche beauté !

  1. Merci pour ce beau retour aux île j’ai un ami qui y habite quel endroit merveilleux merci

  2. Mon père est né là-bas. Ma mère a rencontré mon père sur cette île, car elle y allait l’été avec ses parents à leur chalet. J’ai passé près de dix inoubliables étés de ma jeunesse complets chez ma tante et mon oncle… à ma demande. Et mes « jour de l’an »… tellement de beaux souvenirs ❣️ Et de voir ces photos!!!! Quel(le) photographe ❣️❣️❣️. Ce québécois est l’un(e) de vous? Merci ♥️

    1. Quelle belle histoire 💖
      C’est une île enchanteresse. Toutes les photos sont prises par Cendrine Chénel, une des Deux Québécois autour du monde, excepté deux du photographe Francis Gagnon.
      Merci pour votre commentaire.

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